Programme Berlin 2026
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"IA capital"
Aurèle Ferrier : Claws - Doc. expérimental | 4k | couleur | 18:27 | Suisse, Chine | 2025
Aurèle Ferrier
Claws
Doc. expérimental | 4k | couleur | 18:27 | Suisse, Chine | 2025
CLAWS est un essai en images mouvantes composé de plans glissés à travers des villes en expansion rapide, dérivant des terrains périphériques vers des noyaux denses avant de s’ouvrir de nouveau sur l’horizon. Dans des cadres largement dépourvus de présence humaine, l’architecture, les matériaux et le son transforment l’expansion urbaine en un champ de perception — un espace où la géométrie persiste, où l’intention vacille, et où la terre se souvient.
Aurèle Ferrier est un artiste visuel suisse travaillant avec le film, explorant les environnements construits et les périphéries urbaines. CLAWS conclut sa trilogie consacrée aux paysages façonnés par l’humain. Ses œuvres en images mouvantes ont été présentées notamment au Hiroshima City Museum of Contemporary Art (Hiroshima), à l’IDFA (Amsterdam), aux Rencontres Internationales (Paris/Berlin), à l’Open City Documentary Festival (Londres), à l’Anthology Film Archives (New York) et à l’Image Forum (Tokyo).
Moritz Frei : Am I The Sleeping Bag Of My Soul? - Film expérimental | mp4 | couleur | 3:53 | Allemagne | 2025
Moritz Frei
Am I the sleeping bag of my soul?
Film expérimental | mp4 | couleur | 3:53 | Allemagne | 2025
Des clowns autour d’un piano inondé, d’étranges courtiers en bourse, des fontaines en carton dans l’espace urbain. Sans structure narrative définie, les frontières entre soi, corps et conscience se brouillent. Des signes familiers deviennent étrangers, les espaces se dissolvent, les significations échappent. Malgré son abstraction, le film semble étrangement accordé à notre présent. Comme s’il révélait un malaise plus profond et enfoui sous la surface des images du quotidien, difficile à nommer, mais pourtant pleinement perceptible.
Moritz Frei est un artiste visuel qui travaille avec l’installation, la vidéo, le texte et le son. Sa pratique oscille entre analyse et absurdité, utilisant l’humour comme stratégie pour interroger les structures sociales et médiatiques. L’expérimentation, et la possibilité de l’échec, fait partie intégrante de son processus, lui permettant d’explorer avec légèreté les mécanismes de contrôle et de perception. Frei a étudié à la Hochschule für Grafik und Buchkunst de Leipzig. Pendant de nombreuses années, il a travaillé à temps partiel dans des vidéoclubs, la Filmgalerie 451 à Berlin et Alpha 60 à Leipzig, deux lieux de référence pour le cinéma expérimental et international. Cette expérience a affûté son regard sur la matérialité et la puissance des images en mouvement. Le point de départ de son travail artistique et cinématographique fut la première tasse de café qu’il a partagée avec Bruno Ganz, pour son film Meine erste Tasse Kaffee (Ma première tasse de café).
Michael Dietrich : Zone Of Silence (scream Machine) - Film expérimental | hdv | couleur | 9:30 | Autriche | 2025
Michael Dietrich
zone of silence (scream machine)
Film expérimental | hdv | couleur | 9:30 | Autriche | 2025
Le film expérimental Zone of Silence (Scream Machine) explore l’interaction entre lumière, brouillard et résonance pour évoquer l’isolement intérieur et la désorientation psychique. La ville est enveloppée d’une atmosphère dense ; reflets lumineux et sons étouffés composent une « zone de silence » où l’orientation comme la communication commencent à se dissoudre. Inspiré des problèmes historiques de navigation maritime — lorsque les signaux de brume devenaient inaudibles dans certaines conditions météorologiques — le film transpose ce phénomène dans le domaine de l’inconscient humain. Le concept psychanalytique de « zone de silence » formulé par Theodor Reik devient un motif central, désignant les émotions refoulées et la difficulté à les traverser. La séquence finale montre l’inscription « EUROPA » s’effaçant peu à peu, sombre reflet du futur politique du continent. Par son atmosphère saturée, sa composition mêlant enregistrements de terrain et sons synthétisés, et son usage de métaphores visuelles, le film propose une exploration profonde du vide intérieur et de la quête d’orientation.
Michael Dietrich (*1985, Vienne, Autriche) a étudié le social design à la HfbK de Hambourg ainsi que la photographie à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Son travail explore l’impact des interventions humaines sur la nature, déployant souvent, à travers la vidéo et l’acousmatique, des scénarios troublants.
David Kelley : African Union - Film expérimental | mp4 | couleur | 4:4 | USA | 2025
David Kelley
African Union
Film expérimental | mp4 | couleur | 4:4 | USA | 2025
African Union répond aux révélations de 2018 concernant la surveillance chinoise au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. Réalisé à partir d’IA générative, d’images commerciales issues de banques d’images et de séquences documentaires, le film explore l’impérialisme numérique, l’extraction des données, et les enchevêtrements idéologiques de l’intelligence artificielle au sein des dynamiques politiques et technologiques en constante évolution entre la Chine et l’Afrique.
David Kelley explore les écologies cachées de l’infrastructure globale — de l’extraction minière en eaux profondes et la route de la soie aux sables bitumineux de l’Alberta et à l’extraction des terres rares en Chine. Travaillant entre film, photographie, installation et sculpture, il examine comment la technologie, la modernité, l’écologie et la mémoire opèrent comme des systèmes de médiation interdépendants. Sa pratique s’inspire du film-essai, de l’ethnographie expérimentale et du théâtre expérimental, utilisant la forme comme un espace d’expérience affective, d’ambiguïté et de transgression. Kelley envisage la recherche comme un processus esthétique, privilégiant les modes sensoriels et spéculatifs plutôt que purement discursifs. Ses projets impliquent souvent des productions in situ, des recherches d’archives et l’intégration d’objets du quotidien ou de constructions théâtrales au sein d’environnements immersifs. Des spécimens scientifiques — empruntés à des collections d’histoire naturelle ou réinterprétés en verre, céramique ou pierre — ancrent ses installations dans une histoire matérielle tout en ouvrant la voie à des rencontres surréelles et spéculatives. Son travail a été exposé à l’international, notamment au Museum of Modern Art de New York, aux Rencontres Internationales Paris/Berlin et à The Bank, Shanghai. Ses prochaines présentations incluent le LACMA à Los Angeles et la Global Visions FotoFest Biennial 2026 à Houston. Kelley est titulaire d’un MFA de l’UC Irvine et a été boursier du Whitney Independent Study Program en 2010–2011.
Stéphane Degoutin, Gwenola Wagon : Apple - Film expérimental | mov | couleur | 4:0 | France | 2025
Stéphane Degoutin, Gwenola Wagon
Apple
Film expérimental | mov | couleur | 4:0 | France | 2025
Everything is Real montre les pommes les plus rouges, les call centers les plus verts, les salles de serveurs avec le plus de câbles, les employés les plus souriants, les livreurs avec leurs plus beaux colis, les bénévoles les plus efficaces, les montagnes de déchets les plus grandes – mais les pousse au paroxysme du stéréotype : insensiblement, les stéréotypes versent dans l’extrême.
Stéphane Degoutin est artiste et chercheur. Son travail explore les « systèmes obscurs », les structures qui passent souvent inaperçues mais organisent nos vies : de l’air conditionné aux aéroports internationaux, de la musique pour plantes vertes aux infrastructures urbaines. Il tente une forme de reverse engineering de ces logiques cachées, pour imaginer d’autres façons de penser et d’agir. Gwenola Wagon est artiste et chercheuse. Elle est Professeure des Universités et elle enseigne à l’École des Arts de la Sorbonne à l’Université Paris 1. À travers des installations, des films, des performances et des livres, elle imagine des récits alternatifs et paradoxaux pour penser le monde numérique contemporain.
Soren Thilo Funder : Mirror Touch (archipelago Dlc_01) - Fiction | 4k | couleur | 19:21 | Danemark | 2024
Soren Thilo Funder
Mirror Touch (Archipelago DLC_01)
Fiction | 4k | couleur | 19:21 | Danemark | 2024
La synesthésie miroir-tactile est un phénomène neurologique dans lequel une personne ressent physiquement la même sensation de toucher que celle qu’elle voit éprouvée par quelqu’un d’autre. Un stimulus perçu par un sens déclenche ainsi une sensation dans un autre. Dans la vidéo Mirror Touch (Archipelago DLC_01), les employés de l’entreprise de trading à haute fréquence Archipelago™ sont soumis à une série de tests expérimentaux destinés à développer une forme d’empathie synthétique. Le processus vise à réunifier l’espace du corps et celui de la cognition ; le corporel et l’immatériel ; le réel et l’imaginaire. Accompagné par les acteur·ices du film, le spectateur est guidé par une voix autoritaire dans un voyage suggestif qui mène des terminaux de trading jusqu’à la réalité physique de l’usine. Là, la matérialité brute — et violente — du sol industriel revient en force : le corps du travailleur y demeure le témoin physique de l’empreinte, elle aussi violente, du progrès.
Søren Thilo Funder est un artiste visuel travaillant principalement la vidéo et l’installation. Ses œuvres fonctionnent comme des hybridations de fictions populaires, de tropes culturels et de situations socio-politiques, de projections et d’histoires. Elles sont des constructions narratives qui insistent sur la formation de nouveaux sens dans la fine membrane qui sépare les fictions des réalités. Attentif aux histoires écrites et non écrites, aux paradoxes de l’engagement social, aux glissements temporels et au besoin de récits non linéaires, Thilo Funder propose des espaces où peuvent se produire des rencontres temporelles, politiques et mémorielles à contre-courant.
Bart Groenendaal : Sensitivity - Fiction | hdv | couleur | 10:18 | Pays-Bas | 2024
Bart Groenendaal
Sensitivity
Fiction | hdv | couleur | 10:18 | Pays-Bas | 2024
Une jeune femme erre dans un quartier d’affaires la nuit et, à l’aube, rencontre sept inconnus solitaires, qui tombent chacun sous le charme de son énergie. Inspiré par l’imaginaire des Primitifs flamands et réalisé en collaboration avec une véritable guérisseuse quantique, le film est une méditation sur le désir de connexion dans un contexte urbain néolibéral
Dans de courts films narratifs, des documentaires et des installations, Bart Groenendaal (Amsterdam, 1975) explore la manière dont le cinéma façonne notre subjectivité sociale et le monde qui nous entoure, en tant qu’expression toujours changeante d’une idéologie.
Zachary Epcar : Sinking Feeling - Fiction expérimentale | 16mm | couleur | 20:0 | USA | 2024
Zachary Epcar
Sinking Feeling
Fiction expérimentale | 16mm | couleur | 20:0 | USA | 2024
Trois employés de bureau se remémorent une expérience où ils se sont retrouvés piégés dans le tunnel transbay de San Francisco, chacun dérivant vers des fantasmes de sexe, de mort et d’autres formes d’intimité avec des inconnus. « Une œuvre envoûtante, ample et transportante, faite de tension suspendue, qui cherche de nouvelles formes d’intimité dans l’aseptisé. Un parc de bureaux urbain devient un bassin de réflexion pour les fantasmes érotiques d’un train déraillé où nous attendons, tremblons et survivons ensemble. »
Zachary Epcar (né à San Francisco) est un cinéaste dont les films ont été projetés dans les festivals internationaux de Toronto, New York, Rotterdam, San Francisco, Vancouver, Édimbourg et Melbourne ; au Berkeley Art Museum & Pacific Film Archive, à Media City, IndieLisboa, European Media Art Festival, EXiS, 25 FPS ; ainsi que lors de programmations monographiques au Museum of Contemporary Art Chicago, au Museum of the Moving Image et à Black Hole Cinematheque. Ses films ont également été présentés en ligne sur MUBI, Le Cinéma Club et Ecstatic Static. Zachary vit à Oakland, en Californie, où il est membre du collectif de programmation Light Field. Ses films sont distribués par Light Cone (Paris).
Séance spéciale
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Carte blanche à Albert Serra
Pour cette carte blanche, Albert Serra a choisi différents extraits de films et des films courts, qu’il introduira et partagera avec le public, offrant une perspective unique sur ses réflexions en cours et sa pratique artistique.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Séance de clôture
"Comme une utopie"
Eva Giolo : Memory Is An Animal, It Barks With Many Mouths - Film expérimental | 16mm | couleur | 24:0 | Belgique | 2025
Eva Giolo
Memory Is an Animal, It Barks with Many Mouths
Film expérimental | 16mm | couleur | 24:0 | Belgique | 2025
Le dernier film de Eva Giolo nous conduit dans le Val Gardena, où l’on parle encore le ladin, une langue rhéto-romane. Giolo renverse les représentations habituelles des communautés montagnardes pour offrir le portrait d’un patrimoine culturel précieux, en constante évolution. Ici, les habitants préservent et cultivent leur culture pour les générations futures, avec une conscience du monde et une grande créativité. Tourné en 16 mm, sensible à la fois à la grandeur et à la fragilité de la nature, Memory Is an Animal, It Barks with Many Mouths est un essai délicat sur l’importance vitale de la diversité linguistique.
Eva GIOLO (1991, Belgique) est une artiste travaillant le film, la vidéo et l’installation. Son œuvre accorde une attention particulière à l’expérience féminine, mobilisant des stratégies expérimentales et documentaires pour explorer l’intimité, la permanence, la mémoire, ainsi que l’analyse du langage et de la sémiotique. Ses films, installations et autres projets ont été largement présentés à l’international — festivals, musées et galeries — notamment à Sadie Coles HQ, la Viennale, FIDMarseille, l’IFFR, le New York Film Festival, entre autres. Son film Flowers blooming in our throats (2020) a été nommé pour l’European Film Award et a remporté le Top Prize à THIS IS SHORT 2021. Elle a également reçu la Mention spéciale du Jury national au Lago Film Fest 2021, la Mention spéciale du Jury au First Crossings Festival, ainsi que le Prix du Jury des Critiques au 25FPS Festival. Elle est lauréate du HISK (2018–2020) et a été en résidence artistique au SeMA NANJI (2020), à la résidence annuelle de film-écriture Conversation #4 (CVB, GSARA et Beursschouwburg), au programme CASTRO (2021), à WIELS (2021), ainsi qu’à RU Unlimited New York et Fogo Island Arts (2022). Ses films sont distribués par elephy et Light Cone.
Jean-baptiste Perret : Le Quotidien - Vidéo | hdv | couleur | 5:11 | France | 2025
Jean-baptiste Perret
Le quotidien
Vidéo | hdv | couleur | 5:11 | France | 2025
Tourné dans les gorges du Haut-Allier, Le quotidien est le portrait d’un homme qui a fait le choix de vivre seul et à l’écart, dans une cabane à l’orée d’une forêt. Les images sont la capture de ses gestes quotidiens, liés aux besoins essentiels de l’être humain : boire, manger, se laver, réparer, recommencer. "A la manière d’un cinéaste anthropologue, Jean-Baptiste Perret choisit un terrain, souvent rural, et s’y immerge pour de longues périodes. Il noue des relations avec les personnes qu’il y rencontre, filme leur habitat et leurs savoir-faire. Tourné dans les gorges du Haut-Allier, Le quotidien est le portrait d’un homme qui a fait le choix de vivre seul et à l’écart de la société humaine, dans une cabane à l’orée d’une forêt. Le vidéaste capture ses gestes quotidiens, liés aux besoins essentiels de l’être humain : boire, manger, se laver, réparer, recommencer. Le film s’inscrit dans une recherche plus globale sur les parcours de vie marginaux dans des contexte ruraux, qui inventent un autre lien au vivant, au territoire et à l’écologie." (Work Method, Guillaume Désanges et Coline Davenne)
Après des études scientifiques en écologie, Jean-Baptiste Perret a travaillé pendant plusieurs années à la protection de l’environnement au sein de collectivités territoriales. Diplômé en 2018 des Beaux-arts de Lyon, il poursuit son intérêt pour le milieu rural à travers une pratique cinématographique qui prend la forme de films et d’installations vidéo. Sa production est traversée par la question du soin qu’il envisage comme une attention à la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus. Sa démarche s’appuie sur des enquêtes documentaires et utilise des méthodes issues de l’anthropologie qui interrogent les critères d’objectivité, plaçant ainsi l’affect au centre même du travail de recherche. Il s’inspire également du courant de la microhistoire qui cherche à se détacher des récits officiels des masses pour se concentrer sur les individus et leur propre vision du monde. Jean-Baptiste Perret filme des personnes qu’il rencontre dans des situations quotidiennes ; il s’intéresse à leur parcours de vie, leur environnement et leurs savoir-faire. À travers divers degrés de mise en scène qui laissent volontiers la place à l’improvisation, récits subjectifs et procédés fictionnels s’entremêlent. Son travail a notamment été présenté à l’Institut d’art contemporain (IAC) de Villeurbanne dans le cadre de la 15ème biennale de Lyon, au Musée d’art contemporain de Lyon, à la fondation d’entreprise Ricard (Paris), au musée de la Chasse et de la Nature (Paris), à la Chapelle Saint-Jacques (St Gaudens), à l’Institut national d’histoire de l’art (Paris), au FID Marseille, au Festival Hors-Pistes Centre Pompidou, aux États généraux du documentaire de Lussas, et plus récemment au 66ème Salon de Montrouge. Jean-Baptiste Perret est représenté par la galerie Salle Principale à Paris.
Uriel Orlow : Forest Futures - Film expérimental | 4k | couleur | 28:0 | Suisse, Italie | 2024
Uriel Orlow
Forest Futures
Film expérimental | 4k | couleur | 28:0 | Suisse, Italie | 2024
Forest Futures est un film poétique et stimulant qui visite les écosystèmes forestiers anciens de la Terre, imagine les forêts du futur face au changement climatique et montre la forêt comme une école multi-espèces où les enfants pratiquent une co-existence plus-qu’humaine. Forest Futures explore la forêt comme un lieu du temps profond, de transformation écologique et d’apprentissage interespèces. Situé dans la région montagneuse du Tyrol du Sud, le film retrace un voyage depuis des forêts fossilisées anciennes, qui prospéraient il y a plus de 280 millions d’années, jusqu’à des visions spéculatives de forêts futures dans un monde en réchauffement rapide. Combinant recherche scientifique et récit imaginaire, le film réinvente la forêt à la fois comme enseignante et comme protagoniste.
Uriel Orlow est un artiste suisse qui vit et travaille entre Lisbonne, Londres et Zurich. En 2023, il a reçu le prestigieux Prix Meret Oppenheim / Grand Prix suisse d’art. Le travail d’Orlow est largement présenté dans des expositions internationales majeures, notamment à la Triennale de Dunkerque, à la Biennale de Kochi, à la 12e Biennale de Berlin pour l’art contemporain, à la Triennale de Katmandou, à Manifesta 12 à Palerme, à la 2e Biennale de Yinchuan, à la 13e Biennale de Sharjah, à la 7e Biennale de Moscou, à EVA International (Limerick), à la 2e Triennale d’Aichi (Nagoya), à Bergen Assembly, à Manifesta 9, à la 54e Biennale de Venise, entre autres. Ses expositions personnelles récentes incluent la Galeria Avenida da Índia à Lisbonne (2025) ; le MCBA à Lausanne (2024) ; la Casa da Cerca à Almada (2022) ; la Kunsthalle Nairs à Scuol (2021) ; La Loge à Bruxelles (2020) ; la Kunsthalle Mainz en Allemagne (2020) ; le Centre d’art de Privas (2019) ; Les Laboratoires d’Aubervilliers à Paris (2018) ; Market Photo Workshop & Pool à Johannesburg (2018) ; la Kunsthalle St. Gallen (2018), entre nombreuses autres. Les films d’Orlow ont été projetés au Tate Modern (Londres) ; au Festival international du court métrage d’Oberhausen ; sur Tank.tv ; à la Whitechapel Gallery (Londres) ; au Festival du film de Locarno ; à la Videonale du Kunstmuseum Bonn ; au BFI London ; sur le BBC Big Screen à Manchester ; à l’Arnolfini (Bristol) ; à l’Espace Croisé, CAC Roubaix ; ainsi qu’à la Biennale de l’Image en Mouvement à Genève, entre autres.
Susannah Sayler, Edward Morris : The Amazon Is Elsewhere - Film expérimental | 4k | couleur et n&b | 12:0 | USA | 2025
Susannah Sayler, Edward Morris
The Amazon is Elsewhere
Film expérimental | 4k | couleur et n&b | 12:0 | USA | 2025
Amazon is Elsewhere est un court métrage qui médite sur l’inconnaissabilité et la puissance de l’Amazonie pour celles et ceux qui n’y vivent pas. Pour beaucoup, l’Amazonie symbolise « les poumons de la Terre » ou la « Nature » elle-même. Pour les peuples autochtones de la région, dont nombre n’ont pas de mot distinct pour désigner la jungle ou la forêt, c’est simplement la maison. Le film se concentre sur un bâtiment situé à l’orée de la jungle : un mélange de styles architecturaux où les arbres traversent les sols en béton, où les plantes poussent dans des colonnes pseudo-corinthiennes, et où des jaguars en carreaux de céramique gardent l’entrée. Des images générées par IA expriment des forces à l’œuvre, à la fois dans le bâtiment et dans la jungle, dont il est difficile de savoir si elles sont maléfiques ou salvatrices. Le film s’inscrit dans un ensemble de travaux qui cherchent à comprendre comment représenter l’Amazonie à la lumière de la multiplicité de significations refractées dont elle est porteuse.
Susannah Sayler et Edward Morris (Sayler/Morris) travaillent la vidéo, la photographie et l’installation pour interroger nos conceptions changeantes de la nature, de la culture et de l’écologie. Leur pratique est souvent ancrée dans des lieux précis et s’appuie fortement sur la recherche historique. Ils ont reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles la bourse Guggenheim (2023), le New York Artist Fellowship (2016), la Smithsonian Artist Research Fellowship (2014), le Center for Art and Environment Research Fellowship (2013), ainsi que la Loeb Fellowship de la Harvard Graduate School of Design (2008). Leur travail a été largement exposé aux États-Unis et à l’international, notamment au Massachusetts Museum of Contemporary Art, à la Kunsthal de Rotterdam, au North Carolina Museum of Art, au Belvedere Museum et au Southeast Center for Contemporary Art. Sayler enseigne actuellement au sein du département Film and Media Arts de l’Université de Syracuse, tandis que Morris est directeur exécutif du Marble House Project. Leurs archives sont conservées au Nevada Museum of Art / Reno, Center for Art and Environment. En 2006, Sayler/Morris ont cofondé The Canary Project, un studio produisant des médias visuels et des œuvres destinées à approfondir la compréhension publique du changement climatique. En 2021, ils ont fondé Toolshed, une plateforme visant à relier pensée écologique et action.
Benjamin Balcom : The Phalanx - Doc. expérimental | 16mm | couleur | 13:30 | USA | 2025
Benjamin Balcom
The Phalanx
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 13:30 | USA | 2025
Letters from the Ceresco community tracent la fragilité de l’harmonie, le rêve d’une vie en association, les frictions qui finissent par se muer en fracture. Les membres de la phalange s’éloignent les uns des autres, dérivant vers des recoins privés, suspendus dans un temps spéculatif.
Ben est cinéaste et enseignant, basé à Milwaukee, dans le Wisconsin, où il est professeur de cinéma, vidéo, animation et nouveaux genres à l’Université du Wisconsin–Milwaukee. Ses films les plus récents explorent les histoires et les survivances des idéaux sociaux radicaux et des formes de vie communautaires. Ces projets mêlent recherche archivistique et divers modes de fabrication d’images pour réfléchir à des manières alternatives d’habiter le monde. S’inspirant de la fiction spéculative, de la théorie critique et de la poésie utopique, son travail revisite souvent les sites d’écoles expérimentales aujourd’hui disparues et de communautés intentionnelles, utilisant le cinéma comme un espace à la fois de recherche et d’imagination. Mêlant paysages réels et imaginés, ces films mobilisent la mémoire collective tout en spéculant sur des futurs au-delà des limites du capitalisme. Au début de sa pratique, Balcom travaillait avec l’abstraction, l’introspection et l’expérimentation formelle, explorant les tensions entre perception et communication, et sondant la matérialité même de la pellicule. Ces lignes de force continuent d’informer son approche en mouvement du cinéma non fictionnel et poétique. Les films de Balcom ont été projetés internationalement dans des lieux et festivals tels que le Museum of the Moving Image, l’International Film Festival Rotterdam, l’European Media Arts Festival, IndieLisboa, Media City Film Festival et le Ann Arbor Film Festival. Il a reçu des distinctions de l’Onion City, de l’Athens International Film + Video Festival et d’Ann Arbor. En 2023, il a été chercheur invité au Center for 21st Century Studies. Il est également cofondateur de Microlights Cinema, un microcinéma actif de 2013 à 2023, dédié à la diffusion du cinéma expérimental et de la vidéo d’art auprès des publics de Milwaukee.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 2
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Etranges communautés"
Kevin Sepp : Goodbye Regina - Doc. expérimental | 16mm | | 8:48 | Allemagne | 2025
Kevin Sepp
GOODBYE REGINA
Doc. expérimental | 16mm | | 8:48 | Allemagne | 2025
La région alpine italienne du Tyrol du Sud n'est pas connue pour sa scène tuning, mais celle-ci existe bel et bien. Un petit groupe de jeunes hommes s'est réuni pour exprimer à sa manière son amour pour sa région natale. Leurs voitures de sport japonaises glissent étrangement à travers les villages historiques, le long des pentes alpines et à travers une nature à couper le souffle. GOODBYE REGINA est une lettre d'adieu du réalisateur à sa grand-mère, qui a grandi dans ces montagnes. Il explore le lien entre l'ancien et le nouveau, sans juxtaposer les deux. Dans un paysage où rien ne semble changer, les machines semblent faire partie des créatures qui émergent de cette nature. Le résultat est une sorte de documentaire sur la nature, un recueil d'impressions loin des images de cartes postales touristiques.
Kevin Sepp est un réalisateur et monteur basé à Berlin. Issu d'une formation en sciences humaines, c'est un cinéaste autodidacte dont l'intérêt pour les récits courts et riches en images l'a conduit à travailler dans le cinéma commercial. Parallèlement à ses projets commandés, il continue d'explorer de nouvelles possibilités à travers son travail indépendant. Ses collaborations avec des musiciens et d'autres artistes influencent fortement son sens du son à l'écran et façonnent l'atmosphère de son travail. Ses films ont été présentés dans des festivals tels que les Berlin Commercial et Berlin Music Video Awards, ainsi que sur des plateformes telles que Directors' Library, Sleek Magazine et Crack Magazine.
Steve Hawley, Steve Dutton : Midville - Doc. expérimental | mp4 | couleur | 13:20 | Royaume-Uni, Slovénie | 2025
Steve Hawley, Steve Dutton
Midville
Doc. expérimental | mp4 | couleur | 13:20 | Royaume-Uni, Slovénie | 2025
« Midville » était le nom pseudonyme donné à une école d’art des Midlands, au Royaume-Uni, lorsqu’elle fut étudiée pendant trois ans à partir de 1967 par deux sociologues. Le livre qui en résulta, Art Students Observed, publié en 1973, est devenu un document classique de la littérature sur l’enseignement artistique, l’endroit où l’art « romantique » et l’art « conceptuel » se sont affrontés pour la première fois. 58 ans plus tard, j’ai retrouvé les étudiant·es du livre et les ai interrogé·es sur leurs souvenirs et leurs expériences (parfois traumatiques). Nous avons recréé « Midville » sous la forme d’une mini-opéra collage de 13 minutes, assisté par IA, où les étudiant·es — tels qu’ils et elles étaient alors et tel·les qu’ils et elles sont aujourd’hui — livrent leurs témoignages à travers des voix générées par IA, des chœurs, des avatars et des images originales du monde réel.
Steve Hawley est un artiste basé à Ljubljana, appartenant depuis 1981 à la seconde vague des artistes vidéo britanniques. Son travail porte sur le langage, l’humour et la nature de la mémoire à travers le film et la vidéo d’archives. Ses œuvres ont été montrées dans des festivals vidéo et diffusées dans le monde entier. Ses travaux autour du mythe et de la ville incluent Ghost, réalisé à Hong Kong et projeté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2000. War Memorial (2017) a été nommé pour le prix du meilleur court documentaire au Sheffield DocFest, et son livre Men, War and Film, consacré aux films de messages Calling Blighty de la Seconde Guerre mondiale, a été publié en 2022. Steve Dutton est un artiste et commissaire occasionnel basé dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Sa pratique s’étend au dessin, au son, à l’image en mouvement et au texte, avec une attention portée à l’exploration des intersections et des chevauchements entre langage, espace et temps. Il développe actuellement un nouveau corpus d’œuvres intitulé The Phantom Industry. Son travail engage les actes de lire, dessiner, peindre, parler et écrire, et pourrait être décrit avant tout comme une pratique fondée sur le langage.
Arthur Debert : La Conférence Des Instruments Savants - Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 9:1 | France | 2024
Arthur Debert
La Conférence des Instruments Savants
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 9:1 | France | 2024
Dans un amphithéâtre en bois construit en 1933 pour l’étude des animaux et des plantes, un groupe d’outils anciens assiste à une conférence qui semble porter sur les animaux et leurs mouvements, mais les outils comprennent peu à peu qu’il s’agit des êtres vivants qui leur ont donné leur nom et parfois même leur forme.
Né en 1990 à Paris, Arthur Debert vit et travaille entre Nancy et Berlin. Son travail prend forme dans la collaboration et l’échange, interroge la transmission et la survivance des savoirs qui s’inscrivent dans les anecdotes individuelles, les mémoires collectives et la technologie. Les aspects performatifs des objets porteurs de connaissances et de leurs processus de transition sont transcrits en installations, vidéos et éditions. Arthur Debert est diplômé de l’École de l’Image à Épinal (2011), de l’École Supérieure d’Art de Lorraine à Metz (2013), et a participé à l’École Offshore à Shanghai (2014-2015), programme de recherche de l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy. Son travail a été présenté au Centre Dürrenmatt Neuchâtel (2025), la Triennale de la Jeune Création (Luxembourg, 2013 et 2021), à Koraï (Chypre, 2023), du Ann Arbor Film Festival (Michigan, 2022), dans le cadre du Berlin Art Prize (2018) et primé au Festival du film indépendant de Berlin (2023).
Jinjoo Yang : Coming Home - Installation vidéo | 4k | couleur | 12:57 | Canada | 2024
Jinjoo Yang
Coming Home
Installation vidéo | 4k | couleur | 12:57 | Canada | 2024
Le film traverse les espaces de stockage cachés du Musée des beaux-arts de Montréal, révélant des œuvres dont les dossiers de provenance demeurent incomplets. Certaines portent les traces de déplacements en temps de guerre et d’omissions délibérées ; d’autres ont changé d’attribution, modifiant les récits qui leur sont attachés. Le film suit la manière dont les structures institutionnelles déterminent ce qui devient visible et ce qui reste irrésolu. À mesure que la caméra chemine à travers les réserves, Coming Home observe le musée comme un système d’organisation actif, où les œuvres sont continuellement recontextualisées. Le spectateur découvre la collection comme une archive invisible et est invité à s’orienter dans un lieu où la certitude demeure partielle et l’orientation toujours instable.
Jinjoo Yang est une artiste et architecte basée à Montréal, dont les films naissent d’un engagement direct avec des lieux spécifiques. Elle travaille dans des intérieurs institutionnels, utilisant des mouvements de caméra contrôlés pour suivre la manière dont les espaces contiennent et médiatisent leurs histoires. Sa pratique oscille entre observation et construction, transformant des environnements réglementés en paysages temporels où visibilité, autorat et mémoire se déplacent subtilement. Parmi ses œuvres récentes figurent Coming Home, tourné dans les réserves du Musée des beaux-arts de Montréal, et Occupied, un film à venir construit autour d’infrastructures héritées de la guerre froide. Ses projets ont été présentés à l’international dans des institutions telles que le Musée des beaux-arts de Montréal, le Center for Architecture à New York et la Royal Danish Academy of Fine Arts à Copenhague.
Mladen Bundalo : Every Time You Leave, You Are Born Again - Documentaire | mp4 | couleur | 25:0 | Bosnie-Herzégovine, Belgique | 2025
Mladen Bundalo
Every time you leave, you are born again
Documentaire | mp4 | couleur | 25:0 | Bosnie-Herzégovine, Belgique | 2025
Le bruit hypnotique et ronronnant du moteur d’un autobus résonne, accompagné du grondement de l’intérieur du véhicule. La voix de l’auteur, proche et intime, nous entraîne dans un monologue intérieur. Nous sommes en route vers Prijedor, sa ville natale en Bosnie et le lieu de ses départs perpétuels. Avant d’y arriver, il nous faut d’abord appréhender le départ en tant qu’espace dans lequel nous pouvons grandir et renaître.
Mladen Bundalo (né en 1986 à Prijedor) est un artiste interdisciplinaire, cinéaste et auteur d'origine bosniaque, actuellement basé à Bruxelles. Ses films-essais explorent les thèmes de l'appartenance et de la condition humaine dans le contexte de la migration, de la diaspora ainsi que les périodes d'incertitude et de crise.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 2
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Espaces queer, corps hybrides"
Lisa Freeman : Hook, Spill, Cry Your Eyes Out - Film expérimental | mp4 | couleur | 2:26 | Irlande | 2024
Lisa Freeman
Hook, Spill, Cry Your Eyes Out
Film expérimental | mp4 | couleur | 2:26 | Irlande | 2024
Une plongée tête baissée dans le paysage urbain capitaliste, portée par une caméra dynamique et un montage d’une grande finesse. Productivité, optimisation, mouvement constant vers l’avant. Dans ce court-métrage expérimental de l’artiste et réalisatrice Lisa Freeman, la frénésie de la caméra et la rapidité du montage transmettent l’exigence terne et ininterrompue faite au corps : travailler, toujours, dans notre société capitaliste. À travers des fragments d’environnements de béton, des corps sur des tapis de course, des mannequins de crash-tests et d’autres images urbaines omniprésentes, combinés à une bande-son de respirations hachées et de conversations disloquées, Hook, Spill, Cry Your Eyes Out propose un commentaire acéré sur ce que notre société érige abusivement en nécessité absolue.
Lisa Freeman est une artiste et réalisatrice basée à Dublin, en Irlande. Son travail interroge les structures économiques et de pouvoir, et explore la manière dont l’intimité peut être mobilisée comme forme de résistance. Ses œuvres récentes ont examiné le quotidien — là où les sons de la ville traversent les rêves, nostalgies ou espoirs d’autrui, et où de petits moments conduisent à des événements plus surréels (Slipped, Fell and Smacked my Face on the Dance Floor) — ainsi que l’isolement social dans l’espace public (Hook, Spill, Cry Your Eyes Out). Freeman occupe un atelier au Temple Bar Gallery + Studios à Dublin. Elle a reçu plusieurs bourses et aides à la création du Arts Council of Ireland. Son travail fait partie de la collection du Arts Council of Ireland. Elle a participé à des résidences en Corée du Sud (BARIM Arts, 2016), ainsi qu’à la Cité Internationale des Arts à Paris dans le cadre d’un programme avec l’Institut Français, soutenu par Temple Bar Gallery + Studios Dublin et Bétonsalon, Paris (2025).
John Gillies : Scentdia - Vidéo | 0 | couleur | 5:20 | Australie | 2025
John Gillies
Scentdia
Vidéo | 0 | couleur | 5:20 | Australie | 2025
Au cours de ses errances dans une forêt nocturne, un robot croise différentes fleurs et plantes, se confrontant au monde naturel et tentant de respirer le parfum d’une fleur sauvage.
John Gillies est un artiste basé à Sydney (Eora) qui crée depuis les années 1980 des œuvres utilisant les médias temporels, notamment la performance, l’image en mouvement, l’installation, la musique et le son. S’inspirant du théâtre expérimental et des langages de la vidéo et du cinéma, sa pratique artistique est souvent improvisée et collaborative.
Kim Richard Adler Mejdahl : Glory 1 - Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 2:0 | Danemark | 2024
Kim Richard Adler Mejdahl
Glory 1
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 2:0 | Danemark | 2024
Les membres du club de gay linedance « Outliners » dansent dans une pièce noire. Glory 1 est une œuvre vidéo conçue par l’artiste danois pluridisciplinaire Kim Richard Adler Mejdahl. Le scénario onirique met en scène un antidote symbolique au patriarcat et à ses conceptions destructrices de la masculinité. Dans l’esprit de l’artiste, Glory 1 est un symbole de protestation. Voir des cowboys danser ensemble plutôt que de s’affronter devient un geste subversif contre les conceptions conventionnelles de l’homme. C’est une manière de renverser l’idéal macho du patriarcat — celui qui pèse sur les hommes et dicte leurs existences.
Kim Richard Adler Mejdahl est diplômé de la Royal Danish Academy of Fine Arts depuis 2019. Son œuvre protéiforme mêle humour slapstick et horreur gothique, souvent à partir de récits issus de sa propre histoire personnelle. Qu’il s’agisse de sorties d’albums musicaux, de productions filmiques ou de vastes projets d’expositions monographiques, la pratique de Mejdahl explore des thèmes tels que la guérison des traumas, notre relation à la nature, la spiritualité et l’identité de genre. Ses œuvres vidéo ont touché des publics internationaux, avec des projections à travers l’Europe et l’Asie. Sous le nom d’artiste Kim Kim, Mejdahl a réalisé de nombreuses performances live et publié plusieurs albums musicaux. En quelques années, il a collaboré avec un large éventail d’institutions, parmi lesquelles Kunsthal Charlottenborg, le Roskilde Festival, le parc d’attractions danois BonBon-Land, le théâtre Sort/Hvid, et plus récemment KØN – Gender Museum Denmark. En 2025, Mejdahl a reçu la bourse de travail triennale de la Danish Arts Foundation. Son travail est également présent dans la collection de la Galerie nationale du Danemark.
Guerreiro Do Divino Amor : Roma Talismano - Doc. expérimental | 4k | couleur | 9:38 | Brésil | 2024
Guerreiro Do Divino Amor
Roma Talismano
Doc. expérimental | 4k | couleur | 9:38 | Brésil | 2024
Roma Talismano, septième volet du Superfictional World Atlas, explore Rome comme talisman moral et esthétique de l’Occident. Au son d’hymnes et d’arias d’opéra, trois animaux allégoriques — la louve, l’aigle et l’agneau — racontent l’incessant recyclage de l’esthétique romaine pour fabriquer une universalité classique artificielle et délavée, de la Renaissance au fascisme jusqu’à aujourd’hui : Roma Talismano, volcan éternel de blancheur visuelle et spirituelle.
Guerreiro do Divino Amor est titulaire d’un master en architecture de l’École d’architecture de Grenoble (France). Depuis vingt ans, sa recherche au long cours, Superfictional World Atlas, explore les mythologies historiques, médiatiques, religieuses et corporatives qui composent l’imaginaire collectif des nations. À partir de fragments du réel, il construit un univers de science-fiction sous forme de films, de publications et d’installations de grande envergure. Il a représenté la Suisse à la Biennale de Venise 2024, a été boursier du programme DAAD Artists-in-Berlin en 2021–2022 et a reçu le PIPA Prize en 2019. En 2022, il a présenté la rétrospective Superfictional Sanctuaries au Centre d’art contemporain de Genève. Son travail a été montré, entre autres, à la Triennale Frestas de Sorocaba (Brésil), à la Bangkok Biennale 2024, au CAC Vilnius (Lituanie) et à la Pinacoteca de São Paulo. Ses films primés ont été projetés dans de nombreuses institutions et festivals, en France et à l’international. Guerreiro do Divino Amor vit et travaille à Rio de Janeiro, au Brésil.
Abri De Swardt : Kammakamma - Installation vidéo | 4k | couleur | 16:54 | Afrique du sud | 2024
Abri De Swardt
Kammakamma
Installation vidéo | 4k | couleur | 16:54 | Afrique du sud | 2024
Si l’embouchure d’une rivière pouvait parler, que dirait-elle ? En imaginant les bouches des rivières comme conteuses et historiographes, Kammakamma forme l’épisode inaugural du second volet d’une trilogie en images mouvantes consacrée à l’Eerste, en Afrique du Sud — une rivière envisagée comme témoin et vectrice d’histoires englouties. Son titre évoque les glissements entre les termes khoekhoe pour l’eau (//amma) et la ressemblance (khama), tandis que kamma s’est fondu dans l’afrikaans avec le sens de « faire semblant ». À travers trois chroniques imbriquées — celles d’Abri de Swardt, de la poète Ronelda S. Kamfer et de l’historienne Saarah Jappie — la rivière devient une zone de saturation où comprendre le climat et la catastrophe. Dans cet épisode, De Swardt interroge l’un des mythes fondateurs de l’afrikandérité à travers la figure d’Hendrik Biebouw, un adolescent oisif qui, en 1707, attaqua un moulin à eau de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales situé au bord de la rivière, se proclamant ivre un « Africaander » — un terme alors réservé aux personnes réduites en esclavage, affranchies ou autochtones. Sa déclaration est indissociable du lieu où elle fut prononcée, du vin en tant qu’agent du colonialisme de peuplement, et de l’instabilité même du langage. Refiguré en purgatoire, Biebouw tamise le sable de sacs prélevés autour de l’estuaire pour le reverser dans la confluence obstruée de l’Eerste et de la Plankenbrug, tandis que son oraison délirante mêle afrikaans, néerlandais, allemand et malgache. Des interludes filmés après des crues montrent la rivière tour à tour sauvage et aménagée, et des tableaux inspirés de manuels de natation et de sauvetage mettent en avant la charge et l’étouffement. Par un double dispositif de synchronisation, De Swardt fait de la perception elle-même une ivresse désorientante.
Abri de Swardt (né en 1988, Johannesburg) est un artiste basé à Johannesburg, en Afrique du Sud. Travaillant entre vidéo, photographie, sculpture et performance, sa pratique interroge les effets persistants de la blanchité et de la masculinité coloniales de peuplement en Afrique australe, ainsi que les perceptions de la queerness comme « non naturelle » et « non africaine », en croisant historiographie, fiction, auto-ethnographie, écologie, désir et registres fantastiques. Le travail de De Swardt a été exposé, performé ou projeté à la Norval Foundation, Le Cap ; au Kunstverein Braunschweig ; au Goldsmiths Centre for Contemporary Art, Londres ; au Rupert Museum, Stellenbosch ; à la National Gallery of Art, Vilnius ; à l’Institute of Contemporary Arts, Londres ; ou encore au Centre for the Less Good Idea, Johannesburg, parmi d’autres. Ses expositions personnelles incluent POOL x Field Station, Le Cap (2024) ; POOL, Johannesburg (2018) ; MOT International Projects, Londres (2013) ; et blank projects, Le Cap (2011). De Swardt a mené des résidences à Rupert, Vilnius ; au Hordaland Kunstsenter, Bergen ; et à la Nirox Foundation, Cradle of Humankind. En 2022, il a reçu le Social Impact Arts Prize et a été nommé pour le Foam Paul Huf Award. Il est titulaire d’un MFA en arts plastiques du Goldsmiths, University of London, et sera artiste résident 2025–2026 au sein de Braunschweig Projects, Hochschule für Bildende Künste Braunschweig.
Charlotte Dalia : Speechloss - Film expérimental | 4K | couleur | 15:0 | France | 2023
Charlotte Dalia
Speechloss
Film expérimental | 4K | couleur | 15:0 | France | 2023
SPEECHLOSS est un film traversé par des personnages solitaires, des figures en décalage et en quête de sens. Dans une ambiance maritime et étrange, on croise une joggeuse, un bodybuilder, des chiens et un étrange organe géant. Speechloss est une succession de quatre tableaux dans lesquels souffle le vent et un puissant désir de se dire vivant. Car chacun.e incarne un.e IA abandonnée, en attente d’activation.
Charlotte Dalia est née en 1993. Elle est diplômée de l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse. Artiste plasticienne, vidéaste et réalisatrice, ses recherches portent sur les effets tant plastiques que narratifs du cinéma. Impégnée du principe de «cinémonde» théorisé par Jean-Luc Nancy, elle utilise le cinéma en tant que répertoire de signes «ouvrant le dedans sur lui-même». Elle a participé à de nombreuses expositions collectives et a été invitée à construire deux expositions personnelles. Poursuivant ses recherches sur les écritures de la réalité à travers les formes de la fiction, elle se forme à l’écriture documentaire auprès de Ty Films et Films en Bretagne. Elle travaille actuellement au développement d’ALMERICA, un projet mêlant crise climatique et décors de cinéma, et à l’écriture d’ un moyen métrage faisant suite à SPEECHLOSS, pour en poursuivre l'univers.
Nicolas ThomÉ Zetune, Felipe André Silva : Minhas Férias - Fiction expérimentale | 0 | couleur | 16:36 | Brésil | 2025
Nicolas ThomÉ Zetune, Felipe André Silva
Minhas férias
Fiction expérimentale | 0 | couleur | 16:36 | Brésil | 2025
« Je viens tout juste d’arriver du futur, et là-bas les gens vont encore au cinéma. En y repensant, il vaudrait peut-être mieux commencer ainsi : Je viens tout juste d’arriver du futur, et là-bas les gens vont encore au cinéma. »
Nicolas THOMÉ ZETUNE (1993, Brésil) est un réalisateur basé à São Paulo. En 2012, il fonde la société de production FILMES DE AMOR. Ses courts métrages ont été présentés dans certains des plus grands festivals internationaux, dont l’International Film Festival Rotterdam. Son premier long métrage, O Pequeno Mal, a été présenté au FID Marseille en 2018. Son deuxième film, O Tubérculo, a fait sa première mondiale au 27? Festival de Tiradentes. En 2025, Nicolas est sélectionné pour Berlinale Talents Buenos Aires, un forum international de discussion et de développement de projets organisé en partenariat avec la Berlinale et le BAFICI – Buenos Aires International Independent Film Festival. Il prépare actuellement son troisième long métrage, Invisible Tunnel, un projet sélectionné au FIDLab (Marseille, France). Le tournage est prévu pour novembre 2026. Felipe ANDRÉ SILVA (1991, Recife) est cinéaste et poète. Il a signé notamment les longs métrages Santa Mônica (2015) et Passado (2020), ainsi que le court Cinema Contemporâneo (2019). Il travaille régulièrement comme programmateur pour le festival Janela Internacional de Cinema do Recife. En littérature, il a publié les recueils o escritor Xerxenesky et o autocad de Britney Spears, et dirige actuellement &legal edições, une micro-maison d’édition numérique dédiée à la poésie contemporaine.
Gabriela LÖffel : Nous N’avons Pas Besoin De Nous Connaître à L’avance - Installation vidéo | hdv | couleur | 20:15 | Suisse | 2024
Gabriela LÖffel
Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance
Installation vidéo | hdv | couleur | 20:15 | Suisse | 2024
« Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance » est une œuvre vidéo hybride, qui alterne des moments de performance dansée, des images d'archives et des citations textuelles. Gabriela Löffel s'appuie sur l'aspect politique de l'espace public pour construire sa réflexion et développe un essai visuel qui met en scène la "performativité des corps dans cette zone d'action politique". En puisant dans l'œuvre écrite de Judith Butler, philosophe et théoricienne du genre états-unienne qui a travaillé sur la question du corps et de sa représentativité normée dans nos sociétés contemporaines, Löffel donne véritablement une corporéité aux questions soulevées par l'auteure. Les citations issues de l'œuvre de Butler sont données à voir en parallèle aux éléments dansés et archivistiques de la vidéo. La caméra presque fixe permet d'examiner en détail les gestes lents et précis des danseur·euse·s. Les déplacements de l'appareil sont presque imperceptibles, tant ils sont subtils. L'artiste et le chorégraphe Cédric Gagneur ont étroitement collaboré afin de définir les divers mouvements qui composent la chorégraphie : ils proposent une abstraction des gestes de résistance ou de révolte, tirés des images d'archives issues de la collection des Archives contestataires de Genève. La lenteur et le silence habitent la pièce et donnent suffisamment d'espace au corps pour qu'il puisse se déployer de manière individuelle ou en collectivité. L'œuvre propose ainsi une dialectique du potentiel de revendication dans l'espace public. Œuvre coproduite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, avec le Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève pour le programme MIRE.
Gabriela Löffel travaille principalement avec des médias temporels et se concentre sur les zones grises des structures politiques et financières, ainsi que sur les infrastructures. Le déplacement et la traduction de l’immédiat documenté vers les champs de l’interprétation et de la mise en scène sont des stratégies qu’elle utilise dans son processus de travail. Une méthode qui donne souvent lieu à des projets à long terme et lui permet de créer des espaces de questionnement et de proposer des ruptures avec les récits linéaires. Elle s’intéresse à l’obliquité du sujet et de son contexte. C’est dans ce décalage, induit par sa manière d’aborder les sujets, que son travail ouvre des réflexions sur le sens de la compréhension d’un monde lorsque l’on prend conscience de la fragmentation de nos connaissances. Son travail a été présenté dans des institutions et des galeries dont MAST Bologne, Aargauer Kunsthaus, EMAF Osnabrück, Galería Metropolitana Santiago, Dazibao Montréal, la Biennale Kochi-Muziris et autres. Gabriela Löffel est lauréate du Swiss Art Award, du Lewis Baltz Research Fund, de la bourse Landis+Gyr, ainsi que d'autres.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 2
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"De natura"
Pink Twins : Firewalk - Animation | dcp | couleur | 9:35 | Finlande | 2025
Pink Twins
Firewalk
Animation | dcp | couleur | 9:35 | Finlande | 2025
Une marche nocturne pré-apocalyptique vous entraîne à travers une forêt en flammes pour être témoin d’une destruction imminente. Le feu, dans la forêt, annonce soit un désastre sur le point de survenir, soit une porte métaphysique ouvrant sur d’autres réalités.
Le duo Pink Twins, composé de Juha et Vesa Vehviläinen et basé à Helsinki, œuvre depuis 1997 dans les domaines de l’art médiatique, de l’image en mouvement et de la musique électronique. Les limites de la perception humaine, l’immersion et la physicalité sont au cœur de leurs recherches. Leurs animations complexes sont réalisées grâce au design paramétrique et à la programmation. Leurs œuvres ne se déploient pas seulement dans des expositions et des festivals, mais aussi sous forme de performances live mêlant musique et projections vidéo. Pink Twins se sont produits sur tous les continents, dans des lieux aussi variés que des salles de concert, des festivals, des théâtres ou des églises. Ces dernières années, ils ont également créé des œuvres audio et vidéo spécifiquement en ligne, comme la pièce sonore Infinity pour la collection d’art numérique du Kiasma.
Laurence Favre : Zerzura - Doc. expérimental | 16mm | couleur | 11:0 | Suisse | 2024
Laurence Favre
Zerzura
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 11:0 | Suisse | 2024
Nommé d’après une oasys mythique perdue, Zerzura interroge : Comment perçoit-on la « nature » ? Est-ce une « chose » à laquelle nous, humains, sommes extérieurs ? Ou faisons-nous tous partie d’un maillage où il n’y a ni centre ni périphérie? Est-ce qu’un assemblage de sons et d’images peut nous inviter à voir « la nature » comme du vivant, pourvu de sensibilité et d’agentivité ? Après Résistance (2017) et Osmose (2022), Zerzura clos la trilogie Corpus Animale.
Laurence Favre est artiste, cinéaste et chercheuse. Sa pratique s’articule autour de l’image argentique, du son et de l’écriture. Elle réalise des films expérimentaux, des installations et des performances filmiques, explorant les moyens de provoquer des changements épistémiques à travers la perception sensorielle. Ses films sont présentés à l’internationale dans des festivals de cinéma (Locarno Film Festival, Visions du Réel, Rotterdam IFFR, Ann Arbor Film Festival, entre autres), dans des espaces d’art ainsi que dans des contextes informels et lors de symposiums. Elle est lauréate de nombreuses bourses, prix et résidences d’artiste. Laurence est membre active du laboratoire cinématographique autogéré LaborBerlin, et cofondatrice de SPECTRAL, une plateforme dédiée à la création et à la diffusion des arts cinématographiques élargis.
Tianming Zhou : Gan Tang, The Lake - Doc. expérimental | 4k | couleur | 13:48 | Chine, USA | 2024
Tianming Zhou
Gan Tang, The Lake
Doc. expérimental | 4k | couleur | 13:48 | Chine, USA | 2024
À l’été 2023, le gouvernement de Jiujiang a lancé le projet de dépollution du lac Gan Tang. En quelques semaines, ce lac ancestral, fort de plus de deux millénaires d’histoire, a été entièrement asséché. Non loin de là, dans le parc Gan Tang, un garçon se réveille sous la pluie. C’est là que le destin de Gan Tang l’attend.
ianming Zhou (Alaric) travaille avec des médias fondés sur l’image, le son et l’installation. Il explore les zones intermédiaires entre paysages physiques et paysages conceptuels. Ses œuvres ont été présentées notamment à Antimatter, Mimesis, Interfilm, Experiments in Cinema, Non-Syntax, Leiden Shorts, RPM Festival, entre autres.
Mark Salvatus : Should The Source Of Fulfillment Be Seen With Our Eyes - Vidéo expérimentale | hdv | couleur | 16:25 | Philippines | 2024
Mark Salvatus
Should the Source of Fulfillment Be Seen with Our Eyes
Vidéo expérimentale | hdv | couleur | 16:25 | Philippines | 2024
Kung ang Makagiginhawa ay Matingnan ng Ating mga Mata (Should the Source of Fulfillment Be Seen with Our Eyes) – 2024 Cette œuvre explore les ethno-écologies du mont Banahaw — la manière dont le monde plus-qu’humain qui l’entoure façonne, et est façonné par, les imaginaires culturels. Elle tisse ensemble les recherches continues de Salvatus sur les histoires vernaculaires du mont Banahaw et de Lucban, rassemblées à partir d’archives familiales, de récits populaires et de motifs mythiques. Elle examine plusieurs trajectoires de renouveau millénariste qui convergent vers le mont Banahaw en tant que topos mystique et ethno-écologique : d’une révolution destinée à encourager les populations locales à trouver leur propre idiome de discernement religieux, à une histoire de fanfares et de musiciens et leur rôle dans une modernité régionale postcoloniale, jusqu’à la propre pratique d’assemblage et de « salvaging » de Salvatus qui nous inscrit dans ce monde mystique partagé, éveillant en nous un esprit politique à l’échelle planétaire.
Mark Salvatus, artiste philippin originaire de Lucban et vivant à Manille, décrit son approche artistique étendue sous le terme de « Salvage Projects ». Ce concept, qui fait écho à son nom, constitue un cadre à partir duquel se déploient ses multiples investigations portant sur les vestiges de la politique urbaine, les strates narratives de l’histoire nationale, et le mouvement incessant de la vie contemporaine. Travaillant à travers une pluralité de disciplines — objets, photographie, vidéo, installations et pratiques participatives — Salvatus conçoit des formes d’engagement directes et indirectes qui mettent en lumière les résultats multiples des énergies, des significations et des expériences.
Saurav Ghimire : Songs Of Love And Hate - Fiction expérimentale | hdv | noir et blanc | 16:52 | Népal | 2024
Saurav Ghimire
Songs Of Love And Hate
Fiction expérimentale | hdv | noir et blanc | 16:52 | Népal | 2024
Prem, le charismatique animateur d’une émission de radio dédiée aux affaires de cœur, est lui-même en proie au chagrin. Il cherche refuge dans les montagnes escarpées. Alors qu’il traverse sa propre tempête émotionnelle, les appels désespérés des auditeurs réclamant ses conseils résonnent à travers la nature sauvage. Prem, tout comme ceux qui l’écoutent, tente de trouver son chemin dans le terrain traître et imprévisible de l’amour. Une histoire saisissante de tourments affectifs et de quête de soi.
Saurav Ghimire est un artiste audiovisuel népalais dont le travail explore les frontières du récit entre fiction et documentaire. Ses projets sont montés à partir d’un mélange d’archives et d’images filmées, d’entretiens personnels, ainsi que de collectes de chansons et de poésie. Ghimire a reçu la Visiting Artist Fellowship du Laxmi Mittal South Asia Institute de l’Université Harvard. Son court métrage Songs of Love and Hate (17 min, 2024) a été présenté en première mondiale à la 74e Berlinale, où il a reçu une Mention Spéciale du Jury. De même, son premier court métrage Barking Dogs (14 min, 2021) a été récompensé comme Meilleur Film Expérimental au Tasveer South Asian Film Festival (États-Unis) et Meilleur Film Étudiant au Pame Film Festival (Népal). En outre, il a participé à plusieurs programmes de formation, dont la Locarno Basecamp Academy (Suisse), l’Odense Talent Camp (Danemark) et la Fantastic Film School du BIFAN (Corée du Sud).
Ali Yahya : Beneath Which Rivers Flow - Doc. expérimental | mov | couleur et n&b | 16:0 | Iraq | 2025
Ali Yahya
BENEATH WHICH RIVERS FLOW
Doc. expérimental | mov | couleur et n&b | 16:0 | Iraq | 2025
Dans les marais du sud de l’Irak, Ibrahim et sa famille vivent isolés du reste du monde, étroitement liés au fleuve, aux roseaux et aux animaux dont ils prennent soin. Le calme et réservé Ibrahim ne trouve de réconfort que auprès de son buffle, son seul véritable compagnon. Alors que le monde d’Ibrahim s’effondre, il doit affronter des forces qui le dépassent et qui menacent non seulement son mode de vie, mais aussi l’unique être vivant qu’il comprend vraiment.
Ali Yahya est un cinéaste iraquien, né en 1994 à Bagdad, où il a vécu et travaillé toute sa vie. Son parcours a débuté après des études de psychologie au niveau licence. Il s’est ensuite tourné vers les arts visuels, d’abord comme graphiste, puis comme directeur artistique chez Becorp, l’une des principales agences créatives d’Irak, où il continue de diriger des projets de narration visuelle et des projets culturels. Il poursuit actuellement un master en cinéma. Il utilise le film pour explorer l’expérience humaine, capturant la beauté et les complexités du quotidien. À travers son travail, il porte les histoires de son pays vers le reste du monde. Son premier court métrage, Beneath Which Rivers Flow (2025), tourné dans les marais du sud de l’Irak, mêle observation poétique et réalité vécue, explorant la relation fragile entre une communauté et son paysage en train de disparaître. Le film a été présenté en première au 75e Festival international du film de Berlin, où il a reçu une Mention spéciale du jury.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Appendix
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Chaque jour, deux séances sont proposées dans des espaces de projection dédiés, tout au long de la journée. Ce dimanche 7 juin, les horaires de ces séances sont à 14h, 15h30 et 17h.
"De l'autre côté"
Randa Maroufi : L’mina - Documentaire | dcp | couleur | 26:0 | Maroc, France | 2025
Randa Maroufi
L’mina
Documentaire | dcp | couleur | 26:0 | Maroc, France | 2025
Jerada est une ville minière au Maroc où l’exploitation du charbon, bien que officiellement arrêtée en 2001, se poursuit de manière informelle jusqu’à aujourd’hui. "L’mina" reconstitue le travail actuel dans les puits en utilisant un dispositif de décor conçu en collaboration avec les habitant·e·s de la ville, qui se mettent en scène dans leur propre rôle.
Née en 1987 à Casablanca (Maroc), Randa Maroufi est artiste plasticienne et réalisatrice. Elle est diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, de l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Angers, et du Fresnoy – Studio National des Arts Contemporains. Pensionnaire de l’Académie de France à Madrid, Casa de Velázquez en 2018 et de la Villa Médicis à Rome en 2026. Ses films Le Park (2015) et Bab Sebta (2019), primés dans plusieurs festivals, marquent le début d’une trilogie consacrée à trois cités marocaines. L’mina (2025) en est le dernier volet.
Woong Yong Kim : Gray Matter - Documentaire | 4k | noir et blanc | 16:42 | Coree du Sud | 2024
Woong Yong Kim
gray matter
Documentaire | 4k | noir et blanc | 16:42 | Coree du Sud | 2024
Pour les travailleurs migrants philippins employés dans des usines à la périphérie de Séoul, la maison est à la fois un lieu quitté et un espace paradoxal de désir et de crainte — un lieu emporté par les inondations mais qui continue de hanter la mémoire. Sans cesse déplacés, relogés, remis en mouvement, leur idée du foyer devient indissociable du mouvement même de leurs corps. Les sons des machines d’usine, des fragments de films d’horreur et des images de téléphones portables s’entrelacent pour composer un récit qui se déploie à l’intérieur du corps du travailleur migrant lui-même. J’ai commencé à imaginer une maison pour celles et ceux qui dérivent toujours.
Woong Yong Kim a étudié la réalisation cinématographique et l’art contemporain à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD – Genève), en Suisse, et développe une pratique à la croisée de l’installation vidéo et du cinéma. Il a participé à plusieurs programmes de résidence, notamment au Digital Arts Studios de Belfast, au CEEAC de Strasbourg, à la résidence MMCA Goyang, au SeMA Nanji Studio, à l’ACC, ainsi qu’en tant qu’artiste invité à la Rijksakademie. Il a également achevé les cours doctoraux en théorie du film et des médias à la Graduate School of Advanced Imaging Science de l’université Chung-Ang. Par ailleurs, il a traduit et publié en coréen Exhibiting the Moving Image (JRP|Ringier).
Mohamed Abdelkarim : Gazing...unseeing - Fiction expérimentale | mov | couleur | 7:50 | Egypte | 2021
Mohamed Abdelkarim
Gazing...Unseeing
Fiction expérimentale | mov | couleur | 7:50 | Egypte | 2021
La vidéo imagine un scénario futur inscrit dans une narration de climate fiction. Le récit prend la forme d’un pseudo-entretien avec un fugitif imaginé, vivant dans une ère post-catastrophe. À travers différents points de vue, inflexions idéologiques et rapports de souveraineté économique, l’entretien projette l’avenir des écologistes, des gouvernements et du secteur privé dans une ville submergée puis reconstruite après les inondations. Le paysage et la fiction complexifient les relations entre infrastructures, privatisation, écologie, surveillance et migration, en esquissant un futur où ces forces s’entrecroisent au sein d’un territoire transformé.
Abdelkarim est artiste visuel, performeur et producteur culturel. Après un master à l’ECAV/Edhea (Suisse) en 2016, il s’est tourné vers la création de performances fondées sur l’écriture, développant une pratique performative ancrée dans une recherche pluridisciplinaire qui met en jeu — et interroge — le récit, le chant, la détection, le faire, la fiction et la spéculation. Dans ses performances, le texte témoigne du processus de recherche. L’accent est mis sur le processus lui-même : une réflexion sur les modes de production et les généalogies culturelles. Ce processus reste ouvert, non linéaire. Son projet actuel, structuré comme un ensemble de volets, explore l’agency du paysage en tant que témoin « d’une histoire que nous avons manquée et d’un futur auquel nous n’avons pas encore assisté ». Ses performances ont été présentées notamment à Guild Master of Cabaret Voltaire, à Manifesta 11 (Zurich, 2016) ; au Sofia Underground Performance Art Festival (Bulgarie, 2016) ; à Photo Cairo 6, Contemporary Image Collective (CIC, Égypte, 2017) ; au Live Works Performance Act Award Vol. 5, 37? édition de Drodesera (Trente, Italie, 2017) ; dans At the Crossroads of Different Pasts, Presents and Futures à la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo (Turin, 2018) ; à Interazioni Festival (Rome, 2022) ; et au Festival Internazionale della Performance, Performative 04, au MAXXI L’Aquila (2024). Dans le cadre de sa pratique performative, il a créé Live Praxes, un espace de rencontre dédié à la performance, comprenant ateliers, séminaires et soirées performative
Resem Verkron, Marc Serena : As Aventuras Do Angosat - Fiction | mov | couleur | 35:0 | Angola | 2025
Resem Verkron, Marc Serena
AS AVENTURAS DO ANGOSAT
Fiction | mov | couleur | 35:0 | Angola | 2025
En 2017, l’Angola a lancé son premier satellite dans l’espace… qui a été déclaré perdu peu après. As Aventuras do Angosat est le rêve né de cette entreprise avortée, sous la forme d’un film musical écrit et interprété par Isis Hembe, l’une des figures majeures de la musique urbaine angolaise, ici métamorphosée en Man Ré. Le film est tourné en un seul plan séquence dans le quartier de Cazenga, à Luanda, avec de jeunes talents émergents.
Resem Verkron (1999) est membre de deux mouvements culturels majeurs à Luanda : le collectif d’art urbain Verkron Collective et Geração 80. Son premier court métrage, Lola & Mami (2021), explorait la masculinité toxique. Marc Serena (1983) a coréalisé le documentaire primé Tchindas (2015), diffusé par PBS aux États-Unis. Son long métrage El escritor de un país sin librerías a été présenté en première à l’Alternativa et a remporté un DIG Award récompensant un journalisme d’investigation européen d’exception.
"Post-colonial"
Justin Randolph Thompson : From The Campidoglio To The Zoo - Film expérimental | super8 | couleur | 26:0 | Italie | 2023
Justin Randolph Thompson
From the Campidoglio to the Zoo
Film expérimental | super8 | couleur | 26:0 | Italie | 2023
From the Campidoglio to the Zoo est une œuvre filmique et sonore qui examine la persistance de la colonialité dans l’Italie d’après-guerre, en s’appuyant sur le Ponte Flaminio, un pont conçu pour célébrer les aspirations fascistes et offrir une entrée cérémonielle dans la ville, construit après la Seconde Guerre mondiale à partir de la proposition initiale d’Armando Brasini. Le titre de l’œuvre est emprunté à un essai inédit de l’écrivain William Demby, rédigé comme une critique du Deuxième Congrès des Artistes et Écrivains Noirs de 1959 auquel il avait assisté. Ce congrès, dédié au développement d’une vision et d’une solidarité entre producteurs culturels afro-diasporiques, existait en contraste direct avec son organisation par l’Istituto Italiano per l’Africa. Le film est activé par une performance sonore en direct, enregistrée au Museo delle Civiltà à Rome, par Dudu Kouate et Justin Randolph Thompson, puisant dans l’essence de la négritude avancée en relation avec le congrès et dans la nature fragmentaire de l’unité noire globale. Le son a été produit à partir d’une série d’instruments appartenant à la collection ethnographique du Musée Pigorini à Rome, conservée au Museo delle Civiltà. C’était la première fois que ces instruments étaient joués depuis leur intégration dans la collection, dans certains cas, depuis plus de cent ans. L’œuvre a été réalisée avec le soutien de la British School at Rome et du Museo delle Civiltà.
Justin Randolph Thompson est un artiste, facilitateur culturel et enseignant, né à Peekskill, dans l’État de New York, en 1979. Il partage sa vie entre l’Italie et les États-Unis depuis 1999. Thompson est lauréat d’un MAP Fund Award 2024, d’un Creative Capital Award 2022, d’une Italian Council Research Fellowship 2020, d’un Louis Comfort Tiffany Award, d’un Franklin Furnace Fund Award, d’une Visual Artist Grant de la Fundación Marcelino Botín, ainsi que d’une Emerging Artist Fellowship de Socrates Sculpture Park, entre autres distinctions. Ses œuvres et performances ont été largement présentées dans des institutions telles que le Whitney Museum of American Art, le Centro de Arte Reina Sofía, et The American Academy in Rome, et figurent dans de nombreuses collections, dont le Studio Museum in Harlem et le Museo MADRE. Sa vie et son travail cherchent à approfondir les discussions autour de la stratification socioculturelle et de l’« arrogance de la permanence », en mobilisant des communautés temporaires et fugitives comme formes monumentales, et en développant des projets reliant discours académique, activisme social et stratégies DIY de mise en réseau, au sein de rassemblements annuels ou biennaux, de partages et de gestes de collectivité.
Younes Ben Slimane : Images De Tunisie - Doc. expérimental | 0 | couleur et n&b | 14:39 | Tunisie | 2025
Younes Ben Slimane
Images De Tunisie
Doc. expérimental | 0 | couleur et n&b | 14:39 | Tunisie | 2025
Images de Tunisie réapproprie et recontextualise des images d’archives issues des actualités filmées françaises des années 1940, en les combinant avec de nouvelles prises de vue réalisées aux mêmes endroits, au milieu des architectures qui subsistent encore.
Younès Ben Slimane est un artiste visuel et cinéaste tunisien. Il est diplômé en architecture de l’École Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis avant d’avoir poursuivi des études post-diplôme au Fresnoy – Studio national des arts contemporains (FR). Son travail a été présenté au Mucem à Marseille (FR), à la Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar (SN), au Musée d’Art Contemporain de Skopje (MK), à l’Institut du Monde Arabe à Paris (FR), au Beirut Art Center (LB), à ETH Zurich – gta exhibitions (CH), à la Biennale d’Architecture de Versailles (FR), sur le musée-bateau Art Explora, ainsi qu’au Wexner Center for the Arts dans l’Ohio (US), à la Zaha Hadid Foundation à Londres (UK) et à la Galeria de Arte Cinemática à Vila do Conde (PT). Ses films ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux, notamment le Locarno Film Festival (CH), CPH:DOX (DK), le Black Star Film Festival (US), DokuFest (XK), EXiS Seoul (KR) et Prismatic Ground New York (US), entre autres. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le Loop Barcelona Award (2022, ES). Son travail fait partie de collections publiques, notamment celles du Musée d’Art Contemporain de Barcelone (MACBA) Print et de Kadist Paris–San Francisco.
Yana Dombrowsky-m’baye : Saint Louis Saint Louis - Film expérimental | mp4 | couleur | 26:45 | Nouvelle-Zélande, France | 2024
Yana Dombrowsky-m’baye
saint louis saint louis
Film expérimental | mp4 | couleur | 26:45 | Nouvelle-Zélande, France | 2024
Au XXI? siècle, vous êtes retournée dans les archipels de Saint-Louis du Sénégal et de Saint-Louis de Paris pour exhumer les vestiges des signares — ces femmes autrefois au cœur du commerce et de la société de l’Afrique occidentale française. À travers la nuit, à travers les murmures de vos tantes et de vos nièces, à travers les institutions qui abritent aujourd’hui le “patrimoine” français, vous êtes tombée dans une spirale entre des présents coloniaux et le passé.
Yana Nafysa Dombrowsky-M’Baye est une chercheuse et enseignante pluridisciplinaire originaire de T?maki Makaurau, Aotearoa. Sa lignée matrilinéaire remonte au Sénégal et à la France, tandis que sa lignée patrilinéaire est d’ascendance polonaise et tchèque. À travers des processus itératifs et rituels, la pratique de Yana constitue une enquête poétique sur les conditions matérielles et immatérielles de l’appartenance, abordant la pratique artistique comme un geste archéologique, mettant au jour la présence spectrale, souvent effacée, des identités interculturelles enfouies dans des lieux marqués à la fois par l’histoire coloniale et par son propre
Francisco Baquerizo Racines : La Quema (del Planeta “b”) - Vidéo | 4k | couleur | 20:50 | Equateur | 2025
Francisco Baquerizo Racines
La Quema (del Planeta “B”)
Vidéo | 4k | couleur | 20:50 | Equateur | 2025
La Quema (del Planeta “B”) est une installation vidéo qui interroge l’incendie et le saccage de Guayaquil en 1624 par la flotte de Nassau à travers le prisme des pratiques vernaculaires contemporaines de l’Équateur — en particulier año viejo, une coutume populaire où l’on brûle collectivement des effigies lors des célébrations du Nouvel An. Ce rituel métis résiste aux récits linéaires : il propose une perspective andine en zigzag, où le renouveau passe par la répétition. La fabrication de ces effigies incarne la culture populaire vibrante de Guayaquil et ses désirs façonnés par le capitalisme, tout en ouvrant paradoxalement un espace de protestation (politique). Dans un contexte où les pratiques artistiques demeurent précaires, cette tradition fait également émerger des économies informelles. Les artistes Joshua Jurado et Diego Cuesta — tous deux basés dans le sud de Guayaquil — ont été invités à construire un año viejo sous la forme d’un galion, inspiré de l’Amsterdam, navire de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC). Promenée dans la ville avant d’être mise à feu, la sculpture marquait les 400 ans de l’événement originel, affrontant les cycles historiques par une action collective et un symbolisme vernaculaire. Tourné lors d’un des pics récents de violence à Guayaquil — violence liée aux héritages extractivistes — le projet tisse ensemble deux temporalités façonnées par un même système hégémonique. La Quema (del Planeta “B”) se dresse ainsi comme une question incisive adressée à ce système — celui qui a modelé nos corps, nos éthiques et nos désirs au service du capital.
Francisco Baquerizo-Racines (né en 1993, Quito, Équateur) Vit et travaille actuellement aux Pays-Bas. Baquerizo-Racines est titulaire d’un Master en arts plastiques de la HKU University of the Arts Utrecht (2022) et d’un Bachelor en arts visuels de la PUCE (2017). Son travail a été présenté en Équateur, en Amérique du Sud et aux Pays-Bas, avec des projets conservés dans les archives du MACBA et soutenus par le Mondriaan Fonds. En 2025, son installation filmique La Quema (del Planeta “B”) a été créée au 54? International Film Festival Rotterdam (IFFR).
Exposition
silent green Kulturquartier | Betonhalle
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Contemporary understatements"
Trois œuvres d'Antoni Muntadas, figure majeure de l'art contemporain, sont présentées en exposition pour la première fois à Berlin.
Antoni Muntadas: On Translation: Warning | Multimedia installation - stikers, vidéo | Espagne, USA | 1999-present
Antoni Muntadas: Life is Editing | Installation - stikers | Espagne, USA | 2025
Dans leur prolongement, en écho ou en contrepoint, les œuvres de six autres artistes interrogent, sous le forme d'euphémismes, nos représentations communes.
Philippe-aubert Gauthier, Tanya St-Pierre : Dans Une Sorte De Rêve éveillé - L'invitation - Film expérimental | 4k | couleur | 75:0 | Canada | 2023
Philippe-aubert Gauthier, Tanya St-Pierre
Dans une sorte de rêve éveillé - L'invitation
Film expérimental | 4k | couleur | 75:0 | Canada | 2023
Une œuvre d’animation de synthèse s’inscrivant dans une série d'œuvres contemplatives et portant sur l’archéologie des intérieurs. Cette œuvre pose un regard archéologique et architectural sur une ère théâtrale de la décoration intérieure. Exposant une tension fictionnelle presque non-résolue entre, d’un côté, le confort moderne construit et édifié par l’économie tonitruante et, d’un autre, la menace sourde de la nature, du climat changeant et de leurs forces cataclysmiques sous-entendues. Une première rencontre des collages faits main de St-Pierre et des images de synthèse créées en duo avec Gauthier. Cette œuvre a été produite grâce au soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Grand Théâtre de Québec (Canada) pour une présentation au Studio Telus du Grand Théâtre de Québec (commissariat : Ariane Plante).
Philippe-Aubert Gauthier est ingénieur mécanique, maître ès sciences, docteur en génie mécanique (acoustique) et professeur à l'Université du Québec à Montréal, à l'École des arts visuels et médiatiques. Il travaille à la croisée des arts, sciences et technologies. Il a produit plus d'une cinquantaine d'œuvres en arts sonores et numériques. Gauthier est actuellement directeur associé du Centre for Interdisciplinary Research in Music, Media and Technology. Tanya St-Pierre est artiste en arts visuels, sonores et médiatiques. Elle explore les relations possibles entre arts visuels ou médiatiques et narration. À travers divers systèmes d'altération de la narration en propositions poétiques et conceptuelles, elle déjoue et questionne les notions de représentation et d’artefacts culturels. Détentrice d’un baccalauréat en arts plastiques de l’Université du Québec à Trois-Rivières, (Québec). Depuis 2003, leurs démarches se rencontrent dans des projets collaboratifs. Leurs intérêts et engagements respectifs sont abordés dans des échanges découlant vers des propositions artistiques hybrides qui résultent de joutes autocritiques et d'inventions en duo. Leur travail fut présenté au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Europe et au Japon. Tous les deux vivent et travaillent actuellement à Montréal, au Québec (Canada).
Driessens & Verstappen : E-volved Formulae - Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Driessens & Verstappen
E-volved Formulae
Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Le logiciel de génération d’images Formulae E-volver est développé par les artistes. Les éléments constitutifs du programme sont toutes sortes d’opérateurs mathématiques de base. À partir de ces éléments, l’ordinateur peut composer une infinité de formules valides. À chaque itération, un petit ensemble de formules est généré puis visualisé à l’écran. Le spectateur compare ces images animées entre elles et les évalue. En retour, le logiciel tient compte de ces évaluations lorsqu’il compose de nouvelles formules. Les formules affichées longtemps à l’écran ont davantage de chances de se croiser, permettant à leurs propriétés visuelles d’être mélangées puis transmises aux générations suivantes. Le processus commence par une « soupe primordiale » qui produit des images relativement simples. Sur la base des préférences personnelles de l’utilisateur, ce système évolue progressivement vers des animations complexes et intrigantes. Les résultats finaux, les E-volved Formulae, sont enregistrés puis affichés sur un grand écran ou projetés. Ils révèlent la grande variété d’images issues de ces processus évolutifs successifs.
Le couple d’artistes basé à Amsterdam, Erwin Driessens (1963, Wessem) et Maria Verstappen (1964, Someren), travaille ensemble depuis 1990. Après leurs études à l’Académie des beaux-arts de Maastricht puis à la Rijksakademie d’Amsterdam, ils ont développé conjointement un œuvre multiforme composé de logiciels, de machines et d’objets. Leur recherche porte sur les possibilités qu’offrent les algorithmes physiques, biologiques et informatiques pour la génération d’images. Une source d’inspiration essentielle réside dans les processus auto-organisés observables dans la nature. Dans la série Morphoteques (collections de formes), ils mettent en évidence les variations formelles pouvant émerger d’un processus génératif spécifique. Dans d’autres travaux, les transformations de formes sont produites en temps réel à l’aide d’une machine. Dans leurs projets logiciels et d’intelligence artificielle, ils développent une nature artificielle se déployant sous d’innombrables variations. Driessens & Verstappen ont participé à de nombreuses expositions aux Pays-Bas et à l’étranger, notamment au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, au Centre Pompidou (Paris), à l’IVAM Institut de Valence, au musée Kröller-Müller (Arnhem), au Garage Museum (Moscou), au CaixaForum (Barcelone) et à Eyebeam (New York). Le duo donne régulièrement des conférences et présentations dans des universités, écoles d’art, festivals et symposiums, parmi lesquels Siggraph Los Angeles, Sonic Acts Amsterdam ou encore Second Iteration Melbourne. En 1999 et 2001, leurs projets de robots Tickle ont reçu le premier prix au concours VIDA Telefónica de Madrid. En 2013, ils ont reçu le prix Witteveen+Bos Art+Technology pour l’ensemble de leur œuvre. Les artistes sont représentés par la galerie DAM à Berlin.
Can Kurucu, Mariam Aslanishvili, Jack Hogan, Matthias Planitzer : The Measures Taken - Vidéo expérimentale | hdv | couleur | 30:0 | Allemagne | 2023
Can Kurucu, Mariam Aslanishvili, Jack Hogan, Matthias Planitzer
The Measures Taken
Vidéo expérimentale | hdv | couleur | 30:0 | Allemagne | 2023
Four communist agitators return from a successful mission in China to Moscow and are congratulated for their efforts by the Central Committee (The Control Chorus.) The four agitators, however, inform the committee that during their mission they were forced to kill a young comrade for their mission to succeed. The committee withholds its verdict until after the four agitators re-enact the events that led to the young comrade’s death. The agitators tell of how they were sent on a mission to educate and help organize the workers in China. The director of the party house (the last before the frontier) helps the four agitators and the young comrade in the obliteration of their true identities. They are told to keep concealed that they are communist, for their discovery would endanger the mission and their lives. However, once in China, the sights of injustice and oppression enrages the young comrade on several occasions, when he is time and time again not able to contain his passion, immediately acting to correct the wrongs he sees around him. As a result, he eventually exposes himself and proclaiming the teachings of the party. There, the agitators debate on what to do with him.
Can Kurucu is a filmmaker and artist focused on the sphere of the political image and its consequences. Can's work provides an insight into how digital images are made and what they represent, exploring the political and scientific elements that shape them, and reflecting on the image-making process and the deeper meanings behind the images within these broader contexts. Mariam Aslanishvili is an artist, photographer, and musician based in Berlin. Her artistic practice revolves around the exploration of human perception and the construction of realities, with a particular focus on translating personal experiences into the language of experimental cinema. Jack Hogan is a filmmaker from Waterford, Ireland. Their work focuses on the rich sociality of everyday life, foregrounding friendship and what constitutes good shared lives and places. Matthias Planitzer is a visual artist and doctor who explores scientific and political visual spheres and how they are rooted in their contexts.
Sebastián Diaz Morales : One Glass Eye Melting - Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
Sebastián Diaz Morales
One Glass Eye Melting
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
One Glass Eye Melting convoque l’imaginaire collectif de la dystopie pour le réarticuler en quête de nouvelles possibilités. En très gros plan, un œil en rotation fixe le spectateur, sa pupille reflétant un montage de désastres — guerre, catastrophes naturelles, accidents du quotidien — juxtaposés à des scènes de régénération : vie microbienne, expansion cosmique, évolution technologique. Tourné dans la rudesse d’un plan unique, avec un minimum de postproduction, l’œil devient à la fois miroir et « conteneur de mémoire » fracturé, perturbé par les glitches, les rayures, le bruit analogique et numérique. L’œuvre interroge l’acte de regarder lui-même, transformant le réel en quelque chose de surréel, mais étrangement familier. Tandis que l’œil accomplit une rotation complète à 360 degrés, le reflet dans la pupille demeure fixe, ancrant le chaos et le renouveau comme des forces cycliques et interdépendantes. One Glass Eye Melting reformule le désastre comme inséparable de la renaissance, suggérant que l’effondrement porte en lui la possibilité de réinventer — et de reconstruire — nos récits. Plutôt que de rejouer sans cesse la catastrophe, l’œuvre demande : que faisons-nous de ces images du désastre ? L’œuvre convoque ainsi l’imaginaire dystopique pour en redistribuer les motifs, à la recherche de possibles encore inexplorés. Elle fait partie de la série Bajo el cielo cayendo (Sous le ciel en chute), qui explore la tension entre catastrophe systémique et fragile espérance.
Sebastián Díaz Morales est né en 1975 à Comodoro Rivadavia, en Argentine, et vit et travaille à Amsterdam. Il a étudié à la Universidad del Cine de Antín en Argentine (1993–1999), à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (2000–2001) et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Roubaix (2003–2004). L’examen que Díaz Morales mène sur la perception et la réalité repose sur l’idée que la réalité elle-même est, par nature, hautement fictionnelle. Ainsi, ses films ne transportent pas simplement le spectateur dans un ailleurs surréel ou fantasmagorique : ils dépouillent la réalité de sa familiarité, la déforment, la font apparaître comme autre. Chez Díaz Morales, l’imagination du spectateur ne fonctionne pas comme un simple contrepoint au réel. Elle agit plutôt comme une force capable d’évoquer l’espace et de le produire diégétiquement, une force qui, au-delà de l’impression visuelle directe, comble les lacunes de la vision et, au fil du film, révèle progressivement au spectateur la construction de ce que nous appelons « réalité ». Celle-ci se présente comme un phantasme, quelque chose qui échappe toujours à sa définition par les images — toujours « un peu en avance » sur l’image et sur le regard. Son œuvre a été largement exposée, notamment à la Tate Modern (Londres), au Centre Pompidou, au Stedelijk Museum et à De Appel (Amsterdam), au Fresnoy (Roubaix), au CAC (Vilnius), à Art in General (New York), au Ludwig Museum (Budapest), à la Biennale de São Paulo, à la Biennale de Sydney, à la Fondation Miró (Barcelone), au MUDAM (Luxembourg), à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), ainsi qu’à la Biennale de Venise et à Documenta Fifteen.
Lin Htet Aung : A Metamorphosis - Fiction expérimentale | 0 | couleur | 16:36 | Myanmar | 2024
Lin Htet Aung
A Metamorphosis
Fiction expérimentale | 0 | couleur | 16:36 | Myanmar | 2024
Dans les maisons, après les séparations, les mères étaient en larmes. Les fils étaient transformés en verres vides. Et les berceuses devenaient des malédictions. Le film examine la souffrance et la résilience du peuple birman en utilisant les éléments politiques distincts qui ont flotté pendant plusieurs années sur l'océan de l'opéra politique sous les dictatures militaires répétitives en Birmanie. La composition visuelle s'inspire des couleurs du drapeau national du Myanmar, adopté en 2010 pendant la période dite de transition du pays. Ce drapeau, ancré dans la Constitution de 2008 imposée au pays par un ancien dictateur militaire, contraste fortement avec la loi sur le drapeau national de 1974, car il comprend une définition formelle du drapeau. Le film déconstruit et remet en question la définition existante du drapeau en jouant avec les couleurs, les objets et les séquences, en utilisant une forme d'images télévisées de propagande gouvernementale montrant différentes générations sous des dictatures militaires répétitives, en mélangeant la voix effrayante du dictateur actuel, Min Aung Hlaing, qui raconte des berceuses obsédantes grâce à la technologie de l'IA. Le film revisite également la chanson qui a été chantée lors des dernières images réelles d'une fête d'anniversaire organisée pour l'ancien dictateur du Myanmar, le général Ne Win, à l'hôtel Sedona de Yangon le 21 mars 2001, un an avant sa mort.
Lin Htet Aung (né en 1998) est un cinéaste originaire du Myanmar. Il a commencé par la poésie d'avant-garde avant de se tourner vers le cinéma en 2017. Ses courts métrages ont été sélectionnés dans plusieurs festivals internationaux, notamment ceux de New York, Vancouver, Tirana, Karlovy Vary et Rotterdam, et ont remporté plusieurs prix, dont le TIGER SHORT AWARD au Festival international du film de Rotterdam (IFFR). Ancien élève du TIFF Directors' Lab, de Berlinale Talents, de la Locarno Filmmakers Academy et de l'Asian Film Academy, et lauréat du Prince Claus Seed Award 2023, il développe actuellement son premier long métrage, Making A Sea, qui a reçu l'Asian Cinema Fund et le Red Sea Award à l'Asian Project Market (APM). Après le coup d'État de 2021, il a rejoint le CDM (Civil Disobedience Movement) pour ses études d'ingénierie en Birmanie, et étudie actuellement à la Städelschule art School, en Allemagne.
Utkarsh : Remote Occlusions - Vidéo expérimentale | hdv | couleur et n&b | 15:38 | Inde | 2024
Utkarsh
Remote Occlusions
Vidéo expérimentale | hdv | couleur et n&b | 15:38 | Inde | 2024
« Remote Occlusions » prend pour source des extraits d’un manuel d’appareil photo, qui détaille ce que le fabricant attend de l’appareil photo, tandis que le film présente les cas où l’appareil refuse ces intentions et ces attentes. Les images qui composent « Remote Occlusions » proviennent de caméras qui ne sont pas protégées par un mot de passe, disponibles sur des annuaires Internet qui publient les flux en direct de ces caméras. C’est dans cette zone grise éthique que les annuaires agissent comme des médiateurs qui rendent publics des flux privés. ___ Pas de scintillement. Pas de bruit. Pas d'artefacts. Pas de lumières vives projetant des ombres. Pas de brouillard, de nuages, d'arbres ou de bâtiments. Pas de personnes se déplaçant lentement ou immobiles pendant de longues périodes. Pas d'objets en mouvement dont l'apparence est similaire à celle de la cible dans les zones d'intérêt. Pas d'objets ondulants qui provoquent une modification continue de l'image dans la zone d'intérêt, par exemple une prairie avec de hautes herbes. La cible doit avoir une hauteur minimale de 30 pixels, soit au moins 1/10 de la hauteur de l'image. Le corps de la cible doit être visible sur au moins 3/4 de sa hauteur. La cible doit avoir une superficie minimale de 100 pixels et rester dans la zone d'intérêt pendant au moins 1 seconde. La cible doit également présenter une différence suffisante par rapport à l'arrière-plan, c'est-à-dire une différence de couleur d'au moins 5 % ou une différence de luminosité d'au moins 10 %. L'image doit avoir une résolution de 640x360, 640x480, 320x180 ou 320x240 pixels et doit être en orientation paysage avec un format 16:9. La caméra doit être installée à une hauteur comprise entre 3 et 5 mètres et l'objectif de la caméra ne doit pas être sale, humide ou embué. La précision attendue correspond à des conditions environnementales et d'installation idéales. Rappel : 95 %
Utkarsh is a filmmaker and writer from Delhi, India. His work has recently been programmed at EXiS, Seoul (Korea), 2024; Festival ECRÃ, Rio De Janeiro (Brazil), 2024; FICUNAM 14 - Umbrales/Threshold, Mexico City (Mexico), 2024; Berlinale - Forum Expanded, Distant Connections, Berlin (Germany), 2024.