Programme Berlin 2026
Ouverture
silent green Kulturquartier | Betonhalle
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Bienvenue à l'édition Berlin 2026 !
Nous avons hâte de vous retrouver à la soirée d'ouverture vendredi 5 juin 2026, en entrée libre. La séance inaugurale à 18h30 et 20h, cinq séances de Projection thématiques, l'ouverture de l'exposition, une performance multimédia, et bien plus encore.
Ouverture
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Séance inaugurale - à 18h30 et à 20h
Une magnifique séance de Projection surprise, avec 5 films rares projetés en première allemande, à 18h30 pour les premiers, et à 20h pour les autres. Bienvenue à l'édition Berlin 2026 !
Performance + Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Géométrie du paysage"
Une performance AV exceptionnelle suivie d'une séance thématique – vidéos expérimentales, formes hybrides et multimédias.
En référence à Donna Haraway qui dans « Staying with the Trouble » réfléchit à la manière dont les idées, les êtres et les mondes sont reliés entre eux, le duo TraumaZone explore les possibilités de coexistence entre humains et non-humains. La performance «Strings» se compose d’images et de sons produits en direct et préenregistrés, notamment réalisés à partir du rayonnement électromagnétique de panneaux solaires et d’ondes radio.
Traumazone : Strings - Concert multimédia | mov | couleur | 19:35 | Allemagne | 2025
Traumazone
Strings
Concert multimédia | mov | couleur | 19:35 | Allemagne | 2025
Project Strings est une performance audiovisuelle en direct et un essai vidéo du duo artistique TraumaZone. Le projet s’appuie sur le livre Staying with the Trouble de Donna Haraway, où l’autrice réfléchit à la manière dont idées, êtres et mondes s’entrelacent comme les fils du jeu de la ficelle (Cat’s cradle). Partant de ces jeux de ficelles comme principe central, Strings aborde les notions de coexistence entre humains et non-humains au sein d’un même système social. Au fil du récit, la grille solide des connexions se dissout progressivement, laissant émerger la fluidité comme principe fondamental de coopération. La performance conjugue des visuels réactifs — en direct et préenregistrés — et un dispositif sonore live incluant une boucle de 20 secondes issue des radiations électromagnétiques émises par un panneau solaire, combinée à des fragments d’émissions AM enregistrées lors d’une résidence artistique en milieu rural bavarois. L’essai vidéo propose une version condensée du matériau, avec un rythme narratif plus énergique. Project Strings invite le public dans un paysage méditatif où sons et images œuvrent de concert à défaire les structures rigides et à embrasser des modes d’existence plus fluides et interdépendants.
TraumaZone est un duo de live-coding basé à Berlin, composé de Ksenia Sova, artiste vidéo, et de Fyodor Stepanov, designer sonore. Leur démarche vise avant tout à politiser la communauté artistique en mettant en lumière des questions essentielles et en créant un espace sûr pour la discussion. Ksenia Sova (they/them) est une artiste média basée en Allemagne. Iel a étudié l’art médiatique à l’Académie des beaux-arts de Leipzig. Son travail s’intéresse particulièrement aux expériences d’aliénation, d’isolement et d’anxiété vécues par un corps queer au sein d’environnements numériques. Iel recourt à une approche du cinéma élargi pour créer des œuvres temporelles présentées lors d’expositions individuelles ou collectives. Fyodor Stepanov (he/they) est un artiste sonore et compositeur basé à Berlin. Il se spécialise dans les œuvres électroacoustiques destinées aux installations interactives, aux performances audiovisuelles et à la vidéo. Sa pratique est portée par les notions de transience, de non-linéarité et d’ambiguïté inhérentes au sonore. L’approche qu’il a développée au cours de la dernière décennie combine algorithmes génératifs, fragments de radiodiffusion, enregistrements de terrain et écoute électromagnétique pour produire des paysages acousmatiques étranges, évoluant lentement sur de longues durées.
La performance est suivie d’une séance courte de projection, avec les œuvres suivantes :
Driessens & Verstappen : E-volved Formulae - Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Driessens & Verstappen
E-volved Formulae
Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Le logiciel de génération d’images Formulae E-volver est développé par les artistes. Les éléments constitutifs du programme sont toutes sortes d’opérateurs mathématiques de base. À partir de ces éléments, l’ordinateur peut composer une infinité de formules valides. À chaque itération, un petit ensemble de formules est généré puis visualisé à l’écran. Le spectateur compare ces images animées entre elles et les évalue. En retour, le logiciel tient compte de ces évaluations lorsqu’il compose de nouvelles formules. Les formules affichées longtemps à l’écran ont davantage de chances de se croiser, permettant à leurs propriétés visuelles d’être mélangées puis transmises aux générations suivantes. Le processus commence par une « soupe primordiale » qui produit des images relativement simples. Sur la base des préférences personnelles de l’utilisateur, ce système évolue progressivement vers des animations complexes et intrigantes. Les résultats finaux, les E-volved Formulae, sont enregistrés puis affichés sur un grand écran ou projetés. Ils révèlent la grande variété d’images issues de ces processus évolutifs successifs.
Le couple d’artistes basé à Amsterdam, Erwin Driessens (1963, Wessem) et Maria Verstappen (1964, Someren), travaille ensemble depuis 1990. Après leurs études à l’Académie des beaux-arts de Maastricht puis à la Rijksakademie d’Amsterdam, ils ont développé conjointement un œuvre multiforme composé de logiciels, de machines et d’objets. Leur recherche porte sur les possibilités qu’offrent les algorithmes physiques, biologiques et informatiques pour la génération d’images. Une source d’inspiration essentielle réside dans les processus auto-organisés observables dans la nature. Dans la série Morphoteques (collections de formes), ils mettent en évidence les variations formelles pouvant émerger d’un processus génératif spécifique. Dans d’autres travaux, les transformations de formes sont produites en temps réel à l’aide d’une machine. Dans leurs projets logiciels et d’intelligence artificielle, ils développent une nature artificielle se déployant sous d’innombrables variations. Driessens & Verstappen ont participé à de nombreuses expositions aux Pays-Bas et à l’étranger, notamment au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, au Centre Pompidou (Paris), à l’IVAM Institut de Valence, au musée Kröller-Müller (Arnhem), au Garage Museum (Moscou), au CaixaForum (Barcelone) et à Eyebeam (New York). Le duo donne régulièrement des conférences et présentations dans des universités, écoles d’art, festivals et symposiums, parmi lesquels Siggraph Los Angeles, Sonic Acts Amsterdam ou encore Second Iteration Melbourne. En 1999 et 2001, leurs projets de robots Tickle ont reçu le premier prix au concours VIDA Telefónica de Madrid. En 2013, ils ont reçu le prix Witteveen+Bos Art+Technology pour l’ensemble de leur œuvre. Les artistes sont représentés par la galerie DAM à Berlin.
Andro Eradze : Flowering And Fading - Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 16:22 | Georgie, Italie | 2024
Andro Eradze
Flowering And Fading
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 16:22 | Georgie, Italie | 2024
Un chien et un humain partagent leur sommeil dans le clair-obscur d’une maison tranquille. Soudain, les contours du réel commencent à se brouiller, et peu à peu, le rêve et la fantaisie prennent le dessus. Dans son nouveau travail, Andro Eradze façonne une vision renouvelée du surréalisme, où une composition d’image impeccable et un travail sonore saisissant frappent directement l’inconscient, plongeant les sens dans un océan de beauté absolue.
Andro Eradze (né en 1993, Tbilissi, Géorgie) est un artiste et cinéaste dont la pratique pluridisciplinaire explore les intersections entre présence, mémoire et spectralité. À travers la photographie, l’installation, la vidéo et le cinéma expérimental, Eradze examine l’agency des entités non humaines au sein de paysages où les frontières entre expériences humaines et non humaines se brouillent. Ses projets convoquent souvent des espaces liminaux, explorant les gestes inattendus et les relations subtiles entre objets, plantes et animaux. Il a participé à plusieurs expositions personnelles et collectives ainsi qu’à des projections dans des institutions internationales telles que MoMA PS1 (New York), la 59e Biennale de Venise, The New Museum (New York), WIELS (Bruxelles), GAMeC (Bergame), la 22e Biennale Sesc_Videobrasil (São Paulo), la 14e Biennale de Kaunas (Lituanie), et la Fondation Vincent van Gogh Arles.
Sebastián Diaz Morales : One Glass Eye Melting - Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
Sebastián Diaz Morales
One Glass Eye Melting
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
One Glass Eye Melting convoque l’imaginaire collectif de la dystopie pour le réarticuler en quête de nouvelles possibilités. En très gros plan, un œil en rotation fixe le spectateur, sa pupille reflétant un montage de désastres — guerre, catastrophes naturelles, accidents du quotidien — juxtaposés à des scènes de régénération : vie microbienne, expansion cosmique, évolution technologique. Tourné dans la rudesse d’un plan unique, avec un minimum de postproduction, l’œil devient à la fois miroir et « conteneur de mémoire » fracturé, perturbé par les glitches, les rayures, le bruit analogique et numérique. L’œuvre interroge l’acte de regarder lui-même, transformant le réel en quelque chose de surréel, mais étrangement familier. Tandis que l’œil accomplit une rotation complète à 360 degrés, le reflet dans la pupille demeure fixe, ancrant le chaos et le renouveau comme des forces cycliques et interdépendantes. One Glass Eye Melting reformule le désastre comme inséparable de la renaissance, suggérant que l’effondrement porte en lui la possibilité de réinventer — et de reconstruire — nos récits. Plutôt que de rejouer sans cesse la catastrophe, l’œuvre demande : que faisons-nous de ces images du désastre ? L’œuvre convoque ainsi l’imaginaire dystopique pour en redistribuer les motifs, à la recherche de possibles encore inexplorés. Elle fait partie de la série Bajo el cielo cayendo (Sous le ciel en chute), qui explore la tension entre catastrophe systémique et fragile espérance.
Sebastián Díaz Morales est né en 1975 à Comodoro Rivadavia, en Argentine, et vit et travaille à Amsterdam. Il a étudié à la Universidad del Cine de Antín en Argentine (1993–1999), à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (2000–2001) et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Roubaix (2003–2004). L’examen que Díaz Morales mène sur la perception et la réalité repose sur l’idée que la réalité elle-même est, par nature, hautement fictionnelle. Ainsi, ses films ne transportent pas simplement le spectateur dans un ailleurs surréel ou fantasmagorique : ils dépouillent la réalité de sa familiarité, la déforment, la font apparaître comme autre. Chez Díaz Morales, l’imagination du spectateur ne fonctionne pas comme un simple contrepoint au réel. Elle agit plutôt comme une force capable d’évoquer l’espace et de le produire diégétiquement, une force qui, au-delà de l’impression visuelle directe, comble les lacunes de la vision et, au fil du film, révèle progressivement au spectateur la construction de ce que nous appelons « réalité ». Celle-ci se présente comme un phantasme, quelque chose qui échappe toujours à sa définition par les images — toujours « un peu en avance » sur l’image et sur le regard. Son œuvre a été largement exposée, notamment à la Tate Modern (Londres), au Centre Pompidou, au Stedelijk Museum et à De Appel (Amsterdam), au Fresnoy (Roubaix), au CAC (Vilnius), à Art in General (New York), au Ludwig Museum (Budapest), à la Biennale de São Paulo, à la Biennale de Sydney, à la Fondation Miró (Barcelone), au MUDAM (Luxembourg), à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), ainsi qu’à la Biennale de Venise et à Documenta Fifteen.
Jan Locus : Intruders - Film expérimental | 0 | noir et blanc | 6:5 | Belgique | 2025
Jan Locus
Intruders
Film expérimental | 0 | noir et blanc | 6:5 | Belgique | 2025
Intruders explore la frontière entre science-fiction et réalité, en interrogeant les thèmes de la colonisation inversée, de l’écologie et de l’impact humain sur l’environnement. Le film propose une réflexion introspective sur la fascination — et la peur — que l’Occident nourrit à l’égard d’entités extraterrestres. Dans un long panoramique, des paysages montagneux et des images brumeuses d’animaux apparaissent de manière éthérée, presque spectrale. Locus n’utilise pas d’images filmées au sens classique, mais des vidéos de chasse trouvées en ligne et des photographies noir et blanc d’observations d’OVNI des années 1950 et 1960. Bien que ces images trahissent leur origine par leur texture granuleuse, l’artiste a retiré les OVNI afin de fondre les paysages restants en un ensemble continu. Le phénomène de morts animales inexpliquées, souvent associé aux témoignages d’OVNI, devient ici une métaphore de l’influence humaine sur la nature. Locus mêle photographie et vidéo pour construire un récit complexe qui insiste sur l’ambiguïté entre réalité et fiction. Le film réfléchit aux « intrus » dans la nature, s’inspirant de visions dystopiques du futur, et invite le spectateur à considérer les relations complexes — et souvent troublantes — entre humains, technologies et milieux naturels.
Déployant son travail entre film, photographie et son, il aborde souvent le paysage comme un outil de construction des identités nationales et sociales, en se concentrant sur des environnements transformés par l’extraction et l’industrialisation. Dans sa dernière œuvre, il explore la tension entre found footage, photographie fixe et image en mouvement, soulignant l’ambiguïté de notre perception du réel et de la fiction. Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals internationaux, notamment l’International Film Festival Rotterdam (IFFR), le Festival international du court métrage d’Oberhausen, les Rencontres Internationales Paris/Berlin, Le FIFA – Festival international du film sur l’art (Montréal), Kasseler Dokfest, Asolo Art Film Festival, Stuttgarter Filmwinter, CROSSROADS Film Festival (San Francisco), ANTIMATTER Media Art (Victoria), Festival ECRÃ (Rio de Janeiro), PROYECTOR Plataforma de Videoarte (Madrid), SPLIT Film Festival, ONION CITY Experimental Film Festival (Chicago), BISFF Beijing International Short Film Festival, et Flight / Mostra Internazionale del Cinema di Genova, entre autres. Locus vit et travaille à Bruxelles.
Melanie Manchot : Line Of Sight (the Tower) - Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Melanie Manchot
Line Of Sight (The Tower)
Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Tournée dans une tour de télécommunications désaffectée, autrefois abritant des équipements militaires secrets, cette œuvre prolonge mon enquête sur les montagnes et leurs architectures en tant qu’espaces d’enchevêtrements entre humains et milieux naturels. Elle revient plus précisément encore au village alpin d’Engelberg, où je réalise des travaux depuis 2010. Dans Line of Sight, la caméra explore une structure désertée, un espace laissé derrière. Comme si chacun avait quitté les lieux en plein geste, les environnements portent les traces d’une vie passée, depuis longtemps disparue. À l’intérieur comme à l’extérieur, la caméra observe cette architecture déroutante au fil de longs panoramiques et travellings, jusqu’à un moment d’envol qui dévoile la structure — comme flottant dans l’espace. Lorsque la tour était en fonction, elle assurait de multiples usages, notamment celui d’abri et de refuge durant les tempêtes. Une pièce remplie de vieux matelas témoigne de ces moments de danger. Le titre Line of Sight renvoie à ces tours perchées au sommet des montagnes, se faisant face à distance et permettant d’anciennes formes de communication. Avec l’évolution technologique, ces tours sont désormais des dinosaures : solitaires, obsolètes, devenant ainsi des symboles d’endurance, de résistance et de modes d’échange révolus. En 2025, cette tour est en cours de transformation en un espace dédié au « divertissement de montagne » — accentuant la dichotomie d’industries alpines qui ne cessent d’accroître la fréquentation des sommets et des glaciers, contribuant de fait à l’accélération du changement climatique.
Artiste visuelle et cinéaste basée à Londres, Melanie Manchot utilise la photographie, le film, la vidéo et le son pour mener des enquêtes approfondies sur nos identités individuelles et collectives. Son travail interroge et mobilise des actes de soin, de résistance et de communalité afin d’engager les urgences sociales et politiques de nos sociétés. Ses films explorent des formes innovantes de narration, portés par une compréhension aiguë du pouvoir du cinéma à traiter des enjeux cruciaux et à produire un impact profond. Toutes ses œuvres filmées reposent sur une recherche ancrée dans des lieux spécifiques, et les paysages montagneux constituent un motif récurrent permettant d’aborder la fragilité des environnements dont nous avons la charge. Les œuvres de Manchot ont été présentées dans des expositions en musées et galeries à l’international, et elle prépare actuellement une vaste exposition personnelle au Royaume-Uni pour le début de l’année 2026. Son premier long métrage, STEPHEN, commandé par la Liverpool Biennial, aborde le jeu d’argent, les addictions, la guérison et la santé mentale à travers une articulation entre fiction narrative et documentaire. Distribué en salles par Modern Film en 2024, il continue d’être présenté en exposition sous forme d’installation multi-écrans. Manchot travaille actuellement à son deuxième film, Self Storage, tandis qu’un autre long métrage – un hybride fiction/documentaire intitulé One Day As A Tiger, est en développement.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 2
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Nature vive"
Bea De Visser : The Sonic Gaze - Installation multimédia | 4k | couleur | 6:10 | Pays-Bas | 2025
Bea De Visser
The Sonic Gaze
Installation multimédia | 4k | couleur | 6:10 | Pays-Bas | 2025
Un cheval est placé dans un espace clos, sur un tapis roulant aquatique, doublement enfermé par le seul bruit de l’eau qui éclabousse. Nous entendons bien davantage que ce que nous voyons, en raison des fréquences enregistrées et de l’amplitude auditive propre au cheval. Grâce à la compression des hauteurs, à un équipement d’enregistrement spécialisé et à des captations sonores réalisées loin du plateau, l’expérience auditive de l’animal a été rendue audible pour les humains. Il en résulte une représentation acoustique de la perspective subjective de l’animal. À travers le filtre sonore du cheval, nous entendons un monde différent — mais tout aussi réel, de celui montré à l’écran. Tandis que notre regard reste humain, nos oreilles, elles, accèdent à la complexité de sa réalité sonore.
Bea de Visser est reconnue pour son art filmique, ses installations et ses performances sonores. Son travail peut être décrit comme une pratique fondée sur les médias numériques — du point de vue d’une peintre et conteuse qui appréhende le monde à travers différentes lentilles. Les animaux constituent un motif récurrent dans son œuvre. Ses travaux les plus récents se concentrent sur des formes de narration non anthropocentriques. Elle mêle fiction et quotidien, et met en évidence les structures de pouvoir, de domination et de contrôle. Son œuvre séduit le spectateur par un langage audiovisuel riche, exploratoire dans sa narration. Bea de Visser vient d’un parcours en peinture et d’une formation en son électroacoustique. Elle a d’abord commencé sa carrière comme artiste sonore et performeuse dans la scène des clubs et les artist-run spaces des années 1980. Bea de Visser a étudié à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (1993–1995).
Eginhartz Kanter : Misdirected Impulse - Film expérimental | 16mm | couleur | 2:50 | Allemagne, Autriche | 2025
Eginhartz Kanter
misdirected impulse
Film expérimental | 16mm | couleur | 2:50 | Allemagne, Autriche | 2025
Misdirected Impulse montre des paysages naturels et des parcs désertés à travers de longs plans fixes. Des arrangements pittoresques d’arbres et de buissons se déploient dans un calme silencieux, jusqu’à ce qu’une lumière fumante surgisse soudainement et rompe l’apaisement. Le staccato de plans très brefs qui suit, où la lumière se dirige autant vers la caméra que vers le spectateur, agit comme une attaque contre le regard et la perspective, dissolvant toute vision romantisée de la nature.
Eginhartz Kanter (*1984, Leipzig) a étudié les arts plastiques, les études culturelles et la photographie à l’Université d’art et de design de Linz, à l’Académie des beaux-arts de Vienne et à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Dans son approche artistique, il interroge les frontières et les conventions du quotidien ainsi que des environnements de vie. Ses interventions (sub)urbaines négocient des aspects du public et entretiennent souvent un lien direct avec l’architecture.
Sonia Levy : We Marry You, O Sea, As A Sign Of True And Perpetual Dominion - Doc. expérimental | 4k | couleur | 19:28 | France, Royaume-Uni | 2025
Sonia Levy
We Marry You, O Sea, as a Sign of True and Perpetual Dominion
Doc. expérimental | 4k | couleur | 19:28 | France, Royaume-Uni | 2025
We Marry You, O Sea aborde Venise et sa lagune “par en dessous”, en déplaçant l’attention vers les processus bio-géomorphologiques immergés — vitaux, altérés, continuellement en mutation — plutôt que vers les récits, maintes fois racontés, de l’histoire politique et militaire de la ville. Le tournage sous-marin ouvre de nouvelles voies de connaissance des matérialités de la lagune et révèle un environnement fracturé, troublé, qui complique les récits historiques dominants, ceux qui ne commencent qu’au-dessus de la surface. En s’accordant au rythme du flux et du reflux, on commence à percevoir les interactions entre terre et eau, vie et décomposition, et les processus intimes qui composent ce milieu. Observer les formes de vie rendues possibles dans cet espace aquatique endommagé oblige à sonder les transformations profondes qu’il a subies. We Marry You O Sea as a Sign of True and Perpetual Dominion tire son titre de la formule prononcée lors du rituel vénitien des Épousailles de la mer, célébré chaque année le jour de l’Ascension entre le XI? et le XVIII? siècle : le Doge, figure souveraine de la République, “épousait” symboliquement la lagune en y jetant un anneau d’or, proclamant ainsi la domination de Venise sur les eaux. L’artiste revisite cette relation multiséculaire entre la ville et son milieu aquatique, en interrogeant l’héritage persistant de ces volontés de maîtrise. Comment imaginer d’autres futurs pour Venise si l’on commence par éprouver la lagune comme un espace vivant, habité par une multiplicité de formes de vie et de mort ? Dans la lagune — un espace façonné depuis des siècles par des interventions humaines continues — zones humides et infrastructures sont depuis longtemps imbriquées. L’essor de Venise comme carrefour commercial et centre d’innovation navale au Moyen Âge a entraîné des aménagements hydrauliques majeurs pour maintenir des eaux peu profondes à des fins défensives. Mais au XX? siècle, les impératifs de modernisation ont transformé des pans entiers des marais en raffineries de pétrole et en l’un des plus grands terminaux à conteneurs d’Italie, faisant de la lagune une frontière industrielle. L’anthropologue urbaine Clara Zanardi a montré comment ces mutations ont reconfiguré les divisions sociales tout en provoquant une dégradation écologique irréversible ayant profondément bouleversé les formes de vie lagunaires. Le film restitue ces histoires de modernisation en entrelaçant de rares photographies d’archives provenant du Fonds photographique Giacomelli de Venise avec des images sous-marines du présent. L’inversion négative noir-et-blanc appliquée aux vues immergées accentue la portée historique des archives, reliant passé et présent et laissant affleurer les futurs possibles dans les eaux contaminées de la lagune. Une bande sonore originale — mêlant chœurs humains et enregistrements subaquatiques — renforce encore les correspondances entre espaces immergés et domaines humains. La composition saisit les pulsations de la lagune et les empreintes de l’activité industrielle : des sons aquatiques noyés par le vacarme des embarcations aux battements réguliers des machines au milieu de la marée montante. Elle révèle ainsi les profondes imbrications entre les activités humaines et les faibles profondeurs de la lagune.
Sonia Levy est une artiste et cinéaste, d’ascendance berbère et polonaise. Son travail, fondé sur des enquêtes situées et interdisciplinaires, examine les implications des logiques occidentales d’expansion et d’extraction, et la manière dont ces forces s’inscrivent dans la transformation et la gouvernance des mondes hydrosociaux. Sa pratique cherche à sonder les seuils qui ont façonné — et continuent d’influencer — les conditions nécessaires à l’épanouissement du vivant.
Martí Madaula : Tramuntana - Film expérimental | dcp | noir et blanc | 18:27 | Espagne | 2025
Martí Madaula
Tramuntana
Film expérimental | dcp | noir et blanc | 18:27 | Espagne | 2025
Dans une zone reculée du nord de l’Espagne, le vent porte un nom : la Tramuntana. La Tramuntana prend ce qu’elle veut — vêtements, arbres, bateaux, et les habitants du paysage, qui vivent sous la menace constante d’être emportés par sa force. Ce film est un portrait lyrique de ce vent furieux, tissé à partir des récits transmis par les villageois.
Martí Madaula est un artiste et cinéaste basé à Madrid. Il est titulaire d’un diplôme en beaux-arts de l’Université de Barcelone, d’un Master of Visual Arts de la LUCA School of Arts de Gand (Belgique) et d’un Master of Fine Arts en film, vidéo, nouveaux médias et animation de la School of the Art Institute of Chicago. En 2019, il reçoit le Prix extraordinaire des Beaux-Arts de l’Université de Barcelone. En 2021, il obtient la prestigieuse bourse de la Fondation “la Caixa” pour poursuivre ses études aux États-Unis. Son dernier film, Tramuntana, a connu sa première mondiale au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, dans le cadre de Doc Fortnight 2025, le festival international du film et des médias non fictionnels du MoMA. Son premier film, The Living Wardrobe, a été présenté en première mondiale dans la section Opening Scenes de Visions du Réel 2024, l’un des plus importants festivals internationaux de documentaire et de cinéma du réel. Madaula a participé à des résidences artistiques dans des institutions prestigieuses telles que le Centre Pompidou (Paris) ou la Haus der Kulturen der Welt (Berlin). Il a exposé son travail dans des expositions personnelles et collectives à l’international.
Léonard Pongo : Tales From The Source - Vidéo expérimentale | mov | couleur | 38:19 | Belgique, Congo (RDC) | 2024
Léonard Pongo
Tales From The Source
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 38:19 | Belgique, Congo (RDC) | 2024
Tales from the Source propose un regard sur les paysages de la République démocratique du Congo afin de traduire quelque chose de leur puissance, de leur diversité et de leur savoir insondables. Le paysage y apparaît comme un personnage à part entière — une entité vivante, habitée par les symboles des traditions congolaises. L’approche visuelle emprunte aux techniques de l’imagerie multispectrale, produisant une expérience d’un autre monde, traversée de lumières et de couleurs surréelles. Associée à une composition musicale originale de Bear Bones, Lay Low, l’œuvre nous plonge dans un dialogue sensoriel avec le paysage, un être intelligent et sans âge, en transformation constante, qui vient défier notre perception.
Léonard Pongo (né en 1988 à Liège, Belgique) est un artiste visuel et cinéaste vivant et travaillant entre la Belgique et la République démocratique du Congo. Son travail explore les complexités de la perception et de la représentation, tout en remettant en question les représentations conventionnelles de la RDC, en s’attachant aux récits et symboles traditionnels et à leur relation au territoire. Formé à l’origine au photojournalisme, Pongo entame son parcours artistique en 2011 lorsqu’il se rend en RDC pour couvrir les élections présidentielles. Cette expérience transforme profondément son approche : il passe d’une documentation objective à une pratique plus subjective et expérientielle. Sa famille et les communautés locales l’encouragent alors à dépasser sa perspective initiale pour développer un regard plus nuancé et intime sur la vie congolaise. Pongo est reconnu pour ses installations multimédias combinant textiles, photographie, techniques d’impression variées et images en mouvement. Son travail s’enracine dans les cosmologies et traditions orales congolaises, en particulier dans l’idée que « tout n’est pas visible ». Grâce à des techniques spécialisées — dont la photographie en spectre complet, qui capte des longueurs d’onde invisibles à l’œil humain — il révèle des dimensions du paysage et de l’expérience habituellement dissimulées. Son projet au long cours The Uncanny (2011–2017) explore le quotidien en RDC à travers des images en noir et blanc empreintes d’une atmosphère onirique, tandis que Primordial Earth (2017–en cours) se concentre sur le territoire, mobilisant photographie couleur, textiles et installations vidéo pour évoquer une sensation de spiritualité et d’interconnexion. Son dernier film, Tales from the Source (2021–2024), prolonge cet ancrage dans les récits traditionnels, en s’attachant aux cultures luba et en soulignant l’imbrication profonde entre culture et environnement. Sa démarche collaborative implique un travail étroit avec les communautés à travers la RDC, puisant dans leurs savoirs, récits et traditions, afin de créer des formes visuelles qui prolongent la lignée des traditions luba en forgeant des expressions contemporaines liées aux concepts et visions ancestraux. Son travail a été exposé à l’international dans des institutions majeures telles que le Bozar – Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, la Tate Modern à Londres, la Biennale de Dakar (Sénégal) ou encore le Nasher Museum of Art à Duke University. En 2023, sa première monographie The Uncanny est publiée chez Gost Books, et en 2025 il est sélectionné parmi les « Future Greats » d’ArtReview par le photographe Roger Ballen.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 2
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Les esprits"
Zhu Renjie : Fare Thee Well - Fiction | mp4 | couleur | 25:0 | Chine | 2024
Zhu Renjie
Fare Thee Well
Fiction | mp4 | couleur | 25:0 | Chine | 2024
Sous l’effet papillon déclenché par la deuxième vague de réformes et d’ouverture de la Chine, une petite famille se retrouve prise dans un ouragan continu. De nombreuses années plus tard, Yang Xiaolong reçoit quatre lettres de son père, disparu de sa vie depuis longtemps. Ainsi, le fil textuel — « le pays grandit et la famille se brise » — déverrouille en lui des souvenirs d’enfance longtemps enfouis…
Renjie ZHU, réalisateur et directeur de la photographie né en 1992, a vécu dans l’ancienne ville d’Anyang puis dans la métropole de Shenzhen en raison de circonstances familiales. Il réside aujourd’hui à Hangzhou. Diplômé de l’Académie des arts de Chine, où il a obtenu sa licence et son master, il y poursuit actuellement un doctorat en création filmique. Son travail a remporté le New Wings Promotion Award lors de la Golden Rooster Youth Short Film Season, ainsi que le prix Qilin Outstanding Short Film au In Moment Film Festival. Ses films ont également été sélectionnés au Beijing International Short Film Festival, au Light My Fire Youth Film Festival, entre autres.
Mauricio Saenz : Niño Halcon Duerme Entre Visiones De Un Incendio - Fiction expérimentale | 4k | couleur | 18:0 | Mexique | 2024
Mauricio Saenz
Niño halcon duerme entre visiones de un incendio
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 18:0 | Mexique | 2024
Un oiseau kamikaze qui s’est lancé dans un voyage vers un lieu sauvage, sans retour possible. Une représentation de l’état de violence débordante engendrée par le narcotrafic, à travers la vision onirique d’un adolescent marginal recruté par un cartel.
Mauricio Sáenz (né en 1977, Matamoros, Mexique) est un artiste visuel dont la pratique englobe l’installation, la sculpture et la vidéo. Son travail explore les limites de l’impossible en tant que moteur actif de transformation, à travers des notions telles que l’isolement, l’enfermement, l’incertitude et la mémoire historique. Il est titulaire d’un master de l’Université polytechnique de Valence, en Espagne, et a présenté son travail au Museo de Arte Carrillo Gil et au Foto Museo Cuatro Caminos à Mexico, à la Galerie Art Virus à Francfort, ainsi qu’à la Jonathan Ferrara Gallery à La Nouvelle-Orléans. Ses œuvres ont également été montrées dans des festivals de vidéo-art tels que Proyector et MADATAC en Espagne, Traverse et Instants Vidéo en France, ou encore FIVA en Argentine, parmi d’autres.
Helena GirÓn VÁzquez, Samuel M. Delgado : Un Dragón De Cien Cabezas - Doc. expérimental | 16mm | couleur | 14:50 | Espagne | 2025
Helena GirÓn VÁzquez, Samuel M. Delgado
Un dragón de cien cabezas
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 14:50 | Espagne | 2025
Dans le jardin des Hespérides poussait jadis un fruit capable d’accorder l’immortalité à quiconque le mangeait. Ce jardin, situé quelque part au large de l’Afrique de l’Ouest, était gardé par un dragon aux cent têtes. À travers la bio-sonification des bananiers — culture de monoculture emblématique des îles Canaries — se révèle un récit d’éternité surgissant à l’endroit même où ce jardin mythique aurait existé.
Leur travail explore les relations entre mythologie, histoire et matérialisme. Leur premier long métrage, Eles transportan a morte (2021), a été présenté en avant-première aux festivals de Venise et de Saint-Sébastien, remportant des prix dans les deux. Il a ensuite circulé dans des festivals internationaux tels que Rotterdam, Le Caire, Mar del Plata, la Viennale, Hambourg et São Paulo. Leurs courts métrages ont été montrés dans des festivals comme Toronto, Locarno, New York, Ann Arbor, entre beaucoup d’autres. Ils ont également réalisé des installations et des performances dans des centres d’art tels que le CCCB (Barcelone), le BAM (New York), le TEA (Tenerife) ou Solar (Vila do Conde).
Wey Yinn Teo : Latex Labyrinth - Vidéo expérimentale | mov | noir et blanc | 12:38 | Malaisie | 2025
Wey Yinn Teo
latex labyrinth
Vidéo expérimentale | mov | noir et blanc | 12:38 | Malaisie | 2025
Un vieil homme se réveille dans une plantation de caoutchouc déboisée et se retrouve plongé dans le passé colonial. Une vieille chanson folklorique lointaine résonne alors qu'il tombe dans la boucle éternelle de la récolte du caoutchouc.
Wey Yinn Teo est une cinéaste basée à Kuala Lumpur. Son travail s’éloigne souvent des sphères du réel et de la vérité, explorant le deuil, l’aliénation et le spectre de l’expérience humaine. En parallèle de sa pratique du son et de la musique, son premier court métrage, Enflightenment (2023), a remporté le Prix du Public au Short Waves Festival en Pologne, et a poursuivi sa circulation dans des festivals tels que Leiden Shorts, EXPOSED Queer Film Festival Berlin, et d’autres encore. Latex Labyrinth a récemment connu sa première internationale au Ji.hlava IDFF et a remporté le prix du Best Dance Video à Eye Catcher Global 2025, Hong Kong.
Carlos Pereira : Unruhe - Film expérimental | 16mm | couleur | 11:50 | Portugal, Allemagne | 2024
Carlos Pereira
Unruhe
Film expérimental | 16mm | couleur | 11:50 | Portugal, Allemagne | 2024
« Une étrange épidémie s'est récemment propagée Parmi la population, Si bien que beaucoup, dans leur folie, Se sont mis à danser. Ils ont continué jour et nuit, Sans interruption, Jusqu'à perdre connaissance. Beaucoup en sont morts. »
Carlos Pereira, né à Lisbonne, étudie la réalisation cinématographique à la Deutsche Film- und Fernsehakademie Berlin (DFFB). Ses films ont été projetés dans des festivals tels que Locarno, San Sebastián et Rencontres Internationales Paris/Berlin. Son film Slimane (2023) a remporté le Prix de la critique cinématographique allemande du meilleur court métrage. Son premier long métrage, Remote Islands, écrit lors d'une résidence à la Fondation Bergman sur l'île de Fårö, est actuellement en préproduction.
Adam James Smith : Phantoms Of The Rising Sun - Doc. expérimental | mov | couleur | 8:20 | Royaume-Uni, Japon | 2025
Adam James Smith
Phantoms Of The Rising Sun
Doc. expérimental | mov | couleur | 8:20 | Royaume-Uni, Japon | 2025
Les espaces abandonnés d’un parc à thème western, d’un love hotel et du manoir d’un milliardaire reprennent vie sous l’envahissement des plantes, la présence des animaux, la pluie de fin d’été et les traces hantées d’anciennes habitations humaines.
Adam James Smith est un cinéaste britannico-américain basé à New York. Sa pratique cinématographique s’étend aux environnements ruraux et urbains de Chine, du Japon et des États-Unis. Adam a étudié le cinéma à Stanford et l’anthropologie à Cambridge, université à laquelle il est actuellement affilié, au sein du Visual Anthropology Lab.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Appendix
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Chaque jour, deux séances sont proposées dans des espaces de projection dédiés, tout au long de la journée. Ce vendredi 5 juin, les horaires de ces séances sont à 18h, 19h30, 21h et 22h30.
"L'absence"
Yosr Ben Messaoud : Envol - Vidéo | hdv | couleur | 4:12 | Tunisie, France | 2024
Yosr Ben Messaoud
Envol
Vidéo | hdv | couleur | 4:12 | Tunisie, France | 2024
Dans la pénombre, la main surgit comme un fragment de présence, suspendue entre apparition et effacement. Elle devient un territoire sensible, effleuré par une intimité silencieuse, et se déploie comme un paysage ouvert, un espace d’accueil pour ce qui passe sans jamais vraiment se laisser saisir. La vidéo devient alors un lieu de ralentissement, où le regard croise une présence partielle mais habitée, traversée par un monde en mouvement.
Yosr Ben Messaoud est une artiste visuelle qui travaille entre la France et la Tunisie. Elle poursuit actuellement ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris, après avoir obtenu un diplôme en art contemporain et sciences humaines à l’Université de Vincennes. Son travail se compose de vidéos, de photographies, de dessins et d’installations ou encore d’hybridation entre ces différentes formes d’expression. La variété de formes opératoires transmet une esthétique d’ouverture et de flottaison, où l’on est appelé à être un pont, à accueillir l’altérité pour l’émergence d’une nouvelle forme de communion. Dans son travail, elle interroge les enjeux liés au déplacement des récits et à leurs survivances en partant de l’intime, par la mise en place de dispositifs conçus à la fois comme des systèmes d’accueil, des contenus d’expériences et des circuits de narration, qui se peuplent de ce qui les entourent. Les axes se déplacent incessamment, entre le vécu et les faits d’affects, les images récoltées et celles qui survivent, l’intime et la parole collective, pour réfléchir autour de la condition de l'humain, non pas en tant qu’humanité au centre du monde mais comme faisant partie de son ordre sensible, matériel et social
Sina Khani : Watch With The Weary Ones - Doc. expérimental | 4k | couleur | 7:29 | Iran | 2025
Sina Khani
Watch With the Weary Ones
Doc. expérimental | 4k | couleur | 7:29 | Iran | 2025
Watch with the Weary Ones est un court documentaire qui observe le paysage urbain américain tandis que la cinéaste se laisse doucement glisser vers des souvenirs d’Iran. Il met en regard les surfaces des villes des États-Unis et les sensations de quelqu’un vivant loin de chez soi, suspendu entre deux lieux. Le film réfléchit à la peine que portent celles et ceux qui ont quitté l’Iran en quête d’une autre vie, et ceux qui sont restés et continuent de se battre pour la leur. Il s’agit de tenir deux mondes à la fois, celui qui est devant toi et celui qui ne te quitte jamais, et de tenter de donner un sens à ce poids
Sina Khani (alias Sina Ahmadkhani) est un cinéaste, scénariste et monteur né à Téhéran et basé à Los Angeles. Son premier long métrage a remporté le prix du Meilleur long métrage expérimental international au Portoviejo Film Festival et a reçu distinctions, nominations et sélections au Regina IFF, au Toronto International Nollywood FF, au New York City Indie FF, ainsi que dans de nombreux autres festivals internationaux. Il a récemment obtenu son MFA à la Virginia Commonwealth University et continue à créer des histoires audacieuses, centrées sur les personnages.
Samy Benammar, Mohamad Awad : Adieu Ugarit - Documentaire | 16mm | noir et blanc | 15:45 | Canada | 2024
Samy Benammar, Mohamad Awad
Adieu Ugarit
Documentaire | 16mm | noir et blanc | 15:45 | Canada | 2024
En 2012, Mohamed voit son meilleur ami abattu par une milice armée aux abords de Damas, en Syrie. Le sang se répand dans l’eau du lac et contamine la mémoire. Dix ans plus tard, les reflets des Laurentides rappellent le traumatisme de Mahamed, maintenant réfugié au Québec. Je lui demande s’il souhaite excaver les souvenirs, réparer les peurs en nous isolant quelques jours dans le calme le plus angoissant qui soit pour lui. Il raconte la mort, l’immigration, la colère. Nous nous demandons comment et pourquoi raconter cette histoire.
Samy Benammar est un cinéaste et critique de cinéma résidant entre Marseille et Montréal. Son travail d’écriture et de réalisation, construit autour d'enjeux sociopolitiques hérités de ses origines algériennes et ouvrières, déploie des dispositifs documentaires réflexifs et une approche tactile et expérimentale de l'image. Il a notamment réalisé adieu ugarit (2024), avant seriana (2024), kaua’i’o’o (2023) et peugeot pulmonaire (2021). Ses films sont distribués par Winnipeg Film Group, CFMDC et Vidéographe. Ils ont été présentés dans des festivals tels que le BFI London Festival, les RIDMs, Experiments in Cinema, Windx, le Symposium de Cinémathèque québécoise et le Beijing short film festival. Ses textes peuvent être lus dans différentes revues spécialisées. Il a siégé sur les comités de rédaction de 24 images, Hors-Champ et Panorama-cinéma. Il poursuit actuellement un doctorat en recherche-création sur la photographie coloniale dans la région des Aurès en Algérie.
Mariam Ghani : There S A Hole In The World Where You Used To Be - Vidéo | 35mm | couleur et n&b | 15:31 | USA, Afghanistan | 2025
Mariam Ghani
There S A Hole In The World Where You Used To Be
Vidéo | 35mm | couleur et n&b | 15:31 | USA, Afghanistan | 2025
THERE'S A HOLE IN THE WORLD WHERE YOU USED TO BE est un court métrage sur la mémoire et le deuil. Il part du postulat que le chagrin et les trous noirs sont tous deux si denses et si intenses qu’ils courbent l’espace et le temps autour de leur gravité propre – chaque absence devenant à la fois une blessure dans le cœur et un trou dans le monde.
Mariam Ghani est artiste et cinéaste. Ses films, projets publics et installations ont été présentés dans le monde entier, notamment à Times Square et à l’aéroport LaGuardia ; au Tate Modern, au Guggenheim, au MoMA, au Smithsonian, à la Secession, au CCCB, et au Metropolitan Museum. Son travail a été montré à Documenta 13 ainsi qu’aux biennales de Liverpool, Lahore, Yinchuan et Sharjah ; aux festivals de cinéma de la Berlinale, Rotterdam, CPH:DOX, SFFILM, DOC NYC, Jihlava, BlackStar et Ann Arbor ; en salles et en ligne sur Ovid, Criterion et Docuseek.
Taiki Sakpisit : The Spirit Level - Vidéo expérimentale | 4k | couleur et n&b | 20:30 | Thaïlande | 2024
Taiki Sakpisit
The Spirit Level
Vidéo expérimentale | 4k | couleur et n&b | 20:30 | Thaïlande | 2024
The Spirit Level médite sur les traumatismes et la violence qui traversent la Thaïlande troublée, reflétés à travers les voyages en voiture de l’artiste dans la région nord-est du pays, le long du fleuve Mékong. Le film commence avec une rivière descendant de la cascade Than Thong pour se jeter dans le Mékong, et explore une grotte souterraine mythique qui, selon la légende, abritait un royaume enfoui sous le Mékong, là où réside le divin Naga dans le monde inférieur. Au cœur de The Spirit Level se trouve une séquence frénétique montrant une médium en plein état de possession. Cet épisode épileptique émule un effet de rétroaction optique, suscitant des images spectrales semblables à une transe, alors que l’entité spirituelle s’inscrit dans le corps de la médium. Progressivement, ces images hallucinées se délitent et sont interrompues par une image figée. Cette suspension du temps surgit pour commémorer les esprits disloqués des trois militants anti-gouvernementaux dont les corps mutilés furent retrouvés dans le Mékong en décembre 2019. Exilés depuis le coup d’État de 2014, ils furent kidnappés par un escadron de la mort officiellement soutenu. Leurs corps furent découverts menottés, éventrés, lestés de blocs de béton, enveloppés dans des sacs de riz brun, puis jetés dans le fleuve. Il s’agit de l’un des innombrables cas de disparitions forcées et d’assassinats de dissident·e·s politiques perpétrés par l’État depuis les années 1970, une violence toujours en cours et jamais résolue. The Spirit Level évoque ainsi les courants souterrains d’obscurité qui ondulent sous la surface d’une Thaïlande profondément problématique.
Taiki Sakpisit (???? ?????????????) est un cinéaste et artiste visuel basé à Bangkok, reconnu pour son approche innovante du récit et son exploration profonde de l’histoire complexe de la Thaïlande. À travers le prisme du cinéma, Sakpisit met à nu le passé tumultueux du pays, imprégnant ses films expérimentaux d’un engagement politique subtil mais retentissant. Ses œuvres sondent les tensions, les conflits et les anticipations sous-jacentes de la Thaïlande contemporaine, méticuleusement façonnées par des assemblages audiovisuels précis et sensoriellement saisissants. Utilisant une vaste gamme de sons et d’images, Sakpisit crée des expériences immersives qui défient les récits conventionnels et suscitent la réflexion. Son long métrage The Edge of Daybreak a remporté le prix FIPRESCI au Festival international du film de Rotterdam pour sa « mise en scène d’une atmosphère mystérieuse et d’images riches dépeignant le traumatisme et la violence, pour sa capacité à aborder quarante ans de bouleversements politiques à travers un voyage cinématographique puissant et hypnotique, et pour sa volonté d’affronter le passé afin de confronter le présent et l’avenir ». Ses œuvres récentes ont été présentées à la 14e Biennale de Gwangju, au Museum of Contemporary Art de Busan, à la Bangkok Art Biennale 2024, à la 14e Biennale du Mercosur ainsi qu’à la Thailand Biennale.
Haythem Zakaria : Interstices Op.iii - Vidéo expérimentale | 4k | noir et blanc | 23:5 | Tunisie | 2024
Haythem Zakaria
Interstices Op.III
Vidéo expérimentale | 4k | noir et blanc | 23:5 | Tunisie | 2024
Opus III explore le paysage des montagnes de l’Atlas à la fois comme un territoire physique et comme un topos symbolique. Tournée entre la Tunisie et le Maroc, l’œuvre prolonge les recherches initiées dans Opus I et II, en confrontant le paysage visible à ses résonances mythologiques. La pièce envisage l’Atlas non seulement comme un massif géographique, mais comme une figure archétypale façonnée par des récits récurrents, des croyances et des mémoires collectives. À travers un langage visuel lent et contemplatif, Opus III devient un passage entre la présence matérielle des montagnes et les strates immatérielles de sens qui les habitent. L’œuvre invite le·la spectateur·rice à déplacer son point de vue et à entrer dans un espace où paysage, mythe et perception s’entrelacent.
Haythem Zakaria (né en 1983 en Tunisie, basé en France) est un artiste transdisciplinaire et performeur sonore. Travaillant entre la vidéo, l’installation, la photographie, le dessin et le son, il explore la manière dont les paysages, les mythes et les formes de mémoire façonnent la perception, et comment le visible peut s’ouvrir à des dimensions plus fugitives de l’expérience. Sa pratique s’ancre dans la recherche de terrain, les temporalités lentes et une attention affinée à la résonance des lieux. Depuis 2010, son travail a été présenté à l’international dans de grandes expositions, biennales et espaces d’art indépendants à travers l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Amérique du Nord, notamment à documenta 15, la Biennale de Venise, le Japan Media Arts Festival, Cairotronica, Dream City, Kunstraum Kreuzberg/Bethanien, Casa Árabe, ainsi que dans de nombreuses institutions à Paris, Londres, Berlin, Pékin, Rabat, Tokyo et San Francisco. Lauréat du Grand Prix du Japan Media Arts Festival pour Interstices, Zakaria continue de développer des projets fondés sur la recherche, où l’image, le son et la matière se croisent, ouvrant un espace d’enquête sur les archétypes, la mémoire et les seuils entre le visible et l’invisible.
"Des maisons qui tremblent"
Pierre-jean Giloux : Biomimetic Stories # 3. Dholera - Fiction expérimentale | 4k | couleur | 7:0 | France | 2024
Pierre-jean Giloux
Biomimetic Stories # 3. Dholera
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 7:0 | France | 2024
Dholera dévoile la vision dystopique de cette ville éponyme, imaginée au cœur du paysage désertique de l’État indien du Gujarat. Son immense réseau d’autoroutes, de voies ferrées surélevées, de pylônes électriques et de châteaux d’eau s’étend à perte de vue sur un terrain aride, sans végétation, balayé par des tourbillons de poussière. Ce vaste projet urbain — dont les travaux ont débuté il y a plus de dix ans — est aujourd’hui pratiquement à l’arrêt. Des prises de vue in situ réalisées par drone révèlent l’ampleur de ce chantier inachevé, où certains bâtiments symboliques du plan initial réapparaissent virtuellement sous forme de nuages de points. Le film fait surgir le fantôme de la ville de Dholera : un chantier spectral où des ruines du futur fissurent l’idée même d’utopie.
Pierre Jean Giloux, né en 1965, est lauréat de la Villa Kujoyama, Kyoto en 2015 et lauréat du Grand Prix Art Vidéo au Festival Côté Court de Pantin en 2016. Pratiquant une forme de réalité augmentée, il montre ses installations dans des musées et centres d’art tels que le Museum du Botanique à Bruxelles, la Criée, Centre d’art contemporain de Rennes, le Barbican à Londres, le Moma d’Hiroshima et le Musée national d’Osaka au Japon ainsi que dans les galeries DNA à Berlin, Sophie Scheidecker et Christophe Gaillard à Paris, Cristina Guerra à Lisbonne, la Bank MABsociety à Shanghai. Ses œuvres sont présentes dans des collections privées (à Paris, Rennes, Bruxelles et Tokyo, Pierre Darier en Suisse, An-Sammlung à Munich) et publiques (Fonds d’art contemporain - Paris collection et Ville de Marseille).
Thomas Leon : To Ashes - Vidéo | 4k | couleur | 5:6 | France | 2025
Thomas Leon
To Ashes
Vidéo | 4k | couleur | 5:6 | France | 2025
To Ashes explore les seuils entre réalité et hallucination machinique, interrogeant les technologies contemporaines de génération d’images — en particulier l’intelligence artificielle — et leur influence sur notre perception du réel. Réalisée selon un processus hybride mêlant modélisation 3D et outils de génération basés sur l’IA, la vidéo se déploie en un long travelling continu à travers une mégastructure brutaliste en perpétuelle métamorphose. Les formes architecturales se délitent, se transforment ; des particules semblables à de la cendre s’élèvent dans l’air. Cette désagrégation est accompagnée d’un paysage sonore expérimental, où synthétiseurs analogiques et voix altérées font affleurer l’idée d’un effondrement latent. Peu à peu, l’architecture cède la place à des structures cristallines instables. La réalité vacille. À la fin, quelque chose rompt, glisse, disparaît. Il faut que tout brûle.
Thomas Léon développe sa pratique en fusionnant cinéma, arts graphiques et images issues des nouvelles technologies. Il crée des films, des installations vidéo et sonores immersives, ainsi que des dessins en grand format. Son oeuvre explore les interrelations entre mémoire, sensualité, expériences intimes et imaginaire, en s’appuyant sur des fictions, qu’elles soient sociales, urbanistiques, climatiques etc. Il s’inspire notamment de la science-fiction et de la littérature utopique et développe le plus souvent ses travaux par l’intermédiaire des outils contemporains de création d’images (modélisation 3D, IA, etc.). Il participe régulièrement à des projections ou expositions en France et à l’étranger: « Listening to Transparency » au Minsheng Art Museum de Shanghai (Chine, 2017), « Cruces Sonoros : Mundos Posibles » au MAC de Santiago de Chile (Chili, 2016), « Rendez-vous 11 » à l'Institut d'art contemporain à Villeurbanne (2011) et à la South African National Gallery à Cape Town (Afrique du Sud, 2012). Il a notamment suivi les résidences : Drawing Factory organisée par le CNAP et le Drawing Lab (Paris) en 2021 ; la résidence à Taiwan, organisée par le Grame, centre national de création musicale (Lyon) et le Digital Art Center (Taipei) en 2011. Ses oeuvres sont notamment présentes dans les collection du CNAP et de la Fondation Louis Vuitton. Thomas Léon vit et travaille à Montreuil.
Liliia Filina : Inner Immigration - Film expérimental | 35mm | couleur | 3:36 | Russie | 2025
Liliia Filina
INNER IMMIGRATION
Film expérimental | 35mm | couleur | 3:36 | Russie | 2025
Dans une ville d’Europe de l’Est sans nom, quelques jeunes se retrouvent pris entre une résistance silencieuse et une complicité passive, tandis que leur pays sombre dans la guerre. Les rues de la ville, autrefois familières, deviennent un paysage de peur. Tourné dans un style sobre et d’observation, Inner Emigration est un portrait hanté d’une génération suspendue dans l’immobilité, contrainte de traverser une réalité en ruine qui n’offre plus aucun choix clair.
Lily Filina est une artiste et réalisatrice, née en 1999 à Kaluga, en Russie. Diplômée de la Rodchenko Art School, dans la classe de Sergueï Bratkov, elle travaille comme réalisatrice publicitaire et développe des projets indépendants à l’intersection du cinéma et de la vidéo d’art. En 2024, un film de Liliya a été présenté dans la programmation du Festival international du film de Rotterdam. En 2024 également, son projet "Internal Emigration" a reçu le soutien du programme Yandex360.
Melanie Manchot : Line Of Sight (the Tower) - Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Melanie Manchot
Line Of Sight (The Tower)
Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Tournée dans une tour de télécommunications désaffectée, autrefois abritant des équipements militaires secrets, cette œuvre prolonge mon enquête sur les montagnes et leurs architectures en tant qu’espaces d’enchevêtrements entre humains et milieux naturels. Elle revient plus précisément encore au village alpin d’Engelberg, où je réalise des travaux depuis 2010. Dans Line of Sight, la caméra explore une structure désertée, un espace laissé derrière. Comme si chacun avait quitté les lieux en plein geste, les environnements portent les traces d’une vie passée, depuis longtemps disparue. À l’intérieur comme à l’extérieur, la caméra observe cette architecture déroutante au fil de longs panoramiques et travellings, jusqu’à un moment d’envol qui dévoile la structure — comme flottant dans l’espace. Lorsque la tour était en fonction, elle assurait de multiples usages, notamment celui d’abri et de refuge durant les tempêtes. Une pièce remplie de vieux matelas témoigne de ces moments de danger. Le titre Line of Sight renvoie à ces tours perchées au sommet des montagnes, se faisant face à distance et permettant d’anciennes formes de communication. Avec l’évolution technologique, ces tours sont désormais des dinosaures : solitaires, obsolètes, devenant ainsi des symboles d’endurance, de résistance et de modes d’échange révolus. En 2025, cette tour est en cours de transformation en un espace dédié au « divertissement de montagne » — accentuant la dichotomie d’industries alpines qui ne cessent d’accroître la fréquentation des sommets et des glaciers, contribuant de fait à l’accélération du changement climatique.
Artiste visuelle et cinéaste basée à Londres, Melanie Manchot utilise la photographie, le film, la vidéo et le son pour mener des enquêtes approfondies sur nos identités individuelles et collectives. Son travail interroge et mobilise des actes de soin, de résistance et de communalité afin d’engager les urgences sociales et politiques de nos sociétés. Ses films explorent des formes innovantes de narration, portés par une compréhension aiguë du pouvoir du cinéma à traiter des enjeux cruciaux et à produire un impact profond. Toutes ses œuvres filmées reposent sur une recherche ancrée dans des lieux spécifiques, et les paysages montagneux constituent un motif récurrent permettant d’aborder la fragilité des environnements dont nous avons la charge. Les œuvres de Manchot ont été présentées dans des expositions en musées et galeries à l’international, et elle prépare actuellement une vaste exposition personnelle au Royaume-Uni pour le début de l’année 2026. Son premier long métrage, STEPHEN, commandé par la Liverpool Biennial, aborde le jeu d’argent, les addictions, la guérison et la santé mentale à travers une articulation entre fiction narrative et documentaire. Distribué en salles par Modern Film en 2024, il continue d’être présenté en exposition sous forme d’installation multi-écrans. Manchot travaille actuellement à son deuxième film, Self Storage, tandis qu’un autre long métrage – un hybride fiction/documentaire intitulé One Day As A Tiger, est en développement.
Susanna Wallin : Lizzy - Doc. expérimental | 4k | couleur | 15:0 | Suède, USA | 2024
Susanna Wallin
Lizzy
Doc. expérimental | 4k | couleur | 15:0 | Suède, USA | 2024
Lizzy est le fruit des jours passés à la suite de la mort d’une voisine, disparue dans la maison où elle avait vécu toute sa vie, au bord de la rivière Hillsborough à Tampa, en Floride, et qui a laissé derrière elle un orgue électrique adressé à la cinéaste, sans aucune note. Le recevoir fut comme une énigme sauvage. Comment une histoire peut-elle se poursuivre entre les mains d’une autre ? Quelles forces organisent le récit ? En tissant l’intérieur avec l’extérieur, la poussière avec le marécage, la célébration avec la critique, le film traverse des notions binaires telles que soi–monde, vérité–fiction, témoigner–imaginer, et nature–expérience, entre autres.
Susanna Wallin est une artiste et cinéaste engagée dans des questions liées à ce que nous faisons de notre temps, de nos corps et des outils dont nous disposons pour vivre une vie. Elle explore ses sujets à travers des contextes, des modalités et des temporalités diverses, s’immergeant souvent longuement dans un lieu particulier. Attentive à ce qui émerge dans l’hésitation, dans le « faire ensemble », par l’expérimentation et l’ouverture, elle prête une oreille à l’indicible, avec la fiction comme pratique. Née et élevée en Suède, elle a étudié le cinéma et la pratique/la théorie artistiques à Goldsmiths College et à l’University of the Arts London, au Royaume-Uni. Elle a reçu de nombreux prix, notamment The Flamin London Artist Film and Video Award, New Approaches (Film London, UK), Pure Fiction (Suède), ainsi que des commandes du UK Film Council, de Channel 4, de la BBC, de l’Arts Council England, d’Arte France/Allemagne, de SVT (Suède) et du BFI au Royaume-Uni. Ses films primés circulent entre salles de cinéma et espaces d’exposition, et ont été montrés notamment au MOCA LA, à The American Cinematheque, au Barbican, à la Whitechapel Gallery, dans le métro londonien, à l’ICA et au British Film Institute. Ces dernières années, Wallin développe plusieurs projets de longs métrages, dont l’un, tourné en Floride, est actuellement en postproduction. Elle fait partie de la Research School de l’University of the Arts London, où elle prépare un doctorat par la pratique, et elle est professeure assistante en cinéma et vidéo à l’University of South Florida, aux États-Unis. Elle vit et travaille entre Tampa et Londres.
Niklas Buescher : Center - Fiction expérimentale | 16mm | couleur | 20:0 | Allemagne | 2024
Niklas Buescher
Center
Fiction expérimentale | 16mm | couleur | 20:0 | Allemagne | 2024
Une journée au complexe Sony Center à Berlin. Deux personnes se rencontrent dans la salle d'attente d'un chiropracteur. Elles sont toutes deux fatiguées. Pendant ce temps, le bâtiment est en permanence en travaux.
Niklas Buescher a étudié les beaux-arts à la Gerrit Rietveld Academie d'Amsterdam. Il a obtenu son diplôme en 2019 avec son premier court métrage. En 2021, il a commencé des études de réalisation à l'Académie allemande du cinéma et de la télévision de Berlin. Depuis, il a réalisé plusieurs courts métrages de fiction, chacun représentant un lieu différent de la ville.
Gerard & Kelly : E For Eileen - Fiction | 4k | couleur | 23:35 | USA, France | 2024
Gerard & Kelly
E for Eileen
Fiction | 4k | couleur | 23:35 | USA, France | 2024
Un personnage énigmatique passe son dernier jour dans la maison qu’elle a conçue et construite. Sa solitude est interrompue par l’arrivée d’anciens amis qui menacent de la submerger sous le poids du passé. Fiction spéculative, E for Eileen est entièrement tourné dans la villa E-1027 d’Eileen Gray — l’un des trois monuments historiques français de l’ère moderne, et le seul édifié par une femme.
Gerard & Kelly sont des artistes visuels et cinéastes dont la pratique interdisciplinaire traverse le film, la performance et l’installation, intégrant chorégraphie, écriture, impression, dessin et sculpture. Basés à Paris depuis 2018, ils sont connus pour des projets conceptuellement rigoureux et fondés sur la recherche, qui interrogent les questions de mémoire et d’histoire, de sexualité et de formation de la subjectivité. Gerard & Kelly collaborent depuis le début des années 2000 pour développer un corpus d’œuvres distinctif qui place le mouvement, le récit et la théorie critique en dialogue direct avec l’architecture et le site. Leurs projets se déploient souvent dans des espaces modernistes emblématiques et ont été présentés dans des institutions majeures en Europe et aux États-Unis. Issus des fermes de l’Ohio et des régions minières de Pennsylvanie, Brennan Gerard et Ryan Kelly se rencontrent à New York et entament une collaboration qui les conduit au Whitney Museum Independent Study Program, où ils sont boursiers Van Lier en 2009-2010, puis à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où ils obtiennent tous deux un MFA en 2013, au sein du studio interdisciplinaire dirigé par l’artiste Mary Kelly. Ruins, leur première exposition personnelle dans une institution européenne, a été présentée par le Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes en 2022-2023. Des expositions personnelles et performances ont également été présentées à la Galerie Marian Goodman, Paris (2025), à la Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence (2024), au Centre Pompidou, Paris (2023), à la Galerie Marian Goodman, New York (2022), au MAMCO, Genève (2020), au MOCA, Los Angeles (2020), au Festival d’Automne, Paris (2017 et 2019), au Getty Museum, Los Angeles (2019), à Pioneer Works, New York (2018), au Palais de Tokyo, Paris (2016), au New Museum, New York (2014), et à The Kitchen, New York (2014). Ils ont participé à la NGV Triennial 2023 à la National Gallery of Victoria, Melbourne, aux Chicago Architecture Biennials 2023 et 2017, ainsi qu’à la biennale Made in L.A. 2014 au Hammer Museum, Los Angeles. Leur travail a également été présenté dans des expositions collectives au Château La Coste, Le Puy-Sainte-Réparade (2025), à la Collection Lambert, Avignon (2024), à Le Commun, Genève (2024), sur la High Line, New York (2023), au FRAC Franche-Comté, Besançon (2022), et au Solomon R. Guggenheim Museum, New York (2015), entre autres. Gerard & Kelly ont reçu de nombreuses distinctions, dont le VIA Art Fund (2024), le programme Mondes nouveaux du Ministère de la Culture (2023), la Graham Foundation (2014) et Art Matters (2013). Leurs œuvres figurent dans les collections permanentes du Carré d’Art, Nîmes, du FRAC Franche-Comté, Besançon, du Solomon R. Guggenheim Museum, New York, du LACMA – Los Angeles County Museum of Art, du Hammer Museum, Los Angeles, de la National Gallery of Victoria, Melbourne, du Musée Serralves d’art contemporain, Porto, et du Whitney Museum of American Art, New York.
Exposition
silent green Kulturquartier | Betonhalle
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Contemporary understatements"
Trois œuvres d'Antoni Muntadas, figure majeure de l'art contemporain, sont présentées en exposition pour la première fois à Berlin.
Antoni Muntadas: On Translation: Warning | Multimedia installation - stikers, vidéo | Espagne, USA | 1999-present
Antoni Muntadas: Life is Editing | Installation - stikers | Espagne, USA | 2025
Dans leur prolongement, en écho ou en contrepoint, les œuvres de six autres artistes interrogent, sous le forme d'euphémismes, nos représentations communes.
Philippe-aubert Gauthier, Tanya St-Pierre : Dans Une Sorte De Rêve éveillé - L'invitation - Film expérimental | 4k | couleur | 75:0 | Canada | 2023
Philippe-aubert Gauthier, Tanya St-Pierre
Dans une sorte de rêve éveillé - L'invitation
Film expérimental | 4k | couleur | 75:0 | Canada | 2023
Une œuvre d’animation de synthèse s’inscrivant dans une série d'œuvres contemplatives et portant sur l’archéologie des intérieurs. Cette œuvre pose un regard archéologique et architectural sur une ère théâtrale de la décoration intérieure. Exposant une tension fictionnelle presque non-résolue entre, d’un côté, le confort moderne construit et édifié par l’économie tonitruante et, d’un autre, la menace sourde de la nature, du climat changeant et de leurs forces cataclysmiques sous-entendues. Une première rencontre des collages faits main de St-Pierre et des images de synthèse créées en duo avec Gauthier. Cette œuvre a été produite grâce au soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Grand Théâtre de Québec (Canada) pour une présentation au Studio Telus du Grand Théâtre de Québec (commissariat : Ariane Plante).
Philippe-Aubert Gauthier est ingénieur mécanique, maître ès sciences, docteur en génie mécanique (acoustique) et professeur à l'Université du Québec à Montréal, à l'École des arts visuels et médiatiques. Il travaille à la croisée des arts, sciences et technologies. Il a produit plus d'une cinquantaine d'œuvres en arts sonores et numériques. Gauthier est actuellement directeur associé du Centre for Interdisciplinary Research in Music, Media and Technology. Tanya St-Pierre est artiste en arts visuels, sonores et médiatiques. Elle explore les relations possibles entre arts visuels ou médiatiques et narration. À travers divers systèmes d'altération de la narration en propositions poétiques et conceptuelles, elle déjoue et questionne les notions de représentation et d’artefacts culturels. Détentrice d’un baccalauréat en arts plastiques de l’Université du Québec à Trois-Rivières, (Québec). Depuis 2003, leurs démarches se rencontrent dans des projets collaboratifs. Leurs intérêts et engagements respectifs sont abordés dans des échanges découlant vers des propositions artistiques hybrides qui résultent de joutes autocritiques et d'inventions en duo. Leur travail fut présenté au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Europe et au Japon. Tous les deux vivent et travaillent actuellement à Montréal, au Québec (Canada).
Driessens & Verstappen : E-volved Formulae - Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Driessens & Verstappen
E-volved Formulae
Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Le logiciel de génération d’images Formulae E-volver est développé par les artistes. Les éléments constitutifs du programme sont toutes sortes d’opérateurs mathématiques de base. À partir de ces éléments, l’ordinateur peut composer une infinité de formules valides. À chaque itération, un petit ensemble de formules est généré puis visualisé à l’écran. Le spectateur compare ces images animées entre elles et les évalue. En retour, le logiciel tient compte de ces évaluations lorsqu’il compose de nouvelles formules. Les formules affichées longtemps à l’écran ont davantage de chances de se croiser, permettant à leurs propriétés visuelles d’être mélangées puis transmises aux générations suivantes. Le processus commence par une « soupe primordiale » qui produit des images relativement simples. Sur la base des préférences personnelles de l’utilisateur, ce système évolue progressivement vers des animations complexes et intrigantes. Les résultats finaux, les E-volved Formulae, sont enregistrés puis affichés sur un grand écran ou projetés. Ils révèlent la grande variété d’images issues de ces processus évolutifs successifs.
Le couple d’artistes basé à Amsterdam, Erwin Driessens (1963, Wessem) et Maria Verstappen (1964, Someren), travaille ensemble depuis 1990. Après leurs études à l’Académie des beaux-arts de Maastricht puis à la Rijksakademie d’Amsterdam, ils ont développé conjointement un œuvre multiforme composé de logiciels, de machines et d’objets. Leur recherche porte sur les possibilités qu’offrent les algorithmes physiques, biologiques et informatiques pour la génération d’images. Une source d’inspiration essentielle réside dans les processus auto-organisés observables dans la nature. Dans la série Morphoteques (collections de formes), ils mettent en évidence les variations formelles pouvant émerger d’un processus génératif spécifique. Dans d’autres travaux, les transformations de formes sont produites en temps réel à l’aide d’une machine. Dans leurs projets logiciels et d’intelligence artificielle, ils développent une nature artificielle se déployant sous d’innombrables variations. Driessens & Verstappen ont participé à de nombreuses expositions aux Pays-Bas et à l’étranger, notamment au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, au Centre Pompidou (Paris), à l’IVAM Institut de Valence, au musée Kröller-Müller (Arnhem), au Garage Museum (Moscou), au CaixaForum (Barcelone) et à Eyebeam (New York). Le duo donne régulièrement des conférences et présentations dans des universités, écoles d’art, festivals et symposiums, parmi lesquels Siggraph Los Angeles, Sonic Acts Amsterdam ou encore Second Iteration Melbourne. En 1999 et 2001, leurs projets de robots Tickle ont reçu le premier prix au concours VIDA Telefónica de Madrid. En 2013, ils ont reçu le prix Witteveen+Bos Art+Technology pour l’ensemble de leur œuvre. Les artistes sont représentés par la galerie DAM à Berlin.
Can Kurucu, Mariam Aslanishvili, Jack Hogan, Matthias Planitzer : The Measures Taken - Vidéo expérimentale | hdv | couleur | 30:0 | Allemagne | 2023
Can Kurucu, Mariam Aslanishvili, Jack Hogan, Matthias Planitzer
The Measures Taken
Vidéo expérimentale | hdv | couleur | 30:0 | Allemagne | 2023
Four communist agitators return from a successful mission in China to Moscow and are congratulated for their efforts by the Central Committee (The Control Chorus.) The four agitators, however, inform the committee that during their mission they were forced to kill a young comrade for their mission to succeed. The committee withholds its verdict until after the four agitators re-enact the events that led to the young comrade’s death. The agitators tell of how they were sent on a mission to educate and help organize the workers in China. The director of the party house (the last before the frontier) helps the four agitators and the young comrade in the obliteration of their true identities. They are told to keep concealed that they are communist, for their discovery would endanger the mission and their lives. However, once in China, the sights of injustice and oppression enrages the young comrade on several occasions, when he is time and time again not able to contain his passion, immediately acting to correct the wrongs he sees around him. As a result, he eventually exposes himself and proclaiming the teachings of the party. There, the agitators debate on what to do with him.
Can Kurucu is a filmmaker and artist focused on the sphere of the political image and its consequences. Can's work provides an insight into how digital images are made and what they represent, exploring the political and scientific elements that shape them, and reflecting on the image-making process and the deeper meanings behind the images within these broader contexts. Mariam Aslanishvili is an artist, photographer, and musician based in Berlin. Her artistic practice revolves around the exploration of human perception and the construction of realities, with a particular focus on translating personal experiences into the language of experimental cinema. Jack Hogan is a filmmaker from Waterford, Ireland. Their work focuses on the rich sociality of everyday life, foregrounding friendship and what constitutes good shared lives and places. Matthias Planitzer is a visual artist and doctor who explores scientific and political visual spheres and how they are rooted in their contexts.
Sebastián Diaz Morales : One Glass Eye Melting - Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
Sebastián Diaz Morales
One Glass Eye Melting
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
One Glass Eye Melting convoque l’imaginaire collectif de la dystopie pour le réarticuler en quête de nouvelles possibilités. En très gros plan, un œil en rotation fixe le spectateur, sa pupille reflétant un montage de désastres — guerre, catastrophes naturelles, accidents du quotidien — juxtaposés à des scènes de régénération : vie microbienne, expansion cosmique, évolution technologique. Tourné dans la rudesse d’un plan unique, avec un minimum de postproduction, l’œil devient à la fois miroir et « conteneur de mémoire » fracturé, perturbé par les glitches, les rayures, le bruit analogique et numérique. L’œuvre interroge l’acte de regarder lui-même, transformant le réel en quelque chose de surréel, mais étrangement familier. Tandis que l’œil accomplit une rotation complète à 360 degrés, le reflet dans la pupille demeure fixe, ancrant le chaos et le renouveau comme des forces cycliques et interdépendantes. One Glass Eye Melting reformule le désastre comme inséparable de la renaissance, suggérant que l’effondrement porte en lui la possibilité de réinventer — et de reconstruire — nos récits. Plutôt que de rejouer sans cesse la catastrophe, l’œuvre demande : que faisons-nous de ces images du désastre ? L’œuvre convoque ainsi l’imaginaire dystopique pour en redistribuer les motifs, à la recherche de possibles encore inexplorés. Elle fait partie de la série Bajo el cielo cayendo (Sous le ciel en chute), qui explore la tension entre catastrophe systémique et fragile espérance.
Sebastián Díaz Morales est né en 1975 à Comodoro Rivadavia, en Argentine, et vit et travaille à Amsterdam. Il a étudié à la Universidad del Cine de Antín en Argentine (1993–1999), à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (2000–2001) et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Roubaix (2003–2004). L’examen que Díaz Morales mène sur la perception et la réalité repose sur l’idée que la réalité elle-même est, par nature, hautement fictionnelle. Ainsi, ses films ne transportent pas simplement le spectateur dans un ailleurs surréel ou fantasmagorique : ils dépouillent la réalité de sa familiarité, la déforment, la font apparaître comme autre. Chez Díaz Morales, l’imagination du spectateur ne fonctionne pas comme un simple contrepoint au réel. Elle agit plutôt comme une force capable d’évoquer l’espace et de le produire diégétiquement, une force qui, au-delà de l’impression visuelle directe, comble les lacunes de la vision et, au fil du film, révèle progressivement au spectateur la construction de ce que nous appelons « réalité ». Celle-ci se présente comme un phantasme, quelque chose qui échappe toujours à sa définition par les images — toujours « un peu en avance » sur l’image et sur le regard. Son œuvre a été largement exposée, notamment à la Tate Modern (Londres), au Centre Pompidou, au Stedelijk Museum et à De Appel (Amsterdam), au Fresnoy (Roubaix), au CAC (Vilnius), à Art in General (New York), au Ludwig Museum (Budapest), à la Biennale de São Paulo, à la Biennale de Sydney, à la Fondation Miró (Barcelone), au MUDAM (Luxembourg), à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), ainsi qu’à la Biennale de Venise et à Documenta Fifteen.
Lin Htet Aung : A Metamorphosis - Fiction expérimentale | 0 | couleur | 16:36 | Myanmar | 2024
Lin Htet Aung
A Metamorphosis
Fiction expérimentale | 0 | couleur | 16:36 | Myanmar | 2024
Dans les maisons, après les séparations, les mères étaient en larmes. Les fils étaient transformés en verres vides. Et les berceuses devenaient des malédictions. Le film examine la souffrance et la résilience du peuple birman en utilisant les éléments politiques distincts qui ont flotté pendant plusieurs années sur l'océan de l'opéra politique sous les dictatures militaires répétitives en Birmanie. La composition visuelle s'inspire des couleurs du drapeau national du Myanmar, adopté en 2010 pendant la période dite de transition du pays. Ce drapeau, ancré dans la Constitution de 2008 imposée au pays par un ancien dictateur militaire, contraste fortement avec la loi sur le drapeau national de 1974, car il comprend une définition formelle du drapeau. Le film déconstruit et remet en question la définition existante du drapeau en jouant avec les couleurs, les objets et les séquences, en utilisant une forme d'images télévisées de propagande gouvernementale montrant différentes générations sous des dictatures militaires répétitives, en mélangeant la voix effrayante du dictateur actuel, Min Aung Hlaing, qui raconte des berceuses obsédantes grâce à la technologie de l'IA. Le film revisite également la chanson qui a été chantée lors des dernières images réelles d'une fête d'anniversaire organisée pour l'ancien dictateur du Myanmar, le général Ne Win, à l'hôtel Sedona de Yangon le 21 mars 2001, un an avant sa mort.
Lin Htet Aung (né en 1998) est un cinéaste originaire du Myanmar. Il a commencé par la poésie d'avant-garde avant de se tourner vers le cinéma en 2017. Ses courts métrages ont été sélectionnés dans plusieurs festivals internationaux, notamment ceux de New York, Vancouver, Tirana, Karlovy Vary et Rotterdam, et ont remporté plusieurs prix, dont le TIGER SHORT AWARD au Festival international du film de Rotterdam (IFFR). Ancien élève du TIFF Directors' Lab, de Berlinale Talents, de la Locarno Filmmakers Academy et de l'Asian Film Academy, et lauréat du Prince Claus Seed Award 2023, il développe actuellement son premier long métrage, Making A Sea, qui a reçu l'Asian Cinema Fund et le Red Sea Award à l'Asian Project Market (APM). Après le coup d'État de 2021, il a rejoint le CDM (Civil Disobedience Movement) pour ses études d'ingénierie en Birmanie, et étudie actuellement à la Städelschule art School, en Allemagne.
Utkarsh : Remote Occlusions - Vidéo expérimentale | hdv | couleur et n&b | 15:38 | Inde | 2024
Utkarsh
Remote Occlusions
Vidéo expérimentale | hdv | couleur et n&b | 15:38 | Inde | 2024
« Remote Occlusions » prend pour source des extraits d’un manuel d’appareil photo, qui détaille ce que le fabricant attend de l’appareil photo, tandis que le film présente les cas où l’appareil refuse ces intentions et ces attentes. Les images qui composent « Remote Occlusions » proviennent de caméras qui ne sont pas protégées par un mot de passe, disponibles sur des annuaires Internet qui publient les flux en direct de ces caméras. C’est dans cette zone grise éthique que les annuaires agissent comme des médiateurs qui rendent publics des flux privés. ___ Pas de scintillement. Pas de bruit. Pas d'artefacts. Pas de lumières vives projetant des ombres. Pas de brouillard, de nuages, d'arbres ou de bâtiments. Pas de personnes se déplaçant lentement ou immobiles pendant de longues périodes. Pas d'objets en mouvement dont l'apparence est similaire à celle de la cible dans les zones d'intérêt. Pas d'objets ondulants qui provoquent une modification continue de l'image dans la zone d'intérêt, par exemple une prairie avec de hautes herbes. La cible doit avoir une hauteur minimale de 30 pixels, soit au moins 1/10 de la hauteur de l'image. Le corps de la cible doit être visible sur au moins 3/4 de sa hauteur. La cible doit avoir une superficie minimale de 100 pixels et rester dans la zone d'intérêt pendant au moins 1 seconde. La cible doit également présenter une différence suffisante par rapport à l'arrière-plan, c'est-à-dire une différence de couleur d'au moins 5 % ou une différence de luminosité d'au moins 10 %. L'image doit avoir une résolution de 640x360, 640x480, 320x180 ou 320x240 pixels et doit être en orientation paysage avec un format 16:9. La caméra doit être installée à une hauteur comprise entre 3 et 5 mètres et l'objectif de la caméra ne doit pas être sale, humide ou embué. La précision attendue correspond à des conditions environnementales et d'installation idéales. Rappel : 95 %
Utkarsh is a filmmaker and writer from Delhi, India. His work has recently been programmed at EXiS, Seoul (Korea), 2024; Festival ECRÃ, Rio De Janeiro (Brazil), 2024; FICUNAM 14 - Umbrales/Threshold, Mexico City (Mexico), 2024; Berlinale - Forum Expanded, Distant Connections, Berlin (Germany), 2024.