Catalogue 2025
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Cathy Lee Crane, John Di Stefano
Tra
Vidéo | hdv | couleur | 5:35 | USA, Canada | 2024
‘Tra’ est une ode au cinéaste italien Pier Paolo Pasolini. ‘Tra’ synthétise le récit de son film ‘Teorema’ (1968) en mettant en évidence ses moments interstitiels. L'acte de courir, qui apparaît tout au long du film, est isolé et utilisé pour exposer les courants sous-jacents du film.
John Di Stefano est artiste/ cinéaste, écrivain et commissaire d’exposition. Son travail met en relation l’intime et le social, le quotidien et l’histoire, à travers des formes hybrides de pratiques documentaires et la forme essayistique. Son œuvre aborde souvent son passé d’immigrant à travers une perspective queer, notamment dans son long métrage You Are Here (2009), présenté en première au Festival International du Documentaire de Marseille. Ses œuvres primées ont également été présentées à la Videonale (Bonn), à la Whitechapel Gallery, à Tensta Konsthall, au Musée d’Art Moderne de Barcelone, à Para/Site (Hong Kong) et à l’Anthology Film Archives. Ses écrits critiques apparaissent dans diverses publications internationales. Il enseigne à l’Université Concordia (Montréal). Cathy Lee Crane est cinéaste expérimentale ; son travail puise dans les archives historiques pour produire des films lyriques relevant de l’histoire spéculative. Lauréate d’une bourse Guggenheim, elle a bénéficié en 2015 de la première rétrospective de son œuvre à la National Gallery of Art (Washington D.C.). Ses films primés — notamment Pasolini’s Last Words (2012) — ont été projetés à la Viennale, à la Cinémathèque Française, au BFI et à Arsenal/Berlin. Son intérêt pour les frontières l’a conduite à réaliser Crossing Columbus (2020), consacré à la ville frontalière de Columbus, au Nouveau-Mexique, un film soutenu par la Rockefeller Foundation et le Harun Farocki Institut à Berlin. Elle enseigne à Ithaca College (New York).
Thomas Leon
To Ashes
Vidéo | 0 | couleur | 5:6 | France | 2025
To Ashes explore les seuils entre réalité et hallucination machinique, interrogeant les technologies contemporaines de génération d’images — en particulier l’intelligence artificielle — et leur influence sur notre perception du réel. Réalisée selon un processus hybride mêlant modélisation 3D et outils de génération basés sur l’IA, la vidéo se déploie en un long travelling continu à travers une mégastructure brutaliste en perpétuelle métamorphose. Les formes architecturales se délitent, se transforment ; des particules semblables à de la cendre s’élèvent dans l’air. Cette désagrégation est accompagnée d’un paysage sonore expérimental, où synthétiseurs analogiques et voix altérées font affleurer l’idée d’un effondrement latent. Peu à peu, l’architecture cède la place à des structures cristallines instables. La réalité vacille. À la fin, quelque chose rompt, glisse, disparaît. Il faut que tout brûle.
Thomas Léon développe sa pratique en fusionnant cinéma, arts graphiques et images issues des nouvelles technologies. Il crée des films, des installations vidéo et sonores immersives, ainsi que des dessins en grand format. Son oeuvre explore les interrelations entre mémoire, sensualité, expériences intimes et imaginaire, en s’appuyant sur des fictions, qu’elles soient sociales, urbanistiques, climatiques etc. Il s’inspire notamment de la science-fiction et de la littérature utopique et développe le plus souvent ses travaux par l’intermédiaire des outils contemporains de création d’images (modélisation 3D, IA, etc.). Il participe régulièrement à des projections ou expositions en France et à l’étranger: « Listening to Transparency » au Minsheng Art Museum de Shanghai (Chine, 2017), « Cruces Sonoros : Mundos Posibles » au MAC de Santiago de Chile (Chili, 2016), « Rendez-vous 11 » à l'Institut d'art contemporain à Villeurbanne (2011) et à la South African National Gallery à Cape Town (Afrique du Sud, 2012). Il a notamment suivi les résidences : Drawing Factory organisée par le CNAP et le Drawing Lab (Paris) en 2021 ; la résidence à Taiwan, organisée par le Grame, centre national de création musicale (Lyon) et le Digital Art Center (Taipei) en 2011. Ses oeuvres sont notamment présentes dans les collection du CNAP et de la Fondation Louis Vuitton. Thomas Léon vit et travaille à Montreuil.
Leopold Emmen
Another Woman - film adaptation (work in progress)
Installation vidéo | mp4 | | 13:6 | Pays-Bas | 2025
« Another Woman – film adaptation » est un film en trois volets qui présente des scènes intimes entre trois personnages — deux femmes et un homme — au cours d’une rupture. Le film explore un monde de fiction et de performance dans une narration cinématographique et scénographiée, où trois images sont montrées simultanément. Le style visuel se concentre autant sur les corps performants que sur leur environnement. Des émotions sous-cutanées affleurent à travers des interactions tactiles, lorsque les personnages touchent et éprouvent leur place au sein des propriétés physiques de l’espace. Les murs, le plafond, le sol, les rideaux et le mobilier forment des obstacles, des limites et des vides qui confrontent les protagonistes à la situation et à l’état d’esprit dans lesquels ils se trouvent. Les intérieurs deviennent des miroirs de leurs mondes intérieurs, à la fois surréels et intuitivement reconnaissables. « Another Woman – film adaptation », 2025, est une re-mise en scène de l’installation spatiale « Another Woman », 2022. Nous présentons un extrait de 13 min 6 s du film final, dont la durée estimée sera de 70 minutes.
Leopold Emmen est une collaboration entre la cinéaste Nanouk Leopold et l’artiste visuel Daan Emmen. Dans notre travail, nous expérimentons le film comme une expérience spatiale et cinématographique dans laquelle le visiteur joue un rôle actif. À travers les caractéristiques d’un lieu et le comportement de nos protagonistes, nous cherchons à rendre tangible la manière dont une présence influence la vie et les relations à l’autre. Une invitation ouverte à explorer le monde physique et mental des personnages eux-mêmes. En créant une conscience de la façon dont l’espace, le son et l’image en mouvement peuvent se conjuguer dans une expérience incarnée et approfondie, nous souhaitons bousculer notre regard conditionné. Réfléchir à la manière dont nous voyons le monde, dont nous nous voyons dans ce monde, et dont nous nous voyons les uns les autres.
Sonia Levy
We Marry You, O Sea, as a Sign of True and Perpetual Dominion
Doc. expérimental | 4k | couleur | 19:28 | France, Royaume-Uni | 2025
We Marry You, O Sea aborde Venise et sa lagune “par en dessous”, en déplaçant l’attention vers les processus bio-géomorphologiques immergés — vitaux, altérés, continuellement en mutation — plutôt que vers les récits, maintes fois racontés, de l’histoire politique et militaire de la ville. Le tournage sous-marin ouvre de nouvelles voies de connaissance des matérialités de la lagune et révèle un environnement fracturé, troublé, qui complique les récits historiques dominants, ceux qui ne commencent qu’au-dessus de la surface. En s’accordant au rythme du flux et du reflux, on commence à percevoir les interactions entre terre et eau, vie et décomposition, et les processus intimes qui composent ce milieu. Observer les formes de vie rendues possibles dans cet espace aquatique endommagé oblige à sonder les transformations profondes qu’il a subies. We Marry You O Sea as a Sign of True and Perpetual Dominion tire son titre de la formule prononcée lors du rituel vénitien des Épousailles de la mer, célébré chaque année le jour de l’Ascension entre le XI? et le XVIII? siècle : le Doge, figure souveraine de la République, “épousait” symboliquement la lagune en y jetant un anneau d’or, proclamant ainsi la domination de Venise sur les eaux. L’artiste revisite cette relation multiséculaire entre la ville et son milieu aquatique, en interrogeant l’héritage persistant de ces volontés de maîtrise. Comment imaginer d’autres futurs pour Venise si l’on commence par éprouver la lagune comme un espace vivant, habité par une multiplicité de formes de vie et de mort ? Dans la lagune — un espace façonné depuis des siècles par des interventions humaines continues — zones humides et infrastructures sont depuis longtemps imbriquées. L’essor de Venise comme carrefour commercial et centre d’innovation navale au Moyen Âge a entraîné des aménagements hydrauliques majeurs pour maintenir des eaux peu profondes à des fins défensives. Mais au XX? siècle, les impératifs de modernisation ont transformé des pans entiers des marais en raffineries de pétrole et en l’un des plus grands terminaux à conteneurs d’Italie, faisant de la lagune une frontière industrielle. L’anthropologue urbaine Clara Zanardi a montré comment ces mutations ont reconfiguré les divisions sociales tout en provoquant une dégradation écologique irréversible ayant profondément bouleversé les formes de vie lagunaires. Le film restitue ces histoires de modernisation en entrelaçant de rares photographies d’archives provenant du Fonds photographique Giacomelli de Venise avec des images sous-marines du présent. L’inversion négative noir-et-blanc appliquée aux vues immergées accentue la portée historique des archives, reliant passé et présent et laissant affleurer les futurs possibles dans les eaux contaminées de la lagune. Une bande sonore originale — mêlant chœurs humains et enregistrements subaquatiques — renforce encore les correspondances entre espaces immergés et domaines humains. La composition saisit les pulsations de la lagune et les empreintes de l’activité industrielle : des sons aquatiques noyés par le vacarme des embarcations aux battements réguliers des machines au milieu de la marée montante. Elle révèle ainsi les profondes imbrications entre les activités humaines et les faibles profondeurs de la lagune.
Sonia Levy est une artiste et cinéaste, d’ascendance berbère et polonaise. Son travail, fondé sur des enquêtes situées et interdisciplinaires, examine les implications des logiques occidentales d’expansion et d’extraction, et la manière dont ces forces s’inscrivent dans la transformation et la gouvernance des mondes hydrosociaux. Sa pratique cherche à sonder les seuils qui ont façonné — et continuent d’influencer — les conditions nécessaires à l’épanouissement du vivant.
Jan Locus
Intruders
Film expérimental | 0 | noir et blanc | 6:5 | Belgique | 2025
Intruders explore la frontière entre science-fiction et réalité, en interrogeant les thèmes de la colonisation inversée, de l’écologie et de l’impact humain sur l’environnement. Le film propose une réflexion introspective sur la fascination — et la peur — que l’Occident nourrit à l’égard d’entités extraterrestres. Dans un long panoramique, des paysages montagneux et des images brumeuses d’animaux apparaissent de manière éthérée, presque spectrale. Locus n’utilise pas d’images filmées au sens classique, mais des vidéos de chasse trouvées en ligne et des photographies noir et blanc d’observations d’OVNI des années 1950 et 1960. Bien que ces images trahissent leur origine par leur texture granuleuse, l’artiste a retiré les OVNI afin de fondre les paysages restants en un ensemble continu. Le phénomène de morts animales inexpliquées, souvent associé aux témoignages d’OVNI, devient ici une métaphore de l’influence humaine sur la nature. Locus mêle photographie et vidéo pour construire un récit complexe qui insiste sur l’ambiguïté entre réalité et fiction. Le film réfléchit aux « intrus » dans la nature, s’inspirant de visions dystopiques du futur, et invite le spectateur à considérer les relations complexes — et souvent troublantes — entre humains, technologies et milieux naturels.
Déployant son travail entre film, photographie et son, il aborde souvent le paysage comme un outil de construction des identités nationales et sociales, en se concentrant sur des environnements transformés par l’extraction et l’industrialisation. Dans sa dernière œuvre, il explore la tension entre found footage, photographie fixe et image en mouvement, soulignant l’ambiguïté de notre perception du réel et de la fiction. Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals internationaux, notamment l’International Film Festival Rotterdam (IFFR), le Festival international du court métrage d’Oberhausen, les Rencontres Internationales Paris/Berlin, Le FIFA – Festival international du film sur l’art (Montréal), Kasseler Dokfest, Asolo Art Film Festival, Stuttgarter Filmwinter, CROSSROADS Film Festival (San Francisco), ANTIMATTER Media Art (Victoria), Festival ECRÃ (Rio de Janeiro), PROYECTOR Plataforma de Videoarte (Madrid), SPLIT Film Festival, ONION CITY Experimental Film Festival (Chicago), BISFF Beijing International Short Film Festival, et Flight / Mostra Internazionale del Cinema di Genova, entre autres. Locus vit et travaille à Bruxelles.
Gabriela Löffel
Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance
Installation vidéo | hdv | couleur | 20:15 | Suisse | 2024
« Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance » est une œuvre vidéo hybride, qui alterne des moments de performance dansée, des images d'archives et des citations textuelles. Gabriela Löffel s'appuie sur l'aspect politique de l'espace public pour construire sa réflexion et développe un essai visuel qui met en scène la "performativité des corps dans cette zone d'action politique". En puisant dans l'œuvre écrite de Judith Butler, philosophe et théoricienne du genre états-unienne qui a travaillé sur la question du corps et de sa représentativité normée dans nos sociétés contemporaines, Löffel donne véritablement une corporéité aux questions soulevées par l'auteure. Les citations issues de l'œuvre de Butler sont données à voir en parallèle aux éléments dansés et archivistiques de la vidéo. La caméra presque fixe permet d'examiner en détail les gestes lents et précis des danseur·euse·s. Les déplacements de l'appareil sont presque imperceptibles, tant ils sont subtils. L'artiste et le chorégraphe Cédric Gagneur ont étroitement collaboré afin de définir les divers mouvements qui composent la chorégraphie : ils proposent une abstraction des gestes de résistance ou de révolte, tirés des images d'archives issues de la collection des Archives contestataires de Genève. La lenteur et le silence habitent la pièce et donnent suffisamment d'espace au corps pour qu'il puisse se déployer de manière individuelle ou en collectivité. L'œuvre propose ainsi une dialectique du potentiel de revendication dans l'espace public. Œuvre coproduite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, avec le Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève pour le programme MIRE.
Gabriela Löffel travaille principalement avec des médias temporels et se concentre sur les zones grises des structures politiques et financières, ainsi que sur les infrastructures. Le déplacement et la traduction de l’immédiat documenté vers les champs de l’interprétation et de la mise en scène sont des stratégies qu’elle utilise dans son processus de travail. Une méthode qui donne souvent lieu à des projets à long terme et lui permet de créer des espaces de questionnement et de proposer des ruptures avec les récits linéaires. Elle s’intéresse à l’obliquité du sujet et de son contexte. C’est dans ce décalage, induit par sa manière d’aborder les sujets, que son travail ouvre des réflexions sur le sens de la compréhension d’un monde lorsque l’on prend conscience de la fragmentation de nos connaissances. Son travail a été présenté dans des institutions et des galeries dont MAST Bologne, Aargauer Kunsthaus, EMAF Osnabrück, Galería Metropolitana Santiago, Dazibao Montréal, la Biennale Kochi-Muziris et autres. Gabriela Löffel est lauréate du Swiss Art Award, du Lewis Baltz Research Fund, de la bourse Landis+Gyr, ainsi que d'autres.
Margit Lukacs, Persijn Broersen
Lion's Court
Vidéo | 0 | couleur | 20:0 | Pays-Bas | 2025
Lion’s Court est un court opéra cinématographique dans lequel le Binnenhof — siège du Parlement néerlandais à La Haye — est réimaginé comme une scène virtuelle où l’histoire se dissout dans le mythe. Inspirés par la découverte de restes de lions datant du XIV? siècle sur le site, et par la figure des baleines échouées interprétées comme des présages, Lukács & Broersen ont collaboré avec le compositeur et politologue Bram Kortekaas pour réinterpréter la vision goethéenne de la rédemption dans Faust. Au centre de cette œuvre se tient le lion Faust, interprété par le baryton Michael Wilmering — un despote en quête d’une liberté qui se dévore elle-même, miroir d’une ambition impériale au bord de l’effondrement. Les artistes se sont également appuyés sur les écrits de 1650 de Johan de Witt, Grand Pensionnaire républicain, dont les mots sont portés par la baleine (alto-mezzo Carina Vinke), surgissant des fondations inondées du Binnenhof. De Witt soutenait qu’une véritable république ne doit pas être gouvernée selon les caprices d’un seul, mais fondée sur les principes de liberté et d’égalité — les bases mêmes de la démocratie. Dans Lion’s Court, un hortus conclusus numérique se déploie : un monde fluide et clos où pouvoir, morale et prophétie convergent, et où les mythes du passé résonnent au cœur des politiques du présent.
Margit Lukács et Persijn Broersen sont un duo d’artistes basé à Amsterdam, qui explore les enchevêtrements entre nature, culture et technologie. Leur travail comprend des films, des animations numériques et des installations spatiales qui interrogent la manière dont les médias façonnent notre perception du monde naturel. Diplômés du département de design graphique de la Gerrit Rietveld Academie, ils ont poursuivi un MFA au Sandberg Institute et ont été artistes en résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam. La pratique de Broersen & Lukács s’ancre dans la théorie des médias, l’histoire de l’art et la mythologie. S’appuyant sur des sources cinématographiques, scientifiques et historiques, ils réinventent paysages et phénomènes naturels au travers d’environnements numériques stratifiés. Leur travail réfléchit souvent aux politiques de représentation et à l’appropriation de la nature, reconfigurant les récits dominants par des formes de narration fragmentées et multiperspectivistes. Leurs installations et leurs films ont été largement exposés à l’international, notamment au Stedelijk Museum Amsterdam (NL), au Centre Pompidou (FR), à FOAM (NL), au MUHKA (BE), au Centraal Museum (NL), au MacKenzie Art Gallery (CA), à la WRO Biennale (PL), à la Biennale de Sydney (AU), aux Rencontres Internationales (HKW Berlin, Louvre/Grand Palais/CWBP, Paris) et à la Biennale de Wuzhen (CN). En 2024, ils ont représenté les Pays-Bas à la Biennale de Gwangju. Leur film I Wan’na Be Like You a été nommé pour le Tiger Award/IFFR 2024.
Martí Madaula
Tramuntana
Film expérimental | dcp | noir et blanc | 18:27 | Espagne | 2025
Dans une zone reculée du nord de l’Espagne, le vent porte un nom : la Tramuntana. La Tramuntana prend ce qu’elle veut — vêtements, arbres, bateaux, et les habitants du paysage, qui vivent sous la menace constante d’être emportés par sa force. Ce film est un portrait lyrique de ce vent furieux, tissé à partir des récits transmis par les villageois.
Martí Madaula est un artiste et cinéaste basé à Madrid. Il est titulaire d’un diplôme en beaux-arts de l’Université de Barcelone, d’un Master of Visual Arts de la LUCA School of Arts de Gand (Belgique) et d’un Master of Fine Arts en film, vidéo, nouveaux médias et animation de la School of the Art Institute of Chicago. En 2019, il reçoit le Prix extraordinaire des Beaux-Arts de l’Université de Barcelone. En 2021, il obtient la prestigieuse bourse de la Fondation “la Caixa” pour poursuivre ses études aux États-Unis. Son dernier film, Tramuntana, a connu sa première mondiale au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, dans le cadre de Doc Fortnight 2025, le festival international du film et des médias non fictionnels du MoMA. Son premier film, The Living Wardrobe, a été présenté en première mondiale dans la section Opening Scenes de Visions du Réel 2024, l’un des plus importants festivals internationaux de documentaire et de cinéma du réel. Madaula a participé à des résidences artistiques dans des institutions prestigieuses telles que le Centre Pompidou (Paris) ou la Haus der Kulturen der Welt (Berlin). Il a exposé son travail dans des expositions personnelles et collectives à l’international.
Melanie Manchot
Line Of Sight (The Tower)
Vidéo | 0 | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Tournée dans une tour de télécommunications désaffectée, autrefois abritant des équipements militaires secrets, cette œuvre prolonge mon enquête sur les montagnes et leurs architectures en tant qu’espaces d’enchevêtrements entre humains et milieux naturels. Elle revient plus précisément encore au village alpin d’Engelberg, où je réalise des travaux depuis 2010. Dans Line of Sight, la caméra explore une structure désertée, un espace laissé derrière. Comme si chacun avait quitté les lieux en plein geste, les environnements portent les traces d’une vie passée, depuis longtemps disparue. À l’intérieur comme à l’extérieur, la caméra observe cette architecture déroutante au fil de longs panoramiques et travellings, jusqu’à un moment d’envol qui dévoile la structure — comme flottant dans l’espace. Lorsque la tour était en fonction, elle assurait de multiples usages, notamment celui d’abri et de refuge durant les tempêtes. Une pièce remplie de vieux matelas témoigne de ces moments de danger. Le titre Line of Sight renvoie à ces tours perchées au sommet des montagnes, se faisant face à distance et permettant d’anciennes formes de communication. Avec l’évolution technologique, ces tours sont désormais des dinosaures : solitaires, obsolètes, devenant ainsi des symboles d’endurance, de résistance et de modes d’échange révolus. En 2025, cette tour est en cours de transformation en un espace dédié au « divertissement de montagne » — accentuant la dichotomie d’industries alpines qui ne cessent d’accroître la fréquentation des sommets et des glaciers, contribuant de fait à l’accélération du changement climatique.
Artiste visuelle et cinéaste basée à Londres, Melanie Manchot utilise la photographie, le film, la vidéo et le son pour mener des enquêtes approfondies sur nos identités individuelles et collectives. Son travail interroge et mobilise des actes de soin, de résistance et de communalité afin d’engager les urgences sociales et politiques de nos sociétés. Ses films explorent des formes innovantes de narration, portés par une compréhension aiguë du pouvoir du cinéma à traiter des enjeux cruciaux et à produire un impact profond. Toutes ses œuvres filmées reposent sur une recherche ancrée dans des lieux spécifiques, et les paysages montagneux constituent un motif récurrent permettant d’aborder la fragilité des environnements dont nous avons la charge. Les œuvres de Manchot ont été présentées dans des expositions en musées et galeries à l’international, et elle prépare actuellement une vaste exposition personnelle au Royaume-Uni pour le début de l’année 2026. Son premier long métrage, STEPHEN, commandé par la Liverpool Biennial, aborde le jeu d’argent, les addictions, la guérison et la santé mentale à travers une articulation entre fiction narrative et documentaire. Distribué en salles par Modern Film en 2024, il continue d’être présenté en exposition sous forme d’installation multi-écrans. Manchot travaille actuellement à son deuxième film, Self Storage, tandis qu’un autre long métrage – un hybride fiction/documentaire intitulé One Day As A Tiger, est en développement.
Randa Maroufi
L’mina
Documentaire | dcp | couleur | 26:0 | Maroc, France | 2025
Jerada est une ville minière au Maroc où l’exploitation du charbon, bien que officiellement arrêtée en 2001, se poursuit de manière informelle jusqu’à aujourd’hui. "L’mina" reconstitue le travail actuel dans les puits en utilisant un dispositif de décor conçu en collaboration avec les habitant·e·s de la ville, qui se mettent en scène dans leur propre rôle.
Née en 1987 à Casablanca (Maroc), Randa Maroufi est artiste plasticienne et réalisatrice. Elle est diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, de l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Angers, et du Fresnoy – Studio National des Arts Contemporains. Pensionnaire de l’Académie de France à Madrid, Casa de Velázquez en 2018 et de la Villa Médicis à Rome en 2026. Ses films Le Park (2015) et Bab Sebta (2019), primés dans plusieurs festivals, marquent le début d’une trilogie consacrée à trois cités marocaines. L’mina (2025) en est le dernier volet.
Lukas Marxt, Vanja Smiljanic
AMONG THE PALMS THE BOMB or: Looking for reflections in the toxic field of plenty
Doc. expérimental | mov | couleur | 85:0 | Autriche, Allemagne | 2024
La mer de Salton, dans le sud de la Californie, est un écosystème unique. En seulement quatre ans, son niveau d’eau a baissé d’un bon demi-mètre ; avec une profondeur maximale de dix mètres, on peut aisément calculer le moment où elle devrait se retrouver à sec. Et cela ne concerne encore que l’aspect global, lié au réchauffement climatique et aux modifications du climat local. La Salton Sea est également singulière parce que les États-Unis y ont testé de nombreuses bombes atomiques durant les phases finales de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide — d’abord en préparation des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, puis comme entraînement pour des missions qui, fort heureusement, n’ont jamais eu lieu. Dans AMONG THE PALMS THE BOMB, Lukas Marxt et Vanja Smiljani? s’intéressent particulièrement à cet aspect de l’histoire régionale. Le film commence dans l’Utah, d’où décollaient les avions avant de trouver leur cible dans la zone supposément isolée autour de la Salton Sea. À Wendover, un musée expose notamment des maquettes de « Fat Man » et « Little Boy », les deux seules bombes atomiques jamais utilisées en temps de guerre, ainsi qu’une fosse de chargement où les avions étaient équipés — un dispositif auquel Marxt a d’ailleurs consacré un court film en 2019. Depuis de nombreuses années, il étudie la situation du sud de la Californie, que l’on peut, à bien des égards, qualifier d’extrême. L’agriculture intensive, fondée de manière radicale sur les monocultures, a tout submergé. Marxt et Smiljani? découvrent qu’une alliance s’est formée dans ce contexte : des travailleurs agricoles sans papiers venus d’Amérique latine trouvent refuge dans les réserves amérindiennes. AMONG THE PALMS THE BOMB donne la parole à des experts locaux qui éclairent le paysage et son histoire ; le réalisateur recherche également des voix discordantes, notamment au sein de la tribu des Torres Martinez Desert Cahuilla Indians, victimes d’un génocide au XIX? siècle. Leurs descendants se souviennent du temps où nombre de plantes aux pouvoirs curatifs — et indissociables d’une vie en symbiose avec la nature — poussaient autour des eaux salées de la Salton Sea. Aujourd’hui, la région appartient aux buissons salins, et sous la surface sommeille l’uranium d’une guerre froide sur le point de ressurgir. « Des temps effrayants », dit quelqu’un. (Bert Rebhandl)
Lukas Marxt (*1983, Autriche) est un artiste et cinéaste vivant et travaillant entre Cologne et Graz. Son intérêt pour le dialogue entre l’existence humaine et géologique, ainsi que pour l’impact de l’activité humaine sur la nature, s’est d’abord développé au cours de ses études de géographie et de sciences environnementales à l’Université de Graz, avant de se poursuivre dans ses études audiovisuelles à l’Université d’art de Linz. Il a obtenu un MFA à la Kunsthochschule für Medien Köln et a suivi le programme postgrade de l’Académie des beaux-arts de Leipzig. Marxt partage sa recherche aussi bien dans le champ des arts visuels que dans le contexte cinématographique. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions personnelles et collectives, parmi lesquelles le Torrance Art Museum (Los Angeles, 2018), la Biennale de la peinture au Museum Dhondt-Dhaenens (Belgique, 2018) et le Museum of Modern and Contemporary Art de Rijeka (Croatie, 2018). Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals internationaux, notamment la Berlinale (Allemagne, 2017 et 2018), Curtas Vila do Conde (Portugal, 2018), ainsi qu’au Festival international du film de Gijón, où il a reçu le prix Principado de Asturias du meilleur court métrage (Espagne, 2018). Depuis 2017, Marxt a passé de longues périodes dans le sud de la Californie, où il étudie les structures écologiques et sociopolitiques entourant la Salton Sea. Vanja Smiljani? (Belgrade, 1986) est une artiste visuelle et performeuse vivant et travaillant entre Lisbonne et Cologne. Elle a suivi le programme post-master en recherche artistique à A.pass, Bruxelles (2015), a obtenu un MFA au Dutch Art Institute (DAI), Arnhem (2012), ainsi qu’à la Kunsthochschule für Medien Köln (2019), et est diplômée en arts plastiques de la Faculdade de Belas Artes de Lisboa (2009). Dans sa pratique, elle recourt souvent au modèle de la performance-conférence pour relier des univers fictifs et expérientiels, mêlant dispositifs techniques, diagrammes et sculptures sci-fi povera. En connectant des systèmes de réalité a priori incomparables, le travail de Vanja met en lumière la fabrication des idéologies comme régimes aliénés, en utilisant son propre corps comme vecteur de narration, oscillant fréquemment entre les positions d’oracle et de conteuse.
Peter Maybury
L’esprit de l’escalier
Film expérimental | 4k | couleur | 5:50 | Irlande | 2025
L’esprit de l’escalier est le troisième film d’une trilogie consacrée au Pálás, un cinéma de Galway, en Irlande, conçu par Tom dePaor. Ouvert en 2018, le cinéma a fermé au public en février 2025, et j’ai assisté à l’une des dernières projections au Pálás : Goodbye Dragon Inn de Tsai Ming-Liang, lui-même un film sur la fermeture d’une salle de cinéma. Je suis revenu le lendemain matin, ces pensées encore en tête, pour filmer les escaliers qui parcourent le bâtiment. Ces espaces ne sont pas tempérés, à moitié intérieurs, à moitié extérieurs, tandis que les salles de projection, avec leurs intérieurs rouges et feutrés, sont optimisées pour le son, la température et la lumière. Le titre de mon film renvoie à l’expression “avoir l’esprit de l’escalier” (penser à la réplique parfaite trop tard), mais surtout à l’esprit même de l’escalier. Comme dans Goodbye Dragon Inn, tant de vie circule dans ces lieux où les personnes, la météo, la lumière et le son s’entrecroisent, influencent — voire habitent — le mouvement ou l’immobilité de la caméra, jusqu’à ce que l’endroit lui-même devienne un film.
Peter Maybury est un artiste pluridisciplinaire irlandais. Ses recherches fondées sur la pratique couvrent des travaux en tant qu’artiste, graphiste, cinéaste, éditeur, écrivain, rédacteur, commissaire, musicien et enseignant. Il est diplômé de Central Saint Martins, à Londres, et doctorant au Centre for Socially Engaged Practice-Based Research de la TU Dublin. Il a collaboré de manière extensive avec des artistes et des institutions, des éditeurs et des commissaires, sur plus de 200 publications d’art et d’architecture. Peter est un collaborateur de longue date de Tom dePaor, avec qui il réalise des livres, des films et des œuvres pour des expositions. Parmi ses travaux filmiques figurent On being there (2022/23, projeté aux Rencontres Internationales Paris/Berlin 2023/24), Landfall (2020), une installation filmique d’une heure sur double écran, ainsi que, avec dePaor, les films de Gall Drape (2018) et A Study (2015), réalisé pour une exposition à l’ETH Zurich. Peter est l’auteur de Make Ready (2015), et co-auteur avec dePaor de Reservoir (2010) et Of (2012).
Kim Richard Adler Mejdahl
Glory 1
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 2:0 | Danemark | 2024
Les membres du club de gay linedance « Outliners » dansent dans une pièce noire. Glory 1 est une œuvre vidéo conçue par l’artiste danois pluridisciplinaire Kim Richard Adler Mejdahl. Le scénario onirique met en scène un antidote symbolique au patriarcat et à ses conceptions destructrices de la masculinité. Dans l’esprit de l’artiste, Glory 1 est un symbole de protestation. Voir des cowboys danser ensemble plutôt que de s’affronter devient un geste subversif contre les conceptions conventionnelles de l’homme. C’est une manière de renverser l’idéal macho du patriarcat — celui qui pèse sur les hommes et dicte leurs existences.
Kim Richard Adler Mejdahl est diplômé de la Royal Danish Academy of Fine Arts depuis 2019. Son œuvre protéiforme mêle humour slapstick et horreur gothique, souvent à partir de récits issus de sa propre histoire personnelle. Qu’il s’agisse de sorties d’albums musicaux, de productions filmiques ou de vastes projets d’expositions monographiques, la pratique de Mejdahl explore des thèmes tels que la guérison des traumas, notre relation à la nature, la spiritualité et l’identité de genre. Ses œuvres vidéo ont touché des publics internationaux, avec des projections à travers l’Europe et l’Asie. Sous le nom d’artiste Kim Kim, Mejdahl a réalisé de nombreuses performances live et publié plusieurs albums musicaux. En quelques années, il a collaboré avec un large éventail d’institutions, parmi lesquelles Kunsthal Charlottenborg, le Roskilde Festival, le parc d’attractions danois BonBon-Land, le théâtre Sort/Hvid, et plus récemment KØN – Gender Museum Denmark. En 2025, Mejdahl a reçu la bourse de travail triennale de la Danish Arts Foundation. Son travail est également présent dans la collection de la Galerie nationale du Danemark.
Dina Mimi
The Melancholy of this useless afternoon II
Film expérimental | mov | noir et blanc | 13:0 | Palestine | 2022
The Melancholy of this Useless Afternoon, chapter 2 (2023, 11:25) explore les gestes partagés entre le fugitif et le passeur, ainsi que leur rapport au regard porté sur eux. The Melancholy of this Useless Afternoon enquête sur les liens entre le fugitif et le passeur, leurs gestes communs et leurs relations à la visibilité. Par la fuite, l’évasion, au risque de la capture ou de la mort, le fugitif œuvre à se maintenir caché. Le passeur, quant à lui, se déplace avec discrétion, utilisant des gestes pour dissimuler des choses, souvent tout contre son propre corps.
Dina Mimi est une artiste visuelle et cinéaste palestinienne, basée entre la Palestine et les Pays-Bas. Mimi travaille à partir du film expérimental et de performances-conférences qui explorent la question de savoir comment et quand les corps deviennent des lieux de résistance. Cette question trouve une matérialité dans les images en mouvement, en particulier des images trouvées, rejetées et donc considérées comme dépourvues de valeur. En comprenant le montage comme un terrain de jeu, Mimi explore l’opacité dans les images en mouvement, en cherchant à frôler des fragments qui souhaitent rester insaisissables ou qui sont en train de disparaître. Cela constitue une tentative continue de narration non linéaire, comme une manière de défigurer la sienne.
Marcel Mrejen
Larry
Vidéo | 4k | couleur | 10:0 | Algérie | 2024
Sur des images muettes en 16 mm tournées par un soldat français dans l’Algérie occupée, le film met en scène une rencontre entre la mémoire coloniale et le paysage sonore de la guerre contemporaine. À mesure que le militarisme actuel infiltre l’archive, le temps se fissure et les images se mettent à résonner de conflits passés et à venir. Il en résulte une méditation spectrale sur la manière dont la violence coloniale continue de vibrer au cœur des imaginaires militaires d’aujourd’hui.
Marcel Mrejen (FR/DZ), né en 1994 à Paris (FR), est un artiste visuel et cinéaste dont la pratique explore l’articulation des technologies au sein des métabolismes vivants et économiques. Son travail prend des formes variées au sein des médias temporels — installations, cinéma, sound design, apprentissage automatique. Diplômé de la Gerrit Rietveld Academie en 2018, il a ensuite été résident au Fresnoy – Studio national des arts contemporains de 2021 à 2023. Son travail a été exposé ou projeté dans diverses institutions culturelles, parmi lesquelles le Stedelijk Museum (Amsterdam), l’Institute of Contemporary Arts (Londres) ou encore l’Eye Filmmuseum (Amsterdam). Parallèlement à sa pratique artistique, il a co-curaté la première édition de REFRESH: Future-Proof en 2021. Son premier film, Memories of an Unborn Sun, a reçu le prix du Meilleur court métrage à Visions du Réel en 2024, et a été présenté — et récompensé — dans de nombreux festivals à travers le monde. En 2025, il reçoit le Prix Scam du Meilleur film expérimental. En collaboration avec Eliott Déchamboux, il a publié en 2019 son livre L’Europe c’est Deutshland quand tu rates là-bas tu es foutu mon frère, le reste c’est du fouma-fouma, aux éditions Jungle Books.
Arjuna Neuman
Promise
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 2:30 | Canada, Allemagne | 2025
Quelle est la possibilité, la barbarie ou la folie de créer de l'art, de la poésie, des films alors qu'un génocide se déroule sous nos yeux ?
Arjuna Neuman est un artiste et écrivain. Il a présenté des expositions personnelles rétrospectives de mi-carrière au MACBA de Barcelone, au musée Munch d’Oslo, à la Belkin Gallery de Vancouver, et prochainement à la Kunsthalle Bern. Il a également signé des expositions personnelles à la Kunsthalle Wien, au CCA Glasgow, à The Showroom (Londres), à la TPW Gallery (Toronto), à la Whitechapel Gallery (Londres), à l’Istanbul Modern (Turquie), au MAAT (Portugal), entre beaucoup d’autres. Son travail a été présenté à la Berlin Biennale, à la Sharjah Biennial, à Bergen Assembly, à la 56? Biennale de Venise, à la Qalandia Biennial, à la Ural Industrial Biennial, à Hacer Noche au Mexique, ainsi que dans de nombreuses grandes expositions collectives. Ses films ont été sélectionnés dans des festivals tels que la Berlinale, Images Festival, Doclisboa ou Third Horizon. En 2024, il reçoit le Artist Moving Image Prize au Les Rencontres Internationales Festival ; la même année, il est résident à la Villa Aurora, après avoir été fellow au Flaherty Seminar en 2022. Ses œuvres figurent dans les collections de la Belkin Collection, du Collectors Circle de la Kunsthalle Bern, de l’IAC Lyon et de Platform UK. Une monographie à paraître lui est consacrée chez Archive Books. Comme écrivain, il a publié des essais dans Relief Press, Into the Pines Press, The Journal for New Writing, VIA Magazine, Concord, Art Voices, Flaunt, LEAP, Hearings et e-flux. Il est également le fondateur de Archive of Belonging, une plateforme et une ressource dédiée au soutien des migrants et des réfugiés.
Uriel Orlow
Forest Futures
Film expérimental | 4k | couleur | 28:0 | Suisse, Italie | 2024
Forest Futures est un film poétique et stimulant qui visite les écosystèmes forestiers anciens de la Terre, imagine les forêts du futur face au changement climatique et montre la forêt comme une école multi-espèces où les enfants pratiquent une co-existence plus-qu’humaine. Forest Futures explore la forêt comme un lieu du temps profond, de transformation écologique et d’apprentissage interespèces. Situé dans la région montagneuse du Tyrol du Sud, le film retrace un voyage depuis des forêts fossilisées anciennes, qui prospéraient il y a plus de 280 millions d’années, jusqu’à des visions spéculatives de forêts futures dans un monde en réchauffement rapide. Combinant recherche scientifique et récit imaginaire, le film réinvente la forêt à la fois comme enseignante et comme protagoniste.
Uriel Orlow est un artiste suisse qui vit et travaille entre Lisbonne, Londres et Zurich. En 2023, il a reçu le prestigieux Prix Meret Oppenheim / Grand Prix suisse d’art. Le travail d’Orlow est largement présenté dans des expositions internationales majeures, notamment à la Triennale de Dunkerque, à la Biennale de Kochi, à la 12e Biennale de Berlin pour l’art contemporain, à la Triennale de Katmandou, à Manifesta 12 à Palerme, à la 2e Biennale de Yinchuan, à la 13e Biennale de Sharjah, à la 7e Biennale de Moscou, à EVA International (Limerick), à la 2e Triennale d’Aichi (Nagoya), à Bergen Assembly, à Manifesta 9, à la 54e Biennale de Venise, entre autres. Ses expositions personnelles récentes incluent la Galeria Avenida da Índia à Lisbonne (2025) ; le MCBA à Lausanne (2024) ; la Casa da Cerca à Almada (2022) ; la Kunsthalle Nairs à Scuol (2021) ; La Loge à Bruxelles (2020) ; la Kunsthalle Mainz en Allemagne (2020) ; le Centre d’art de Privas (2019) ; Les Laboratoires d’Aubervilliers à Paris (2018) ; Market Photo Workshop & Pool à Johannesburg (2018) ; la Kunsthalle St. Gallen (2018), entre nombreuses autres. Les films d’Orlow ont été projetés au Tate Modern (Londres) ; au Festival international du court métrage d’Oberhausen ; sur Tank.tv ; à la Whitechapel Gallery (Londres) ; au Festival du film de Locarno ; à la Videonale du Kunstmuseum Bonn ; au BFI London ; sur le BBC Big Screen à Manchester ; à l’Arnolfini (Bristol) ; à l’Espace Croisé, CAC Roubaix ; ainsi qu’à la Biennale de l’Image en Mouvement à Genève, entre autres.
Yana Osman, Anton Khamchishkin
Pwéra úsog
Doc. expérimental | mov | couleur et n&b | 19:50 | Afghanistan, Russie | 2025
En 1945, à Paris, est fondée la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF). Selon l’historienne Francisca de Haan, il s’agit alors de « la plus grande, et probablement la plus influente organisation internationale de femmes de l’après-Seconde Guerre mondiale ». Aujourd’hui encore, son héritage fait débat. Certains chercheurs, s’appuyant sur des rapports du FBI et du House Un-American Activities Committee, décrivent la FDIF comme une tentative communiste de manipuler les femmes. D’autres y voient un mouvement engagé pour les droits des femmes, et des chercheuses comme Elizabeth Armstrong soulignent son rôle dans les luttes anticoloniales et antiracistes menées par des femmes en Asie, en Afrique et en Amérique latine. En 1987, à l’époque de la perestroïka, la FDIF organise à Moscou le Congrès mondial des femmes, sous le slogan : « Vers l’an 2000 — Sans armes nucléaires ! Pour la paix, l’égalité, le développement ! » L’événement réunit 2 800 femmes venues de 150 pays. Parmi elles se trouve la grand-mère de la protagoniste, interprète qui consignait les mots surgissant de conversations venues du monde entier — des mots sans équivalents dans d’autres langues. En revisitant ses notes, des archives filmées et les lieux des délégations officielles, la protagoniste suit ces fragments jusqu’à une question : quels mots peuvent saisir le présent, lorsque le langage lui-même se dérobe, se dissout, et que des slogans empruntés étouffent peu à peu sa propre voix ?
Yana Osman, Anton Khamchishkin (Afghanistan, Russie) — artistes et cinéastes. Leur travail explore les zones manquantes du récit, comblant les non-dits et révélant des narrations en suspens entre réel et imaginaire, faits et spéculations. Leurs films ont été sélectionnés au Hong Kong Film Festival, à DOK Leipzig, à Slamdance, aux Rencontres Internationales Paris/Berlin, et ont bénéficié du soutien du CNC, de la Cité internationale des arts, d’Usage du Monde au 21ème siècle, de l’Institut français, entre autres
Gael Peltier
Percussion mécanique
Performance | mov | couleur | 2:2 | France | 2018
Pour Gaël Peltier, la vidéo est avant tout le moyen d’enregistrer une performance dont la répétition n’est pas envisageable. Il s’agit d’un art de l’instant qui, comme ici, conduit à une destruction mécanique violente. La proximité avec le cinéma tient dans les procédures des actions auxquelles il se livre, se mettant volontiers en danger et acceptant comme un cascadeur les contraintes et les risques d’une opération minutieusement préparée. Au-delà de cette parenté technique et de références auxquelles on pense inévitablement, tel Crash de David Cronenberg d’après le roman de J. G. Ballard, tout dans cette œuvre s’oppose au cinéma. Il n’y a pas de récit, on se concentre sur un accident, sur l’accélération qui l’y conduit et sur le choc brutal auquel se soumet le performeur. Celui-ci se place entièrement dans le réel ; seuls les protections et le harnachement du conducteur distinguent ce crash volontaire d’un événement fortuit, tel qu’il s’en produit souvent sur la route. Cette similitude intrigue l’œil et indique l’existence d’un désir latent, non seulement de voir mais de participer à ce qui généralement n’est perçu que comme un événement dramatique aux conséquences souvent mortelles.
Gaël Peltier développe une pratique où l’attitude prévaut sur la production d’objets, de ready-mades ou de films, inscrivant son travail dans la lignée d’artistes sans œuvre. Il se définit comme un « artiste infra-conceptuel par défaut », adoptant une position latérale où un protocole appliqué au réel devient matériau. Ses projets mobilisent des engagements précis : prise de 30 kg de surpoids à New York pour un rôle inexistant (La Conjuration, 2010), collision automobile comme action critique (Percussion Mécanique, 2018), ou interventions qui troublent légèrement une situation ordinaire. La vidéo enregistre ces processus, non pour produire un effet, mais pour rendre visibles les conditions d’apparition dans un contexte réel. Il est exposé en France et à l’étranger depuis 2002.
Carlos Pereira
Unruhe
Film expérimental | 16mm | couleur | 11:50 | Portugal, Allemagne | 2024
« Une étrange épidémie s'est récemment propagée Parmi la population, Si bien que beaucoup, dans leur folie, Se sont mis à danser. Ils ont continué jour et nuit, Sans interruption, Jusqu'à perdre connaissance. Beaucoup en sont morts. »
Carlos Pereira, né à Lisbonne, étudie la réalisation cinématographique à la Deutsche Film- und Fernsehakademie Berlin (DFFB). Ses films ont été projetés dans des festivals tels que Locarno, San Sebastián et Rencontres Internationales Paris/Berlin. Son film Slimane (2023) a remporté le Prix de la critique cinématographique allemande du meilleur court métrage. Son premier long métrage, Remote Islands, écrit lors d'une résidence à la Fondation Bergman sur l'île de Fårö, est actuellement en préproduction.
Jean-baptiste Perret
Le quotidien
Vidéo | hdv | couleur | 5:11 | France | 2025
Tourné dans les gorges du Haut-Allier, Le quotidien est le portrait d’un homme qui a fait le choix de vivre seul et à l’écart, dans une cabane à l’orée d’une forêt. Les images sont la capture de ses gestes quotidiens, liés aux besoins essentiels de l’être humain : boire, manger, se laver, réparer, recommencer. "A la manière d’un cinéaste anthropologue, Jean-Baptiste Perret choisit un terrain, souvent rural, et s’y immerge pour de longues périodes. Il noue des relations avec les personnes qu’il y rencontre, filme leur habitat et leurs savoir-faire. Tourné dans les gorges du Haut-Allier, Le quotidien est le portrait d’un homme qui a fait le choix de vivre seul et à l’écart de la société humaine, dans une cabane à l’orée d’une forêt. Le vidéaste capture ses gestes quotidiens, liés aux besoins essentiels de l’être humain : boire, manger, se laver, réparer, recommencer. Le film s’inscrit dans une recherche plus globale sur les parcours de vie marginaux dans des contexte ruraux, qui inventent un autre lien au vivant, au territoire et à l’écologie." (Work Method, Guillaume Désanges et Coline Davenne)
Après des études scientifiques en écologie, Jean-Baptiste Perret a travaillé pendant plusieurs années à la protection de l’environnement au sein de collectivités territoriales. Diplômé en 2018 des Beaux-arts de Lyon, il poursuit son intérêt pour le milieu rural à travers une pratique cinématographique qui prend la forme de films et d’installations vidéo. Sa production est traversée par la question du soin qu’il envisage comme une attention à la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus. Sa démarche s’appuie sur des enquêtes documentaires et utilise des méthodes issues de l’anthropologie qui interrogent les critères d’objectivité, plaçant ainsi l’affect au centre même du travail de recherche. Il s’inspire également du courant de la microhistoire qui cherche à se détacher des récits officiels des masses pour se concentrer sur les individus et leur propre vision du monde. Jean-Baptiste Perret filme des personnes qu’il rencontre dans des situations quotidiennes ; il s’intéresse à leur parcours de vie, leur environnement et leurs savoir-faire. À travers divers degrés de mise en scène qui laissent volontiers la place à l’improvisation, récits subjectifs et procédés fictionnels s’entremêlent. Son travail a notamment été présenté à l’Institut d’art contemporain (IAC) de Villeurbanne dans le cadre de la 15ème biennale de Lyon, au Musée d’art contemporain de Lyon, à la fondation d’entreprise Ricard (Paris), au musée de la Chasse et de la Nature (Paris), à la Chapelle Saint-Jacques (St Gaudens), à l’Institut national d’histoire de l’art (Paris), au FID Marseille, au Festival Hors-Pistes Centre Pompidou, aux États généraux du documentaire de Lussas, et plus récemment au 66ème Salon de Montrouge. Jean-Baptiste Perret est représenté par la galerie Salle Principale à Paris.