Catalogue 2025-2026
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025-2026 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Mustafa Uzuner
Soul of the Foot
Doc. expérimental | 16mm | couleur et n&b | 66:0 | Canada, Turquie | 2025
Soul of the Foot est un triptyque sur la métamorphose, retraçant la mémoire à travers des territoires cosmiques, domestiques et urbains. Le film s’ouvre sur des images d’archives de l’éclipse solaire de 1999, un événement céleste qui jeta son ombre sur ma ville natale d’Amasya quelques jours avant un tremblement de terre dévastateur. Ce moment de lumière et d’ombre devient un axe de transformation, où l’histoire semble se recalibrer elle-même. Le deuxième mouvement se situe en 2005, à travers un film familial qui capture l’intimité quotidienne : une grand-mère en prière, une tante préparant un agneau sacrificiel, les douces conversations de ma mère et de ma sœur. Les gestes personnels résonnent ici dans le murmure plus large d’une nation rêvant de l’Europe, où le domestique et le politique s’entrelacent. Le dernier mouvement s’aventure dans l’Istanbul contemporain, filmé en 16mm. La ville vibre au rythme des élections, des hommes kurdes sur un vapur, des enfants qui jouent, des musiciens de rue, une manifestation ukrainienne et des émissions de radio nationalistes. Entre les montagnes brumeuses d’Amasya et la lumière fracturée d’Istanbul, le film cherche un retour mythique, un pouls d’appartenance suspendu entre mémoire et dislocation.
Mustafa Uzuner est cinéaste basé à Montréal, Québec, et doctorant à l’Université York. Son travail croise l’archive, la mémoire et le cinéma expérimental. Son dernier film, Soul of the Foot, a remporté le Prix New Visions au RIDM 2025.
Mona Vatamanu, Mona Vatamanu and Florin Tudor
Cu totii devenira pasari
Documentaire | mov | couleur et n&b | 40:29 | Roumanie | 2024
The mythologies of the Tierra del Fuego peoples, Selk’nam, Yamana, Kawesqar, and Haush, tell a story of a time when supernatural immortal beings inhabited the earth and transformed into celestial bodies: stars, the moon, and the sun, as well as mountains, lakes, birds, and animals. After 1880, the ancestral lands of the Indigenous people of Tierra del Fuego were politically divided between Argentina and Chile and colonized by mostly European settlers – adventurers, gold seekers, and farmers. The film examines the role of Romanian explorer Iuliu Popper (also known as Julius Popper, Julio Popper) in the aggression against Indigenous peoples, particularly his involvement in the genocide of the Selk’nam. Popper’s actions in Tierra del Fuego can be understood as part of a broader phenomenon of self-colonization and assimilation of Western European colonial imaginaries in Romania, reflecting local colonial aspirations disguised as geographical explorations.
Mona Vatamanu and Florin Tudor (1968/ 1974). Working together for over two decades Mona Vatamanu and Florin Tudor address the theme of history in films, installations, paintings and performative actions that revisit ideologies, utopias and modernist projects. Exhibitions (selection): Makeshift Memorials, Small Revolutions, Kadist San Francisco, 2024; Tara de foc, Kunthalle Bega, Timisoara, 2024; The Cynics Republic, Palais de Tokyo, Paris, 2024; After Rain, Diriyah Biennial, 2024; 5th Kyiv Biennial: Against the Logic of War, Augarten Contemporary, Vienna, 2023; Kathmandu Triennale 2077, Patan Museum, Kathmandu, 2022; Omnia Communia Deserta, La Loge, Brussels, 2020 (solo); The Street. Where the World Is Made, Maxxi, Roma, 2019; Gaudiopolis – Attempts at a Joyful Society, GfZK, Leipzig, 2018; Pr?p?denia p?mântului, Salonul de proiecte, Bucuresti, 2016 (solo); All Men Become Sisters, Muzeum Sztuki ms2, Lodz, 2015; Social Factory, 10th Shanghai Biennale, Power Station of Art, Shanghai, 2014; A History, Centre Pompidou, Paris, 2014.
Ond?ej Vavre?ka
Lišejníky
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 43:0 | Tchèque (Rép.) | 2024
Ils ne représentent pas une culture du « toujours plus », mais une culture du « suffisant » : les lichens. Et les deux hommes qui leur ont consacré leur vie dans la nature sauvage. Les lichens sont des organismes extraordinaires, sans équivalent sur Terre. On ne peut pas les considérer comme des individus, comme une jacinthe, un héron ou un être humain ; ils représentent une relation. Les deux entités qui composent un lichen, un champignon et une algue, ont, pour des raisons inconnues, décidé que vivre ensemble serait mieux que vivre séparément. Les lichens constituent une métaphore capable d’inspirer l’humanité pour survivre dans l’avenir. Ils représentent une histoire nouvelle, révélée par l’enfant terrible de la biologie, Trevor Goward. Lui et son partenaire Curtis Randal Björk nous guident à travers le film. Une expérience purement cinématographique tournée dans la vallée canadienne de Wells Gray, où se trouve le Wilderness Learning Centre.
Ond?ej Vavre?ka est réalisateur, artiste visuel, musicien et enseignant. Il a étudié la programmation avant de se tourner vers la philosophie et la linguistique. Il a ensuite suivi des études de cinéma à Prague (FAMU) et à Moscou (VGIK). Ses films ont reçu plusieurs distinctions. Il expose ses peintures, sculptures et costumes lors d’expositions personnelles et collectives. Il joue de la musique et compose souvent pour ses propres films. Il a publié plusieurs textes «?filmosophiques?». Actuellement, il travaille sur une série de peintures inspirées par le monde des lichens, pour lesquelles il a réalisé l’an dernier un film qui circule dans des festivals internationaux. Cette année, il a terminé un documentaire musical sur l’idée de progrès intitulé 1+1+1. Il prépare également un film de fiction sur les traumatismes générationnels, Beton, et un documentaire sur l’écoute, Mythos. Il enseigne à la FAMU, au Centre d’études audiovisuelles. Plus d’informations sur : www.ondrejvavrecka.cz
Katja Verheul
Red Dust
Doc. expérimental | dcp | couleur | 17:9 | Pays-Bas, France | 2024
A couple of times a year, the sky turns red in France. Sand dust from the Sahara is passed through a difference in air pressure from North Africa to Southern Europe. This dust, a time capsule containing cesium-137 from the French nuclear tests in Algeria, covers everything. The film exposes the impact of a war that was never fought. A French veteran and an archeology student share and speculate on what will be remembered and what will be hidden under the sand forever.
I am a filmmaker and artistic archeologist based in Rotterdam (NL). I graduated with a BFA in Audio-Visual Arts from Gerrit Rietveld Academie (NL) in 2012 and a MFA in Fine Arts from Goldsmiths University (UK) in 2016. I believe in the revealing value of long-term research. The deep dive into complex matter is an important part of my work process. With my films I want to make complex (invisible) social, political and economical issues visible. My work often arises from the question; what remains after a war and what is the impact of these remains on people and nature? I am working as an artistic archeologist digging through our most recent history. Before it is nostalgic, before it is a story that lies generations before us. Not only to demystify, but to make the mediated and almost historicized and perhaps forgotten reality personal again. I was a resident at the Jan van Eyck Academie (2018-2019), Visio - European Program on Artists Moving Images (2018), Film Forward (2020-2021) and Rotterdam Writers' Rooms (2024). I have shown my films at IFFR, Visions du Réel, Eye Filmmuseum, Kasseler Dokfest, Dokufest, Ji.hlava IDFF, LeGuessWho?, Sharjah Art Foundation, Nederlands Film Festival, Art Rotterdam, MAXXI Museum and on Dutch television, among others.
Resem Verkron, Marc Serena
AS AVENTURAS DO ANGOSAT
Fiction | mov | couleur | 35:0 | Angola | 2025
En 2017, l’Angola a lancé son premier satellite dans l’espace… qui a été déclaré perdu peu après. As Aventuras do Angosat est le rêve né de cette entreprise avortée, sous la forme d’un film musical écrit et interprété par Isis Hembe, l’une des figures majeures de la musique urbaine angolaise, ici métamorphosée en Man Ré. Le film est tourné en un seul plan séquence dans le quartier de Cazenga, à Luanda, avec de jeunes talents émergents.
Resem Verkron (1999) est membre de deux mouvements culturels majeurs à Luanda : le collectif d’art urbain Verkron Collective et Geração 80. Son premier court métrage, Lola & Mami (2021), explorait la masculinité toxique. Marc Serena (1983) a coréalisé le documentaire primé Tchindas (2015), diffusé par PBS aux États-Unis. Son long métrage El escritor de un país sin librerías a été présenté en première à l’Alternativa et a remporté un DIG Award récompensant un journalisme d’investigation européen d’exception.
Philip Vermeulen
Chasing The Dot
Installation multimédia | 0 | couleur | 18:35 | Pays-Bas | 0
Chasing The Dot (2021–en cours) est une montagne russe immersive de lumière et de couleur, une plongée sensorielle dans les limites mêmes de la perception. Au sein d’un vaste espace Ganzfeld sans horizon, le public dérive à travers des champs de couleur semblables à des tempêtes, irradiés par une lumière indirecte d’un million de lumens, laissant surgir des images rémanentes éclatantes. Au centre de leur regard, un point unique flottant, le point fovéal, s’embrase et demeure fixe, où que l’œil se tourne. Présentée en première au Rijksmuseum Twenthe, cette installation explore les seuils stroboscopiques et la synesthésie. Inspirée par la technique du cut-up de Brion Gysin, la partition lumineuse, minutieusement conçue, fragmente et réassemble la vision, provoquant des hallucinations à yeux ouverts. Les spectateurs vivent une fusion sensorielle, voyant avec leurs oreilles et écoutant avec leurs yeux. Chaque modulation de teinte, de fréquence, et de déclin révèle l’architecture cachée de la conscience, en dévoilant ses charnières et ses coutures. Le paysage sonore émerge directement du bourdonnement, des pulsations et du crépitement des puissantes sources lumineuses, s’entremêlant de manière organique aux hallucinations visuelles. Il résonne comme une tempête électrique rythmique, dense, texturée, et hypnotiquement synchronisée avec les vagues de couleur. Ici, la lumière devient une matière tangible. La perception se transforme en une danse chorégraphiée, faisant de chaque spectateur un co-auteur. L’œuvre ne s’accomplit pleinement que lorsque les visiteurs ferment les yeux, créant des cinémas intimes derrière leurs paupières closes. Chasing The Dot démontre à quel point notre perception du réel est malléable, et révèle combien notre cerveau est extraordinairement fin dans l’élaboration de la conscience.
Philip Vermeulen est un artiste néerlandais qui explore les fondements de la perception humaine. Ses installations se vivent avec tout le corps, tout en mettant à l’épreuve la physicalité de la lumière et du son, du mouvement et des vibrations. Vermeulen expérimente une grande variété d’éléments incluant mouvement, lumière, compositions sonores, physique, nature, technologies numériques pour créer des hypersculptures qui sollicitent et déjouent les sens du spectateur. Ces œuvres cinétiques agissent comme des catalyseurs, dissolvant les frontières entre esprit et matière, ouvrant de nouveaux espaces d’imagination et bousculant les perspectives établies. Ses installations ont été présentées dans des musées tels que le Stedelijk Museum Amsterdam (NL), le Stedelijk Museum Schiedam (NL), le Rijksmuseum Twenthe (NL), le Museum Voorlinden (Wassenaar, NL), le Museum for International Light Art (Unna, DE), iMAL (Bruxelles, BE), le Light Art Museum (Budapest, HU), l’Industrial Art Biennial (Labin, HR) et Art Rotterdam (NL). Ses œuvres ont également été montrées dans des festivals de création numérique, notamment Sonic Acts (Amsterdam, NL), Ars Electronica (Linz, AT), le Festival Interstice (Caen, FR), Mapping Festival (Genève, CH), Novas Frequências (Rio de Janeiro, BR) et CTM à la Halle am Berghain (Berlin, DE). En 2024, Vermeulen présentera sa première grande exposition monographique, Chasing The Dot, au Rijksmuseum Twenthe.
Susanna Wallin
Lizzy
Doc. expérimental | 4k | couleur | 15:0 | Suède, USA | 2024
Lizzy est le fruit des jours passés à la suite de la mort d’une voisine, disparue dans la maison où elle avait vécu toute sa vie, au bord de la rivière Hillsborough à Tampa, en Floride, et qui a laissé derrière elle un orgue électrique adressé à la cinéaste, sans aucune note. Le recevoir fut comme une énigme sauvage. Comment une histoire peut-elle se poursuivre entre les mains d’une autre ? Quelles forces organisent le récit ? En tissant l’intérieur avec l’extérieur, la poussière avec le marécage, la célébration avec la critique, le film traverse des notions binaires telles que soi–monde, vérité–fiction, témoigner–imaginer, et nature–expérience, entre autres.
Susanna Wallin est une artiste et cinéaste engagée dans des questions liées à ce que nous faisons de notre temps, de nos corps et des outils dont nous disposons pour vivre une vie. Elle explore ses sujets à travers des contextes, des modalités et des temporalités diverses, s’immergeant souvent longuement dans un lieu particulier. Attentive à ce qui émerge dans l’hésitation, dans le « faire ensemble », par l’expérimentation et l’ouverture, elle prête une oreille à l’indicible, avec la fiction comme pratique. Née et élevée en Suède, elle a étudié le cinéma et la pratique/la théorie artistiques à Goldsmiths College et à l’University of the Arts London, au Royaume-Uni. Elle a reçu de nombreux prix, notamment The Flamin London Artist Film and Video Award, New Approaches (Film London, UK), Pure Fiction (Suède), ainsi que des commandes du UK Film Council, de Channel 4, de la BBC, de l’Arts Council England, d’Arte France/Allemagne, de SVT (Suède) et du BFI au Royaume-Uni. Ses films primés circulent entre salles de cinéma et espaces d’exposition, et ont été montrés notamment au MOCA LA, à The American Cinematheque, au Barbican, à la Whitechapel Gallery, dans le métro londonien, à l’ICA et au British Film Institute. Ces dernières années, Wallin développe plusieurs projets de longs métrages, dont l’un, tourné en Floride, est actuellement en postproduction. Elle fait partie de la Research School de l’University of the Arts London, où elle prépare un doctorat par la pratique, et elle est professeure assistante en cinéma et vidéo à l’University of South Florida, aux États-Unis. Elle vit et travaille entre Tampa et Londres.
Alexander Walmsley
Tropical Depression
Doc. expérimental | 0 | couleur | 31:9 | Royaume-Uni, 0 | 2025
Tropical Depression follows the life and death of 21 cyclones that took place in the southern Hemisphere during the 2023 to 2024 cyclone season. Combining found footage and text fragments with recorded footage of the storms within Microsoft Flight Simulator - a videogame where weather is visualised in realtime using meteorological data - the film explores the aesthetic implications of documentary filmmaking that relies on data-generated rather than lens-based imagery, and the depiction of violent weather events as data-driven climate models.
Alexander Walmsley (UK, b. 1992) is an artist working between film, photography and digital media. In his research-based practice, he investigates how our understanding of the earth is shifting, mediated by the new technological, environmental and social realities of the 21st century. His recent work has been shown at the Daejeon Biennale of Arts and Sciences, Tirana Art Lab, Sharjah Art Foundation, The Photographers' Gallery, and Athens Digital Art Festival. He was a commissioned artist for the Albanian pavilion of the 59th Venice Biennale and was shortlisted for the Deloitte Photo Grant in 2023 and Istanbul 212 Photography Prize in 2021.
Chun Wang
Budapest Is Grey And Blue, But Hell Is Purple
Film expérimental | 4k | couleur et n&b | 16:10 | Taiwan, Hongrie | 2023
Ces images apparaissent dans ce monde uniquement grâce à un garçon gitan de dix-huit ans, Pisti. Une rencontre fortuite, une faille existante dans notre chaîne de cause et d’effet. Comme ouvrir une porte et réaliser qu’elle n’a pas de fin, et qu’elle ne pourra désormais plus jamais être refermée. “Je” est un lieu où les événements ont lieu, une exploration existentielle.
WANG Chun (né en 1988, Taïwan) est technicien en production vidéo et producteur de films. Sa pratique s’appuie sur les transformations entre différents langages créatifs (ceux de l’image, du texte, du son et du corps), à la recherche des limites du langage et tentant de mesurer la distance contenue dans l’acte de regarder.
Franz Wanner
Berlin-Lichtenberg
Documentaire | mp4 | couleur et n&b | 7:20 | Allemagne | 2024
La vidéo Berlin-Lichtenberg utilise des images provenant d’un film familial tourné en 1943. L’intention apparente du filmeur — saisir des moments paisibles de la vie familiale, comme une promenade avec sa femme et son enfant, ou un moment de détente au restaurant au bord du lac dans le quartier berlinois de Lichtenberg — est troublée par l’irruption d’éléments visuels non intentionnels. À l’arrière-plan, la vie quotidienne du système de travail forcé devient visible : un groupe de travailleuses forcées en route vers leur lieu de travail, ainsi que les baraquements d’un camp de travail forcé derrière le lieu de promenade. Ces éléments n’ont pas été choisis consciemment : ils constituent au contraire une documentation fortuite de l’omniprésence du travail forcé dans l’Allemagne nazie. Pour la vidéo, ces images amateurs ont été remontées et accompagnées de cartons qui contextualisent les images muettes et y ajoutent un niveau fictionnel.
Dans son travail artistique, Franz Wanner (*1975 à Bad Tölz, Allemagne ; vit à Zurich) aborde des thèmes tels que la politique migratoire de l’Union européenne, les services secrets allemands et l’industrie de l’armement, ainsi que leur histoire, leurs structures actuelles et les effets du nazisme sur l’impératif allemand de prospérité. « Dans une pratique conceptuelle dont la rigueur de recherche et la cohérence formelle, dans la lignée de Hans Haacke, continuent — par l’enquête et le transmedia — de poser des questions là où personne ne l’a encore fait » (Nora Sternfeld, HFBK Hambourg), « il produit des images d’une dissonance cognitive collective et une poésie analytique autour de la pathologie du non-regard dans l’Allemagne d’aujourd’hui et ses idiomes » (Stephanie Weber, Lenbachhaus Munich). En tant qu’artiste en résidence au Harun Farocki Institute, il a développé l’exposition Mind the Memory Gap pour le KINDL – Centre for Contemporary Art à Berlin. Sous le titre Eingestellte Gegenwarten, il a réalisé sa première exposition personnelle en Italie, à Merano Arte, qui sera présentée en version modifiée au Lenbachhaus de Munich en 2026.
Feargal Ward, Jonathan Sammon
Ivanko the Bear's Child
Doc. expérimental | dcp | couleur | 25:0 | Irlande | 2024
La femme d’un paysan s’égare dans la forêt et tombe sur la tanière d’un ours. L’ours la garde auprès de lui, et avec le temps naît un être mi-ours, mi-enfant. Tous deux aspirent à s’enfuir. Sur ce fond, nous avançons dans les couloirs et les rues d’une ville militaire allemande désertée, autrefois siège central de l’occupation de l’Europe de l’Est par l’armée soviétique. Fermé au public pendant des décennies, cet ensemble énigmatique est devenu pour les étrangers « la Ville Interdite ». Un conte russe primitif sert de guide pour traverser ce site labyrinthique, qui semble évoquer à la fois l’héritage de ce passé disputé et les résonances troublantes de notre présent. Un conte russe primitif sert à parcourir ce site labyrinthique, qui semble évoquer à la fois l'héritage de ce passé controversé et les résonances troublantes de notre présent.
Feargal Ward et Jonathan Sammon sont deux cinéastes irlandais. Une grande partie de leur travail explore les frontières et les potentialités de la forme documentaire hybride, où les codes et dispositifs du cinéma narratif sont souvent appropriés ou détournés afin d’interroger des vérités établies. Parmi leurs précédentes collaborations figure Tin City, présenté en avant-première à la Berlinale cette année (Forum Expanded), puis sélectionné dans plusieurs festivals, dont Karlovy Vary, Cinéma du Réel et le Festival dei Popoli, où il a reçu le Prix International Discoveries. Leurs autres collaborations, impliquant Adrian Duncan, incluent Lowland (Cork International Film Festival), Memory Room (IDFA, EVA International, Dokufest Kosovo) et Tension Structures (IDFA, Hot Docs, RIDM). Le long métrage documentaire de Ward, The Lonely Battle of Thomas Reid, a été présenté en première mondiale en compétition principale à l’IDFA, puis montré dans de nombreux festivals avant d’être diffusé à la télévision allemande, irlandaise et finlandaise. Son premier long métrage documentaire, Yximalloo (co-réalisé avec Tadhg O’Sullivan), a été présenté en première à FID Marseille, où il a remporté le Prix Premier
Chloé Wasp
Jaguars
Doc. expérimental | 4k | couleur | 20:0 | France, Mexique | 2025
Dans la jungle mexicaine, le jaguar rôde et hante les esprits. Tandis que différents regards se croisent sur ce prédateur nocturne, un enfant qui perd peu à peu la vue se rapproche de l’animal.
Née à Vitry-sur-Seine en 1990, vit et travaille à Lille. Elle sort diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles en 2019, et intègre Le Fresnoy - studio national des arts contemporains en 2023. Photographe et cinéaste, elle axe principalement son travail sur les états modifiés de conscience, les troubles de la vision et les relations entre humain, animal et végétal.
Chloé Wasp
How It Begins
Documentaire | 4k | couleur | 12:37 | France | 2024
Une fire woman brûle préventivement les forêts de Caroline du Nord, pour régénérer ses terres et éviter les mégafeux dévastateurs. Dans cette plongée progressive dans les flammes, l'acte de mise à feu devient une expérience intime et directe avec les éléments.
Chloé Wasp est une artiste plasticienne et cinéaste originaire de Lille (France). Elle est diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Elle axe principalement son travail sur les mythes, les troubles de la perception et les expériences d'altérité, toutes espèces confondues. Dans ce champ d’explorations, le corps est central.
Paulo Wirz, Lucas Wirz
Parabolas
Film expérimental | 4k | couleur | 14:38 | Brésil, Suisse | 0
In creating O Encontro das Partes Partidas, my intention was to explore the profound tension between materiality and virtuality, permanence and ephemerality. At the heart of this work lies an urgent question: how do we preserve what is essential—memories, identity, culture—in a world where the boundaries between the tangible and intangible, the visible and invisible, continue to dissolve? The installation and film emerged from a confluence of research, personal reflection, and inspiration from Simon Kofe’s poignant address on Tuvalu’s potential transformation into the world’s first digital nation. His words highlighted an existential struggle: the need to preserve a nation's essence when its physical reality is under threat. This notion resonates deeply in a world where climate change and digitalization redefine our relationship to place, time, and belonging. The site-specific sculptural installation mirrors this tension. The mirrored containers, positioned in binary arrangements, embody the duality of presence and absence, reality and illusion, the physical and the virtual. These objects—mundane yet precious—shift in meaning and perception as viewers navigate the space. The mirrored surfaces reflect not only their surroundings but also invite introspection, evoking fragmented memories that connect personal and collective histories. The accompanying film, Parabolas, extends this exploration into the moving image. The labyrinth becomes a metaphor for life’s complexity, a place where beginnings and endings blur, where light and reflection reveal and obscure. Drawing from my sculptural vocabulary, I sought to create a visual language that questions our attachment to objects, our understanding of time, and our ability to reconcile the real with the non-real. Through this dual presentation, I aim to create a contemplative space that invites viewers to reflect on their own experiences of fragmentation and connection. Ultimately, O Encontro das Partes Partidas seeks to challenge and expand how we perceive and preserve the elements of our existence—both the visible and the invisible, the real and the imagined.
Paulo Wirz (born 1990 in Pindamonhangaba, Brazil) is a visual artist based in Zurich, working with large-format sculptures, site-specific installations, photography and video. In his research, Paulo investigates different forms of social and anthropological conceptions of mortality and attempts at immortality. He is intrigued by the role and the relation between preservation, possession, transmission, visibility, and invisibility in our culture and society. Paulo obtained a BA in photography from Zurich University of the Arts and an MA in fine arts from HEAD – Genève. In 2019, he received the New Heads Prize and in 2021, the Swiss Art Award. Between 2019 and 2022, he took part in various residency programs such as Fondazionne Ratti (Como, Italy), ZQM (Berlin, Germany), Cité des Arts (Paris, France), ProHelvetia (Cairo, Egypt). In 2023 he was an early career fellow at the Collegium Helveticum - ETH Zürich, and in 2024 he was an early career fellow at the New Europe college in Bucharest. His work has been exhibited in institutions such as Kunsthalle Basel (Switzerland), Kunsthalle Fribourg (Switzerland), Centre d’Art Contemporain de Genève (Switzerland), Helmhaus (Switzerland), Archivio Conz (Germany), Wehrmühle (Germany), HausKonstruktiv (Switzerland), Fondazionne Ratti (Italy), and Cité des Arts (France).
William Andreas Wivel
Eye Trouble
Documentaire | 16mm | couleur | 40:42 | Danemark | 2025
A young man with refuge experience undergoes eye surgery. His eye is severely damaged. With the eye surgery as starting point, a narrative unfolds, poetically intertwining perspectives on loosing connection to a world, you once knew. Through imagery the film explores the vacuum in the aftermath of life altering circumstances, of singular versus plural pain and reconciliation, and how we may seek new paths going forward.
William Andreas Wivel is a Danish born filmmaker, based in Copenhagen. He received his MA in Film Science from the University of Copenhagen with a thesis on feministic film aesthetics and later graduated from The National Film School of Denmark as Documentary Director. Wivel’s work has an essayistic approach to storytelling and combines strong visuals with in-depth character studies. His graduation film SAY?NARA was an Ammodo Tiger Short Nominee at IFFR (2020) and selected for EMAF, Rencontres Internationales Paris/Berlin and RIDM amongst others. His film VANITAS, a collaboration with visual artist Jules Fischer, was selected for CPH DOX (2023) and installed at the National Museum of Arts in Denmark. The Garden Caretaker, co-directed with Natalia Ciepiel, was screened at this years CPH:DOX (2025). Finally his latest film, EYE TROUBLE, was just completed, and hence is in this regard, his personal debut film.
Ali Yahya
BENEATH WHICH RIVERS FLOW
Doc. expérimental | mov | couleur et n&b | 16:0 | Iraq | 2025
Dans les marais du sud de l’Irak, Ibrahim et sa famille vivent isolés du reste du monde, étroitement liés au fleuve, aux roseaux et aux animaux dont ils prennent soin. Le calme et réservé Ibrahim ne trouve de réconfort que auprès de son buffle, son seul véritable compagnon. Alors que le monde d’Ibrahim s’effondre, il doit affronter des forces qui le dépassent et qui menacent non seulement son mode de vie, mais aussi l’unique être vivant qu’il comprend vraiment.
Ali Yahya est un cinéaste iraquien, né en 1994 à Bagdad, où il a vécu et travaillé toute sa vie. Son parcours a débuté après des études de psychologie au niveau licence. Il s’est ensuite tourné vers les arts visuels, d’abord comme graphiste, puis comme directeur artistique chez Becorp, l’une des principales agences créatives d’Irak, où il continue de diriger des projets de narration visuelle et des projets culturels. Il poursuit actuellement un master en cinéma. Il utilise le film pour explorer l’expérience humaine, capturant la beauté et les complexités du quotidien. À travers son travail, il porte les histoires de son pays vers le reste du monde. Son premier court métrage, Beneath Which Rivers Flow (2025), tourné dans les marais du sud de l’Irak, mêle observation poétique et réalité vécue, explorant la relation fragile entre une communauté et son paysage en train de disparaître. Le film a été présenté en première au 75e Festival international du film de Berlin, où il a reçu une Mention spéciale du jury.
Jinjoo Yang
Coming Home
Installation vidéo | 4k | couleur | 12:57 | Canada | 2024
Le film traverse les espaces de stockage cachés du Musée des beaux-arts de Montréal, révélant des œuvres dont les dossiers de provenance demeurent incomplets. Certaines portent les traces de déplacements en temps de guerre et d’omissions délibérées ; d’autres ont changé d’attribution, modifiant les récits qui leur sont attachés. Le film suit la manière dont les structures institutionnelles déterminent ce qui devient visible et ce qui reste irrésolu. À mesure que la caméra chemine à travers les réserves, Coming Home observe le musée comme un système d’organisation actif, où les œuvres sont continuellement recontextualisées. Le spectateur découvre la collection comme une archive invisible et est invité à s’orienter dans un lieu où la certitude demeure partielle et l’orientation toujours instable.
Jinjoo Yang est une artiste et architecte basée à Montréal, dont les films naissent d’un engagement direct avec des lieux spécifiques. Elle travaille dans des intérieurs institutionnels, utilisant des mouvements de caméra contrôlés pour suivre la manière dont les espaces contiennent et médiatisent leurs histoires. Sa pratique oscille entre observation et construction, transformant des environnements réglementés en paysages temporels où visibilité, autorat et mémoire se déplacent subtilement. Parmi ses œuvres récentes figurent Coming Home, tourné dans les réserves du Musée des beaux-arts de Montréal, et Occupied, un film à venir construit autour d’infrastructures héritées de la guerre froide. Ses projets ont été présentés à l’international dans des institutions telles que le Musée des beaux-arts de Montréal, le Center for Architecture à New York et la Royal Danish Academy of Fine Arts à Copenhague.
Lilan Yang
Everything Comes Full Circle
Film expérimental | 16mm | couleur et n&b | 13:44 | Chine, USA | 2023
Retracing Wim Wenders' Paris, Texas filming locations, this 16mm film captures the American West's vastness while reflecting on memory's fragility. Shot on Kodak film with a score by Julian Tran, the work examines how we perceive through analog optics and how recollections distort over time. The digital scan is fabricated into pseudo-film via inkjet printing on clear film with laser-cut perforations. Each projection makes the ink melt and the film fall into decay, mirroring memory's erosion.
Lilan Yang (b. Chongqing, China) is a moving image artist merging analog filmmaking with computational processes. Rooted in the materiality of 16mm, their practice explores the flux of migration, the decay of memory and the intricacies of perception.
Zhiyuan Yang
Make A Little Sun
Installation vidéo | mp4 | couleur | 7:36 | Chine, Allemagne | 2024
Make a Little Sun (2024) reimagines Little Sun (1963), the first and only science-fiction film made in China before the country’s economic reforms. Originally an educational film for children, Little Sun tells the utopian story of young researchers creating an artificial sun to boost food production. Banned during the Cultural Revolution, the film is now seen as an informal response to the Great Chinese Famine (1959–1961). This re-edited version fragments the original footage across a three-channel installation, combining it with new texts to reflect on global political crises since World War II. The sun becomes a metaphor for power, used to critique nuclear militarization, the colonial legacy of space exploration, and the failures of technological progress. Through disrupted narratives and visual manipulation, the work challenges modernization’s destructive trajectory and calls for collective alternatives to capitalist development.
Zhiyuan Yang’s practice examines the entanglement of personal histories and collective memory within broader political and economic systems. Through conceptual strategies that span moving image, installation, photography, and text, she investigates how experiences of loss—whether intimate or societal—reflect the failures and contradictions of modernization, institutional authority, and global power structures. Working with fragmentation, re-staging, and narrative disruption, Yang blurs the boundaries between fact and fiction to question how identity, memory, and belonging are constructed. Her practice often intervenes in existing frameworks—familial, political, or artistic—to expose the mechanisms of control and exclusion that shape lived experience. By revealing the limits of dominant narratives and institutional systems, she opens up spaces to reimagine collective forms of resistance, care, and alternative ways of being. Yang is an alumnus of the BPA// Berlin program and the Jan van Eyck Academie. Her recent and future exhibitions and screenings include Comrade Sun at Hartware MedienKunstVerein, DE; Half-Light at KW Institute for Contemporary Art, Berlin, DE; You Say I Have Unlimited Potential. I Disagree at Zilberman, Berlin, DE; and Conference Call: Moving Image at the Center for Performance Research, New York, USA.
Mao Yo-wen
The Liminoid
Vidéo | 0 | couleur et n&b | 0:0 | Taiwan | 2025
This work is composed of video, real-time data, and light. The voice-over recounts a legend about how the Indigenous peoples of Taiwan came to this island. In the work, I respond to this narrative through data and light installations, using “wind” as the core element of connection. For me, wind resembles those overlooked memories and histories embedded in a place—barely perceptible like air, yet continuously present. By linking real-time wind data from the site of the legend through programming, I allow the changing wind to directly influence the video. Through an invisible real-time connection that continuously crosses distance, messages carried by the wind from afar can be perceived in the present moment, forming a dialogue that spans both geography and perception. In addition, the light installation is a composite figure: its form derives from the imagery of the betel nut—an instantly recognizable visual sign in everyday life in Taiwan—and is combined with my imagination of the monster from the legend. Its green light may induce visual illusions, allowing viewers to briefly see a non-existent magenta, further reinforcing the sense of a state “between the visible and the invisible.
Mao Yo-Wen is a visual artist and filmmaker from Taiwan whose practice spans video, installation, sculpture, and writing, navigating between memory, history, belief, and text—focusing on phenomena that drift beyond established categories and those in a state of dislocation.
Amir Youssef
Apoléon
Documentaire | dcp | couleur | 14:22 | France | 2024
Un groupe de figurines du Musée de l'Armée à Paris rejoint Napoléon lors de son expédition en Égypte. Le film explore des enjeux politiques liés au militarisme et à la colonisation, remettant en question les récits historiques traditionnels.
Artiste et cinéaste égyptien, vivant et travaillant entre Paris et Alexandrie. Il a obtenu une licence en peinture à la Faculté des Beaux-Arts de l’Université d’Alexandrie en 2015, où il a également exercé comme assistant d’enseignement. Il a ensuite poursuivi un master (DNSEP) à l’École d’art d’Aix-en-Provence, avant d’obtenir un diplôme au Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Amir remet en question l’immobilité de l’histoire coloniale telle qu’elle est traditionnellement présentée dans les vitrines des musées. Son travail se déploie selon deux axes principaux : l’un interroge l’absurdité de la guerre et les récits historiques façonnés par le post-colonialisme ; l’autre explore les thèmes religieux, réinventant les textes sacrés comme des expériences poétiques et transcendantes. Sa recherche s’ancre dans l’étude de la culture visuelle ancienne et de l’histoire des médias, en s’intéressant à l’évolution du mouvement et du récit à travers différents formats tels que la sculpture, l’installation, le film et la vidéo. Un intérêt constant pour la transformation de la fonction et de la signification des objets continue de guider son processus créatif. Cette exploration s’est développée en un ensemble d’œuvres qu’il nomme Kinemania, un terme personnel désignant sa réflexion sur la fascination profonde de la société pour le mouvement visuel. À travers cette approche, il crée des objets cinétiques et mobiles qui incarnent ses recherches sur le mouvement, les médias et l’interprétation. Son film Apoleon a été présenté en première mondiale au festival Visions du Réel en Suisse. Ses œuvres ont également été exposées dans des manifestations internationales telles qu’Ars Electronica (Linz), la Fondation Vasarely (Aix-en-Provence), Le Fresnoy – Studio National (Tourcoing), la BJCM Biennale (Milan), le Musée de l’Industrie Textile (Augsbourg), le Salon de la Jeunesse à l’Opéra du Caire et la Bibliotheca Alexandrina (Alexandrie). Ses œuvres font partie des collections du CNAP (Centre national des arts plastiques) et du FMAC (Fonds municipal d’art contemporain).