Catalogue 2025-2026
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025-2026 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Ewa Effiom
WHEN ONE DOOR OPENS
Doc. expérimental | mp4 | couleur | 10:44 | Royaume-Uni, Belgique | 2024
WHEN ONE DOOR OPENS se déploie comme une exploration des dynamiques complexes entre autorat, représentation et histoire. S’inspirant des méthodologies décisives d’Arthur Jafa et des esthétiques évocatrices de Christian Marclay, le film s’écarte des cadres conventionnels du cinéma dominant pour plonger au cœur d’un riche tissu de found footage, exhumant et réappropriant les récits enfouis au sein des race films, principalement issus de la période qui suit immédiatement l’ère pré-Code. À cet égard, l’œuvre se présente comme un contrepoint aux propositions parfois unidimensionnelles de Marclay. À travers une narration en apparence sinueuse, WHEN ONE DOOR OPENS bouscule les notions conventionnelles d’identité et d’appartenance, invitant le spectateur à se confronter aux complexités de la représentation historique. Chaque image devient un passage vers une époque révolue, où les personnages évoluent dans des espaces architecturaux à la fois littéraux et métaphoriques. L’exploration du mouvement au sein de ces espaces résonne d’une forte charge symbolique, révélant le pouvoir transformateur du cinéma. Au final, le film se dresse comme un hommage à l’attrait durable du médium cinématographique et à ses espaces implicites, capables de saisir et de réinventer les multiples strates de l’expérience humaine.
EWA EFFIOM est un architecte, auteur et producteur belgo-nigérian basé à Londres. L’imaginaire visuel, le futurisme et la mythologie sont des thèmes récurrents dans son travail, avec une attention particulière portée à leur relation avec l’espace. Il a fait partie de la deuxième promotion du programme New Architecture Writers de l’Architecture Foundation, qui s’est conclu par un programme public salué par la critique. Ses textes ont été publiés dans Architect’s Newspaper, Dwell, The AJ, ICON, Wallpaper, Frame, OnOffice, Architecture Aujourd’hui, The Modern House Magazine, A Daily Dose, Ex Libris, entre autres. Son essai Architecture, Buildings and Conservation in MAJA a été nommé dans la catégorie Meilleur article aux Estonian Architecture Awards 2022, un an après avoir obtenu la deuxième place au concours de commissariat de la Tallinn Architecture Biennale 2021 avec une proposition intitulée Adaptive Re-use. Son film Eagle Mansions a été présenté en première au Urban Film Festival de Perth en 2021, puis projeté à la Melbourne Design Week 2022. Il a ensuite obtenu la résidence How To au Centre canadien d’architecture, sous le titre How Not To Be A Developer. En 2022, son second film Beck Road a été présenté en première au festival Open City, avant d’être projeté à la 18? Biennale d’architecture de Venise. Il a été Fellow LINA en 2023 et a reçu la résidence Film Lab du musée MAXXI à Rome, où il a réalisé When One Door Opens, présenté au Demanio Marittimo–Km 278 puis dans l’exposition Restless Architecture commissariée par Diller Scofidio + Renfro au MAXXI. Il a également participé à la résidence Staging Ground de Theatrum Mundi, avec une exploration collaborative des transformations infrastructurelles de Paris après les Jeux olympiques. Il est ensuite revenu au réseau LINA pour prononcer le State of Architecture Address 2025, salué par la critique — un plaidoyer pour que la discipline architecturale retrouve la voie de l’imagination. Bien qu’il n’enseigne plus dans le programme MA in Architecture + Urbanism de la Manchester School of Architecture depuis 2022, il demeure critique invité à l’Estonian Institute of Technology et à la London Metropolitan University.
Marwa El Sharkawy
Rhythms of a girl’s dream
Documentaire | mov | couleur | 17:27 | Egypte | 2025
Dans un village isolé niché au cœur du sud de l'Égypte, trois jeunes filles osent rêver au milieu d'un océan de conservatisme. Leur amour pour la musique, autrefois une passion secrète, les propulse dans un voyage audacieux pour maîtriser leur art dans le contexte de normes familiales et sociétales strictes. Ce documentaire intimiste dresse un portrait poignant d’espoir et de résilience dans un monde où les aspirations des filles se heurtent souvent aux cordes les plus dures de la réalité.
Marwa Elsharkawy is a passionate storyteller drawn to the personal and human shadows of tales. Has been born at 1989 ,She studied media at Cairo University, she has participated in writing, filming and directing workshops at the American University and the EU-supported Cine Delta school, as well as the Creative Documentary Film workshop at the Cairo International Women’s Film Festival, her first film “Forgotten Dreams, “won Best Documentary awards at Iran's “2021 International Moving Film Festival” and a grant from Cairo's International Women's Film Festival. and screened at the 43rd Durban International Film Festival. UNFPA produced her first short fiction film, "My Dear Rose" about female circumcision, which won over 7 awards, including the jury award at Festival du Cinéma Africain de Khouribga. Her film, “Young Hearts,” was screened at several international festivals, including the Karama Human Rights Festival in Tunisia, and the 41st Iran International Short Film Festival.
Ali El-darsa
The Image Remains the Same
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 18:27 | Allemagne | 0
A collage of personal and public accounts, The Image Remains the Same contemplates water as an allegory of journeys shaped by desire, belonging, hope, and demise—stretching from the shores of the Pacific Ocean in Los Angeles to the Mediterranean Sea in Lebanon. The work specifically focuses on the El-Mina port, where I speak with locals about emigration from Tripoli’s shores to Europe. The camera moves from the Californian deserts to my hometown in the Southern Suburbs of Beirut (before its heavy destruction in the recent war) and to the North of Lebanon, tracing formal and historical ties as well as contrasts between these places.
Ali El-Darsa works across moving image, installation, performance, and sound. His practice examines structures of belonging in transnational contexts, foregrounding the specificity of time-based media in creating networked, mediated memories and cultural imaginaries. His interdisciplinary research in performance engages with the fields of text, word, sign, and language, questioning—often collaboratively—how language shapes movement, systems of thought, and, by extension, the discourse surrounding the interpretation of a work of art, both materially and metaphorically. His work approaches communication through its means, methods, and media—oral, written, or coded—examining the transmission of customary, historical, and contemporary narratives. El-Darsa lives and works in Berlin, and is a 2025–2026 fellow at the Akademie Schloss Solitude in Stuttgart, Germany.
Leon Emonds-pool, Emilia Auhagen-Kuoppamäki
Seen From Here, I Feel Like Belonging
Doc. expérimental | super8 | couleur | 30:0 | Allemagne | 2025
June 1971 - in a fluid landscape completely below sea level, a young biology student dies during the last year of his studies, leaving behind an unfinished scientific collection. More than fifty years later, a group of ecologists and volunteers are trying to understand and document the same environment as it is today.
Leon Emonds-Pool holds a degree as a Director of Photography from the International Filmschool Cologne and is currently studying at the Friedl Kubelka School for Independent Film in Vienna. After working for short films solely as a cinematographer, he is now also directing his own projects, mainly in the various fields between documentary and experimental filmmaking. In his films, which are often shot on analog Super 8 or 16mm material, he tries to explore the complex relationship of humans with the natural environment. He also works as an analog projectionist and is one of the founding members of the Cologne-based artist-run-filmlab and event series collective "Film auf Film". Emilia Auhagen-Kuoppamäki completed her master’s degree in North American Studies in 2024. In the course of her studies, she developed a growing interest in cultural ecology, particularly in film and literature. Her current research interest lies in exploring how artists generate change in human interaction with the non-human world through their artistic practice. Complementing her research, Emilia is engaged in creative projects in the visual arts. She is one of the five founding members of the Cologne-based artist-run-filmlab and event series collective "Film auf Film".
Mélissa Epaminondi
Dione -Work-In-Progress Version: Not Yet Color Graded And Sound Mixed-
Film expérimental | 16mm | couleur | 16:24 | France, Grèce | 2025
Dione propose une lecture personnelle du site antique de Dodone, au nord de la Grèce, considéré comme le plus ancien oracle du monde grec. Situé au pied du mont Tomaros, le sanctuaire accueillait pendant des siècles des pèlerins venus de loin. Ils y gravaient leurs questions sur des lamelles de plomb, adressées à Zeus Naïos et à Dioné Naïa. Le chêne sacré, centre du lieu, répondait par le mouvement de ses feuilles, de ses branches et par la présence des oiseaux. Ces signes étaient interprétés par les prêtres et prêtresses. À certaines périodes, un dispositif appelé le « Gong de Dodone », composé de chaudrons d’airain reliés entre eux, amplifiait la résonance acoustique du sanctuaire. Dans ce lieu proche du fleuve de l’Acheron qui relie vie, mort et connaissance, j’ai souhaité proposer ma propre interprétation de cet ancien oracle au travers des sons captés sur place, puis retravaillés avec le compositeur Florent Caron Darras. À l’image, chaque présence animale s’ajoute au bestiaire mythologique propre à ce lieu. L’eau, en tant qu’élément naturel et symbolique y tient une place privilégiée. Le film évoque une source jaillissant de l’arbre sacré et dont le murmure aurait eu, d’après Servius, un caractère oraculaire.
Mélissa Epaminondi, architecte et artiste, vit entre Paris et la Corse. Diplômée de l’École d’architecture de Marseille, elle explore la relation entre les individus et leur environnement à travers des films, des vidéos et des installations. Son travail mêle formes organiques et formes bâties pour évoquer des paysages sensoriels intérieurs. Elle a cofondé L140 et codirige la Casa Conti – Ange Leccia, un centre d’art contemporain dédié à l’image en mouvement. Filmographie sélective : Deconstructive Niemeyer (2020), Lavezzi (2013), Plage (2012).
Zachary Epcar
Sinking Feeling
Fiction expérimentale | 16mm | couleur | 20:0 | USA | 2024
Trois employés de bureau se remémorent une expérience où ils se sont retrouvés piégés dans le tunnel transbay de San Francisco, chacun dérivant vers des fantasmes de sexe, de mort et d’autres formes d’intimité avec des inconnus. « Une œuvre envoûtante, ample et transportante, faite de tension suspendue, qui cherche de nouvelles formes d’intimité dans l’aseptisé. Un parc de bureaux urbain devient un bassin de réflexion pour les fantasmes érotiques d’un train déraillé où nous attendons, tremblons et survivons ensemble. »
Zachary Epcar (né à San Francisco) est un cinéaste dont les films ont été projetés dans les festivals internationaux de Toronto, New York, Rotterdam, San Francisco, Vancouver, Édimbourg et Melbourne ; au Berkeley Art Museum & Pacific Film Archive, à Media City, IndieLisboa, European Media Art Festival, EXiS, 25 FPS ; ainsi que lors de programmations monographiques au Museum of Contemporary Art Chicago, au Museum of the Moving Image et à Black Hole Cinematheque. Ses films ont également été présentés en ligne sur MUBI, Le Cinéma Club et Ecstatic Static. Zachary vit à Oakland, en Californie, où il est membre du collectif de programmation Light Field. Ses films sont distribués par Light Cone (Paris).
Andro Eradze
Flowering And Fading
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 16:22 | Georgie, Italie | 2024
Un chien et un humain partagent leur sommeil dans le clair-obscur d’une maison tranquille. Soudain, les contours du réel commencent à se brouiller, et peu à peu, le rêve et la fantaisie prennent le dessus. Dans son nouveau travail, Andro Eradze façonne une vision renouvelée du surréalisme, où une composition d’image impeccable et un travail sonore saisissant frappent directement l’inconscient, plongeant les sens dans un océan de beauté absolue.
Andro Eradze (né en 1993, Tbilissi, Géorgie) est un artiste et cinéaste dont la pratique pluridisciplinaire explore les intersections entre présence, mémoire et spectralité. À travers la photographie, l’installation, la vidéo et le cinéma expérimental, Eradze examine l’agency des entités non humaines au sein de paysages où les frontières entre expériences humaines et non humaines se brouillent. Ses projets convoquent souvent des espaces liminaux, explorant les gestes inattendus et les relations subtiles entre objets, plantes et animaux. Il a participé à plusieurs expositions personnelles et collectives ainsi qu’à des projections dans des institutions internationales telles que MoMA PS1 (New York), la 59e Biennale de Venise, The New Museum (New York), WIELS (Bruxelles), GAMeC (Bergame), la 22e Biennale Sesc_Videobrasil (São Paulo), la 14e Biennale de Kaunas (Lituanie), et la Fondation Vincent van Gogh Arles.
Luis David Esguerra Cifuentes
Dos Veces Bestia
Film expérimental | 16mm | couleur | 72:0 | Colombie | 2025
On the city's outskirts, a strange moss proliferates in the forest. Despite the warnings of its supposed dangerousness, several people visit the place as a gesture of radical freedom. TWICE THE BEAST navigates through spaces-species where friendship and sensuality converge with science fiction.
Filmmaker and programmer, a graduate of the Master's Program in Filmmaking at Elías Querejeta Zine Eskola (EQZE). He has worked on the programming teams of the Cartagena International Film Festival (FICCI) and the Bogotá International Film Festival (BIFF). In 2019, he founded Bruma Cine, a production and distribution company that manages the works of Colombian filmmaker Luis Ospina and develops curatorial projects. He has directed four short films, which have been screened at international festivals such as FICUNAM, FICValdivia, and FIDMarseille.
Eteam
Our Non-Understanding of Everything #10
Vidéo expérimentale | mp4 | couleur | 17:35 | Allemagne, Taiwan | 2025
“Our Non-Understanding of Everything #09” is part of a larger series that explores how the structures of architecture, semiconductors, and circuits become forms of expression reflecting hierarchies, cognitive processes, and relationships to the natural environment. The project is the daily practice of observation, questioning and switching perspectives in order to understand our relationship to our tech-devices and their existence in the world. Motivated by finding ways to imagine what our smart phones want from us and if we can communicate with them, we are using our natural and human built environments to possibly entertain, relax and stimulate the technical devices, that so profoundly influence our conception of the universe and our relation to it.
eteam uses video, performance, installation and writing to instigate and articulate encounters at the edges of diverging cultural, technical and aesthetic universes. Through their artistic practice eteam finds ways to collaborate with people who operate on the edges of mainstream culture and the marketplace. They are drawn to those willing to experiment, cross genres and cultural boundaries, together we forge proximity and make visible the interconnections we humans share with land, animals, plants, ghosts, deities and objects. Practicing art is their way to enter the “outside,” pay close attention to the details, while trying to understand the whole. Eteam’s narratives have screened internationally in video- and film festivals, they lectured in universities, presented in art galleries and museums and performed in the desert, on fields, in caves in ships, black box theaters and horse-drawn wagons. They could not have done this without the support of Creative Capital and The John Simon Guggenheim Memorial Foundation, Art in General, NYSCA, NYFA, Rhizome, CLUI, Taipei Artist Village, Eyebeam, Smack Mellon, Yaddo and MacDowell, the City College of New York, the Academy of Visual Art HKBU and the Fulbright Scholar Program, among many others. Their novel “Grabeland” was published by Nightboat Books in February 2020.
Bojan Fajfric
Greetings from Kosovo 1989
Doc. expérimental | mov | couleur | 13:39 | Slovénie, Pays-Bas | 2025
Greetings from Kosovo 1989 (2025) Single-channel video, (DV Pal 4:3), 13:39 min. Greetings from Kosovo 1989 s’appuie sur des images d’archives du rassemblement de 1989 au Kosovo, rendu célèbre par le discours de Slobodan Miloševi?. S’adressant à une foule de plus d’un million de personnes, il prit la parole dans un contexte de tensions ethniques croissantes au Kosovo et d’agitation politique en Yougoslavie. Sa mention de « combats armés » dans l’avenir de la Serbie a fait de ce discours un moment tristement célèbre, souvent considéré comme annonciateur des guerres yougoslaves. Reformulant et subvertissant le format du reportage télévisé, l’œuvre met en évidence l’hystérie de masse, la folie et la banalité de l’iconographie nationaliste et religieuse. À la lumière des événements récents, revisiter cet épisode — une composante indissociable d’une histoire qui a profondément marqué la fin du XXème siècle — constitue un geste crucial, tant cette histoire demeure intensément vivante.
Bojan Fajfri? (Belgrade, ex-Yougoslavie) est un artiste et cinéaste basé aux Pays-Bas depuis 1995. Diplômé de la Royal Academy of Fine Arts de La Haye et ancien résident de la Rijksakademie à Amsterdam. Travaillant principalement avec les images en mouvement et la photographie, il crée des récits stratifiés qui interrogent l’impact de l’histoire sur les trajectoires individuelles. Son intérêt se porte sur la relation poreuse entre la mémoire et l’image en mouvement. Son travail a été présenté dans des institutions telles que le Palais de Tokyo (Paris), le Baltic Centre for Contemporary Art (Gateshead), le San Telmo Museum (Saint-Sébatien), De Appel (Amsterdam), le Belgrade October Salon, la NGBK (Berlin) et le Center for Cultural Decontamination (Belgrade). Ses films ont été largement diffusés dans des festivals internationaux, parmi lesquels le International Film Festival Rotterdam, le International Short Film Festival Oberhausen, le Vienna International Film Festival, DOK Leipzig, le Sharjah International Film Festival, le Tempo Documentary Festival (Stockholm), les Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid, et le Impakt Festival (Utrecht).
Laurence Favre
Zerzura
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 11:0 | Suisse | 2024
Nommé d’après une oasys mythique perdue, Zerzura interroge : Comment perçoit-on la « nature » ? Est-ce une « chose » à laquelle nous, humains, sommes extérieurs ? Ou faisons-nous tous partie d’un maillage où il n’y a ni centre ni périphérie? Est-ce qu’un assemblage de sons et d’images peut nous inviter à voir « la nature » comme du vivant, pourvu de sensibilité et d’agentivité ? Après Résistance (2017) et Osmose (2022), Zerzura clos la trilogie Corpus Animale.
Laurence Favre est artiste, cinéaste et chercheuse. Sa pratique s’articule autour de l’image argentique, du son et de l’écriture. Elle réalise des films expérimentaux, des installations et des performances filmiques, explorant les moyens de provoquer des changements épistémiques à travers la perception sensorielle. Ses films sont présentés à l’internationale dans des festivals de cinéma (Locarno Film Festival, Visions du Réel, Rotterdam IFFR, Ann Arbor Film Festival, entre autres), dans des espaces d’art ainsi que dans des contextes informels et lors de symposiums. Elle est lauréate de nombreuses bourses, prix et résidences d’artiste. Laurence est membre active du laboratoire cinématographique autogéré LaborBerlin, et cofondatrice de SPECTRAL, une plateforme dédiée à la création et à la diffusion des arts cinématographiques élargis.
Aurèle Ferrier
Claws
Doc. expérimental | 4k | couleur | 18:27 | Suisse, Chine | 2025
CLAWS est un essai en images mouvantes composé de plans glissés à travers des villes en expansion rapide, dérivant des terrains périphériques vers des noyaux denses avant de s’ouvrir de nouveau sur l’horizon. Dans des cadres largement dépourvus de présence humaine, l’architecture, les matériaux et le son transforment l’expansion urbaine en un champ de perception — un espace où la géométrie persiste, où l’intention vacille, et où la terre se souvient.
Aurèle Ferrier est un artiste visuel suisse travaillant avec le film, explorant les environnements construits et les périphéries urbaines. CLAWS conclut sa trilogie consacrée aux paysages façonnés par l’humain. Ses œuvres en images mouvantes ont été présentées notamment au Hiroshima City Museum of Contemporary Art (Hiroshima), à l’IDFA (Amsterdam), aux Rencontres Internationales (Paris/Berlin), à l’Open City Documentary Festival (Londres), à l’Anthology Film Archives (New York) et à l’Image Forum (Tokyo).
Liliia Filina
INNER IMMIGRATION
Film expérimental | 35mm | couleur | 3:36 | Russie | 2025
Dans une ville d’Europe de l’Est sans nom, quelques jeunes se retrouvent pris entre une résistance silencieuse et une complicité passive, tandis que leur pays sombre dans la guerre. Les rues de la ville, autrefois familières, deviennent un paysage de peur. Tourné dans un style sobre et d’observation, Inner Emigration est un portrait hanté d’une génération suspendue dans l’immobilité, contrainte de traverser une réalité en ruine qui n’offre plus aucun choix clair.
Lily Filina est une artiste et réalisatrice, née en 1999 à Kaluga, en Russie. Diplômée de la Rodchenko Art School, dans la classe de Sergueï Bratkov, elle travaille comme réalisatrice publicitaire et développe des projets indépendants à l’intersection du cinéma et de la vidéo d’art. En 2024, un film de Liliya a été présenté dans la programmation du Festival international du film de Rotterdam. En 2024 également, son projet "Internal Emigration" a reçu le soutien du programme Yandex360.
Filmsaaz
And How Miserable is the Home of Evil
Vidéo | 4k | couleur | 7:30 | Iran | 2023
A dictator says his last words in front of his followers before spending the last seconds of his life sitting on a chair as people break into his house to kill him.
Saleh Kashefi also known as Filmsaaz (1999, Tehran) is an audiovisual artist whose works bring a bold lens upon contemporary youth culture, making ‘no-budget’ films which have gone on to be screened with international acclaim. They have been part of festivals like Cannes, Berlinale, Venice, Locarno, Visions du Réel, IDFA and FID. A recipient of Prince Claus Seed Awards, l'Abri associated artist, Master ECAL/HEAD alumni and currently enrolling in Le Fresnoy, Saleh has made 16 short films which have been included in over 200 film festivals around the world and have won 40 awards.
Christian Fogarolli
Esprits Rebelles
Vidéo | mp4 | noir et blanc | 5:2 | Italie, Belgique | 2025
À travers une séquence évocatrice de photographies d’archives provenant du Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren en Belgique, la vidéo Esprits Rebelles explore l’univers rituel et thérapeutique des pratiques traditionnelles du Congo durant la seconde phase de la colonisation belge, entre 1908 et environ 1960. Plantes médicinales, guérisseurs, sorciers, sortilèges, objets rituels et restes organiques émergent comme des témoignages visuels d’un savoir profond, enraciné dans la terre et dans les corps, conçu pour affronter les maladies psychiques, les événements adverses et les déséquilibres invisibles. Ces images, initialement documentées dans un contexte colonial, révèlent aujourd’hui la résistance silencieuse mais puissante d’un système de soins animiste et spirituel qui a su survivre à l’imposition des religions monothéistes, à l’œuvre de désintégration coloniale et à la modernité mondialisée. Loin d’être de simples vestiges folkloriques, ces rites et croyances persistent et se transforment, traversant les classes sociales, s’infiltrant même dans les élites contemporaines. Le montage vidéo restitue le caractère fragmentaire et opaque de ces pratiques, dont beaucoup demeurent encore aujourd’hui incompréhensibles, ambigües, ésotériques. Le regard devient interrogatif : qui regarde, et que voit-on ? Dans ce court-circuit entre document et vision, s’ouvre un espace critique sur l’histoire de la représentation, sur la violence du regard colonial et sur la vitalité indéchiffrable de ce qui échappe encore à la codification occidentale. Les plantes montrées dans ces séquences sont utilisées par les populations congolaises pour le traitement des troubles psychiques et des déviances mentales, et ont été identifiées par l’artiste grâce à une recherche encyclopédique et archivistique. Esprit Rebelles entend offrir une réflexion sur la force des savoirs ancestraux et une vision critique des conséquences du colonialisme, en promouvant une lecture inclusive qui reconnaît la dignité et la complexité culturelle des pratiques traditionnelles africaines.
Born in Italy in 1983, Christian Fogarolli obtained a degree in archeology in 2007 to then pursuing his historical-artistic studies with a master’s degree in 2011 at the University of Trento, alongside a master’s degree in diagnostics and restoration of works of art at the University of Verona. Since 2011, he has been dedicated to studies and research of artistic, philosophical, and historical practices. His theoretical and field research unfolds in archival and museum contexts, from which he draws inspiration with the aim of enhancing little-known heritages. His practice develops at the intersection of visual art and scientific disciplines, investigating how the latter have used the artistic medium to progress. Through historical and archival research, he attempts to deconstruct the binary condition that separates deviance and normality, reflecting on the normative attributions of disease, marginalization and categorization in contemporary society. He works through different forms of expression, from installation to photography, from sculpture to video. Fogarolli’s works stimulate critical thinking on the relationship between the mind and the brain, reflecting on how the functional processes of the latter interact with the subjective ones of the mind, and investigating how these acts of thought develop into behaviors considered lawful or prohibited.
Lisa Freeman
Hook, Spill, Cry Your Eyes Out
Film expérimental | mp4 | couleur | 2:26 | Irlande | 2024
Une plongée tête baissée dans le paysage urbain capitaliste, portée par une caméra dynamique et un montage d’une grande finesse. Productivité, optimisation, mouvement constant vers l’avant. Dans ce court-métrage expérimental de l’artiste et réalisatrice Lisa Freeman, la frénésie de la caméra et la rapidité du montage transmettent l’exigence terne et ininterrompue faite au corps : travailler, toujours, dans notre société capitaliste. À travers des fragments d’environnements de béton, des corps sur des tapis de course, des mannequins de crash-tests et d’autres images urbaines omniprésentes, combinés à une bande-son de respirations hachées et de conversations disloquées, Hook, Spill, Cry Your Eyes Out propose un commentaire acéré sur ce que notre société érige abusivement en nécessité absolue.
Lisa Freeman est une artiste et réalisatrice basée à Dublin, en Irlande. Son travail interroge les structures économiques et de pouvoir, et explore la manière dont l’intimité peut être mobilisée comme forme de résistance. Ses œuvres récentes ont examiné le quotidien — là où les sons de la ville traversent les rêves, nostalgies ou espoirs d’autrui, et où de petits moments conduisent à des événements plus surréels (Slipped, Fell and Smacked my Face on the Dance Floor) — ainsi que l’isolement social dans l’espace public (Hook, Spill, Cry Your Eyes Out). Freeman occupe un atelier au Temple Bar Gallery + Studios à Dublin. Elle a reçu plusieurs bourses et aides à la création du Arts Council of Ireland. Son travail fait partie de la collection du Arts Council of Ireland. Elle a participé à des résidences en Corée du Sud (BARIM Arts, 2016), ainsi qu’à la Cité Internationale des Arts à Paris dans le cadre d’un programme avec l’Institut Français, soutenu par Temple Bar Gallery + Studios Dublin et Bétonsalon, Paris (2025).
Lisa Freeman
Approx 1 Second of a Sweet Kiss
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 13:0 | Irlande | 2024
By pulling the four women in the film together, with particular focus given to footage of the busy streets, Approx 1 Second of A Sweet Kiss draws attention not only to the intimacy of their dialogue but also to a broader sense of rhythm, imagined, as Franco ‘Bifo’ Berardi puts it, not just as ‘vocal emissions or […] the sound of acoustic matter’ but also rhythm as ‘the vibration of the world’. [3] In this context, touch becomes a connective tissue between the protagonist and the city. A long hug amid the backbeat of an ultra-quiet, ultra-manic drum set strengthens the disordered pattern of the work. The film is punctuated by several technological interventions. In one scene, a dusty television on mute displays a video of Lana Del Rey singing, an ‘image of a moment bathed in a light that is its alone’ to borrow Annie Ernaux’s phrase, from her collective feminist autobiography, to describe those images which follow us, both ordinary and imaginary, and then inexplicably vanish.
Lisa Freeman is an artist and filmmaker based in Dublin, Ireland. Her work draws into question economic and power structures and explores how intimacy might be employed as a form of resistance. Recent works have examined the everyday, where the city’s sounds play in the dreams, nostalgias, or hopes of another and where small moments lead to more surreal events (Slipped, Fell and Smacked my Face on the Dance Floor), and social isolation in the public realm (Hook, Spill, Cry Your Eyes Out). Freeman is a studio member at Temple Bar Gallery + Studios, Dublin. She has received several Bursary and Project awards from the Arts Council of Ireland. Her work is held in the collection of the Arts Council of Ireland. Freeman has taken part in residencies in South Korea (BARIM Arts, 2016), and Cité Internationale des Arts Paris x Institut Francais, supported by Temple Bar Gallery + Studios Dublin and Bétonsalon, Paris (2025).
Moritz Frei
Am I the sleeping bag of my soul?
Film expérimental | mp4 | couleur | 3:53 | Allemagne | 2025
Des clowns autour d’un piano inondé, d’étranges courtiers en bourse, des fontaines en carton dans l’espace urbain. Sans structure narrative définie, les frontières entre soi, corps et conscience se brouillent. Des signes familiers deviennent étrangers, les espaces se dissolvent, les significations échappent. Malgré son abstraction, le film semble étrangement accordé à notre présent. Comme s’il révélait un malaise plus profond et enfoui sous la surface des images du quotidien, difficile à nommer, mais pourtant pleinement perceptible.
Moritz Frei est un artiste visuel qui travaille avec l’installation, la vidéo, le texte et le son. Sa pratique oscille entre analyse et absurdité, utilisant l’humour comme stratégie pour interroger les structures sociales et médiatiques. L’expérimentation, et la possibilité de l’échec, fait partie intégrante de son processus, lui permettant d’explorer avec légèreté les mécanismes de contrôle et de perception. Frei a étudié à la Hochschule für Grafik und Buchkunst de Leipzig. Pendant de nombreuses années, il a travaillé à temps partiel dans des vidéoclubs, la Filmgalerie 451 à Berlin et Alpha 60 à Leipzig, deux lieux de référence pour le cinéma expérimental et international. Cette expérience a affûté son regard sur la matérialité et la puissance des images en mouvement. Le point de départ de son travail artistique et cinématographique fut la première tasse de café qu’il a partagée avec Bruno Ganz, pour son film Meine erste Tasse Kaffee (Ma première tasse de café).
Soren Thilo Funder
Mirror Touch (Archipelago DLC_01)
Fiction | 4k | couleur | 19:21 | Danemark | 2024
La synesthésie miroir-tactile est un phénomène neurologique dans lequel une personne ressent physiquement la même sensation de toucher que celle qu’elle voit éprouvée par quelqu’un d’autre. Un stimulus perçu par un sens déclenche ainsi une sensation dans un autre. Dans la vidéo Mirror Touch (Archipelago DLC_01), les employés de l’entreprise de trading à haute fréquence Archipelago™ sont soumis à une série de tests expérimentaux destinés à développer une forme d’empathie synthétique. Le processus vise à réunifier l’espace du corps et celui de la cognition ; le corporel et l’immatériel ; le réel et l’imaginaire. Accompagné par les acteur·ices du film, le spectateur est guidé par une voix autoritaire dans un voyage suggestif qui mène des terminaux de trading jusqu’à la réalité physique de l’usine. Là, la matérialité brute — et violente — du sol industriel revient en force : le corps du travailleur y demeure le témoin physique de l’empreinte, elle aussi violente, du progrès.
Søren Thilo Funder est un artiste visuel travaillant principalement la vidéo et l’installation. Ses œuvres fonctionnent comme des hybridations de fictions populaires, de tropes culturels et de situations socio-politiques, de projections et d’histoires. Elles sont des constructions narratives qui insistent sur la formation de nouveaux sens dans la fine membrane qui sépare les fictions des réalités. Attentif aux histoires écrites et non écrites, aux paradoxes de l’engagement social, aux glissements temporels et au besoin de récits non linéaires, Thilo Funder propose des espaces où peuvent se produire des rencontres temporelles, politiques et mémorielles à contre-courant.
Thomas Fürhapter
Cleaning & Cleansing
Documentaire | 4k | couleur | 91:37 | Autriche | 2024
In Cleaning & Cleansing, director Thomas Fürhapter offers a meticulous and haunting meditation on modern society’s obsession with purity, order, and control. Through a series of observational vignettes, the film examines spaces and practices where physical cleanliness intersects with psychological and ideological cleansing. With precise cinematography and a minimalistic narrative approach, Fürhapter challenges viewers to reflect on the boundaries between hygiene, surveillance, and conformity. The film unfolds like a quiet, unsettling symphony of routines and regulations, inviting us to question what lies beneath the surface of our polished realities.
Thomas Fürhapter was born in Vienna, Austria. He studied philosophy at the University of Vienna and is now a writer, director and producer. His films have been screened and awarded at numerous festivals including Sarajevo, Zurich FF, CPH:DOX, DOK Leipzig, DOK.Munich, Sheffield, DOCVILLE Leuven, BAFICI, Anthology Film Archives NY, DOXA Vancouver, FID Marseille, etc.
Sophia Lorena Gamboa Huamán
I thought about leaving traces
Film expérimental | mov | couleur | 5:10 | Allemagne | 2025
A silent, dreamlike monologue by an invisible figure. Past, present and future intermingle - are we watching or being watched? Fear of the future seeps through fragments of recollection, where truth shifts like light on water. Beneath the silence lies a quiet reclusion — a retreat from others, yet a yearning for connection.
She studied Media Arts at the Academy of Media Arts Cologne, followed by studies in Archaeology and Musicology. For the past ten years, the filmmaker has worked in various roles including as an editor and producer. As such, and as a director, her short and feature films have been screened at festivals including Oberhausen Short Film Festival, the Max Ophüls Prize Film Festival, Hof International Film Festival, the Cannes Film Festival, and others.