Catalogue 2025-2026
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025-2026 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Charlotte Dalia
Speechloss
Film expérimental | 4K | couleur | 15:0 | France | 2023
SPEECHLOSS est un film traversé par des personnages solitaires, des figures en décalage et en quête de sens. Dans une ambiance maritime et étrange, on croise une joggeuse, un bodybuilder, des chiens et un étrange organe géant. Speechloss est une succession de quatre tableaux dans lesquels souffle le vent et un puissant désir de se dire vivant. Car chacun.e incarne un.e IA abandonnée, en attente d’activation.
Charlotte Dalia est née en 1993. Elle est diplômée de l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse. Artiste plasticienne, vidéaste et réalisatrice, ses recherches portent sur les effets tant plastiques que narratifs du cinéma. Impégnée du principe de «cinémonde» théorisé par Jean-Luc Nancy, elle utilise le cinéma en tant que répertoire de signes «ouvrant le dedans sur lui-même». Elle a participé à de nombreuses expositions collectives et a été invitée à construire deux expositions personnelles. Poursuivant ses recherches sur les écritures de la réalité à travers les formes de la fiction, elle se forme à l’écriture documentaire auprès de Ty Films et Films en Bretagne. Elle travaille actuellement au développement d’ALMERICA, un projet mêlant crise climatique et décors de cinéma, et à l’écriture d’ un moyen métrage faisant suite à SPEECHLOSS, pour en poursuivre l'univers.
Eline De Clercq, Anne Reijniers
Gesamthof / A Lesbian Garden
Film expérimental | mov | couleur | 15:0 | Belgique | 2021
Ce court métrage évoque le Gesamthof / A lesbian garden, un projet art-nature situé à Anvers, entre les murs d’un ancien monastère. Dans ce document audiovisuel inscrit dans le temps, nous suivons une visite guidée menée par Eline De Clercq, la force motrice du jardin. Celui-ci sert de point d’entrée pour aborder des thèmes variés : le colonialisme dans la botanique, l’ambiguïté des noms, les attentes sociales pesant sur les femmes et la quête d’une identité lesbienne. Ce jardin s’inspire des écrits d’écoféministes et d’autres autrices telles que Donna Haraway, Robin Wall Kimmerer, Jamaica Kincaid, Virginia Woolf et bien d’autres. La collaboration entre les deux artistes, Anne et Eline, a débuté au Gesamthof, où elles se sont rencontrées pour la première fois, et se poursuit aujourd’hui dans divers jardins.
Anne Reijniers (1992, Belgique) est une cinéaste basée à Anvers. Sa pratique collaborative interroge l’histoire coloniale, l’occupation de l’espace public et l’éthique du « faire ensemble ». Anne est titulaire d’un Master en arts audiovisuels de la LUCA School of Arts à Bruxelles et du KASK à Gand. Ses films réalisés en collaboration au sein du Collectif Faire-Part ont été présentés dans de nombreux festivals et expositions, en Belgique et à l’international. Avec le film Faire-part, elle a remporté plusieurs prix, notamment au Festival international du documentaire de Montréal, au Congo International Film Festival et au Brussels Art Film Festival. Eline De Clercq (1979, Belgique) vit et travaille à Anvers, où son atelier jouxte le jardin du monastère dans lequel elle a pris soin du Gesamthof de 2019 à 2025. Formée à la peinture, elle étend sa pratique à d’autres médiums tels que le jardinage, le film, l’écriture ou la céramique. Elle aime collaborer avec d’autres artistes et organise souvent des événements communautaires, comme le Homesick Tea Gathering. Plusieurs de ses projets abordent des thématiques antiracistes et anti-misogynes, avec une attention particulière aux réalités intersectionnelles. Depuis 2022, elle travaille comme chercheuse artistique à la Royal Academy of Fine Arts Antwerp.
Abri De Swardt
Kammakamma
Installation vidéo | 4k | couleur | 16:54 | Afrique du sud | 2024
Si l’embouchure d’une rivière pouvait parler, que dirait-elle ? En imaginant les bouches des rivières comme conteuses et historiographes, Kammakamma forme l’épisode inaugural du second volet d’une trilogie en images mouvantes consacrée à l’Eerste, en Afrique du Sud — une rivière envisagée comme témoin et vectrice d’histoires englouties. Son titre évoque les glissements entre les termes khoekhoe pour l’eau (//amma) et la ressemblance (khama), tandis que kamma s’est fondu dans l’afrikaans avec le sens de « faire semblant ». À travers trois chroniques imbriquées — celles d’Abri de Swardt, de la poète Ronelda S. Kamfer et de l’historienne Saarah Jappie — la rivière devient une zone de saturation où comprendre le climat et la catastrophe. Dans cet épisode, De Swardt interroge l’un des mythes fondateurs de l’afrikandérité à travers la figure d’Hendrik Biebouw, un adolescent oisif qui, en 1707, attaqua un moulin à eau de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales situé au bord de la rivière, se proclamant ivre un « Africaander » — un terme alors réservé aux personnes réduites en esclavage, affranchies ou autochtones. Sa déclaration est indissociable du lieu où elle fut prononcée, du vin en tant qu’agent du colonialisme de peuplement, et de l’instabilité même du langage. Refiguré en purgatoire, Biebouw tamise le sable de sacs prélevés autour de l’estuaire pour le reverser dans la confluence obstruée de l’Eerste et de la Plankenbrug, tandis que son oraison délirante mêle afrikaans, néerlandais, allemand et malgache. Des interludes filmés après des crues montrent la rivière tour à tour sauvage et aménagée, et des tableaux inspirés de manuels de natation et de sauvetage mettent en avant la charge et l’étouffement. Par un double dispositif de synchronisation, De Swardt fait de la perception elle-même une ivresse désorientante.
Abri de Swardt (né en 1988, Johannesburg) est un artiste basé à Johannesburg, en Afrique du Sud. Travaillant entre vidéo, photographie, sculpture et performance, sa pratique interroge les effets persistants de la blanchité et de la masculinité coloniales de peuplement en Afrique australe, ainsi que les perceptions de la queerness comme « non naturelle » et « non africaine », en croisant historiographie, fiction, auto-ethnographie, écologie, désir et registres fantastiques. Le travail de De Swardt a été exposé, performé ou projeté à la Norval Foundation, Le Cap ; au Kunstverein Braunschweig ; au Goldsmiths Centre for Contemporary Art, Londres ; au Rupert Museum, Stellenbosch ; à la National Gallery of Art, Vilnius ; à l’Institute of Contemporary Arts, Londres ; ou encore au Centre for the Less Good Idea, Johannesburg, parmi d’autres. Ses expositions personnelles incluent POOL x Field Station, Le Cap (2024) ; POOL, Johannesburg (2018) ; MOT International Projects, Londres (2013) ; et blank projects, Le Cap (2011). De Swardt a mené des résidences à Rupert, Vilnius ; au Hordaland Kunstsenter, Bergen ; et à la Nirox Foundation, Cradle of Humankind. En 2022, il a reçu le Social Impact Arts Prize et a été nommé pour le Foam Paul Huf Award. Il est titulaire d’un MFA en arts plastiques du Goldsmiths, University of London, et sera artiste résident 2025–2026 au sein de Braunschweig Projects, Hochschule für Bildende Künste Braunschweig.
Bea De Visser
The Sonic Gaze
Installation multimédia | 4k | couleur | 6:10 | Pays-Bas | 2025
Un cheval est placé dans un espace clos, sur un tapis roulant aquatique, doublement enfermé par le seul bruit de l’eau qui éclabousse. Nous entendons bien davantage que ce que nous voyons, en raison des fréquences enregistrées et de l’amplitude auditive propre au cheval. Grâce à la compression des hauteurs, à un équipement d’enregistrement spécialisé et à des captations sonores réalisées loin du plateau, l’expérience auditive de l’animal a été rendue audible pour les humains. Il en résulte une représentation acoustique de la perspective subjective de l’animal. À travers le filtre sonore du cheval, nous entendons un monde différent — mais tout aussi réel, de celui montré à l’écran. Tandis que notre regard reste humain, nos oreilles, elles, accèdent à la complexité de sa réalité sonore.
Bea de Visser est reconnue pour son art filmique, ses installations et ses performances sonores. Son travail peut être décrit comme une pratique fondée sur les médias numériques — du point de vue d’une peintre et conteuse qui appréhende le monde à travers différentes lentilles. Les animaux constituent un motif récurrent dans son œuvre. Ses travaux les plus récents se concentrent sur des formes de narration non anthropocentriques. Elle mêle fiction et quotidien, et met en évidence les structures de pouvoir, de domination et de contrôle. Son œuvre séduit le spectateur par un langage audiovisuel riche, exploratoire dans sa narration. Bea de Visser vient d’un parcours en peinture et d’une formation en son électroacoustique. Elle a d’abord commencé sa carrière comme artiste sonore et performeuse dans la scène des clubs et les artist-run spaces des années 1980. Bea de Visser a étudié à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (1993–1995).
Arthur Debert
La Conférence des Instruments Savants
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 9:1 | France | 2024
Dans un amphithéâtre en bois construit en 1933 pour l’étude des animaux et des plantes, un groupe d’outils anciens assiste à une conférence qui semble porter sur les animaux et leurs mouvements, mais les outils comprennent peu à peu qu’il s’agit des êtres vivants qui leur ont donné leur nom et parfois même leur forme.
Né en 1990 à Paris, Arthur Debert vit et travaille entre Nancy et Berlin. Son travail prend forme dans la collaboration et l’échange, interroge la transmission et la survivance des savoirs qui s’inscrivent dans les anecdotes individuelles, les mémoires collectives et la technologie. Les aspects performatifs des objets porteurs de connaissances et de leurs processus de transition sont transcrits en installations, vidéos et éditions. Arthur Debert est diplômé de l’École de l’Image à Épinal (2011), de l’École Supérieure d’Art de Lorraine à Metz (2013), et a participé à l’École Offshore à Shanghai (2014-2015), programme de recherche de l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy. Son travail a été présenté au Centre Dürrenmatt Neuchâtel (2025), la Triennale de la Jeune Création (Luxembourg, 2013 et 2021), à Koraï (Chypre, 2023), du Ann Arbor Film Festival (Michigan, 2022), dans le cadre du Berlin Art Prize (2018) et primé au Festival du film indépendant de Berlin (2023).
Luciana Decker Orozco
Puro Andar
Doc. expérimental | 0 | couleur | 13:0 | Bolivie | 2024
A journey into the underworld begins in our own entrails, which are formed by the flesh we consume, and the crumb balls softened and shaped by the saliva of mothers. This film explores the unfolding of time, from the intimate rhythm of digestion to the vast expanse of deep time—stalagmites forming over millennia, fossilized dinosaur tracks, and the echoes of primal expressions, akin to growling. Inspired by the Puro Andar chapter of Gamaliel Churata’s El Pez de Oro, where he says that "we all carry the dead alive; that the dead live”.
Bolivia, 1993. She studied anthropology at UCB (Bolivia) and completed an MFA in Film at the University of Wisconsin-Milwaukee on a scholarship. Currently, she delves into the spectral essence of places, objects and matter through intimate interactions and meticulous observation. She engages in this process by both revealing and concealing her presence, investigating the interstitial spaces where mediation and relationships unfold.
Stéphane Degoutin, Gwenola Wagon
Apple
Film expérimental | mov | couleur | 4:0 | France | 2025
Everything is Real montre les pommes les plus rouges, les call centers les plus verts, les salles de serveurs avec le plus de câbles, les employés les plus souriants, les livreurs avec leurs plus beaux colis, les bénévoles les plus efficaces, les montagnes de déchets les plus grandes – mais les pousse au paroxysme du stéréotype : insensiblement, les stéréotypes versent dans l’extrême.
Stéphane Degoutin est artiste et chercheur. Son travail explore les « systèmes obscurs », les structures qui passent souvent inaperçues mais organisent nos vies : de l’air conditionné aux aéroports internationaux, de la musique pour plantes vertes aux infrastructures urbaines. Il tente une forme de reverse engineering de ces logiques cachées, pour imaginer d’autres façons de penser et d’agir. Gwenola Wagon est artiste et chercheuse. Elle est Professeure des Universités et elle enseigne à l’École des Arts de la Sorbonne à l’Université Paris 1. À travers des installations, des films, des performances et des livres, elle imagine des récits alternatifs et paradoxaux pour penser le monde numérique contemporain.
Anne Deguelle
ghost dance
Vidéo | mp4 | couleur | 1:15 | France | 2025
anne deguelle ghost dance Dans les coulisses du Centre Pompidou à Paris, se jouent des improvisations de rap et break dance à l'insu du musée. Les adolescents réunis à l'extérieur profitent de l'effet miroir des immenses vitrages pour performer leurs imaginaires sur la scansion bpm du rap diffusé sur leurs portables. A l’intérieur du musée, au dos des cimaises, se glissent ces images fantômes, traces éphémères des ombres portées clandestines révélées avec la complicité du soleil. Les figures mouvantes de ces jeunes danseurs ignorent le ballet de leurs ombres habitées par le rythme qui les transcendent. Captée à son tour par un portable, la Ghost dance renoue avec le mythe de la caverne des débuts de notre humanité.
Note biographique anne deguelle ghost dance Anne Deguelle est une artiste inclassable qui recourt à des médiums différents : la photographie, la vidéo, l'installation, les projections lumineuses ou encore les créations sonores avec une prédilection pour la lumière; elle mobilise tous les moyens possibles pour explorer les signes du réel qu'elle tente de décrypter en réinvestissant l'histoire, en jetant le trouble dans la perception de l'information et de notre mémoire. Son oeuvre est présente dans les collections du Centre Pompidou, MNAM et Bibliothèque Kandinsky, dans celles du Musée d'art moderne Weserburg Fonds Anne Deguelle à Bremen (D), dans celles du musée et du Frac Les Abattoirs à Toulouse, du FNAC Fonds national d'art contemporain, de la collection de la Ville de Paris, des FRAC Basse- Normandie, FRAC Auvergne, et FRAC Occitanie, du MACVAL, des Fonds de livres d'artistes des Musées Serralves Porto et Reina Sofia Madrid, du Fonds Beinecke à la YaleUniversity Des expositions personnelles ont présenté son œuvre au Printemps de Septembre-Toulouse, au Freud Museum à Londres, au Musée d’art moderne Weserburg à Brême, au FRAC Auvergne, au Centre d’art abbaye Maubuisson, aux centres d’art de Gennevilliers, de Vitry, l’artothèque de Caen, galeries Dix9 Paris et Anne Barrault.
Sebastián Diaz Morales
One Glass Eye Melting
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
One Glass Eye Melting convoque l’imaginaire collectif de la dystopie pour le réarticuler en quête de nouvelles possibilités. En très gros plan, un œil en rotation fixe le spectateur, sa pupille reflétant un montage de désastres — guerre, catastrophes naturelles, accidents du quotidien — juxtaposés à des scènes de régénération : vie microbienne, expansion cosmique, évolution technologique. Tourné dans la rudesse d’un plan unique, avec un minimum de postproduction, l’œil devient à la fois miroir et « conteneur de mémoire » fracturé, perturbé par les glitches, les rayures, le bruit analogique et numérique. L’œuvre interroge l’acte de regarder lui-même, transformant le réel en quelque chose de surréel, mais étrangement familier. Tandis que l’œil accomplit une rotation complète à 360 degrés, le reflet dans la pupille demeure fixe, ancrant le chaos et le renouveau comme des forces cycliques et interdépendantes. One Glass Eye Melting reformule le désastre comme inséparable de la renaissance, suggérant que l’effondrement porte en lui la possibilité de réinventer — et de reconstruire — nos récits. Plutôt que de rejouer sans cesse la catastrophe, l’œuvre demande : que faisons-nous de ces images du désastre ? L’œuvre convoque ainsi l’imaginaire dystopique pour en redistribuer les motifs, à la recherche de possibles encore inexplorés. Elle fait partie de la série Bajo el cielo cayendo (Sous le ciel en chute), qui explore la tension entre catastrophe systémique et fragile espérance.
Sebastián Díaz Morales est né en 1975 à Comodoro Rivadavia, en Argentine, et vit et travaille à Amsterdam. Il a étudié à la Universidad del Cine de Antín en Argentine (1993–1999), à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (2000–2001) et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Roubaix (2003–2004). L’examen que Díaz Morales mène sur la perception et la réalité repose sur l’idée que la réalité elle-même est, par nature, hautement fictionnelle. Ainsi, ses films ne transportent pas simplement le spectateur dans un ailleurs surréel ou fantasmagorique : ils dépouillent la réalité de sa familiarité, la déforment, la font apparaître comme autre. Chez Díaz Morales, l’imagination du spectateur ne fonctionne pas comme un simple contrepoint au réel. Elle agit plutôt comme une force capable d’évoquer l’espace et de le produire diégétiquement, une force qui, au-delà de l’impression visuelle directe, comble les lacunes de la vision et, au fil du film, révèle progressivement au spectateur la construction de ce que nous appelons « réalité ». Celle-ci se présente comme un phantasme, quelque chose qui échappe toujours à sa définition par les images — toujours « un peu en avance » sur l’image et sur le regard. Son œuvre a été largement exposée, notamment à la Tate Modern (Londres), au Centre Pompidou, au Stedelijk Museum et à De Appel (Amsterdam), au Fresnoy (Roubaix), au CAC (Vilnius), à Art in General (New York), au Ludwig Museum (Budapest), à la Biennale de São Paulo, à la Biennale de Sydney, à la Fondation Miró (Barcelone), au MUDAM (Luxembourg), à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), ainsi qu’à la Biennale de Venise et à Documenta Fifteen.
Michael Dietrich
zone of silence (scream machine)
Film expérimental | hdv | couleur | 9:30 | Autriche | 2025
Le film expérimental Zone of Silence (Scream Machine) explore l’interaction entre lumière, brouillard et résonance pour évoquer l’isolement intérieur et la désorientation psychique. La ville est enveloppée d’une atmosphère dense ; reflets lumineux et sons étouffés composent une « zone de silence » où l’orientation comme la communication commencent à se dissoudre. Inspiré des problèmes historiques de navigation maritime — lorsque les signaux de brume devenaient inaudibles dans certaines conditions météorologiques — le film transpose ce phénomène dans le domaine de l’inconscient humain. Le concept psychanalytique de « zone de silence » formulé par Theodor Reik devient un motif central, désignant les émotions refoulées et la difficulté à les traverser. La séquence finale montre l’inscription « EUROPA » s’effaçant peu à peu, sombre reflet du futur politique du continent. Par son atmosphère saturée, sa composition mêlant enregistrements de terrain et sons synthétisés, et son usage de métaphores visuelles, le film propose une exploration profonde du vide intérieur et de la quête d’orientation.
Michael Dietrich (*1985, Vienne, Autriche) a étudié le social design à la HfbK de Hambourg ainsi que la photographie à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Son travail explore l’impact des interventions humaines sur la nature, déployant souvent, à travers la vidéo et l’acousmatique, des scénarios troublants.
Adam Diller
PROJECT 02
Doc. expérimental | 4k | couleur et n&b | 67:40 | USA | 2025
Interweaving archival audio, photographs, and films; eight years of visits to Google’s first hyperscale data center in The Dalles, Oregon; Google’s promotional videos; and encounters with local residents, PROJECT 02 untangles layers of power that underlie this Internet.
Adam Diller’s film and media works challenge our understandings of the ecologies, cultures, and media within which we live. He has exhibited internationally at venues including Anthology Film Archives, Big Sky Documentary Film Festival, Center on Contemporary Art, Susquehanna Museum of Art, Kassel Documentary Film and Video Festival, Athens International Film and Video Festival, Northwest Film Forum, Knitting Factory, Roulette, Issue Project Room, Sugar Refinery, and D-22. He has released music on labels including Line (12K), Locust Music, Gruenrekorder, DRAFT, Gift Tapes, and Present Sounds.
Art Collective Disnovation.org
A BESTIARY OF THE ANTHROPOCENE
Installation vidéo | 4k | couleur | 15:0 | France | 2025
Que se passe-t-il lorsque les conséquences des actions humaines deviennent si profondes et omniprésentes que tout sur Terre devient, à un certain degré, artificiel ? Ce nouvel essai vidéo de 15 minutes explore les spécimens les plus emblématiques issus du livre et de la recherche A Bestiary of the Anthropocene, en combinant des images tournées à travers le monde. Cette vidéo à deux canaux expose les êtres hybrides avec lesquels les humains cohabitent désormais à l’ère de l’Anthropocène, fusionnant sous diverses formes et à divers degrés le naturel et l’artificiel. Cette nouvelle œuvre vidéo a été commandée par le Max Ernst Museum et sera présentée aux côtés d’une installation à grande échelle réunissant l’ensemble de notre collection de spécimens physiques. D’APRÈS LE LIVRE “A BESTIARY OF THE ANTHROPOCENE” (2021). Une compilation illustrée des créatures hybrides de notre époque, inspirée à la fois des bestiaires médiévaux et de l’observation de notre planète endommagée. Conçu comme un manuel de terrain, l’ouvrage vise à nous aider à observer, naviguer et nous orienter dans le tissu du monde devenu de plus en plus artificiel. Plastiglomérats, chiens-robots de surveillance, fordite, gazon synthétique, arbres-antennes, Sars-Covid-2, montagnes décapitées, aigles chasseurs de drones, bananes standardisées… chacun de ces spécimens est symptomatique de l’ère « post-naturelle » en rapide transformation dans laquelle nous vivons. Souvent, sans même que nous en soyons conscients, ces créatures se multiplient et coexistent avec nous. A Bestiary of the Anthropocene cherche à capturer ce moment précis où la biosphère et la technosphère se fondent en un nouveau corps hybride. Que se passe-t-il lorsque les technologies et leurs conséquences non intentionnelles deviennent si omniprésentes qu’il devient difficile de définir ce qui est « naturel » ou non ? Que signifie vivre dans un environnement hybride, composé à la fois de matière organique et synthétique ? Quels nouveaux spécimens peuplent aujourd’hui notre planète au début du XXI? siècle ?
DISNOVATION.ORG fusionne art contemporain, recherche et hacking pour transformer des débats éco-sociaux complexes en expositions opérationnelles et provocantes. Leurs œuvres radicales, mises en scène telles de grandes expériences de laboratoire axées sur l’énergie, l’écologie et l’économie, servent de catalyseurs pour créer des avenirs divergeant des récits dominants. Leurs expositions, livres et vidéos ont imprégné le paysage culturel mondial, favorisant ainsi un dialogue critique entre la recherche artistique, politique et scientifique. Ils ont récemment co-dirigé les ouvrages A Bestiary of the Anthropocene, un atlas des créatures hybrides d’origine anthropique, et The Pirate Book, une anthologie sur le piratage de contenus culturels. Leur travail a été présenté dans des expositions et festivals internationaux : Palais de Tokyo, Centre Pompidou, Jeu de Paume (Paris), Museum of Art and Design (New York), Fonderie Darling (Montréal), HMKV (Dortmund), Haus der Kulturen der Welt (Berlin), ZKM (Karlsruhe), Ars Electronica (Linz), MU (Eindhoven), Strelka Institute (Moscow), China Museum of Digital Arts (Beijing), Chronus Art Center (Shanghai), Polytechnic Museum (Moscow), ISEA (Paris, Hong Kong), Elektra (Montréal), HEK (Basel)... Leur travail a été représenté dans Forbes, Wired, Vice, Motherboard, Libération, Die Zeit, Arte TV, Next Nature, Hyperallergic, Le Temps, Neural.it, Digicult, Gizmodo et Filmmaker Magazine parmi d’autres.
Yana Dombrowsky-m
Saint Louis Saint Louis
Doc. expérimental | 0 | couleur | 26:44 | France | 2024
Au 21eme siècle, tu es retournée dans les archipels de Saint-Louis du Sénégal et de Saint-Louis de Paris pour déterrer des vestiges de signares — des femmes autrefois au centre du commerce et de la société du Sénégal occidentale français. À travers la nuit, les murmures de tes tantes et nièces, et les institutions qui abritent le "patrimoine" français contemporain, tu es tombée dans une spirale entre les effacements du passé colonial et les questionnements autour de ton identité.
Yana Nafysa Dombrowsky-M’Baye est une chercheuse pluridisciplinaire originaire de T?maki Makaurau, Aotearoa. Son ascendance matrilinéaire se rattache au Sénégal et à la France, tandis que sa lignée patrilinéaire est d’origine polonaise et tchèque. Par des processus itératifs et rituels, la pratique de Yana constitue une enquête poétique sur les conditions matérielles et immatérielles de l’appartenance, approchant la pratique artistique comme geste archéologique, materialisant les présences spectrales et souvent effacées d’identités interculturelles présentes dans des lieux marqués par l’histoire coloniale et l’héritage personnel. Actuellement, Yana est à la Cité Internationale des Arts à Paris, où elle participe en tant que l’une des dix artistes sélectionnés au programme In Situ, qui se conclura en mars 2026.
Yana Dombrowsky-m’baye
saint louis saint louis
Film expérimental | mp4 | couleur | 26:45 | Nouvelle-Zélande, France | 2024
Au XXI? siècle, vous êtes retournée dans les archipels de Saint-Louis du Sénégal et de Saint-Louis de Paris pour exhumer les vestiges des signares — ces femmes autrefois au cœur du commerce et de la société de l’Afrique occidentale française. À travers la nuit, à travers les murmures de vos tantes et de vos nièces, à travers les institutions qui abritent aujourd’hui le “patrimoine” français, vous êtes tombée dans une spirale entre des présents coloniaux et le passé.
Yana Nafysa Dombrowsky-M’Baye est une chercheuse et enseignante pluridisciplinaire originaire de T?maki Makaurau, Aotearoa. Sa lignée matrilinéaire remonte au Sénégal et à la France, tandis que sa lignée patrilinéaire est d’ascendance polonaise et tchèque. À travers des processus itératifs et rituels, la pratique de Yana constitue une enquête poétique sur les conditions matérielles et immatérielles de l’appartenance, abordant la pratique artistique comme un geste archéologique, mettant au jour la présence spectrale, souvent effacée, des identités interculturelles enfouies dans des lieux marqués à la fois par l’histoire coloniale et par son propre
Anja Dornieden, Juan David González Monroy
The End Of The Human Eyes
Installation multimédia | 0 | couleur | 0:0 | Colombie | 2025
This system is an interactive installation where a group of ferns are equipped with a network of sensors capable of detecting environmental stimuli such as light intensity, humidity, temperature, or even subtle movements of the plants. These sensors are connected to a central processing chip, which continuously collects and analyzes the data from the ferns. The sensory data reflects the environmental conditions experienced by the plants in real time.
OJOBOCA is a Berlin-based artist duo formed by Anja Dornieden and Juan David González Monroy. Their work is rooted in an exploration of cinema as a social ritual and as a tool for generating collective experience. They call their practice Orrorism, which they define as a simulated method of inner and outer transformation. Since 2010, OJOBOCA has created a series of experimental films, installations, and performances that have been screened at film festivals and art venues worldwide, among them the Museum of the Moving Image, ICA London, Wexner Center for the Arts, Österreichische Filmmuseum, Anthology Film Archives, Haus der Kulturen der Welt, Kunstverein Mu?nchen, Ullens Center for Contemporary Art, Berlinale, International Film Festival Rotterdam and New York Film Festival.
Philipp Döring
Palliativstation
Documentaire | hdcam | couleur | 245:33 | Allemagne | 2025
A film about people facing death. The film follows the everyday routines at the Palliative Care Unit at the Franziskus Hospital in Berlin. How do fatally ill patients face death? And how can you help them fill their remaining time with as much quality of life as possible?
Born 1977 in Freiburg. After high school, he first studied linguistics, then film at the Filmakademie in Ludwigsburg. His graduation film AM ANDEREN ENDE (At the Other End) received the First Steps Award for best film school film of the year, as well as the Deutscher Kamerapreis (German Cinematography Award). He realized several other short films, produced clips for NGOS, and worked for Luk Perceval at various theaters. Despite his love of long films, he makes a living from short clips for social media. PALLIATIVSTATION is his first feature-length documentary.
Sam Drake
Suspicions About the Hidden Realities of Air
Doc. expérimental | 16mm | couleur et n&b | 9:9 | USA | 2025
Fragments d’archives d’événements presque trop sinistres pour être crus : des tests secrets d’irradiation menés par le gouvernement des États-Unis sur ses propres citoyens durant la guerre froide. Le film se confronte aux difficultés de documenter l’invisible, de saisir ce qui n’est que vagues et fréquences. Tourné sur pellicule périmée, c’est à travers l’image contaminée et un paysage sonore complexe que l’invisible se manifeste. Pendant la guerre froide, le gouvernement américain a développé un programme d’expériences radiologiques clandestines sur des êtres humains, utilisant ses propres citoyens comme sujets de test. Suspicions About the Hidden Realities of Air est une exploration elliptique de cet épisode historique sombre, circulant entre vastes paysages et corps humains individuels. Des fragments d’archives et des images en 16 mm — tournées sur pellicule expirée — évoquent les lieux de nombreux sites d’essais à travers les États-Unis. Des paysages urbains nocturnes, des scènes délavées du désert américain et des détails en gros plan de l’Amérique rurale s’entrelacent avec une voix off et des textes à l’écran renvoyant aux témoignages sur les effets persistants de cette période de tests secrets.
Sam Drake (née à Dayton, Ohio) est une cinéaste basée à Milwaukee, Wisconsin. Son travail a été présenté dans des festivals et lieux tels que le Museum of Modern Art, l’International Film Festival Rotterdam, Media City Film Festival, CROSSROADS, le Museum of the Moving Image, Alternative Film/Video, Collectif Jeune Cinéma, Non-Syntax Experimental Image, Winnipeg Underground Film Festival, Transient Visions Festival of the Moving Image et Antimatter. Elle a également assuré la programmation de l’Union Cinema et du Mini Microcinema, et enseigne actuellement à l’Université du Wisconsin–Milwaukee.
Veronika Dräxler
Traces of Life / How to Kill
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 15:45 | Equateur, Finlande | 2025
Traces of Life / How to Kill se déploie comme une trilogie poétique dans laquelle trois figures féminines — toutes incarnées par l’artiste — traversent des paysages marqués par la guerre, la mémoire et la survie. Des forêts glacées de Finlande au jardin de pierres en spirale en Allemagne, jusqu’aux ruines urbaines désertées de La Défense à Paris, le corps devient un réceptacle de mémoire, affrontant la violence par le geste et le silence. En tissant la performance, le film et des fragments de la Convention des Nations Unies sur le génocide, Veronika Dräxler compose un langage visuel de résistance — une méditation intime sur les traces que la guerre laisse dans le temps humain et géologique.
Veronika Dräxler est une artiste franco-équatorienne d’origine allemande, dont le travail explore la manière dont les corps et les paysages deviennent des archives vivantes du traumatisme, de la mémoire et de la survie. Travaillant entre Paris et Munich, sa pratique se déploie entre performance, essai et film expérimental, en interrogeant les traces visibles et invisibles de la violence historique, du déplacement et de la résilience. Par une approche interdisciplinaire et fondée sur la recherche, elle examine comment les histoires de conflit et de soin façonnent les identités, les architectures et les récits collectifs. Formée auprès de Klaus vom Bruch et d’Andrea Fraser à l’Académie des Beaux-Arts de Munich, puis diplômée comme Meisterschülerin d’Anna Anders à l’Université des Arts de Berlin, elle est actuellement doctorante au sein du programme SACRe à l’ENS–PSL à Paris. Sa thèse, intitulée Femme Sulfureuse, étudie la diplomatie féminine invisible, la politique de la mémoire et le corps résistant à l’intersection de l’art, de l’histoire et du cinéma. Ses œuvres ont été présentées au Museo Pumapungo (Équateur), à a.topos (Venise), à la Manifesta 11 (Zurich), au Kunstverein Grafschaft Bentheim, au ZKM Karlsruhe et au Festival Turicine (Quito). Elle a bénéficié du soutien de l’Union européenne, du Ministère bavarois des Sciences et des Arts, de la Stiftung Niedersachsen et de German Films, et a été distinguée par le Gouvernement fédéral allemand en tant que Kultur- und Kreativpilotin Deutschland.
Driessens & Verstappen
E-volved Formulae
Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Le logiciel de génération d’images Formulae E-volver est développé par les artistes. Les éléments constitutifs du programme sont toutes sortes d’opérateurs mathématiques de base. À partir de ces éléments, l’ordinateur peut composer une infinité de formules valides. À chaque itération, un petit ensemble de formules est généré puis visualisé à l’écran. Le spectateur compare ces images animées entre elles et les évalue. En retour, le logiciel tient compte de ces évaluations lorsqu’il compose de nouvelles formules. Les formules affichées longtemps à l’écran ont davantage de chances de se croiser, permettant à leurs propriétés visuelles d’être mélangées puis transmises aux générations suivantes. Le processus commence par une « soupe primordiale » qui produit des images relativement simples. Sur la base des préférences personnelles de l’utilisateur, ce système évolue progressivement vers des animations complexes et intrigantes. Les résultats finaux, les E-volved Formulae, sont enregistrés puis affichés sur un grand écran ou projetés. Ils révèlent la grande variété d’images issues de ces processus évolutifs successifs.
Le couple d’artistes basé à Amsterdam, Erwin Driessens (1963, Wessem) et Maria Verstappen (1964, Someren), travaille ensemble depuis 1990. Après leurs études à l’Académie des beaux-arts de Maastricht puis à la Rijksakademie d’Amsterdam, ils ont développé conjointement un œuvre multiforme composé de logiciels, de machines et d’objets. Leur recherche porte sur les possibilités qu’offrent les algorithmes physiques, biologiques et informatiques pour la génération d’images. Une source d’inspiration essentielle réside dans les processus auto-organisés observables dans la nature. Dans la série Morphoteques (collections de formes), ils mettent en évidence les variations formelles pouvant émerger d’un processus génératif spécifique. Dans d’autres travaux, les transformations de formes sont produites en temps réel à l’aide d’une machine. Dans leurs projets logiciels et d’intelligence artificielle, ils développent une nature artificielle se déployant sous d’innombrables variations. Driessens & Verstappen ont participé à de nombreuses expositions aux Pays-Bas et à l’étranger, notamment au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, au Centre Pompidou (Paris), à l’IVAM Institut de Valence, au musée Kröller-Müller (Arnhem), au Garage Museum (Moscou), au CaixaForum (Barcelone) et à Eyebeam (New York). Le duo donne régulièrement des conférences et présentations dans des universités, écoles d’art, festivals et symposiums, parmi lesquels Siggraph Los Angeles, Sonic Acts Amsterdam ou encore Second Iteration Melbourne. En 1999 et 2001, leurs projets de robots Tickle ont reçu le premier prix au concours VIDA Telefónica de Madrid. En 2013, ils ont reçu le prix Witteveen+Bos Art+Technology pour l’ensemble de leur œuvre. Les artistes sont représentés par la galerie DAM à Berlin.
Victorine Durmort
Traversées nocturnes
Documentaire | dcp | couleur | 20:11 | France, Belgique | 2024
Aminatou Echard
Le Grand Tout
Documentaire | 16mm | couleur | 119:0 | France | 2025
Comment va la vie ? Comment va le grand tout ? Demande Garba à Nicole. Le grand tout pour eux deux, c’est la famille, le quotidien, l’Histoire, les bricoles, les étoiles, le temps qui passe comme le vent. Je m’appelle Aminatou et je suis blanche. Ma mère Nicole Echard, ethnologue en pays Hausa au Niger de 1964 à 1994, m’a légué ses archives de terrain, ses films en 16mm, et sa correspondance avec son principal assistant au Niger, Garba Maïgoye. Nicole fait partie d’une nouvelle génération d’ethnologues qui s’investissent personnellement sur leurs terrains. Je propose à des étudiants en art de Niamey de prendre en main ces archives. Nous réinterprétons ces textes et nous nous confrontons aux questions de domination, de colonisation, de liberté. Les jeunes posent leur regard sur Nicole et sur moi. L’Histoire nous rattrape : Un coup d’Etat acte la fin du tournage. Le présent impose un nouveau chemin au film.
Après une formation en ethnomusicologie et en cinéma (Master documentaire de Lussas - Ardèche Image) Aminatou Echard réalise des films documentaires et expérimentaux. Elle explore la relation entre son et image. Le travail de terrain est un élément essentiel de sa pratique artistique. A partir de 2006, elle se rend régulièrement en Asie centrale (Kirghizstan, Ouzbékistan et Kazakhstan) où elle recueille de nombreuses images super 8 et sons afin d’explorer les liens particuliers qui se tissent entre les personnes et leur environnement. Elle réalise Esquisses kirghizes un premier court métrage expérimental à partir de cette matière en 2007, puis Broadway, en 2010, un moyen métrage produit par le G.R.E.C. et Djamilia en 2018, un long métrage en super 8 produit par 529 Dragons, présenté notamment à la Berlinale 2018 et au Cinéma du Réel (Prix du Jury Documentaire et Prix Documentaire sur Grand Ecran au festival d’Amiens, Prix du jury jeunes au festival Isreal de Nuoro)