Catalogue 2025-2026
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025-2026 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Garon
POLARIS
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 6:23 | France | 2023
Des personnages évoluent dans une étrange forêt : traque, errance ou déambulation? C’est une traversée nocturne âpre, là où les formes les plus archaïques et inconscientes peuvent surgir... Polaris est le nom de l’étoile polaire et désigne aussi le nom d’un missile…
Aurélie Garon est née et a grandi en Savoie. Elle vit actuellement à Paris. Après une classe préparatoire littéraire (Hypokhâgne et Khâgne), elle fait des études de philosophie à Paris 1 Panthéon-Sorbonne (D.E.A. mention Très Bien), puis entre à l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie à Arles (Major de promotion, Félicitations avec les Honneurs du jury). Elle développe là-bas un travail photographique puis vidéo et sonore qu’elle poursuit ensuite au Fresnoy à Lille (Mention spéciale du jury pour l’originalité de la recherche). Ses oeuvres ont été diffusées en France (Le Bal, Le 104...) et à l’étranger (Hollywood, New York, Los Angeles, Séoul, Montréal, Sydney, Rome, Madrid, Barcelone, Rio de Janeiro, Kassel, Bruxelles, Liège, Milan, Colombie, Bamako…), dans des Cinémas, Musées, Galeries, Biennales et Festivals. Elle fut également en résidence d’artiste à New York à l’International Center of Photography School, à Bamako au Conservatoire National des Arts et Métiers du Multimédia et à Madrid à la Casa de Velázquez. Son travail a été lauréat de nombreux Prix et Bourses. Elle a aussi participé par le passé à l’écriture d’ouvrages de philosophie. Elle est lauréate de la Bourse Ekphrasis (ADAGP et AICA): un texte de Véronique Terrier Hermann sur l’ensemble de ses oeuvres est publié dans Le Quotidien de l’Art. «Floaters», son 1er court métrage de fiction, a été sélectionné dans plus de 30 festivals de cinéma aux USA (New York, Hollywood, Los Angeles etc), à Séoul, Sydney & en Europe. Il a reçu 12 Prix à ce jour. En 2023 elle est parmi artiste invitée du Festival « L’Art dans les Chapelles » et a présenté sa nouvelle oeuvre «Here be dragons» (Installation visuelle et sonore, dérive fictionnelle : Film/ Peinture Bleu de Prusse/ Cercle acrylique noir brillant). Elle achève son 2ème court métrage «Polaris». Elle poursuit actuellement l’écriture de son prochain film et la création d’une nouvelle oeuvre «Psychic Landscapes» (sculptures psychiques en céramique et installation vidéo) pour lequel elle vient d’obtenir une aide à la post-production du Fresnoy. En 2025 elle sera artiste en résidence au Centre National d’Art Dramatique et Scénique de Kasserine (Tunisie)
Noah Gehman
The City And...
Fiction expérimentale | 0 | couleur | 10:45 | Canada | 2023
On a bleak day in midwinter, a girl travels to her city's bus station to meet someone. She travels familiar streets, confident and absentminded. Her relationship with her city changes when no one arrives on the expected bus. She wanders out of the bus station, noticing her city in a new way.
Noah Gehman is a Canadian director based out of Montreal and Toronto. He has a BFA in film production from Concordia University. His films explore life in urban environments and rural environments with attention paid to work, public space, and the unknowable. He employs observational cinematography, and expressionistic sound design to straddle the internal and external experiences of his characters. Beyond writing and directing, Noah works as a sound designer.
Gerard & Kelly
E for Eileen
Fiction | 4k | couleur | 23:35 | USA, France | 2024
Un personnage énigmatique passe son dernier jour dans la maison qu’elle a conçue et construite. Sa solitude est interrompue par l’arrivée d’anciens amis qui menacent de la submerger sous le poids du passé. Fiction spéculative, E for Eileen est entièrement tourné dans la villa E-1027 d’Eileen Gray — l’un des trois monuments historiques français de l’ère moderne, et le seul édifié par une femme.
Gerard & Kelly sont des artistes visuels et cinéastes dont la pratique interdisciplinaire traverse le film, la performance et l’installation, intégrant chorégraphie, écriture, impression, dessin et sculpture. Basés à Paris depuis 2018, ils sont connus pour des projets conceptuellement rigoureux et fondés sur la recherche, qui interrogent les questions de mémoire et d’histoire, de sexualité et de formation de la subjectivité. Gerard & Kelly collaborent depuis le début des années 2000 pour développer un corpus d’œuvres distinctif qui place le mouvement, le récit et la théorie critique en dialogue direct avec l’architecture et le site. Leurs projets se déploient souvent dans des espaces modernistes emblématiques et ont été présentés dans des institutions majeures en Europe et aux États-Unis. Issus des fermes de l’Ohio et des régions minières de Pennsylvanie, Brennan Gerard et Ryan Kelly se rencontrent à New York et entament une collaboration qui les conduit au Whitney Museum Independent Study Program, où ils sont boursiers Van Lier en 2009-2010, puis à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où ils obtiennent tous deux un MFA en 2013, au sein du studio interdisciplinaire dirigé par l’artiste Mary Kelly. Ruins, leur première exposition personnelle dans une institution européenne, a été présentée par le Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes en 2022-2023. Des expositions personnelles et performances ont également été présentées à la Galerie Marian Goodman, Paris (2025), à la Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence (2024), au Centre Pompidou, Paris (2023), à la Galerie Marian Goodman, New York (2022), au MAMCO, Genève (2020), au MOCA, Los Angeles (2020), au Festival d’Automne, Paris (2017 et 2019), au Getty Museum, Los Angeles (2019), à Pioneer Works, New York (2018), au Palais de Tokyo, Paris (2016), au New Museum, New York (2014), et à The Kitchen, New York (2014). Ils ont participé à la NGV Triennial 2023 à la National Gallery of Victoria, Melbourne, aux Chicago Architecture Biennials 2023 et 2017, ainsi qu’à la biennale Made in L.A. 2014 au Hammer Museum, Los Angeles. Leur travail a également été présenté dans des expositions collectives au Château La Coste, Le Puy-Sainte-Réparade (2025), à la Collection Lambert, Avignon (2024), à Le Commun, Genève (2024), sur la High Line, New York (2023), au FRAC Franche-Comté, Besançon (2022), et au Solomon R. Guggenheim Museum, New York (2015), entre autres. Gerard & Kelly ont reçu de nombreuses distinctions, dont le VIA Art Fund (2024), le programme Mondes nouveaux du Ministère de la Culture (2023), la Graham Foundation (2014) et Art Matters (2013). Leurs œuvres figurent dans les collections permanentes du Carré d’Art, Nîmes, du FRAC Franche-Comté, Besançon, du Solomon R. Guggenheim Museum, New York, du LACMA – Los Angeles County Museum of Art, du Hammer Museum, Los Angeles, de la National Gallery of Victoria, Melbourne, du Musée Serralves d’art contemporain, Porto, et du Whitney Museum of American Art, New York.
Mariam Ghani
There's a Hole in the World Where You Used to Be
Vidéo | 35mm | couleur et n&b | 15:31 | USA, Afghanistan | 2025
THERE'S A HOLE IN THE WORLD WHERE YOU USED TO BE est un court métrage sur la mémoire et le deuil. Il part du postulat que le chagrin et les trous noirs sont tous deux si denses et si intenses qu’ils courbent l’espace et le temps autour de leur gravité propre – chaque absence devenant à la fois une blessure dans le cœur et un trou dans le monde.
Mariam Ghani est artiste et cinéaste. Ses films, projets publics et installations ont été présentés dans le monde entier, notamment à Times Square et à l’aéroport LaGuardia ; au Tate Modern, au Guggenheim, au MoMA, au Smithsonian, à la Secession, au CCCB, et au Metropolitan Museum. Son travail a été montré à Documenta 13 ainsi qu’aux biennales de Liverpool, Lahore, Yinchuan et Sharjah ; aux festivals de cinéma de la Berlinale, Rotterdam, CPH:DOX, SFFILM, DOC NYC, Jihlava, BlackStar et Ann Arbor ; en salles et en ligne sur Ovid, Criterion et Docuseek.
Saurav Ghimire
Songs Of Love And Hate
Fiction expérimentale | hdv | noir et blanc | 16:52 | Népal | 2024
Prem, le charismatique animateur d’une émission de radio dédiée aux affaires de cœur, est lui-même en proie au chagrin. Il cherche refuge dans les montagnes escarpées. Alors qu’il traverse sa propre tempête émotionnelle, les appels désespérés des auditeurs réclamant ses conseils résonnent à travers la nature sauvage. Prem, tout comme ceux qui l’écoutent, tente de trouver son chemin dans le terrain traître et imprévisible de l’amour. Une histoire saisissante de tourments affectifs et de quête de soi.
Saurav Ghimire est un artiste audiovisuel népalais dont le travail explore les frontières du récit entre fiction et documentaire. Ses projets sont montés à partir d’un mélange d’archives et d’images filmées, d’entretiens personnels, ainsi que de collectes de chansons et de poésie. Ghimire a reçu la Visiting Artist Fellowship du Laxmi Mittal South Asia Institute de l’Université Harvard. Son court métrage Songs of Love and Hate (17 min, 2024) a été présenté en première mondiale à la 74e Berlinale, où il a reçu une Mention Spéciale du Jury. De même, son premier court métrage Barking Dogs (14 min, 2021) a été récompensé comme Meilleur Film Expérimental au Tasveer South Asian Film Festival (États-Unis) et Meilleur Film Étudiant au Pame Film Festival (Népal). En outre, il a participé à plusieurs programmes de formation, dont la Locarno Basecamp Academy (Suisse), l’Odense Talent Camp (Danemark) et la Fantastic Film School du BIFAN (Corée du Sud).
Abelardo Gil-fournier, Jussi Parikka
Lumi
Vidéo expérimentale | mp4 | couleur | 17:45 | Espagne | 2024
Lumi is a story of snow and luminance, of reflection and planetary light. The video essay arranges historical photographic datasets through the perspective of an imaginary synthetic intelligence trained for the repainting of landscapes as part of an operation of climate restoration. Lumi can be seen as a science and climate fiction about a collective intelligence of Artificial Agents that time travel from past photographic images to future programmed landscapes. This intelligence has grown out of those moments of light computing its path, together with the landscape computing its growth and preservation. Lumi is a dataset of snow, ice, and light. It is a film about the reversal of time and the synthesis of landscapes: once made, then remade.
Abelardo Gil-Fournier is an artist and researcher. Originally trained in Physics, he holds a PhD in Art from Winchester School of Art (UK) and has worked as a researcher at FAMU in Prague. He is currently a grantee of a Leonardo scholarship from the BBVA Foundation. His work has been exhibited and discussed internationally, including venues such as Transmediale (Berlin), Fundación Cerezales Antonino y Cinia (León), Fotomuseum Winterthur (Switzerland), Design Museum (Shenzhen) and Tabakalera (Basque Country). He is the author, together with Jussi Parikka, of the book Living Surfaces. Images, Plants and Environments of Media (MIT Press 2024). Jussi Parikka, Finnish cultural historian, is professor of Digital Aesthetics and Culture at Aarhus University and visiting research professor at University of Southampton (UK). He has written and co-edited a number of books on media theory, history of digital culture, and environmental media. Some earlier work includes What is Media Archaeology? (2012) and Insect Media (2010). More recent work includes The Lab Book (with Lori Emerson and Darren Wershler, 2022), Operational Images (2023), and Living Surfaces: Images, Plants and Environments of Media (with Abelardo Gil-Fournier, 2024). He also works as curator, including such past projects as Weather Engines (2022) and Climate Engines (2023-204) with Daphne Dragona.
John Gillies
Scentdia
Vidéo | 4k | couleur | 5:20 | Australie | 2025
Au cours de ses errances dans une forêt nocturne, un robot croise différentes fleurs et plantes, se confrontant au monde naturel et tentant de respirer le parfum d’une fleur sauvage.
John Gillies est un artiste basé à Sydney (Eora) qui crée depuis les années 1980 des œuvres utilisant les médias temporels, notamment la performance, l’image en mouvement, l’installation, la musique et le son. S’inspirant du théâtre expérimental et des langages de la vidéo et du cinéma, sa pratique artistique est souvent improvisée et collaborative.
Pierre-jean Giloux
Biomimetic Stories # 3. Dholera
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 7:0 | France | 2024
Dholera dévoile la vision dystopique de cette ville éponyme, imaginée au cœur du paysage désertique de l’État indien du Gujarat. Son immense réseau d’autoroutes, de voies ferrées surélevées, de pylônes électriques et de châteaux d’eau s’étend à perte de vue sur un terrain aride, sans végétation, balayé par des tourbillons de poussière. Ce vaste projet urbain — dont les travaux ont débuté il y a plus de dix ans — est aujourd’hui pratiquement à l’arrêt. Des prises de vue in situ réalisées par drone révèlent l’ampleur de ce chantier inachevé, où certains bâtiments symboliques du plan initial réapparaissent virtuellement sous forme de nuages de points. Le film fait surgir le fantôme de la ville de Dholera : un chantier spectral où des ruines du futur fissurent l’idée même d’utopie.
Pierre Jean Giloux, né en 1965, est lauréat de la Villa Kujoyama, Kyoto en 2015 et lauréat du Grand Prix Art Vidéo au Festival Côté Court de Pantin en 2016. Pratiquant une forme de réalité augmentée, il montre ses installations dans des musées et centres d’art tels que le Museum du Botanique à Bruxelles, la Criée, Centre d’art contemporain de Rennes, le Barbican à Londres, le Moma d’Hiroshima et le Musée national d’Osaka au Japon ainsi que dans les galeries DNA à Berlin, Sophie Scheidecker et Christophe Gaillard à Paris, Cristina Guerra à Lisbonne, la Bank MABsociety à Shanghai. Ses œuvres sont présentes dans des collections privées (à Paris, Rennes, Bruxelles et Tokyo, Pierre Darier en Suisse, An-Sammlung à Munich) et publiques (Fonds d’art contemporain - Paris collection et Ville de Marseille).
Eva Giolo
Memory Is an Animal, It Barks with Many Mouths
Film expérimental | 16mm | couleur | 24:0 | Belgique | 2025
Le dernier film de Eva Giolo nous conduit dans le Val Gardena, où l’on parle encore le ladin, une langue rhéto-romane. Giolo renverse les représentations habituelles des communautés montagnardes pour offrir le portrait d’un patrimoine culturel précieux, en constante évolution. Ici, les habitants préservent et cultivent leur culture pour les générations futures, avec une conscience du monde et une grande créativité. Tourné en 16 mm, sensible à la fois à la grandeur et à la fragilité de la nature, Memory Is an Animal, It Barks with Many Mouths est un essai délicat sur l’importance vitale de la diversité linguistique.
Eva GIOLO (1991, Belgique) est une artiste travaillant le film, la vidéo et l’installation. Son œuvre accorde une attention particulière à l’expérience féminine, mobilisant des stratégies expérimentales et documentaires pour explorer l’intimité, la permanence, la mémoire, ainsi que l’analyse du langage et de la sémiotique. Ses films, installations et autres projets ont été largement présentés à l’international — festivals, musées et galeries — notamment à Sadie Coles HQ, la Viennale, FIDMarseille, l’IFFR, le New York Film Festival, entre autres. Son film Flowers blooming in our throats (2020) a été nommé pour l’European Film Award et a remporté le Top Prize à THIS IS SHORT 2021. Elle a également reçu la Mention spéciale du Jury national au Lago Film Fest 2021, la Mention spéciale du Jury au First Crossings Festival, ainsi que le Prix du Jury des Critiques au 25FPS Festival. Elle est lauréate du HISK (2018–2020) et a été en résidence artistique au SeMA NANJI (2020), à la résidence annuelle de film-écriture Conversation #4 (CVB, GSARA et Beursschouwburg), au programme CASTRO (2021), à WIELS (2021), ainsi qu’à RU Unlimited New York et Fogo Island Arts (2022). Ses films sont distribués par elephy et Light Cone.
Mathilde Girard
Recherche Médée
Doc. expérimental | 0 | couleur | 57:43 | France, Suisse | 2025
Comment reconnaître Médée ? Que peut-elle nous révéler de nous-mêmes ? Je la cherche avec Alice, Élise, Nino et les ami·es, au carrefour de nos questions urgentes sur la vie, l’amour, les enfants. Entre l’intimité et le texte, celui d’Heiner Müller Médée-matériau, chacun·e apprend à se raconter. Peut-être cette fois saura-t-on entendre.
Née en 1979 à Paris, Mathilde Girard est psychanalyste, écrivaine et réalisatrice. Doctorante en philosophie, elle a publié plusieurs ouvrages autour la notion de communauté dans la pensée contemporaine (chez Georges Bataille et Jean-Luc Nancy). Au cinéma, elle travaille depuis plusieurs années comme scénariste aux côtés de Pierre Creton. Elle a écrit avec lui trois longs métrages : Va, Toto ! (2017), Le bel été (2019), et Un prince (2023, Prix SACD à la Quinzaine des cinéastes à Cannes). Son premier film, LES ÉPISODES – PRINTEMPS 2018, a reçu le Prix du Film Premier au FID Marseille en 2020 et a éte? montre? dans de nombreux festivals tels que le New York Film Festival, le Sheffield Doc/Fest, la Viennale, Doc Lisboa. Son deuxième film, l’essai long-métrage QUE QUELQUE CHOSE VIENNE, reçoit le prix Georges de Beauregard au FID Marseille 2023. Avec le moyen-métrage RECHERCHE MÉDÉE, son nouveau film, elle poursuit l’enquête sur l’amour de ses premiers épisodes. Le travail de Mathilde Girard se situe a? la frontière de la solitude et du monde, de l’amour et de la vie politique. Le cinéma naît pour elle dans cette relation qui suppose une implication collective et vise a? tisser des relations entre la pensée, la parole intime de chacun·e et le contemporain.
Christoph Girardet
One Hundred Years Later
Film expérimental | mov | noir et blanc | 7:55 | Allemagne | 2025
En 1939, une seconde équipe, avec une doublure et des figurants, a tourné des scènes pour le classique hollywoodien Mr. Smith Goes to Washington au Lincoln Memorial. La succession de longues séquences éliminées du montage final sape la narration cinématographique classique : l’intrigue ne semble pas avancer. L’architecture néoclassique demeure le décor d’un rituel récurrent et troublant, dans lequel le protagoniste se perd.
Christoph Girardet, né en 1966, est un artiste vidéo et cinéaste allemand. Son travail prend pour matière à la fois des images trouvées par hasard et d’autres issues de recherches approfondies dans les archives de l’histoire du cinéma. Par le montage, les ellipses et les répétitions, il met au jour les structures profondes et les mécanismes internes de la réalité filmique représentée. Au-delà de l’analyse du matériau et de ses clichés, son œuvre explore en essence un état mélancolique d’absence, construisant ainsi un monde visuel singulier. De 1988 à 1994, Girardet étudie les arts visuels à la Hochschule für Bildende Künste de Braunschweig, dans la classe cinéma de Birgit Hein. Depuis 1989, il réalise films, vidéos et installations vidéo — parfois en collaboration avec l’artiste vidéo Volker Schreiner (1994–2004), et plus fréquemment avec le cinéaste Matthias Müller (depuis 1999). Girardet a participé à de nombreuses expositions collectives, notamment au Stedelijk Van Abbemuseum d’Eindhoven, au MoMA PS1 à New York, au Palais de Tokyo à Paris, au Hirshhorn Museum de Washington et à l’Eye Filmmuseum d’Amsterdam. Il a également bénéficié d’expositions personnelles dans des institutions telles que FACT (Liverpool), le Kunstverein Hannover ou West (La Haye). Ses œuvres ont été présentées dans les grands festivals internationaux — Cannes, Venise, Berlin, Toronto, Locarno, Oberhausen ou Rotterdam — et figurent dans des collections publiques et privées. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont une bourse pour le programme International Studio and Curatorial Program à New York (2000) et une résidence à la Villa Massimo à Rome (2004). Il vit et travaille à Hanovre, en Allemagne.
Alexander Girav
Burn Ceremony
Doc. expérimental | 0 | couleur | 17:0 | USA | 2024
An unsanctioned observation of [redacted]’s largest oil refinery, processing 440,000 barrels of crude oil a day. By night, the complex becomes a heaving edifice of flame and fog. We observe its operation from afar as the inferno slowly engulfs the frame, accompanied by an original hypnotic soundscape by UK club experimentalist Loraine James. A vision of industrial desolation in which dread turns to awe.
Alexander Girav (b. 1995) is an American filmmaker and cinematographer whose observational work explores post-capitalist landscapes through an experimental, ethnographic lens. His films have been screened at Sundance, the International Film Festival Rotterdam, the Chicago International Film Festival, the Edinburgh International Film Festival, the Atlanta Film Festival, and the Jeonju International Film Festival. His cinematography on The Harvest earned him a nomination for the National Geographic Award for Best Cinematography at Millennium Docs. He earned a BFA in Film/Video from CalArts in 2017.
Helena Girón Vázquez, Samuel M. Delgado
Un dragón de cien cabezas
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 14:50 | Espagne | 2025
Dans le jardin des Hespérides poussait jadis un fruit capable d’accorder l’immortalité à quiconque le mangeait. Ce jardin, situé quelque part au large de l’Afrique de l’Ouest, était gardé par un dragon aux cent têtes. À travers la bio-sonification des bananiers — culture de monoculture emblématique des îles Canaries — se révèle un récit d’éternité surgissant à l’endroit même où ce jardin mythique aurait existé.
Leur travail explore les relations entre mythologie, histoire et matérialisme. Leur premier long métrage, Eles transportan a morte (2021), a été présenté en avant-première aux festivals de Venise et de Saint-Sébastien, remportant des prix dans les deux. Il a ensuite circulé dans des festivals internationaux tels que Rotterdam, Le Caire, Mar del Plata, la Viennale, Hambourg et São Paulo. Leurs courts métrages ont été montrés dans des festivals comme Toronto, Locarno, New York, Ann Arbor, entre beaucoup d’autres. Ils ont également réalisé des installations et des performances dans des centres d’art tels que le CCCB (Barcelone), le BAM (New York), le TEA (Tenerife) ou Solar (Vila do Conde).
Shalom Gorewitz
Notary Uprising! and the Flag Stomp Romp
Fiction | mp4 | couleur | 86:26 | USA | 2025
Sarge and Joseph are flag inspectors working in Vermont. We see them criticizing the placement of a flag, having a confrontation with an angry Libertarian, and listening to a conversation where Joseph expresses doubt. They find a US flag with a tractor and accuse local farmer of being a traitor. The inspectors retreat with promise of future payments. Sarge notices two women folding a US flag with a lobster. The women explain that this is the Notary Uprising flag. Joseph falls in love with Nova, the a leader of the local notaries. They coincidentally meet in an art gallery and decide to go to NYC together. While notary rebels are plastering their slogans over Manhattan, Nova and Joseph visit Times Square where he is moved by the pixellated flag. Nova meets other notaries. Joseph finds army vets in Central Park who try to convince him he is Jewish. He fights off Mossad agents. The Vets encourage him to visit Reb Pineas, immortal sage from Chelm. Joseph is convinced to stay while Nova returns to Vermont. After learning the secret of the Three Stooges, Joseph returns to Vermont and shops for kosher products in a local grocery store.
Shalom Gorewitz (born 1949), a pioneering video artist, curator, and writer, bridges image processing and social commentary. A Guggenheim Fellow and former curator at The Kitchen, he collaborated with dancers like Daniel Nagrin, Lucinda Childs, and Regina Miranda. His work was exhibited internationally while Gorewitz explored experimental media. In 2022, he retired from Ramapo College of New Jersey and has since directed nine feature narrative films with improvisational non-professional performers. The Northeast Kingdom, a region in Vermont and the US, is Gorewitz’s primary filming location. He does camera work and post-production. Notary Uprising!, the first NEKflix film shot in Vermont, New York City, and New Jersey, Previous films address the plight of returning citizens, the fentanyl crisis, eco-terrorism, and other local issues. Notary Uprising! Is Gorewitz’s seventh film and first comedy. Gorewitz was inspired to be a film maker after seeing Godard’s Breathless and Anger’s Scorpio Rising at the Bleeker Street Cinema when he was 17 years old. He began Major influences include Emir Kusturica, Tony Gatlif, and Frank Capra. He began making feature films when he was 71. He resides in New York City and Danville, Vermont, with his wife, the poet Rachel Hadas.
Lilith Grasmug
Some Of You Fucked Eva
Fiction expérimentale | hdv | couleur | 14:48 | Autriche, France | 2025
2002, North Carolina. Teenagers recall the investigation into the mysterious fainting of high school cheerleaders.
Lilith Grasmug is an Austrian actress based in Paris. She began her career in 2017 starring in Virgil Vernier's feature 'Sophia Antipolis'. She is known for appearing in Jean-Christophe Meurisse's 'Bloody Oranges' (2021), Carmen Jaquier's 'Thunder' (2022) and Claire Burger's 'Langue étrangère' (2024). She is currently doing a master's degree in contemporary art research at La Sorbonne after a spell at the ECAL art school in Lausanne. ‘Some of you fucked Eva’ is her first short film as a director.
Even Grimsgaard
Mer liv
Doc. expérimental | mov | couleur | 16:20 | Norvège | 2024
To stop the loss of biodiversity, the forests must become wilder and rougher. "More life" follows people at work to simulate natural damage and disturbances in forests. Trees are torn, scraped, broken, blown up and burned
Even Grimsgaard (b. 1994) is a Norwegian filmmaker and cinematographer. He studied at Nordland School of Arts and Film and the Norwegian Film School. He works both as a cinematographer and director.
Bart Groenendaal
Radical
Fiction | hdv | noir et blanc | 8:14 | Pays-Bas | 2022
Un jeune homme portant une ceinture d’explosifs, en fuite, atterrit dans le jardin d’une femme désorientée dont le mari mort repose dans un fauteuil du salon. Tourné en noir et blanc, le film fait allusion aux premiers travaux d’Alfred Hitchcock.
Dans de courts films narratifs, des documentaires et des installations, Bart Groenendaal (Amsterdam, 1975) explore la manière dont le cinéma façonne notre subjectivité sociale et le monde qui nous entoure en tant qu’expression de l’idéologie.
Bart Groenendaal
Sensitivity
Fiction | hdv | couleur | 10:18 | Pays-Bas | 2024
Une jeune femme erre dans un quartier d’affaires la nuit et, à l’aube, rencontre sept inconnus solitaires, qui tombent chacun sous le charme de son énergie. Inspiré par l’imaginaire des Primitifs flamands et réalisé en collaboration avec une véritable guérisseuse quantique, le film est une méditation sur le désir de connexion dans un contexte urbain néolibéral
Dans de courts films narratifs, des documentaires et des installations, Bart Groenendaal (Amsterdam, 1975) explore la manière dont le cinéma façonne notre subjectivité sociale et le monde qui nous entoure, en tant qu’expression toujours changeante d’une idéologie.
Assaf Gruber
Miraculous Accident
Fiction expérimentale | dcp | couleur et n&b | 29:15 | Pologne | 2025
Miraculous Accident est un film transtemporal qui raconte l’histoire d’amour entre Nadir, un étudiant marocain à l’École de cinéma de ?ód? en 1968, son enseignante de montage, Edyta, de confession juive, et leur relation partagée avec Jarek, le meilleur ami de Nadir et protégé d’Edyta. Nadir fait partie d’un groupe d’étudiants nord-africains envoyés étudier les techniques cinématographiques communistes dans le cadre du soutien du Bloc de l’Est aux luttes anti-impérialistes. Malgré son opposition au sionisme, Edyta est contrainte de quitter la Pologne en raison de la rupture politique entre la Pologne et Israël après la guerre des Six Jours, ou la Naksa (« la Défaite »). En 2024, Nadir retourne à l’école pour réaliser un film après avoir découvert une lettre oubliée qu’Edyta lui avait écrite depuis Haïfa en 1989. Le film pleure la cruauté des nations, capables de faire naître de rares miracles — des amours accidentelles — pour mieux les briser avant qu’ils n’aient le temps de respirer. Inspiré par la vie de l’ancien étudiant marocain, poète et cinéaste Abdelkader Lagtaâ, qui interprète également Nadir dans le film, Miraculous Accident tisse son récit à travers des images originales et des extraits de films d’étudiants des années 1960 réalisés par Lagtaâ et ses camarades.
Assaf Gruber (né à Jérusalem en 1980) est un sculpteur et cinéaste vivant et travaillant à Berlin. La relation dynamique entre les individus et les institutions est au cœur de sa pratique, qui vise à explorer à la fois comment l’orientation politique des établissements hérités impacte la vie des personnes, et comment ces organisations choisissent de représenter et de transmettre les faits ainsi que les artefacts qui les accompagnent. Les biographies absurdes des protagonistes de ses projets révèlent tout autant qu’elles obscurcissent les raisons et les motivations qui conduisent les gens à obéir ou à se rebeller — contre leur monde intérieur ou contre la société dans laquelle ils vivent. Sa photographie, sa sculpture et ses installations placent la matérialité des objets en relation avec des dimensions narratives, créant ainsi des espaces fictionnels où mouvement et non-mouvement fonctionnent comme un médium. Les expositions personnelles de Gruber incluent la Berlinische Galerie, Berlin (2018), et le Muzeum Sztuki, ?ód? (2015). Ses films ont été présentés dans des festivals tels que l’International Film Festival Rotterdam (2023) et FID Marseille (2022). Il a étudié à Cooper Union à New York et est diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris ainsi que du Higher Institute of Fine Arts (HISK) à Gand.
Milutin Gubash
Menta Forte
Fiction | 4k | couleur | 10:3 | Canada | 2024
Une œuvre vidéo donne à voir le parcours de deux personnes migrantes d’origines distinctes, errant dans les rues sinueuses de la ville éternelle pour aboutir dans un cimetière non catholique. Le premier se rend à la tombe du philosophe marxiste italien Antonio Gramsci et y dépose une menthe; le second s’y rend ensuite, puis mange le bonbon. Que cherche-t-on à rafraîchir? Ou qui? Le travail de Milutin Gubash orchestre une rencontre avec les théories gramsciennes, redécouvertes à l’époque contemporaine. Parmi les plus connues, l’hégémonie culturelle décrit le maintien du pouvoir et de la richesse par l’État et la classe capitaliste dominante – la bourgeoisie – grâce à l’imposition d’une idéologie dictant la norme sociale. Au même titre que la menthe qui envahit les terrains fertiles, l’idéologie dominante infiltre les esprits des masses, toutes deux ayant des répercussions néfastes sur la diversité. Bien que cette théorie ait été invoquée par la droite pour gagner la bataille de l’opinion, l’époque contemporaine assiste aussi à un réinvestissement de ces écrits utilisés comme cadre théorique d’une réflexion sur l’(im)migration envisageant les façons dont les migrants peuvent questionner l’ordre hégémonique et contribuer à des visions alternatives de la société. Aussi reconnu pour ses réflexions autour de la question méridionale, Gramsci a écrit sur l’alliance et la solidarité, résonnant aujourd’hui avec le potentiel des alliances entre (non-)migrants qui pourraient par ailleurs provoquer une transformation sociale et politique, ainsi qu’un changement du système capitaliste.
Guerreiro Do Divino Amor
Roma Talismano
Doc. expérimental | 4k | couleur | 9:38 | Brésil | 2024
Roma Talismano, septième volet du Superfictional World Atlas, explore Rome comme talisman moral et esthétique de l’Occident. Au son d’hymnes et d’arias d’opéra, trois animaux allégoriques — la louve, l’aigle et l’agneau — racontent l’incessant recyclage de l’esthétique romaine pour fabriquer une universalité classique artificielle et délavée, de la Renaissance au fascisme jusqu’à aujourd’hui : Roma Talismano, volcan éternel de blancheur visuelle et spirituelle.
Guerreiro do Divino Amor est titulaire d’un master en architecture de l’École d’architecture de Grenoble (France). Depuis vingt ans, sa recherche au long cours, Superfictional World Atlas, explore les mythologies historiques, médiatiques, religieuses et corporatives qui composent l’imaginaire collectif des nations. À partir de fragments du réel, il construit un univers de science-fiction sous forme de films, de publications et d’installations de grande envergure. Il a représenté la Suisse à la Biennale de Venise 2024, a été boursier du programme DAAD Artists-in-Berlin en 2021–2022 et a reçu le PIPA Prize en 2019. En 2022, il a présenté la rétrospective Superfictional Sanctuaries au Centre d’art contemporain de Genève. Son travail a été montré, entre autres, à la Triennale Frestas de Sorocaba (Brésil), à la Bangkok Biennale 2024, au CAC Vilnius (Lituanie) et à la Pinacoteca de São Paulo. Ses films primés ont été projetés dans de nombreuses institutions et festivals, en France et à l’international. Guerreiro do Divino Amor vit et travaille à Rio de Janeiro, au Brésil.