Exposition, séances de projection
Des expositions vidéo et multimédia sont mises en place dans le cadre de collaborations avec des musées, des biennales et des centres d'art. Elles proposent un éclairage critique et prospectif sur ces domaines aux frontières mouvantes, où convergent à la fois un questionnement esthétique, social et politique de notre époque, et des enjeux liés à l’évolution des modes de production et de diffusion.
Bernard Heidsieck, "Vaduz" - Image courtesy Galerie Natalie Seroussi, Paris.
Image de ville
Festival du film sur l’architecture et l’espace urbain
Marseille, France | 17-26 novembre 2017
À l’occasion de la 15ème édition du Festival du film sur l’architecture et l’espace urbain, Image de ville invite les Rencontres Internationales Paris/Berlin pour concevoir et présenter une exposition du 17 au 26 novembre à la galerie Who How, et deux séances de projection le 26 novembre, au MuCEM et à Videodrome 2.
Exposition - Là où nous sommes
Du 17 au 26 novembre 2017
Galerie Who How
19 rue des 3 Rois, 13006 Marseille
Vernissage le 16 novembre à partir de 19h - Du 17 au 26 novembre, 16h à 20h
Entrée libre
  • Christian Barani
    Prolégomène à la lumière
  • Pedro Costa
    Minino macho, Minino fêmea
  • Apichatpong Weerasethakul
    Vapour
  • Bernard Heidsieck
    Vaduz
Bernard Heidsieck : Vaduz | Facsimilé en édition numérotée : carte géographique, feutre et bandes de tapuscrits découpées et collées sur papier imprimé. Enregistrement audio, poésie sonore - 11’58’’ - France - 1974
Christian Barani : Prolégomène à la lumière | Installation vidéo mono-canal, son - hdv - couleur - 7’ - France - Kazakhstan - 2013
Pedro Costa : Minino macho, Minino fêmea | Installation vidéo, double projection 4:3, son - dv - couleur - 34’ - Portugal - 2005
Apichatpong Weerasethakul : Vapour | Installation vidéo mono-canal, son - hdv - noir et blanc - 21’ - Thaïlande - 2015
Pour cette exposition, nous avons souhaité partir d'une œuvre de Bernard Heidsieck, "Vaduz", composée en 1974 : une œuvre plastique et sonore qui explore les notions d’altérité et de multiplicité de la langue. Une œuvre magistrale où est énoncée la liste des peuples et des ethnies existants dans le monde, par-delà les Etats et les nations, où s’opère un renversement entre la centralité et la périphérie, et où s’affirme une part inaliénable de notre liberté, celle d’habiter le monde et de l’énoncer dans sa singularité. Un manifeste à la fois poétique et politique, contre les grands mouvements hégémoniques de l’Histoire et l’aliénation des individus.
Chaque œuvre de l’exposition déploie un mouvement et un rapport à l’espace spécifiques, comme quatre tentatives d’embrasser le réel et d’indiquer la possibilité ou l’impossibilité d’habiter le monde. Un espace vertical ouvrant sur un abîme chez Christian Barani, un entrelacs hiératique et des espaces réversibles avec Pedro Costa, des ramifications et un espace rhizomatique chez Apichatpong Weerasethakul. Enfin, un mouvement circulaire et monumental avec Bernard Heidsieck.
Les individus évoqués ou filmés dans chaque œuvre ont en commun l’imminence de la perte, ou son risque. A l’opposé du concept d’habitat comme patrimoine matériel, le seul bien qu’ils ont est l’avoir qu’ils ont d’eux-mêmes, leur langue, leur travail, leurs gestes, et leurs actes.
Christian Barani filme à Karaganda au Kazakhstan les visages de mineurs, au moment de leur descente à la lueur de lumières frontales, auxquels fait écho la musique d’Olivier Messiaen dont le mode de composition dérive de la structure des chants d’oiseaux. Pedro Costa revient dans le quartier de Fontainhas à Lisbonne où vivent les immigrés du Cap-Vert. Les deux images de l’oeuvre, réversibles, et leur envers, le monde sonore, articulent une dialectique inapparente du dehors et du dedans, et nous introduisent à l’incommensurable. Apichatpong Weerasethakul déploie dans le village de Toongha en Thaïlande une allégorie de l’acte de résistance. De l’espace des habitations aux paysages enveloppés de brume, la vapeur blanche devient à la fois ce qui protège et ce qui rend possible, nous assistons littéralement à une contamination de l’espace, et à son expansion, inéluctable et poétique.
Les quatre œuvres de l’exposition parlent, chacune à leur façon, d’individus situés aux périphéries de l’Histoire et de nos sociétés contemporaines, et nous introduisent à cette question existentielle du lieu et du temps spécifiques dans lequel nous vivons. Chaque œuvre énonce une part de ce qui constitue notre dignité fondamentale, ainsi qu’une énigme de l’espace et du temps : ce qui advient, là où nous sommes.
Projection/débat - No Man’s Land
Dimanche 26 novembre, 14h
MuCEM, Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée
Esplanade du J4 - 13002 Marseille
À l’invitation des Rencontres internationales des cinémas arabes
Tarif : 6 € (4 € tarif réduit)
  • Shadi Habib Allah
    Dag'aa
  • Larissa Sansour, Søren Lind
    In The Future, They Ate From the Finest Porcelain
  • Mohammad Shawky Hassan
    And on a Different Note
  • Keina Espiñera
    Tout le monde aime le bord de la mer
Shadi Habib Allah : Dag'aa | Documentaire exp. | hdv | couleur | 19’ | Palestine, Egypte | 2016
Larissa Sansour, Søren Lind : In The Future, They Ate From the Finest Porcelain | Fiction exp. | hdv | couleur | 28’30’’ | Palestine, Danemark, Royaume Uni | 2015
Mohammad Shawky Hassan : And on a Different Note (Wa 'ala Sa'eeden Akhar) | Fiction documentaire | hdv | couleur | 24’ | Egypte, USA | 2015
Keina Espiñera : Tout le monde aime le bord de la mer | Documentaire exp. | hdv | couleur | 16’26’’ | Espagne, Maroc | 2015
Les quatre films de cette séance interrogent les notions de frontière et d’identité, et opèrent une mise en fiction du réel à travers laquelle s’esquisse notre possibilité d’habiter le monde. Il s’agit d’un territoire non cartographié, à la fois hors du monde et entre deux mondes, où se dessine une existence nomadique. Le voyage devient exploration de structures temporelles complexes, où futur et passé s’entrecroisent et interrogent l’ambivalence des récits individuels et des mythes collectifs. A partir d’images et de bribes de discours indéchiffrables, une carte de l’exil se constitue, faite d’attentes et d’espoirs. Les mythes issus du passé se heurtent au présent, à la survivance de la mémoire. Dans des limbes contemporains, les références spatiales et temporelles sont mises en suspens. C’est finalement à la frontière entre deux mondes qu’un imaginaire redevient possible.
Projection/débat - L’impossible demeure
Dimanche 26 novembre, 17h
Videodrome 2
49 Cours Julien, 13006 Marseille
Tarif : 5 € (3€ adhérents)
  • Michael Macgarry
    Excuse Me, While I Disappear
  • Ben Rivers
    There is a Happy Land Further Awaay
  • Tommaso Donati
    Dormiente
  • Pedro Costa
    O Nosso Homem
Michael Macgarry : Excuse Me, While I Disappear | Fiction | hdv | couleur | 19’10’’ | Afrique du Sud, Angola | 2015
Ben Rivers : There is a Happy Land Further Awaay | Film exp. | 16mm | couleur et n&b | 20’ | Royaume-Uni | 2015
Tommaso Donati : Dormiente | Fiction | hdv | couleur | 18’15’’ | Suisse | 2016
Pedro Costa : O Nosso Homem | Fiction | dv | couleur | 25’ | Portugal | 2011
Les quatre réalisations de cette séance envisagent la possibilité d’un lieu d’existence, et questionnent l’écart paradoxal entre soi et le monde. Quelque chose d’irrésolu demeure, en même temps que le désir d’un lieu de résolution et de permanence. A l’intérieur d’une ville-monde inhabitée construite pour d’autres que soi, ou bien sur une île de l’autre côté du monde, perdure le souvenir des balbutiements d’un monde rêvé. Une existence comme un rêve ou un cauchemar éveillé, ceux qui n’ont pour eux que leur sommeil sont comme des somnambules au milieu d’une forêt. Manger, dormir, s’aimer, c’est là que l’on demeure. Il n’y a pas d’issue, sinon la dignité de vivre, fragmentaire et morcelée dans le réel, que chaque film interroge, examine et rassemble.