Nisi JACOBS
Non Cambi Mai
Vidéo expérimentale - dv - couleur - 0:11:00 - Musique:
Madonna: 'Don't Tell Me', 'What It Feels Like For A Girl'; extraits d'Ettore
Scola 'We All Loved Each Other So Much', textes lus par Stefania Sandrelli -
USA - 2000

Nous jouions avec des lentilles et des bougies jusque sept heures du matin.
Le jour se levait et je continuais à faire des prises, renversant du
café sur mon vêtement, agitée et enthousiaste. Nous avons
ajouté un bol en verre à l'arrangement de la flamme derrière
la lentille. Des couches de transparence étaient ainsi ajoutées
avec ce verre, j'ai alors senti quelque chose apparenté aux couches de
la personne devenant illuminée dans l'obscurité. D'une manière
ou d'une autre, Madonna est entrée dans le mélange, disant des
choses que je ne peux pas répéter avec mes mots, ajoutant une
autre dimension de 'signification'.

We were playing with lenses and candle fire until seven o'clock in the morning.
It dawned as I continued to take footage, spilling coffee on my overalls still
sticky from the excitement. We added a glass bowl to the candle-behind-lens
arrangement. As layers of glass transparency were added in this way, it felt
something akin to layers of the self becoming illuminated in the dark. Somehow
Madonna entered into the mix, saying things I could not begin to say in my own
words, adding the extra dimension of 'meaning'.
Biographie

Née à la clinique libre du New York Hospital sur l'East River,
Nisi (Ariana Window) Jacobs était née si vite que son oreille
et son nez étaient écrasés vers la droite les premiers
jours. Le médecin a rassuré tout le monde: ceux-ci rebondiraient,
ça se passait souvent aux visages des bébés. Eventuellement,
ils ont fait exactement ce qu'a dit le médecin, et elle est partie étudier
la peinture et le dessin à Cooper Union for the Advancement of Science
and Art à New York City. Après une décennie passée
à regarder fixement beaucoup de choses mais sans savoir ce qu'il fallait
en faire, elle a découvert un écran de télévision
numérique énorme, de fabrication japonaise, dans une vitrine devant
le Whitney Museum of American Art. Elle est devenue consciente des moniteurs
vidéo, présents partout dans la ville, dans le métro de
New York, parfois jusqu'à quatre ou cinq petits moniteurs qui pendaient
en une ligne, secrétaient dans les poutres de chaque station. Alors elle
a commencé à faire de la vidéo. Et puis elle a découvert
que la lumière et la couleur pouvaient presque être créées
par les touches sensibles d'un clavier numérique; chargées dans
l'ordinateur elles pouvaient être montées comme de la vidéo,
et que l'audio, si on l'approche du bon angle, était synonyme de vidéo
visuelle. Qu'en fait, les deux étaient vraiment inextricables. Elle
s'intéresse à cette combinaison, et elle regarde toujours fixement
mais avec encore plus d'attention.
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