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Paris/Berlin/Montréal...
dans le cadre du
MIVAEM - CITÉ INVISIBLE
Montréal, du 20 septembre au 1er octobre 2006
Les Rencontres internationales Paris/Berlin présentent 4 programmes
dans le cadre de la 7ème MIVAEM, à l'invitation de Champ
Libre, avec le soutien du Consulat de France à Montréal.
www.champlibre.com
Programmes réalisés par Nathalie Hénon et Jean-François
Rettig.
Cliquez sur le programme de votre choix pour accéder au détail
de la séance.
PROGRAMME
1 - HABITATS
PROGRAMME
2 - VISIONS URBAINES
PROGRAMME
3 - QUAND LA VILLE DORT
PROGRAMME
4 - SIGNES, INDICES, TRACES

Texte d'introduction aux 4 programmes :
CITÉ INVISIBLE ?
La ville n'a jamais été aussi présente et pourtant
la méconnaissance que nous en avons ne cesse de grandir. Forme
contemporaine du lien social, les villes regroupent à elles seules
à travers le monde plus de la moitié de la population mondiale,
et pourtant, dans le même temps, nous dépassons à
peine le comportement sédentaire d'une société rurale
archaïque. Que connaissons-nous de nos propres villes? Si elles constituent
et déterminent désormais le mode de vie dominant il faut
bien reconnaître que nous ne connaissons rien ou si peu de notre
propre façon de vivre, car de nos villes nous ignorons tout. Son
histoire, ses communautés, les vécus collectifs ou individuels
qui la constitue
D'abord imbrication de réseaux de communication
et de circulations, cette ville est à notre image : inconsciente,
invisible à elle-même, dans un effort constant de se reprendre
et de se réinventer, entre le sourd impératif de la rationalisation
des échanges et l'aspiration à une nouvelle forme de vivre-ensemble.
Habitats
Si l'on considère ce que sont réellement les villes
à travers le monde, et ce qui est absent des images et des représentations
communes de "la ville", la "cité invisible"
n'est pas celle d'un "imaginaire de la ville" que l'artiste
n'aurait qu'à capter avec son filet à papillon lors d'une
rêverie inspirée. Aujourd'hui, la cité invisible est
avant tout celle de la pauvreté et de la semi-pauvreté,
celle de la misère et de la demi-misère, celle d'une aliénation
au coût de la vie et au prix des logements. Notre habitat moderne.
Visions urbaines
Avec ce constat nécessaire, une représentation de
la ville peut aussi mettre en réflexion d'autres états.
La ville comme objet de méditation et de réflexion, un miroir
tendu à nous-mêmes dans lequel nous voyons la possibilité
d'un apaisement ou d'un renouvellement. Face au paysage urbain, c'est
le sentiment d'une appartenance et d'une réconciliation qui nous
atteint. Dans un miroir notre environnement découvre son foisonnement
et sa diversité. A travers notre regard c'est une cité jusqu'alors
invisible qui émerge. Utopique et déjà réelle,
car transformer notre regard sur le monde transforme le monde.
Quand la ville dort
Mais cette réflexion possède elle-même son
envers, semblable à la succession du jour et de la nuit. L'activité
humaine et notre pensée atteignent un autre état lorsque
l'affairement bruyant du monde reflue, lorsque la course des échanges
se calme pour un temps. La ville nocturne est propice à une réflexion
singulière sur l'individu. Seuls et pourtant dans l'espace public.
La déambulation devient alors véritablement l'expression
du mouvement de la pensée nocturne, au hasard, notre marche ne
découvre pas seulement l'espace urbain comme nous ne l'avions jamais
vu, notre regard découvre la possibilité de faire se rejoindre
l'individuel et le collectif, l'imagination de possibles et la manifestation
d'impressions subjectives dans l'espace public.
Signes, indices, traces
Cependant, la ville reste avant tout le lieu stratifié
de notre mémoire collective et de notre histoire. Si nous voulons
parler de cité invisible, nous devons d'abord interroger cette
mémoire dont nous sommes constitués et dont nous oublions
les traces. Ces villes, qui déterminent tant notre mode de vie,
sont réceptacles d'événements passés, de conflits
et d'idéaux bien plus puissants que nous pouvons le supposer. Des
murs sont dressés, des immeubles sont éventrés, des
villes sont rasées ou reconstruites pour les bienfaits d'un urbanisme
archaïque ou d'un idéal "supérieur". La compréhension
de notre culture contemporaine passe par là. Et une démarche
documentaire sur les signes, les indices et les traces dans l'espace urbain
apparaît comme l'autre face véritable de la ville nocturne
et de la déambulation. Car dans cette démarche se rejoignent
aussi l'individuel et le collectif. Dans la trame urbaine, notre regard
découvre un lieu ou un non-lieu présent ou passé,
une part de l'histoire.
La ville comme construction collective de mémoire, lieu de production
historique et culturelle. La cité invisible est peut-être
là. Et l'enjeu est de taille : redécouvrir notre histoire
et nous réapproprier ce qui constitue une part de notre culture
contemporaine.
Jean-François Rettig, Nathalie Hénon
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