Programme Berlin 2020
13h00 14h30 15h00 17h00 17h00 Clôture
dimanche

30 août
13h00

Exposition + en direct en ligne
Haus der Kulturen der Welt
John-Foster-Dulles Allee 10, 10557 Berlin / Métro: lignes S5, S7, S9, S75, station: Hauptbahnhof
Exposition de 14h à 20h. Entrée libre à la HKW (sans inscripton)
Pour respecter les mesures sanitaires de distanciation, vous devez apporter vos propres écouteurs pour regarder les œuvres présentées sur moniteur. En cas d'oubli, des écouteurs vous seront fournis sur place au comptoir d'accueil.
Live streaming en accès libre (sans inscription)

"Espace temps"

Thomas mohr: Matters of Time | Vidéo | hdv | couleur | 12:35 | Pays-Bas | 2019 voir plus
daniel & clara: Notes from a Journey | Fiction expérimentale | hdv | couleur | 72:30 | Royaume-Uni | 2019 voir plus
Thomas mohr
Matters of Time
Vidéo | hdv | couleur | 12:35 | Pays-Bas | 2019

From Berlin to Hiroshima, from Hiroshima to Berlin. From Past to Now, from Now to Past. Connecting events, remembering the suffering of war and new beginnings. Observations. 7 identical defined time units each containing a series of 24 progressing intervals of shifting box systems descending from 25x25=625 to 2x2=4 images. The construction of each unit is exactly the same, the content of each unit is entirely individual. Walking through a winter night in Berlin, going from Miyajima island to Hiroshima, the experience of My Facebook Timeline Having devastating destruction in mind and reconstruction. Straight forward, up side down, rotating. Positive, negative. Complex layers, more complex layers. Text, subtext.


Biografy: Moving, changing, transformation, experience. Exploring processes of perception and memory systematically since the late 1980ties. From 1985 onwards a growing archive containing more then 500000 pictures and thousands screenshots regarding a wide range of events of transition from a collective meaning to very personal moments. Living and working in Amsterdam. Distributed by LIMA. Sreenings at various festivals since 2009: IFFR/Rotterdam, JMAF/Tokio, Ars Electronica/LInz, Transmediale Berlin, IFF Japan, NeMaf/Seoul, IKFF/Hamburg, Jihlava IDFF, HAFF/Utrecht, Media Art Biennale Wro, Rencontres Paris/Berlin, EMAF, Atonal Berlin

daniel & clara
Notes from a Journey
Fiction expérimentale | hdv | couleur | 72:30 | Royaume-Uni | 2019

"Notes From A Journey" uses images and sound captured whilst on a journey through the British landscape as the material for an exploration of the acts of looking/seeing listening/hearing. More than simply mapping a journey across the country, this film presents a map of the filmmakers' engagement with the images of the landscape. By reducing them to impressions, fragments, fictions and forms, the recorded images/sounds are transformed into “artefacts” which, when presented in the sequence of a film, activate narratives, ideas and sensations in the viewer. Central to the film are scenes shot at the Neolithic mound and stone circle of Avebury, motifs that speak of the long and complex relationship humans have to their environment and how through art and ritual we seek to understand our place in relation to it. Ultimately this film is a journey in itself – a first person encounter with the limits of perception, it exists in a place where both the recording device and the human senses are tested.


Daniel & Clara, two humans one artist on a journey of exploration of dimensions real and imagined, the results of which consist of moving image, photography and performance. In their current work they have been exploring the British landscape as a site for encounters with the mysterious, the eerie, the otherworldly and the unknown. As they say, “we seek to see with one eye open and one eye closed, sight turned simultaneously out towards the world and inward to the depths of the human experience.” In their work, images and sounds of the landscape become activators of narratives where past, present and the imagination intermingle. Their work has been exhibited and screened internationally at galleries and film festivals including Whitechapel Gallery, Kettle’s Yard, Fabrica Gallery, Close-up Cinema, BFI, Alchemy Film & Moving Image Festival, Doclisboa, Microcinema Artist Moving Image, Museu de Arte Moderna Rio de Janeiro, Black Box Farnham, Film Mutations Zagreb. In 2019 they launched Moving Image Artists (MIA), an organisation dedicated to supporting and cultivating contemporary moving image art and experimental film. This includes an online magazine, screenings and the Moving Image Salon, a monthly gathering for artists to meet, share and discuss their work. The Moving Image Salon takes place at Film and Video Umbrella, London. Several of their films are distributed online by Tao Films and Kinoscope. Films by Daniel & Clara are also included in the BFI National Archive.


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Thomas Mohr recompose sa vie, du passé au présent, du présent au passé, explorant les processus de la perception et de la mémoire. De Berlin à Hiroshima, l’écran est composé de 625 images, ramenées à 4 images. Daniel & Clara retranscrivent un voyage dans la campagne anglaise. Les images et les sons du paysage constituent les activateurs de narrations où le passé, le présent et l’imagination s’entremêlent. Au centre du film, un site néolithique, qui devient le motif de la relation que l’homme entretient avec son environnement, et propose une réflexion sur les profondeurs de la perception et de l’expérience humaines.


dimanche

30 août
14h30

Projection, séance spéciale
Haus der Kulturen der Welt | Vortragssaal
John-Foster-Dulles Allee 10, 10557 Berlin / Métro: lignes S5, S7, S9, S75, station: Hauptbahnhof
Cette séance n'est pas retransmise en streaming
Entrée libre à la HKW, réservation obligatoire



Carte blanche à Pedro Costa

En présence du réalisateur

Pedro Costa: Vitalina Varela | Fiction | color | 2:04:00 | Portugal | 2019

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Vitalina Varela, une Cap-Verdienne de 55 ans, arrive à Lisbonne trois jours après les obsèques de son mari. Elle a attendu son billet d’avion pendant plus de 25 ans.

« Après avoir réalisé "En avant, jeunesse !", je me suis dit que je passais la majorité de mon temps avec Ventura, dans un monde d’hommes : c’est pourquoi j’étais content que Vitalina apparaisse dans ma vie au beau milieu du tournage de « Cavalo Dinheiro », à l’automne 2013. À mon sens, ma rencontre avec Vitalina méritait que j’en fasse un film, c’était aussi simple que ça. Je me suis aussi dit que cette rencontre pouvait me donner l’occasion d’aborder un autre aspect de l’histoire de la diaspora capverdienne – l’histoire des femmes. [...] Le point de départ de « Vitalina Varela », c’était son arrivée dramatique à Lisbonne pour se rendre dans la maison de son mari décédé, dans le quartier de Cova da Moura. Peu à peu, le film a commencé à prendre forme et à évoluer parallèlement aux visites que je rendais à Vitalina, à nos conversations quotidiennes : elle me parlait d’elle, de son mari Joaquim qui avait migré, de ses deux enfants, de sa vie de paysanne au Cap-Vert, de sa vie d’immigrée à Lisbonne... J’ai écouté le récit de ses souvenirs et suggéré certaines directions que nous pourrions prendre dans le film. Vitalina a accepté certaines idées et en a spontanément rejeté d’autres. J’ai continué à faire mon travail : je suggérais, j’ajoutais, je regroupais, je densifiais le tout. C’est ainsi que nous avons commencé à reconstruire l’itinéraire de cette femme. [...] Vitalina et moi-même sommes devenus amis et elle a accepté d’interpréter un second rôle dans le film « Cavalo Dinheiro », où c’était Ventura qui jouait le rôle principal. Plus j’apprenais à connaître Vitalina, plus j’avais la certitude que mon prochain film se ferait avec elle et porterait sur elle. Je me disais qu’elle pouvait être la star d’un film sur sa propre vie, un film qui serait centré sur ses propres souvenirs et ses propres expériences, une sorte de pendant à « Cavalo Dinheiro », avec Vitalina dans le rôle principal et éventuellement Ventura en second rôle. En fait, c’est au cours de la phase de tournage de « Cavalo Dinheiro » que j’ai commencé, avec Vitalina, à mettre sur pied ce projet rêvé. J’ai même utilisé certains financements que j’avais perçus pour mon projet sur Vitalina afin de pouvoir finir « Cavalo Dinheiro ». Comme vous pouvez le voir, « Cavalo Dinheiro » et « Vitalina Varela » sont donc liés par bien des aspects. Ce sont vraiment des films jumeaux.
[...] Pour moi, ces films parlent de gens qui sont au bord du désespoir, de leur lutte – une lutte intérieure, au plus profond de leur être, ainsi qu’une lutte extérieure, contre le mur qui a été bâti autour d’eux, contre le silence qui est leur est tombé dessus. Je travaille au sein d’une communauté très troublée, très désorientée : ces gens étaient des paysans au Cap-Vert, puis ils ont migré à Lisbonne pour trouver du travail ; au Portugal, on les a exploités sans pitié, mais ils avaient besoin de cet argent... J’ignore à quel stade du capitalisme nous nous trouvons actuellement, s’il s’agit d’un stade de progrès ou d’effondrement... Mais je sais que je ne peux pas travailler sur autre chose que sur cette incertitude. C’est un sujet difficile, relativement risqué, mais les scénarios sans danger ne m’intéressent pas.
 »

Pedro Costa (entretien avec Michael Guarneri, Debordements.fr, Novembre 2019)


dimanche

30 août
15h00

Exposition + en direct en ligne
Haus der Kulturen der Welt
John-Foster-Dulles Allee 10, 10557 Berlin / Métro: lignes S5, S7, S9, S75, station: Hauptbahnhof
Exposition de 14h à 20h. Entrée libre à la HKW (sans inscripton)
Pour respecter les mesures sanitaires de distanciation, vous devez apporter vos propres écouteurs pour regarder les œuvres présentées sur moniteur. En cas d'oubli, des écouteurs vous seront fournis sur place au comptoir d'accueil.
Live streaming en accès libre (sans inscription)

"Protocole"

Mike hoolboom: I Touched Her Legs Remix | Vidéo | hdv | couleur et n&b | 0:0 | Canada / US | 2019 voir plus
Javier velazquez cabrero, Xolisile Bongwana: The Loop | Vidéo | hdv | couleur | 4:20 | Afrique du sud | 2018 voir plus
Emmanuelle laine, Benjamin Valenza: Est-on prêtes à endosser les habits de l'artiste ? | Vidéo | 4k | couleur | 19:0 | France | 2019 voir plus
broersen & lukács, in collaboration with Nina Vadsholt: All, or Nothing at All | Vidéo | hdv | couleur | 7:45 | Danemark | 2019 voir plus
Sini pelkki: Sheet N°4 | Film expérimental | 16mm | couleur | 12:0 | Finlande | 2018 voir plus
Ghost Mountain Ghost Shovel collective: Buenos días mujeres | Doc. expérimental | 4k | couleur | 8:20 | Mexique / TAIWAN | 2019 voir plus
Maïder fortunÉ, Annie Mac Donell: Communicating Vessels | Fiction expérimentale | 4k | couleur | 30:48 | Canada | 2019 voir plus
Mike hoolboom
I Touched Her Legs Remix
Vidéo | hdv | couleur et n&b | 0:0 | Canada | 2019

Eva Marie Rodbro’s embedded ethnographic maestro short, originally made in Brownsville, Texas in 2010, is given a fan remake. Night vision animal life and teen hangouts conjure a temporary and fragile collective, while conversation fragments, alternately performed and raw, shouted and whispered, collide.


Mike Hoolboom began making movies in 1980. Making as practice, a daily application. Ongoing remixology. Since 2000 there has been a steady drip of found footage bio docs. The animating question of community: how can I help you? Interviews with media artists for 3 decades. Monographs and books, written, edited, co-edited. Local ecologies. Volunteerism. Opening the door.

Javier velazquez cabrero, Xolisile Bongwana
The Loop
Vidéo | hdv | couleur | 4:20 | Afrique du sud | 2018

We get in touch with the creative processes of both artists. At the beginning of the video, we see a small interview with Xolisile, which shows how the previous interaction was. He does not want to verbally negotiate his interests, proposing an exclusively corporal dialogue. When asked about his opinion on the system of rules with which is proposed to work, Xolisile continues with an enigmatic and powerful career that works as an escape and as a response at the same time.


Emmanuelle laine, Benjamin Valenza
Est-on prêtes à endosser les habits de l'artiste ?
Vidéo | 4k | couleur | 19:0 | France | 2019

Synopsis court Les paroles de femmes travaillant dans un centre d’art sont jouées en lip-sync par une femme installée dans un intérieur sommairement meublé. Affects et expériences de travail se mêlent à mesure que la protagoniste est habillée de différentes tenues. Synopsis long Les paroles de femmes travaillant dans un centre d’art sont jouées en lip-sync par une femme installée dans un intérieur sommairement meublé. Affects et expériences de travail se mêlent à mesure que la protagoniste est habillée de différentes tenues qui petit à petit contraignent, exhibent puis dissimulent son corps. Une statue se détache sur un ciel bleu, dans le silence d’une rue. Alors que le monologue se poursuit, l’espace vacant devient celui d’une institution imaginaire, traversé de silhouettes de visiteurs et collaborateurs. Aux récits se mêlent des images d’archives, fragments de performances d’artistes femmes, détails d’une pratique collective de l’art.

LAINÉ VALENZA — vit et travaille à Marseille Lainé Valenza est un duo d’artistes, constitué à partir d’une conversation perpétuelle, d’une zone commune à la frontière de leurs recherches respectives. Il se caractérise par un intérêt pour la critique institutionnelle, la mutation des formes d’images et d’une attention visuelle, de ses enjeux culturels subjectifs et politiques. Au fil des projets, le duo emploi des formes visuelles diverses, telles que le cinéma étendu, des installations in situ, de la télévision en direct, des performances, etc. Emmanuelle Lainé est une artiste visuelle déjà bien connue pour ses installations in-situ à grande échelle. Elles montrent souvent une reconstitution précise de l'architecture créant un espace critique pour la perception du spectateur ainsi que pour l’institution qui l’accueil. Ses Installation se caractérisent par une utilisation systématique de la photographie très grand format, associée à un langage sculptural très exigeant. Benjamin Valenza concentre depuis plusieurs années déjà sa pratique artistique sur la création d'un média à part entière. Prenant en compte Internet et le numérique autant que la télévision comme point de départ il s’agit d’une forme critique et intentionnellement non déterminée . Le lieu d'exécution ou la problématique du contexte est central dans son travail, il s'articule avec la sculpture et l'installation afin de créer des situations de micro politique ou l’artiste s’efface au profit du collectif.

broersen & lukács, in collaboration with Nina Vadsholt
All, or Nothing at All
Vidéo | hdv | couleur | 7:45 | Danemark | 2019

In ‘All, or Nothing at All’ Margit Lukács and Persijn Broersen explore the hybridity, in image and sound, of the ultra-thin surface of digital photography in order to contemplate its role in shaping our experience and memory. ‘All, or Nothing at All’ takes its cue from Frank Sinatra’s 1939 first hitsong. Originally performed from an utterly male perspective, Danish singer Nina Vadshølt transformed the song into an angelic, rebellious chant in which many voices converge and dispute eachother. Broersen & Lukács constructed an army of avatars, impersonations of Nina Vadshølt, that ramble through a digital replica of the ancient city of Viborg(Denmark): a labyrinth of abandoned malls, garages, crusader paths and centuries old alleys as portals to another dimension. The choreography is based on West Side Story, the 1961 adaptation of Romeo and Juliet, in which Puerto-Rican and Polish streetgangs fight eachother. In ‘All, or Nothing at All’ the duality is depicted in the display of the real and the virtual, in which the ancient town of Viborg appears as a hollow veil resembling the way in which everything seems feasible that appears on our screens, a world in which there is no middle ground, only Everything or Nothing.


Margit Lukács and Persijn Broersen are artists based in Amsterdam, working together since 2002. In today’s visual culture, fiction is usurping the place of reality. Broersen & Lukács respond to this by creating video animations presenting a parallel world of spectacular images that wholly absorb the viewer in which 'nature' functions as a mirror for our media-dictated culture. Their works, consisting of layered projections, digital animations and spatial installations, have been exhibited by renowned institutions and organisations both domestically and internationally. Lukács & Broersen’s work have been shown at a.o. Rencontres Arles (France), Art Wuzhen (China), Biennale of Sydney (Australia), Karachi Biennial (Pakistan), Stedelijk Museum Amsterdam (Netherlands), FOAM (Netherlands), MUHKA (Belgium), Centre Pompidou (Paris), Kröller Müller (Netherlands) and Casa Enscendida (Madrid). Their films have been shown at several festivals including LAForum (Los Angeles), Oberhausen FilmFest (Germany), Kassel Dokumentar und Filmfestival (Germany), Rencontres Paris Berlin at Louvre, Paris (France), Haus der Kulturen der Welt, Berlin (Germany), the New York Film Festival (United States), IDFA (Netherlands) and IFFR (The Netherlands). Upcoming shows are Forest on Location, A Space Gallery, (Toronto, Canada) Shaping the Invisible World- at Hek (Basel , Switzerland) and Rubble: A Matter of Time at Auckland Art Gallery (New Zealand.

Sini pelkki
Sheet N°4
Film expérimental | 16mm | couleur | 12:0 | Finlande | 2018

Sheet No4 examines the outlines and borders of a photograph -and a human being. How to look, how to see, how to move. Using repetition and reinterpretation to both construct and deconstruct the image and its boundaries. A Conflict between outlines and content. One of the starting points of the work was the dialogue between Pelkki and the four multidisciplinary artists, whom she invited to collaborate; Emma Hammarén, Magnús Logi Kristinsson, Johan Jonason and Keiko Yamamoto. The interaction and diverse interpretations embodied in those exchanges becomes the core of Sheet No4. The name of the work refers to a contact sheet, a proposal for a photograph, where all the options are there with possible re-framing and remarks.


Sini Pelkki (b. 1978 Helsinki) works with photography and moving image. She is interested in the subjectivity of seeing, introspective lives of spaces within spaces. In her works landscapes, figures and objects turn into layered narratives that lead to various paths and ambiguous readings. Recent years her work has been going towards different kind of collaborations. Her first work in book form Arranged Lines was released in 2018. Sini Pelkki (b. 1978 Helsinki) works with photography and moving image. She is interested in the subjectivity of seeing, introspective lives of spaces within spaces. In her works landscapes, figures and objects turn into layered narratives that lead to various paths and ambiguous readings. Recent years her work has been going towards different kind of collaborations. Her first work in book form Arranged Lines was released in 2018. Pelkki gained her Bachelor degree in Fine Art from Chelsea College of Art and Design, London (UK) in 2002 and MA from the Academy of Fine Arts Helsinki in 2008. Her works have been shown in exhibitions and film festivals internationally.

Ghost Mountain Ghost Shovel collective
Buenos días mujeres
Doc. expérimental | 4k | couleur | 8:20 | Mexique | 2019

Two strangers, M and A, encounter each other in different sites around Escandón (Mexico City) following action scripts that designate their journey and reflects on the issue of femicide. Between auto-cinema and auto-documentary, Buenos días mujeres is designed beforehand but played out in the absence of the director. Confronted with several scenarios and sets, the main characters in the film interpret the narrative as if on auto-pilot, while the photographers document their actions, freezing the specific time and charting a path for future viewers.


Ghost Mountain Ghost Shovel Art Collective (2009-Now) which led by director Val Lee, creates live works that build constructed ephemeral situations where the audience enters a poetic constellation of action script, installation, sound, hypnotic rhetoric, composite structure, mise-enscène, and space. Their works currently focus on urban violence, political turmoil, body memories of the unusual state, abstruse historical reenactment, and the diversified modes of psychological absorption and participation for public audiences. Through the continuous collaborations of friends from visual arts, performing arts, experimental music, and activism, their interdisciplinary yet site-responsive works form some dialogue and resistance in a dream.

Maïder fortunÉ, Annie Mac Donell
Communicating Vessels
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 30:48 | Canada | 2019

An art professor tells the peculiar story of her student E., a strange young woman whose conceptual performance pieces and singular existence leave the professor increasingly unmoored. Combining fictional narrative, personal anecdote and private conversation, Communicating Vessels explores how we influence each other in ways that are sometimes good, sometimes bad, yet always urgent and necessary. An unusual tribute to art and its creation, channelling seminal performances by Joan Jonas and Lygia Clark.


Maïder Fortuné, studied literature and theatre (École Jacques Lecoq in Paris) before entering Le Fresnoy National Studio for Contemporary Arts, where she developed a performance-related practice of the technological image. With its great formal rigor, Fortuné’s work commands all the viewer’s attention for a genuine experience of the image and its processes. Recently, her practice turned to more narratives preoccupations. Lecture performances and films deeply rooted in writing, are the mediums she process to open up new narrative strategies. Her work has been exhibited internationaly (Europe, Brazil, Canada, China, Japan). In 2010 she won the Villa Medicis fellowship in Roma, Italy. Recent shows and performances have been held at Gallery 44, Toronto, Centre Pompidou Paris, and the Toronto International Film Festival. In 2019, her mid-length film L’inconnu de Collegno was part of IFFR Bright Future selection. In 2020, Communicating Vessels runs for the Accomodo Tiger award at IFFR Rotterdam. ANNIE MACDONELL- BIO Annie MacDonell is a visual artist. Her practice begins from the photographic impulse to frame and capture, and is concerned with the production and circulation of images in the present moment. Her work includes film, installation, sculpture, performance and writing in addition to photography. She received a BFA from Ryerson University in 2000, followed by graduate studies at Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, in France. Recent solo shows have been held at Gallery 44, Toronto, Parisian Laundry, Montreal, the Art Gallery of Ontario. Recent performances have been presented at Nuit Blanche Toronto, le Centre Pompidou and the Toronto International Film Festival. In 2019, her films have screened at TIFF and the Viennale. In 2012 she was short-listed for the AGO AMIA prize for photography, and she was long listed for the Sobey Art Award in 2012, 2015 and 2016. She is a founding member of Emilia Amalia, a feminist research and writing group. She is an assistant professor at Ryerson University and lives in Toronto with her family.


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Mike Hoolboom reprend un film d’Eva Marie Rodbro, qui avait filmé des adolescents au Texas, en 2010. Des visions de la vie animale nocturne s’entremêlent aux images et fragments de conversations, comme pour conjurer le caractère temporaire et la fragilité de cette communauté. Les deux artistes Javier Velazquez Cabrero et Xolisile Bongwana tentent d’établir un processus de travail et de négociations afin de réaliser une performance. Emmanuelle Laine et Benjamin Valenza ont mené des entretiens avec des femmes travaillant dans un centre d’art. Après une étape d’écriture expérimentale, ils ont fait jouer en lip-sync les témoignages croisés, pour en faire une voix unique, allégorie à la première personne. Aux récits se mêlent des images d’archives, fragments de performances d’artistes femmes, comme autant de détails d’une pratique collective de l’art. Persijn Broersen et Margit Lukács explorent la surface de l’image numérique. La chanson de Frank Sinitra “All, or Nothing at All” devient un chant de rébellion, ici interprétée par une chanteuse d’opéra dédoublée en avatars numériques qui exécutent la chorégraphie de West Side Story. Sini Pelkki a invité quatre artistes à échanger au sujet d’une image, qui en examinent les frontières et les limites au moyen de la répétition et de la réinterprétation. Le collectif Ghost Mountain Ghost Shovel, dans sa pratique de construction de situations éphémères, demande à des personnages d’interpréter un script comprenant divers scénarios. Ils réalisent ainsi des actions performatives qu’ils doivent choisir et improviser, en l’absence de toute consigne. Maïder Fortuné et Annie Mac Donell combinent narration fictionnelle, anecdotes personnelles et conversations privées, pour retracer la relation, sous forme de vase communicant, entre une professeure d’art et son étudiante, dont les pièces performatives et conceptuelles sont profondément intrigantes. Il s’agit aussi d’un hommage aux œuvres de Joan Jonas et de Lygia Clark.


dimanche

30 août
17h00

Exposition + en direct en ligne
Haus der Kulturen der Welt
John-Foster-Dulles Allee 10, 10557 Berlin / Métro: lignes S5, S7, S9, S75, station: Hauptbahnhof
Exposition de 14h à 20h. Entrée libre à la HKW (sans inscripton)
Pour respecter les mesures sanitaires de distanciation, vous devez apporter vos propres écouteurs pour regarder les œuvres présentées sur moniteur. En cas d'oubli, des écouteurs vous seront fournis sur place au comptoir d'accueil.
Live streaming en accès libre (sans inscription)

"Dante et les oiseaux"

Tommaso donati: Je parle à mes démons | Doc. expérimental | hdv | couleur | 22:30 | Suisse | 2019 voir plus
Guy massaux: La selva oscura | Fiction expérimentale | 4k | couleur | 19:0 | Italie / Belgique | 2018 voir plus
Markus fiedler, Stanley Edward, Nanna Katrine Hansen, Thomas Elsted : Cast Away Souls | Documentaire | hdv | couleur | 34:14 | Allemagne / Denmark | 2019 voir plus
Philippe terrier-hermann, Alizée Berthet, Léna Besson: Alla ricerca degli Siculi | Vidéo | hdv | couleur | 8:30 | Italie | 2019 voir plus
Shireen seno: A Child Dies, a Child Plays, a Woman is Born, a Woman Dies, a Bird Arrives, a Bird Flies Off | Vidéo | hdv | couleur | 4:46 | Philippines | 2018 voir plus
Tommaso donati
Je parle à mes démons
Doc. expérimental | hdv | couleur | 22:30 | Suisse | 2019

Patrice est reclus dans la prison de Bois-d’Arcy. Comme autant un acteur et spectateur silencieux, il cache son drame à travers une routine faite des gestes quotidiens et des posture ambigues.

Tommaso Donati (1988, Suisse) vit et travaille à Lugano. Son travail explore le point de rencontre du documentaire, de la fiction expérimentale et de la photographie en racontant des histoires de marginalisation et de relations entre les gens et l'espace-nature dans lequel ils vivent.

Guy massaux
La selva oscura
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 19:0 | Italie | 2018

La Selva oscura (La forêt obscure) film/vidéo, texte de Dante Alighieri, La Comédie, L’Enfer, Chant treizième (XIII) Préambule: Dans la forêt des suicidés, Dante et Virgile croisent deux formes humaines qui fuient devant eux, arrachant tout sur leur passage et brutalisant ainsi elles-mêmes leur chair jusqu’à ce que des chiennes faméliques (Harpyes) les rejoignent et les dépècent. Tel est le châtiment de ceux qui ont péché contre eux-mêmes par dissipation. Synopsis: Par une nuit obscure, A. et D. progressent, séparément, dans une forêt où nul sentier n’indique le chemin à suivre, où aucune issue ne se présente à eux. Ils se sont égarés, la forêt les retient. Ils surgissent de l’obscurité, débusqués par les éclairages qui les aveuglent. Un face-à-face s’installe entre eux et la forêt, à la présence des arbres répondent leurs propres regards et voix. A. s’est levé, D. de même, résonnent en eux les aboiements d’une meute de chiens qui progressivement se rapproche. Une course-poursuite est engagée où toute issue leur sera fatale.

Guy Massaux est artiste visuel, curateur d’exposition, professeur d’art à l’Académie des beaux-arts de Bruxelles. Après avoir consacré son travail d’artiste principalement à la peinture, il oriente, depuis plusieurs années, ses préoccupations de création autour de l’image en mouvement par l’écriture cinématographique, notamment à travers des dispositifs de vidéo-installations. Il a réalisé plusieurs courts métrages en langue italienne, La Selva Oscura (2018), Il Rifugio (2014) et "B.", film en cours de post-production (2020). Il partage ses principales activités et son emploi du temps entre l’Italie et la Belgique. Il collabore régulièrement avec Mirco Mencacci ingénieur du son. Créateur des univers sonores de films italiens tels que « Le Regard de Michel Ange (Lo Sguardo di Michelangelo) » de Michelangelo Antonioni, « Nos meilleures années (La Meglio gioventu)» de Marco Tullio Giordana ou encore «La Fenêtre d’en face» (Facing Windows) de Ferzan Ozpetec. Pour ses créations, il travaille sur une nouvelle manière de diffuser le son et développe le système du « son sphérique », utilisé pour la première fois dans le film « Le Regard de Michel Ange ».

Markus fiedler, Stanley Edward, Nanna Katrine Hansen, Thomas Elsted 
Cast Away Souls
Documentaire | hdv | couleur | 34:14 | Allemagne | 2019

Cast Away Souls looks at the political structures behind the conditions at the deportation centre Sjælsmark, as well as at the controversial methods used to push the centre's residents to leave Denmark voluntarily. Some call the methods inhumane, while others call them necessary. Through a conversation between the Sjælsmark unit manager Niels Johannessen and one of the residents, Stanley Edward, the film talks about everyday life under constant pressure and about a life where human rights and international conventions are put to the test. Cast Away Souls hits squarely home in one of today's great political discussions, not just about the conditions that children live in at Sjælsmark, but also more generally about human compassion and human rights at centres such as Sjælsmark.


Markus Fiedler, born 1972 in Hamburg/Germany, successfully completed his Studies of Psychology at the University of Hamburg in 2001. In addition he started the Studies of Visual Communication at the University of Fine Arts Hamburg (HfbK) between 1998 and 2003. From 2007 to 2011 he he completed the Postgraduate Studies of Audio-Visual Media / Film & TV at the Academy of Media Arts (KHM) in Cologne/Germany with his graduation film 'Elif's Boys', a 99min documentary about the story of three generations of men of a turkish-kurdish family who migrated to Germany. Since 2002 Fiedler is working as an independent filmmaker, mainly in the field of narrative documentaries. He has been working as screen printer, graphic artist and billsticker.

Philippe terrier-hermann, Alizée Berthet, Léna Besson
Alla ricerca degli Siculi
Vidéo | hdv | couleur | 8:30 | Italie | 2019

La Sicile se situe en plein centre de la Méditerranée. Elle a été traversée par de multiples peuples dans son histoire. Elle fut sicule, phénicienne, grecque, arabe, normande puis italienne depuis 150 ans. De par sa situation géographique elle a toujours été un lien entre l'Europe et l'Afrique, entre l'Orient et l'Occident. Depuis quelques années elle est naturellement devenue l'une des portes d'entrée de l'immigration dite illégale en Europe.

Ce film collectif a été réalisé dans le cadre du programme de recherche "Fixer l'archipel" dirigé par Philippe Terrier-Hermann avec les étudiants de l'ISBA, de l'académie de Naples et de La Cambre, section photographie : Melio Lannuzel, Sarah Toscano, Léna Besson, Delphine Pecheux, Alizée Berthet, Sonia Lalaoui, Johanna Defranoux, Nina Jonsson Qi, Marjolaine Abaléa et les professeurs Hervé Charles et Géraldine Pastor-Loret.

Shireen seno
A Child Dies, a Child Plays, a Woman is Born, a Woman Dies, a Bird Arrives, a Bird Flies Off
Vidéo | hdv | couleur | 4:46 | Philippines | 2018

"A child dies, a child plays, a woman is born, a woman dies, a bird arrives, a bird flies off", is a voyeuristic glimpse of both local birds and migratory ones that make the Philippine marshlands their home for a time.


Shireen Seno is a lens-based artist whose work addresses memory, history, and image-making, often in relation to the idea of home. She was born to a Filipino family in Japan, where she spent most of her childhood. She has had two solo exhibitions and is a 2018 recipient of the 13 Artists Award from the Cultural Center of the Philippines. Her photo zine Trunks, produced while in residency at Objectifs Centre for Photography and Filmmaking, has been exhibited widely. She started out in film shooting stills for Lav Diaz before going on to direct her debut feature, Big Boy (2012), shot entirely on Super 8. It premiered at Rotterdam and won Best First Film at the Festival de Cine Lima Independiente. Her second film, Nervous Translation (2018), is about a girl who finds out about a pen that can translate the thoughts and feelings of nervous people. It premiered in Hivos Tiger Competition in Rotterdam and won the NETPAC Award for Best Asian Film. Other awards include: Critics’ Prize at Olhar de Cinema - Curitiba International Film Festival, Asian New Talent Award for Best Script Writer at Shanghai International Film Festival, Jury Special Mention at Pacific Meridian International Film Festival of Asia-Pacific Countries in Vladivostok, and Silver Hanoman at Jogja-Netpac Asian Film Festival. It also screened at MoMA as part of New Directors/New Films, Tate Modern as part of their Artists’ Cinema program, and at the Tokyo Photographic Art Museum for Yebisu International Festival for Art & Alternative Visions.


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A la prison de Bois d’Arcy, Tommaso Donati filme Patrice. Reclus, il cache son drame à travers une routine faite de gestes quotidiens et de postures ambigües. Guy Massaux reprend le chant XXIII de la Divine Comédie. La « forêt obscure », forêt des suicidés de l’Enfer de Dante devient le lieu de l’errance sans issue, autant qu’une réflexion sur la condition humaine et la crise de l’humanisme en occident. Au Danemark, Markus Fiedler, Stanley Edward, Nanna Katrine Hansen et Thomas Elsted filment le dialogue entre un ancien résident et un responsable du centre de rétention administrative pour les déboutés de l’asile de Sjaelsmark. Le film retrace la vie quotidienne dans le centre, questionne la froideur du système et la politique européenne envers les demandeurs d’asile. Philippe Terrier-Hermann, Alizée Berthet et Léna Besson interogent le passé et le présent de la Sicile. Centrale en Méditerranée, de multiples peuples ont traversé l’île au cours de son histoire. Elle fut sicule, phénicienne, grecque, arabe, normande puis italienne, depuis 150 ans. Elle est le lien entre l’Europe et l’Afrique, entre l’Orient et l’Occident. Shireen Seno observe le passage des oiseaux migrateurs aux Philippines, qui font des marais leur terre d’accueil pour un temps, et qui, pour survivre, doivent continuellement s’adapter.


dimanche

30 août
17h00

Projection, rencontre, discussion
Haus der Kulturen der Welt | Vortragssaal
John-Foster-Dulles Allee 10, 10557 Berlin / Métro: lignes S5, S7, S9, S75, station: Hauptbahnhof
Cette séance n'est pas retransmise en streaming
Entrée libre à la HKW, réservation obligatoire



Séance de clôture
Carte blanche à Pedro Costa

La projection sera suivie d'une discussion avec le réalisateur

Pedro Costa: Vitalina Varela | Fiction | color | 2:04:00 | Portugal | 2019

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Vitalina Varela, une Cap-Verdienne de 55 ans, arrive à Lisbonne trois jours après les obsèques de son mari. Elle a attendu son billet d’avion pendant plus de 25 ans.

« Après avoir réalisé "En avant, jeunesse !", je me suis dit que je passais la majorité de mon temps avec Ventura, dans un monde d’hommes : c’est pourquoi j’étais content que Vitalina apparaisse dans ma vie au beau milieu du tournage de « Cavalo Dinheiro », à l’automne 2013. À mon sens, ma rencontre avec Vitalina méritait que j’en fasse un film, c’était aussi simple que ça. Je me suis aussi dit que cette rencontre pouvait me donner l’occasion d’aborder un autre aspect de l’histoire de la diaspora capverdienne – l’histoire des femmes. [...] Le point de départ de « Vitalina Varela », c’était son arrivée dramatique à Lisbonne pour se rendre dans la maison de son mari décédé, dans le quartier de Cova da Moura. Peu à peu, le film a commencé à prendre forme et à évoluer parallèlement aux visites que je rendais à Vitalina, à nos conversations quotidiennes : elle me parlait d’elle, de son mari Joaquim qui avait migré, de ses deux enfants, de sa vie de paysanne au Cap-Vert, de sa vie d’immigrée à Lisbonne... J’ai écouté le récit de ses souvenirs et suggéré certaines directions que nous pourrions prendre dans le film. Vitalina a accepté certaines idées et en a spontanément rejeté d’autres. J’ai continué à faire mon travail : je suggérais, j’ajoutais, je regroupais, je densifiais le tout. C’est ainsi que nous avons commencé à reconstruire l’itinéraire de cette femme. [...] Vitalina et moi-même sommes devenus amis et elle a accepté d’interpréter un second rôle dans le film « Cavalo Dinheiro », où c’était Ventura qui jouait le rôle principal. Plus j’apprenais à connaître Vitalina, plus j’avais la certitude que mon prochain film se ferait avec elle et porterait sur elle. Je me disais qu’elle pouvait être la star d’un film sur sa propre vie, un film qui serait centré sur ses propres souvenirs et ses propres expériences, une sorte de pendant à « Cavalo Dinheiro », avec Vitalina dans le rôle principal et éventuellement Ventura en second rôle. En fait, c’est au cours de la phase de tournage de « Cavalo Dinheiro » que j’ai commencé, avec Vitalina, à mettre sur pied ce projet rêvé. J’ai même utilisé certains financements que j’avais perçus pour mon projet sur Vitalina afin de pouvoir finir « Cavalo Dinheiro ». Comme vous pouvez le voir, « Cavalo Dinheiro » et « Vitalina Varela » sont donc liés par bien des aspects. Ce sont vraiment des films jumeaux.
[...] Pour moi, ces films parlent de gens qui sont au bord du désespoir, de leur lutte – une lutte intérieure, au plus profond de leur être, ainsi qu’une lutte extérieure, contre le mur qui a été bâti autour d’eux, contre le silence qui est leur est tombé dessus. Je travaille au sein d’une communauté très troublée, très désorientée : ces gens étaient des paysans au Cap-Vert, puis ils ont migré à Lisbonne pour trouver du travail ; au Portugal, on les a exploités sans pitié, mais ils avaient besoin de cet argent... J’ignore à quel stade du capitalisme nous nous trouvons actuellement, s’il s’agit d’un stade de progrès ou d’effondrement... Mais je sais que je ne peux pas travailler sur autre chose que sur cette incertitude. C’est un sujet difficile, relativement risqué, mais les scénarios sans danger ne m’intéressent pas
. »

Pedro Costa (entretien avec Michael Guarneri, Debordements.fr, Novembre 2019)


dimanche

30 août

Séances de clôture
14h30 > 20h00

Haus der Kulturen der Welt | Vortragssaal
John-Foster-Dulles Allee 10, 10557 Berlin / Métro: lignes S5, S7, S9, S75, station: Hauptbahnhof
Ces séances ne sont pas retransmises en streaming
Entrée libre à la HKW, réservation obligatoire

 

Carte blanche à Pedro Costa

Pour clôre cette édition 2020, les Rencontres Internationales Paris/Berlin invitent Pedro Costa pour deux séances de projection exceptionnelles de "Vitalina Varela", à 14h30 et 17h. La séance de 17h sera suivie d'une rencontres-discussion avec le réalisateur.

Pedro Costa: Vitalina Varela | Fiction | color | 2:04:00 | Portugal | 2019

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Vitalina Varela, une Cap-Verdienne de 55 ans, arrive à Lisbonne trois jours après les obsèques de son mari. Elle a attendu son billet d’avion pendant plus de 25 ans.

« Après avoir réalisé "En avant, jeunesse !", je me suis dit que je passais la majorité de mon temps avec Ventura, dans un monde d’hommes : c’est pourquoi j’étais content que Vitalina apparaisse dans ma vie au beau milieu du tournage de « Cavalo Dinheiro », à l’automne 2013. À mon sens, ma rencontre avec Vitalina méritait que j’en fasse un film, c’était aussi simple que ça. Je me suis aussi dit que cette rencontre pouvait me donner l’occasion d’aborder un autre aspect de l’histoire de la diaspora capverdienne – l’histoire des femmes. [...] Le point de départ de « Vitalina Varela », c’était son arrivée dramatique à Lisbonne pour se rendre dans la maison de son mari décédé, dans le quartier de Cova da Moura. Peu à peu, le film a commencé à prendre forme et à évoluer parallèlement aux visites que je rendais à Vitalina, à nos conversations quotidiennes : elle me parlait d’elle, de son mari Joaquim qui avait migré, de ses deux enfants, de sa vie de paysanne au Cap-Vert, de sa vie d’immigrée à Lisbonne... J’ai écouté le récit de ses souvenirs et suggéré certaines directions que nous pourrions prendre dans le film. Vitalina a accepté certaines idées et en a spontanément rejeté d’autres. J’ai continué à faire mon travail : je suggérais, j’ajoutais, je regroupais, je densifiais le tout. C’est ainsi que nous avons commencé à reconstruire l’itinéraire de cette femme. [...] Vitalina et moi-même sommes devenus amis et elle a accepté d’interpréter un second rôle dans le film « Cavalo Dinheiro », où c’était Ventura qui jouait le rôle principal. Plus j’apprenais à connaître Vitalina, plus j’avais la certitude que mon prochain film se ferait avec elle et porterait sur elle. Je me disais qu’elle pouvait être la star d’un film sur sa propre vie, un film qui serait centré sur ses propres souvenirs et ses propres expériences, une sorte de pendant à « Cavalo Dinheiro », avec Vitalina dans le rôle principal et éventuellement Ventura en second rôle. En fait, c’est au cours de la phase de tournage de « Cavalo Dinheiro » que j’ai commencé, avec Vitalina, à mettre sur pied ce projet rêvé. J’ai même utilisé certains financements que j’avais perçus pour mon projet sur Vitalina afin de pouvoir finir « Cavalo Dinheiro ». Comme vous pouvez le voir, « Cavalo Dinheiro » et « Vitalina Varela » sont donc liés par bien des aspects. Ce sont vraiment des films jumeaux.
[...] Pour moi, ces films parlent de gens qui sont au bord du désespoir, de leur lutte – une lutte intérieure, au plus profond de leur être, ainsi qu’une lutte extérieure, contre le mur qui a été bâti autour d’eux, contre le silence qui est leur est tombé dessus. Je travaille au sein d’une communauté très troublée, très désorientée : ces gens étaient des paysans au Cap-Vert, puis ils ont migré à Lisbonne pour trouver du travail ; au Portugal, on les a exploités sans pitié, mais ils avaient besoin de cet argent... J’ignore à quel stade du capitalisme nous nous trouvons actuellement, s’il s’agit d’un stade de progrès ou d’effondrement... Mais je sais que je ne peux pas travailler sur autre chose que sur cette incertitude. C’est un sujet difficile, relativement risqué, mais les scénarios sans danger ne m’intéressent pas.
 »

Pedro Costa (entretien avec Michael Guarneri, Debordements.fr, Novembre 2019)