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 12-21 AVRIL 2010
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 EXPOSITION
  • 14:00 > 21:00
tabacalera TABACALERA
FUTUR CENTRE NATIONAL DES ARTS VISUELS
Calle Embajadores, 53 - 28012 Madrid
Métro: Ligne 3, Embajadores
Entrée libre
[EXPOSITION]
DU 12 AU 21 AVRIL

OUVERTURE LE 12 AVRIL > 19:00
DU 13 AU 21 AVRIL > 14:00 - 21:00


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TOUS LES JOURS
EN ENTREE LIBRE
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"BETWEEN YOU AND ME"



Patrick BERNATCHEZ : 13 | Fiction expérimentale | 16mm | couleur | 0:13:00 | Canada | 2009


« 13 » est la troisième partie de la « Trilogie Chrysalide », autour de l'immeuble Fashion Plaza – un bâtiment industriel monumental, situé dans le quartier Mile End à Montréal. Cet immeuble est un lieu de constante inspiration et de recherche alimentant une réflexion sur les structures économiques qui déterminent nos manières de vivre, leur répercussion implicite et son impact sur les individus et aussi bien que sur la société. Et c’est traduit par un regard onirique sur l’hégémonie d’un empire et conséquemment de son déclin. La vidéo de Bernatchez commence par une vue aérienne de l’espace d’une grande usine. Accompagnée par une partition orchestrale montée, la caméra descend lentement vers et à travers un sol en ciment. Elle pénètre ensuite dans l’infrastructure du bâtiment pour montrer de nouveaux espaces – une salle de livraison, une menuiserie et plus – en dessous. Les mouvements constamment tombant dans le bâtiment en 13 révèle une série de parties communes, comme un studio de photo, une chambre pleine de conduits de chauffage et une bureau, qui devrait habituellement passé inaperçu mais pour les scénarii de plus en plus étrange que Bernatchez a placé en eux. De Ronald Mc Donald se préparant sur une chaise de maquillage à un agent de sécurité apparemment inconscient, trempé et ruisselant, « 13 » crée un collage inventif, absurde, et étrangement disjoint d’histoires filmiques.

Patrick Bernatchez vit et travaille à Montréal. Son intérêt se situe dans la "chronique d'une mort annoncée", à travers le défilement immuable du temps : celle des êtres vivants, des individus, des sociétés. il s'intéresse aux traits d'une certaine schizophrénie sociale entre figuration et abstraction. Ces traits sont traduits tant par des compositions picturales, photographiques, filmiques que sous forme d'installation sculpurales et sonores. Son travail a été présenté au Musée d’art contemporain et de design de Hertogenbosch, Pays-Bas ; au Canada au Musée d’art contemporain de Montréal, à l’Usine C, Montréal ; au Musée national du Moyen Âge Paris (France), à l'occasion de la Nuit Blanche 2009 ; à la Media Art Biennial de Melbourne, Australie.


Tony COKES : shrinking.criticism | Vidéo expérimentale | dv | couleur | 0:12:33 | USA | 2009



Une des idées centrales du travail de Tony Cokes est l’opinion selon laquelle travailler avec plusieurs média à la fois est une stratégie qui peut permettre de rejouer et de questionner les caractéristiques de la production culturelle du capital global. Récemment, il a travaillé sur un projet de performance/vidéo autour de la critique d’art. Pour que ces pratiques, leur critique et leur contexte capitaliste frappent le spectateur et résonnent en lui de manière différente, un détour par le dub puissant et martelé du groupe Kromestar s’imposait. « Shrinking criticism » fait explicitement référence à un article, « The decline and fall of art criticism » (le déclin et la chute de la critique d’art) par l’écrivain anglais Julian Stallabrass qui dresse un réquisitoire convaincant contre le mélange de l’art, de la publicité, et des affaires que l’on observe dans l’art contemporain depuis deux décennies.

Tony Cokes est né en 1956. Il a passé un B.A au Goddard College dans le Vermont. Il a également participé à l’Independent Study Program du Whitney Museum, et a obtenu un M.F.A. à la Virginia Commonwealth University dans le Richmond. Dans une série de vidéos et d’installations produites depuis le milieu des années 1980, Tony Cokes se livre à des enquêtes sérieuse sur l’identité et l’opposition. Son travail interroge les influences des origines sur la construction de la subjectivité (personnelle, culturelle et historique), et également les genres et les classes perçus à travers ce qu’il nomme le régime représentationnel de l’image et du son qu’Hollywood perpétue, c’est-à-dire les médias et la culture populaire. La stratégie analytique de Cokes se constitue par des recadrage et des repositionnements. Ses critiques sont nourries par les cultural studies contemporaines, la théorie poststructuraliste, et les textes populaires ; il cite différentes pensées, de Louis Althusser, Malcolm X et Catherine Clément à Public Enemy et William Burroughs. Il travaille souvent avec des images d’archives, des images de films hollywoodiens, des commentaires de textes, des voix off et la musique populaire. Il a gagné des bourses et des prix de la fondation Rockefeller, de la fondation Guggenheim, du Fond national pour les arts, du New York State Council for the Arts, et de la Fondation pour les arts de New York. Les vidéos et les installations multimédia de Cokes ont été montrées dans plusieurs expositions, notamment au Museum of Modern Art, au Whitney Museum of American Art, au Guggenheim Museum Soho, et au New Museum of Contemporary Art à New York; à l’Institute of Contemporary Art de Boston, et à la Documenta X de Kassel. Cokes enseigne actuellement à la Brown University. Il vit actuellement à Providence, Rhode Island.


Eric CONVENTS: Office Baroque, a project by Gordon Matta Clark | Documentaire | 16mm | noir et blanc | 0:44:00 | USA | 1977



Matta-Clark a scindé en deux un bâtiment commercial de cinq étages implanté face au Steen, un site touristique à Antwerp. A la mort de Matta-Clark survenue peu de temps après, est né le projet de sauver le bâtiment pour en faire un musée d’art contemporain, mais le bâtiment a été finalement détruit. Cette œuvre comprend aussi une interview avec l’artiste. Plus qu’un simple document sur son intervention, les commentaires de Matta-Clark sur son propre travail permettent d’une manière unique de pénétrer son processus créatif.

Gordon Matta-Clark est né à New York en 1943 et il est mort en 1978. Il a fait des études de littérature française à la Sorbonne et d’architecture à la Cornell University. A partir des années 1970, en tant que membre fondateur du restaurant tenu par des artistes à New York, dans le quartier de SoHo, Matta-Clark a participé dans beaucoup d’expositions de groupe et participé à un certain nombre de projet. Son travail a été présenté à la Documenta V, à Cassel, en Allemagne ; et ses expositions à Sao Paolo, Berlin, Zürich, et à la 9eme Biennale de Paris. Les plus importants projets de Matta-Clark se sont produits à Aix-La-Chapelle, Paris et Antwerp. Après sa mort,  des expositions rétrospectives majeures ont eu lieu, entre autres, au Museum of Contemporary Art, Chicago, au Badischer Kunstverein, Karlsruhe (Allemagne) et au Centre VAM Julio Gonzalez, Valence (Espagne). En 2007, le Whitney Museum of American Art, New York, lui a rendu hommage avec une rétrospective intitulée « Gordon Matta-Clark: You Are the Measure »."


Diego DEL POZO BARRIUSO : Pieza para orgía y fábrica | Animation | dv | noir et blanc | 0:06:42 | Espagne | 2006



Les thèmes du film sont la solitude, le besoin d'affection et la manière dont le sujet contemporain est submergé, s’efforçant de résorber ses manques dans le contexte du travail et de la production. Il montre différentes personnes dans deux situations opposées, certaines participant aux deux à la fois : quelques unes viennent juste de participer à une orgie, alors que d’autres travaillent dans différents environnements (un bureau, une chaine de production, un atelier, une école, un hôpital). Nous assistons à leurs monologues intérieurs. Ils ne sont pas seuls et pourtant ils se sentent seuls. Leurs pensées intimes se succèdent, sans jamais être simultanées. A l’image, les participants de l’orgie sont montrés comme s’ils étaient sous un spot lumineux dans une chambre sombre ; l’effet est celui d’un instantané photographique. Les images des situations de travail sont plus générales et on voit d’autres individus dans le champ. Les personnages sont statiques, bougeant et caressant leur corps lentement, pour ceux qui sont dans l’orgie, et en train de manipuler des objets et des machines, pour ceux qui sont au travail, et cela souligne le caractère pesant de ces environnements. Le but est de mettre en lumière la vulnérabilité de ces gens. Il semble que les hommes ont échoué, dans leur projet collectif, à se montrer par eux-mêmes à la hauteur de ce qui leur est nécessaire, particulièrement si l’on prend en compte les crises affectives et la solitude qui caractérisent la société occidentale, dues au processus d’individuation entendu comme une stratégie consistant à adopter et admirer le système. La logique du système de production devient confuse et se mêle à la logique de l’émotion – il y existe également une économie de l’affect.

Diego del Pozo Barriuso vit et travaille à Madrid. Il a étudié à l'Université des Beaux-arts de Salamanca et de Madrid et à l’Académie Gerrit Rietveld à Amsterdam. Artiste et producteur culturel, il développe des projets sur la production sociale du corps et de l’identité. Son travail se fonde sur des préoccupations liées aux affects et au désir et sur les manières dont ces émotions, associées à des expériences subjectives et privées sont conditionnées par notre environnement social, par les méthodes de pouvoir et de production. Son travail est traversé par l’idée que les mécanismes de contrôle social sont intériorisés par les individus. Il montre comment le pouvoir peut être perturbé par la mise en crise de ses procédés, pouvant ainsi créer des contradictions intérieures. Il travaille également avec le groupe CASITA. Son travail fait partie, entre autres, de la collection du MUSAC à León, Espagne, et de la collection DA2 du Centre d'Art Contemporain de Salamanca, Espagne.


Peter DOWNSBROUGH : A]PART | Vidéo | dv | noir et blanc | 0:11:50 | USA / Belgique | 2009



L'impressionnant garage Citroën à Bruxelles, Place d'Yser, construit dans l’entre-deux-guerre, un prototype moderniste. Le bâtiment, naguère menacé de démolition, est encore conservé pour quelques temps et Downsbrough rend hommage au bâtiment et à ses architectes, les Belges Alexis Dumont et Marcel Van Goethem, associés à l’architecte français Maurice Ravazé. Le film en noir et blanc souligne la logique de base et le rythme du bâtiment. Le garage est divisé en deux parties, l’atelier lui-même et une salle d’exposition, et Peter Downsbrough filme les deux d’une manière ludique mais rigoureuse du point de vue formel, sans oublier ces originalités qui constitue la griffe de Downsbrough, intégrant par exemple des séquences narratives de bruits d’ambiance ou surimposant des mots, tels « In time » au début du film. Des mouvements typiques de voitures alternent avec des mouvements proprement cinématographiques, comme des panoramiques, parfois aussi des images fixes, et le film devient de plans fixes, des photographies. Filmé du point de vue du passager d’une voiture qui parcourt la gigantesque rampe en spiral, le film montre l’intérieur du garage et des échappées à travers ses vitres jusqu’au paysage alentour. Dans un sens, le bâtiment est filmiquement déconstruit par Downsbrough : de haut en bas (y compris les gros plans sur le sol taché du garage) il est analysé visuellement et scruté. Ainsi la physicalité du bâtiment impose-t-elle ses règles de cadrage au film, des « règles » avec lesquelles l’artiste joue de manière évidente – comme toujours. Vers la fin du film, nous assistons à une ronde quelque peu absurde et joyeuse de voitures au rond-point situé en face du bâtiment, image qui rappelle la célèbre dernière scène du film de Tati « Trafic ».Pourtant, « A]PART » – élégant, intelligent et dégagé – possède un revers sombre aussi : il est à la fois une ode et une élégie.

Peter Downsbrough (1940, New Brunswick, N.J.) fait des études d’achitecture et d’art. Au milieu des années 1960, après quelques années de travail et d’exploration de divers matériaux, notamment le carton, le bois, l’acier, le plomb et les tubes de néon, sa pratique a évolué et trouve une forme différente, en 1970, dans les œuvres « Two Pipes » (outside), « Two Dowels » (inside) et « Two Lines » (on paper).A la même époque, il commence à prendre des photographies de ses pièces. En prenant en photo sous différents angles et avec différentes distances, il commence graduellement à se concentrer sur les « coupes » existantes du paysage urbain. Certaines de ses photographies ont été publiées dans des livres, d’autres apparaissent dans des magazines, mais elles n’ont pas été exposées avant 1980. A partir de 1977, Downsbrough réalise plusieurs vidéos et des cassettes audio. Il a fait un disque en 1978 qui est sorti en 1982. Cherchant à étendre son vocabulaire pictural, il développe une série d’œuvres avec des dés. En 1980, sur le Spectacolor Board de Time Square à New York, il réalise une pièce, un spot de 30 secondes s’allumant une fois l’heure pendant quatre jours, une performance qu’il documente dans un court-métrage « 7 come 11 ». Autour de 1980, il commence également à utiliser des cartes postales, en y dessinant deux lignes, suivi ensuite par l’utilisation de mots. Le travail avec des maquettes comme un moyen d’explorer l’espace et la structure commence vers 1983. Downsbrough a réalisé sa première commande publique à Rennes (France) en 1983 pour un espace mural. Le film « Occupied » a été produit en 2000, dis ans après qu’il a été conçu. Depuis, plusieurs films, tournés avec une caméra numérique, ont été édités en DVD. Aujourd’hui toutes ces disciplines font partie de son champ d’activité.
L’intérêt de Downsbrough pour l’architecture industrielle prend beaucoup de forme. Plus souvent, la « préservation » signifie la survie formelle d’un film ou d’une série photo. Ses films et ses photos capturent toujours une réalité industrielle ou (sub)urbaine qui disparaîtra un jour où l’autre ou sera sujet à des réaménagements – comme c’est le cas dans le Manhattan de la fin des années 1970 ou dans les zones industrielles de Kent, en Angleterre.



Pieter GEENEN : Atlantis | Vidéo | dv | couleur | 0:11:00 | Belgique | 2008



La construction controversée du barrage des Trois Georges sur le fleuve Yangtze a été achevée en 2009. Dans le contexte d’une recherche générale sur le paysage en tant qu’il est porteur de sens, Pieter Geenen, dans sa vidéo « Altantis », explore en arrière du barrage lui-même l’univers « englouti » du Réservoir des Trois Georges.

Pieter Geenen est né en 1979. Il vit et travaille à Bruxelles. Après un Master en photographie, il a suivi le programme du Transmedia Postgraduate à Bruxelles. Dans ses œuvres sonores et vidéos, il analyse le paysage comme porteur de sens, la manière dont le paysage et l’homme se rapportent l’un à l’autre, et comment nous faisons l’expérience du temps et de l’espace à travers le paysage. Son travail a été présenté, parmi d’autres, au festival de film international de Rotterdam, à Argos (Bruxelles), au MuHKA_media (Antwerp), à l’Azad Art Gallery (Téhéran), à Art Rotterdam, au festival international de video art All Art Now (Damas), à l’Images Festival (Toronto), à l’EMAF (Osnabrück), au festival Media City (Windsor) et à la Biennale de Venise.


Chia-wei HSU : March 14, 2009, Hong Kong Coliseum | Installation vidéo | dv | couleur | 0:07:43 | Taiwan | 2009



Raconté par la chanteuse Malaisienne Fish Leong, le projet “March 14, Hong Kong Coliseum” suit sa tournée dans différentes villes en Asie, notamment Shanghai, Hong Kong, Taipei, Singapore, Malaysia, pékin, Guangzhou, Kunming et Chengdu. Dans le monde chinois, presque tout le monde connait Fish Leong et sa voix. Comme une gigantesque industrie de divertissement, la chanteuse va de ville en ville. Et chaque chorégraphie, lumière et chansons sont chaque fois les mêmes. Et chaque concert est également la confrontation entre la globalisation et les cultures locales. La vidéo montre une scène de concert déserte sans chanteur ni public. L’événement réel devient une scène de fiction énorme.

Chia Wei Hsu vit et travaille à Taipei, Taiwan. Sa méthode est basée sur un genre spécifique de narration, une manière de documenter un événement qui interfère avec la réalité du texte, en choisissant un site spécifique et des caractéristiques singulières, comme la mémoire, l’imagination, ou l’identification. Avec ces caractéristiques en tête, il développe une histoire, et entre la réalité du texte et la narration fictionnelle, il construit un mythe ou une légende. Il est également un des membres de l’Open-Contemporary Art Center à Taipei, Taiwan.


Ryoji IKEDA : data.matrix[nº1-10] | Installation multimédia | Production Forma. Concept, composition: Ryoji Ikeda - Computer graphics, programming: Shohei Matsukawa, Norimichi Hirakawa, Tomonaga Tokuyama | Japon / Royaume-Uni | 2006-2010



« data matrix [n°1-10] » est une installation pour multi-écrans mettant en avant des séquences vidéo du concert audiovisuel d’Ikeda « datamatics [ver.2.0] », dans lequel il a utilisé des datas pures comme source sonore et visuelle. Les images mêlent des présentations abstraites et mimétiques de la matière, du temps et de l’espace.
Chacune des projections vidéo correspondent avec les dix scènes représentées dans le concert et est nommée en conséquence. Ikeda a soigneusement reconstitué les scènes afin qu’elles soient parfaitement synchronisées les unes avec les autres. Pour la première fois, l’ensemble des « datamatics [ver.2.0] », célèbres pour leur vitesse d’image extrême et leur profondeur variable, peut être visionné en une fois.
« data.matrix [n°1-10]  » a été présenté pour la première fois au Museum of Contemporary Art Tokyo (d’avril à juin 2009), pour lequel il a recomposé son travail pour obtenir une synchronisation avec d’autres installations à une grande échelle, « data tron [3 SXGA+ version] » . Cette œuvre a été montrée à Trans-Cool TOKYO: Contemporary Japanese Art de la collection MOT, au Bangkok Culture and Art Centre en Thailand (Février-mars 2010).

Principal compositeur japonais et artiste plasticien, Ryoji Ikeda est tourné vers la minutie des ultra-sons, des fréquences et des caractéristiques essentielles du son lui-même. Fasciné par les data, la lumière et le son, il sculpte la musique, le temps et l’espace par des méthodes mathématiques et explore ces phénomènes comme des sensations, mettant à part leur propriétés physiques pour révéler leur relations avec la perception humaine. Ikeda a acquis la réputation d’être un des rares artistes à travailler de manière convaincante les médias sonores. Depuis 1995, il a été intensément actif, avec ses concerts, ses installations et ses enregistrement, intégrant des éléments sonores, acoustiques et des images sublimes. Il a été salué par la critique comme étant un des compositeurs contemporains les plus radicaux et innovants pour ses performances live, ses installations sonores et ses sorties d’album. Ses albums « +/- (Touch, 1996) », « 0°C (Touch, 1998)  » et « matrix (Touch, 2000) » ont été pionniers dans leur minimalisme de leur musique électronique, utilisant des ondes sinusoïdales et intégrant des sons électroniques et du son blanc. Utilisant un ordinateur et des technologies numériques jusqu’à leur extrême limite, ses concerts audiovisuels « datamatics (2006 – present)  », « C4I (2004 – 2007)  » et « formula (2000-2006) » préfigurent une vision unique de notre culture et notre environnement multimédia futurs. Son travail en cours, « datamatic », est un programme à long terme d’image en mouvement, d’œuvre sculpturale et sonore, avec les nouvelles technologies, qui utilisent les datas comme des thèmes et matériaux pour explorer les manières dont leur vision abstraite est utilisée pour encoder, comprendre et contrôler le monde.
Pendant l’été 2008 ; Ikeda a produit une série d’œuvres assez grandes dans l’espace public pour Dream Amsterdam, éclairant quatre espaces culturels et civiques avec une lumière intense et blanche. A l’automne, son concept –« spectra » a été adapté pour la Nuit Blanche, le festival d’art nocturne de Paris. Dans cette version, Ikeda a créé une sculpture monumentale avec une grille de puissants faisceaux lumineux et des ondes pures de sons sinusoïdaux près de la tour Montparnasse, la plus grande tour française. Plusieurs expositions solos se sont tenues récemment au Musée d’art contemporain, Tokyo; au Yamaguchi Centre for Arts and Media; au Laboratoire, Paris; à l’Ikon Gallery, Birmingham; à la Surrey Art Gallery, Vanvouver. Son travail a été également exposé au Victoria and Albert Museum, London; à l’Australian Centre for Moving Image, Melbourne et au Transmediale Festival, Berlin, entre autres. Le spectre polyvalent des recherché d’Ikeda s’incarne également dans ses collaborations avec Carsten Nicolai pour le projet « cyclo » et avec le chorégraphe William Forsythe/Frankfurt Ballett, l’artiste Hiroshi Sugimoto, et l’architecte Toyo Ito et le collectif d’artistes Dumb Type, entre autres.En 2001, Ikeda a été lauréat de l’Ars Electronica Golden Nica prize en musique numérique et il a été sélectionné pour les World Technology Award en 2003.



Joan LEANDRE : Magic Line | Vidéo | couleur | 0:25:00 | Espagne | 2010



Depuis 2006, le travail de Joan Leandre porte essentiellement sur l’analyse et la déconstruction de logiciels de jeux, de simulation ou d’entraînement militaire.  « In the Name of Kernel ! The Magic Line » est la troisième installation de la série « In the Name of Kernel », nous introduisant dans la pratique critique de Leandre qui s’intéresse à l’interprétation des medias et à inverser cette ingénierie pour un nouveau public. « In the Name of Kernell » regroupe, en un cycle ouvert, ses dernières vidéos. Produites à partir de logiciels dont il modifie les paramètres elles transforment “une machine à produire du réel en une machine à produire une illusion”. Elles proposent au spectateur une fiction narrative complexe dans laquelle il peut décoder les mécanismes de la fascination technologiques à laquelle nous sommes habituellement soumis, mécanismes qui vont ensuite conditionner notre perception du monde. C’est en ce sens qu’il faut considérer l’œuvre de Joan Leandre comme une œuvre subversive.

Joan Leandre vit et travaille à Barcelone. Il un interprète et un membre d’ OVNI Archives(Observatoire de Vidéos Non Identifiées). depuis 1994. De 1994 à 1996, il a travaillé sur une série de piratage des medias intitulée MAP (Mega Assemble Project), Fundación Zero et Serial Monuments. De 1995 à 1997, il a collaboré au projet « Oigo Rom », et plus tard en 1998 à Brooklyn, aux « President Archives ». En 1999, il a commencé à travaillé est les logiciels de divertissement grand public et a commencé le projet « Retroyou (RC) and Retroyou (nostalG) », et il continue à travailler avec la série « Retroyou nostalg2  and the Black Boot Project ».D’autres projets collectifs ont été montés, comme « Velvet Strike » et « the Archivos Babilonia ». Joan Leandre est un interprète des médias, un archéologue de l’Internet. Il y fait des fouilles permanentes et collectionne des données. Il archive sur son propre site quantité d’informations qui sont « oubliées », sur le site d’une entreprise par exemple, ou, au contraire qui ne feront qu’une courte apparition avant de devenir confidentielles ou que leur lecture soit rendue impossible par une évolution technologique qui les rende muettes. Allant au-delà de la convivialité apparente de telle ou telle interface, il tend à faire émerger une prise de conscience de ce que la machine est capable de nous faire faire grâce à notre du pouvoir du conditionnement idéologique dans lequel nous plongent les images pour la compréhension du réel qui est le nôtre aujourd’hui. Depuis 2006, le travail de Joan Leandre réside essentiellement sur l’analyse et la déconstructionde jeux video, de logiciels de simulation ou d’entrainement militaire. Son travail a été montré au Sonar festival, Barcelone, au Transmediale, Berlin ; à la Whitney Biennial du Whitney Museum of American Art, New York, au Centre d’art contemporain Laboral, Gijon, à la biennale de Moscou, et au ZKM, Karlsruhe.


Anthony MCCALL : You and I, Horizontal (III) | Installation | USA | 2007


Image courtesy Sean Kelly, New York; Galerie Thomas Zander, Cologne; Galerie Martine Aboucaya, Paris.

“What interests me about using a cinematic “wipe” as a transition is that you create two events in play at the same time; one of them is advancing and the other is retreating, with the proportion of one to the other constantly changing. This was suggestive, because I was searching for a way to maintain two opposing sculptural forms within the same three-dimensional space, to create the sculptural equivalent of “parallel action”. But I was aware that cutting back and forth between two events would be incomprehensible: even if the walls were only made of light, walls cannot just vanish or appear suddenly out of no-where. Then there was the related problem of speed. In the “elsewhere” of the moving image on a screen, your eyes and your imagination have no trouble in rapidly shifting time and place. But when things move fast in real space, your real body reacts by rooting itself to the spot – by ceasing to move. Since I was making a sculptural object, predicated on a mobile spectator, this would be self-defeating. But then I realized that if I radically extended the length of the Wipe I could create ‘parallel action’ in sculptural terms -- in effect, slowing the movement down to the point where observers could be sure of what was going to change, or at least be sure of the pace at which things would change, so that they would move around the space, at least to start with, as if they were looking at an object with consistent properties.”
-Anthony McCall, Adapted from an interview with Graham Ellard & Stephen Johnstone in Bomb Magazine, New York, Fall 2006.


Francis NARANJO : Los colores de la libertad: Blanco | Vidéo | dv | couleur | 0:10:26 | Espagne | 2010



« Los colores de la libertad: Blanco » est une vidéo réalisée en 2008, basée sur un extrait d’une interview que Francis Naranjo a menée avec Juan Manuel Godoy. Cette pièce se déploie avec une série de fondus au blanc où les commentaires de Juan Manuel Godoy traitent de son anormalité génétique, son manque de mélamine et son albinisme. Partant de son aversion pour le dehors, notamment des situations où sa condition, l’albinisme, cristallise sa différence, ses commentaires nous introduisent à des modèles de pensée proches des archétypes de comportement du monde contemporain. Paradoxalement, cet entretien se transforme en une grande métaphore dans laquelle la lumière, un élément lié à son désir de liberté, devient castratrice.

Francis Naranjo est un artiste espagnol né à Santa María de Guia, dans les îles Canaries en 1961. Il a réalisé des installations et des vidéos. Il a eu une exposition solo à Santiago de Chile en 2006. Son travail a été également présenté à ARCO, Madrid. Son travail développe des problématiques liées à la société de l’information hyper technologique, dans laquelle nous sommes contrôlés ou nous contrôlons, mais aussi la globalisation et l’utilisation générale des nouvelles technologies. Son travail a été exposé, entre autres, à la AFA GAllery, Santiogo de Chile, à l’institut Cervantes, Paris, à l’Ecoteca, Pescara, Italie, au 108 Contemporary art, Miami, au MAC (Musée d’art contemporain) Santiago de Chile, à la Vanguardia gallery, Bilbao, à la Casa de América, Madrid, au CAAC (Centro Andaluz de Arte Contemporáneo), Seville, au Centro Atlántico de Arte Moderno, Las Palmas de Gran Canaria, Espagne, au Kunstverein Panitzsch, Leipzig, à la biennale de Dakar et au Círculo de Bellas Arte, Madrid. « Los colores de la libertad : Bianco » a été présenté sous la forme d’une installation, pour l’exposition « Libertad, Igualdad, Fraternidad ». Curatée par Isabel Durán et Bernard Marcadé, l’exposition voyage actuellement dans un certain nombre de communautés espagnoles autonomies, et son prochain vernissage aura lieu le 9 avril au CAAM, à Las Palmas de Gran Canaria.


Natacha NISIC : Le textile est mort mais les gens vivent encore | Doc. expérimental | super16 | couleur | 0:10:47 | France | 2008



L`usine Desurmond à Tourcoing a fermé en 2004. C`était la dernière usine de filature de cette région. Les ouvriers se sont regroupés en association afin de faire valoir leurs droits et créer une communauté, au delà de la perte du travail. Les hommes puis les femmes ont reproduit la chaine et les gestes du travail à la chaine dans cette filature. Certains y ont travaillés en équipe de nuit pendant 35 ans.

Natacha Nisic est née en 1967. D’abord étudiante à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, elle poursuit son cursus à la Deutsche Film und Fernseh Akademie de Berlin et à la Femis à Paris pour l`écriture de scénario. Elle réalise de nombreuses expositions et films où la question de l`image est mise en jeu. Elle utilise pour cela différents médiums : super 8, 16 mm, vidéo, photographie. Images fixes ou en mouvement fonctionnent comme substrat de la mémoire, mémoire tendue entre sa valeur de preuve et sa perte. Ces œuvres ont été montrées dans de nombreux pays, Allemagne, Espagne, Japon, Corée, Canada, Argentine... Ses films sont diffusés sur Arte et au Centre Georges Pompidou à Paris. Elle a été pensionnaire de la Villa Kujoyama (2001) et de la Villa Médicis (2007).


Hans OP DE BEECK : Staging Silence | Vidéo | dv | noir et blanc | 0:22:00 | Belgique | 2009



« Staging Silence » se base sur des paramètres abstraits et archétypaux puisés dans la mémoire de l’artiste comme dénominateurs communs de ses différentes expériences de l’espace public. Les images vidéo elles-mêmes sont à la fois ridicules et sérieuses, exactement comme le mélange éclectique d’images dans notre esprit. Le choix de filmer en noir et blanc accentue cette ambiguïté : la qualité amateur de cette vidéo convoque l’héritage du burlesque tout aussi bien que le suspense insidieux et le déraillement latent du film noir. Le titre de la pièce se réfère à la mise en scène de décors abandonnés où, en l’absence de personnages, le spectateur peut se projeter comme s’il était le seul protagoniste. Les images de la mémoire sont des mélanges disproportionnés d’informations concrètes et de fantaisies, et dans ce film, ils se matérialisent devant les yeux du spectateur à travers un bricolage anonyme et l’improvisation de gestes avec des mains. On voit des bras apparaitre et disparaitre au hasard, manipulant des objets de tous les jours, des maquettes et des lumières artificielles créant ainsi des lieux aliénants mais presque reconnaissables. Ces lieux ne sont ni plus ni moins des décors animés pour des histoires possibles, qui sont ainsi proposées au spectateur et évoquent quelque chose pour lui. Le film est accompagné par une partition qui, inspiré des images elles-mêmes, a été composée et exécutée par le compositeur Serge Lacroix.

L’artiste plasticien Hans Op de Beeck vit et travaille à Bruxelles, où il a développé sa carrière avec des expositions internationales depuis les dix dernières années. Il fait de la sculpture, des installations, des vidéos, de la photographie, des animations, des dessins, des peintures et des textes (des histoires courtes). L’artiste cherche la manière la plus effective pour exposer le contenu concret de chaque œuvre en déterminant et sélectionnant de manière ultime son médium. L’échelle peut varier de la taille d’une aquarelle à une grande installation de 300 m2 en trois dimensions. L’artiste n’utilise pas seulement une grande variété de médias mais également emploie délibérément une diversité de formes esthétiques, couvrant tant un langage visuel minimaliste et économique qu’un dessin chargé et exagéré, dans le but de toujours articuler le contenu de son travail avec le maximum d’exactitude. Du point de vue thématique, le travail se concentre sur nos rapports laborieux et problématiques avec le temps, l’espace et les relations humaines. Op de Beeck montre un spectateur inexistant, mais des lieux identifiables, des moments ou des caractères de tous les jours, pour capturer dans ses images l’absurdité tragicomique de notre existence postmoderne. Les thèmes clés sont la disparition des distances, la désincarnation de l’individu et l’abstraction du temps qui ont résulté de la globalisation et des changements de mode de vie que les médias, l’automatisme et les technologies ont suscités. Hans Op de Beeck nomme parfois son travail « propositions », elles sont de manière irréfutable fictionnelles, construites et mises en scène, laissant au spectateur le choix de prendre l’œuvre au sérieux, comme une sorte de réalité parallèle, ou de la mettre immédiatement en perspective, comme une construction visuelle. Son œuvre se nourrit des champs de réflexion sociale et culturelle. L’artiste questionne aussi les relations entre la réalité et la représentation, entre ce que nous voyons et ce que l’on veut croire, entre ce qui est et ce que nous créons pour nous-mêmes pour rendre plus simple notre rapport à notre propre insignifiance et notre manque d’identité. Le résultat visuel de cette enquête produit souvent des images somnolentes, insidieuses, tristes et étonnantes.


RYBN : Antidatamining V | Installation multimédia | France | 2010



Depuis la fin des années 1980, les Data Mining Technologies (technologies d’extraction d’information) ont été utilisées pour augmenter le profit d’activités commerciales et financières. De nos jours, elles sont utilisées dans beaucoup d’autres domaines, tels que les missions humanitaires, la recherche, les services secrets et les agences de sécurité, etc… Mais leur utilisation croissante a généré une nouvelle opacité, ce qui les a rendu beaucoup moins lisibles. « Antidatamining » est à la fois une recherche artistique, une enquête socio-économique et géopolitique, et un processus d’archéologie en temps réel sur le flux d’informations qui constituent une partie de la société contemporaine. « Antidatamining » est un projet de recherché, basé sur la récupération et la visualisation d’informations extraites du web. Ce projet a pour but de créer différentes œuvres audiovisuelles et numériques – principalement des installations et des sites internet -, écrits, alimentés et mis à jour en temps réel. L’objectif de ce projet est de faire émerger, en utilisant les processus de Data Mining, différents « phénomènes » du déséquilibre social et économique. ADM cherche à identifier et à visualiser ces phénomènes, et essayent d’établir une cartographie du déséquilibre global. Le projet tente également d’amener un regard critique sur ces technologies, en détournant l’utilisation de la croissance économique et les outils de surveillance high-tech. Ce travail se base exclusivement sur des informations récupérées sur Internet. Internet est alors comparé à une gigantesque base de donné, un stock de donnés (« datawarehouse »). Le type de données récupérées est d’ordre : géographique, écologique, social, économique, financier et géopolitique. Ces informations sont stockées dans une grande banque de donnée, traitées ensuite avec des algorithmes génétiques DM. Cette méthode permet de mettre à jour des relations devenant ainsi “significatives” – ou particulièrement importantes -.

RYbN est un collectif d’artistes pluridisciplinaire, spécialisé dans la réalisation d’installations, de performances et d’interfaces faisant autant référence aux systèmes codifiés de la représentation artistique (peinture, architecture, contre-cultures) qu’aux phénomènes humains et physiques (géopolitique, socio-économie, perception sensorielle, systèmes cognitifs). Leur axe de recherche : la construction d’une “sémantique de la convergence”, via le couplage, le détournement et la perversion des outils d’écriture et de formalisation liés aux technologies des communications, de l’information et du sensoriel - réseaux, flux de données, olfaction, captation, surveillance, audiovisuel, interaction, temps-réel. Leur travail a été présenté à Paris, au Centre Pompidou, à Ars longa ; au Goethe institut à Dakar ; à Creanumerica à Beyrouth, à Elektra (Montréal), à Imal, Bruxelles ; en Espagne au Laboral à Gijon et à Hangar, Barcelone.


Manuel SAIZ : Sic Transit | Vidéo | dv | couleur | 0:05:00 | Espagne | 2009



“Sic Transit” est un court-métrage dans lequel des gens courent vers la caméra pour sortir des phrases, en plein l’essoufflement et dans une intensité émotionnelle particulièrement forte. Le texte est seulement complété par le récit de tous les participants et il forme ensuite un dépouillement poétique de la rencontre de l’artiste avec le poids des siècles d’art et de culture. La vidéo a été tournée près du fleuve à Rome, avec la collaboration d’artistes étrangers vivant dans la ville.

Manuel Saiz a commencé sa carrière d’artiste en1980 en Espagne, avec des peintures, des sculptures, de la photographie et des installations. Il expose régulièrement depuis lors dans des galeries publiques ou commerciales partout dans le monde. En 1989, il a pris part à une exposition de groupe à la Biennale de Sao Paolo et en 1990 à « Artificial Nature » curaré par Jeffrey Deitch à la Fondation Deste à Athènes. Depuis 1995 ; il travaille principalement avec la vidéo et les installations multimedia. En 1998, il a emménagé à Londres où il y a produit « Video Hacking », qui a obtenu la mention honorable au Festival de film d’Hambourg. En 2005, il a produit « Spectialized technicians Required : Being Luis Porcar », premier prix dans le Winterthur Kurtztfilm Festival et mention honorable à Transmediale 06. Il a également curaté des expositions importantes dans des institutions prestigieuses.


Alexander SCHELLOW : Fragment/ Vienna | Animation | dv | noir et blanc | 0:10:10 | Allemagne | 2009



« fragment » est une animation documentaire d'environ 10 minutes divisée en 6 séquences. Les vues reconstruites et muettes d'une salle de vidéosurveillance d'une station de métro viennoise, alternent systématiquement avec un écran noir, auquel sont attribués les prises de sons réelles analogues aux moments des extraits visuels correspondants. Les bruits fragmentés, enregistrés sur place, servirent dans la pratique du dessin comme une notice sonore, une sorte de « score » (« partition ») pour la reconstruction. La séparation et la constellation des éléments visuels et sonores tendent à activer dans le regard de l'observateur de possibles champs d'associations et de combinaisons. « fragment » creuse dans la surface visuelle trouvée, pose librement d'une certaine façon une archéologique prospective qui par instants laissent apparaître des images presque surréelles. Chacune des trois parties réalise cela avec une autre mise au point de l'analyse optique, de telle façon qu’au fur et à mesure de l'observation une structure toujours plus complexe de régimes visuelles commence à s'étendre.

Alexander Schellow est né en 1974 à Berlin. Il a fait des études d’arts plastiques à Berlin et à Glasgow ainsi que la philologie latin/grec et le sanskrit à Berlin également. Il dessine depuis 1996. Il crée ainsi des séries de dessins, des installations et des animations mais collabore aussi à des projets de performance ou de chorégraphie, d’architecture, de recherches urbaines et de sociologie. Depuis 1999, il a montré son travail dans des expositions solos ou des expositions de groupe, des projections pour le théâtre et des conférences. Ses publications comptent le projet du livre « Storyboard » chez Merz/Solitude (Stuttgart) et le DVD « Still lives » à Filmarmalade (Londres). Ses plus récents projets par exemple « Out take Bolzen/Bolzano » (pour l’inauguration de « Museion » au Musée d’art moderne et contemporain, Bolzano 2008), « Miniature » (avec David Weber-Krebs) à deAppel, Amsterdam, 2009 et 2010, « TiranaNorth – trajectories » pour la Biennale internationale d’art contemporain de Tirana, Albania 2009 et « 2481 desaster zone » (conception de l‘espace) avec theatercombinat, Vienna 2009. Il a été en résidence à l‘Akademie Schloss Solitude (Stuttgart) et boursier de la 2008 Pechstein-fellow. Le projet « Bambiland » (theatercombinat, Vienna, 2009), pour lequel Schellow a conçu l’espace et une série de films animés,et qui a gagné le Nestroy (best Off-Production, 2009). En 2010, il a été en résidence à la Zukunftskolleg (University of Konstanz, Germany). Il enseigne les pratiques de l’espace à la Metropolitan-University de Londres et dans le cadre de workshops, par exemple à l‘APT (Advanced Performance Training, Antwerp).


Antoine SCHMITT : Facade Life | Installation multimédia | France | 2010



Les installations « Façade Life » sont des installations in situ, toujours uniques. Une forme lumineuse abstraite circule indéfiniment sur une façade, un mur, en relation avec ses éléments architecturaux. Elle glisse sur les bords, heurte les cadres des fenêtres, rebondit sur les montants des portes, coule dans espaces disponibles... Elle l'habite. Des algorithmes de vie artificielle et des équations physiques recréent le comportement d'un fauve abstrait en cage : corps nerveux libre mais enfermé. "Façade Life" est issue d'un principe artistique dans lequel des façades existantes sont réinterprétées par des formes dynamiques programmées, pour mettre en place une dialectique entre la réalité physique et un niveau de réalité parallèle.

Antoine Schmitt vit et travaille à Paris. Artiste plasticien, ingénieur programmeur et designer, Antoine Schmitt a développé une pratique artistique pluridisciplinaire singulière autour de la création de formes programmées. Ses œuvres, minimales, abstraites et efficaces, abordent des thèmes contemporains ou intemporels tels que la condition d'être libre, les systèmes de réalité ou encore les forces et leurs formes. Utilisant des techniques issues de la physique, de l'intelligence et de la vie artificielles, combinant contrainte et aléatoire, Antoine Schmitt fabrique des objets ou des situations, systèmes physiques, visuels ou sonores, génératifs ou interactifs, qui interrogent les modalités de l'humain libre dans un monde complexe. Il place la programmation, médium artistique qu’il considère comme radicalement nouveau par sa dimension active, au cœur de la grande majorité de ses créations.
Son travail a été primé dans de nombreux festivals internationaux. Comme théoricien, conférencier, membre de jury, et éditeur du portail gratin.org, Antoine Schmitt explore le champ de l’œuvre d’art programmée.


 
 
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