CATALOGUE 2000-2001
Bernard HEIDSIECK
Poème-Partition "R"
in revue sonore Erratum - poésie sonore - 0:03:53



Biographie




Bernard Heidsieck, poète multimédia, est à l’origine de la poésie-action et l’un des co-fondateurs de la poésie sonore avec Henri Chopin, en 1959, par l’usage qu’ils font du magnétophone et du micro, outils non plus simplement reproducteurs mais transformateurs par les mixages possibles. Il publie son premier livre de poèmes en 1955 et peu après commence ses expériences magnétophoniques. Il va participer aux différents festivals d’avant-gardes à Paris, dans les années 60, et tout particulièrement aux rares soirées Fluxus, avant d’organiser, chez lui et ailleurs, des soirées de lectures, de performances et de poésie sonore, dans les années 70. Il publie sur disque dans la revue OU de 1954 à 1974, édite le premier livre-disque (5 vinyls inclus) dans les années 70 au Soleil Noir, à Paris. Il publiera une suite de disques (L’encoconnage, Poèmes-partitions etc.) et tout dernièrement le coffret (Texte et CD) Vaduz, aux éditions Conz à Vérona (Discographie complète). Plusieurs CD et plaquettes seront publiées en 1999. Jean Pierre Bobillot a publié le premier livre sur son oeuvre, en 1997, aux éditions Jean Michel Place. Bernard Heidsieck n’abandonne ni le sens ni la phrase, il invente une nouvelle dramaturgie visuelle, gestuelle, verbale et sonore, avec les pré-enregistrements magnéto et l’improvisation simultanée, au micro, en direct, créant ainsi ce qu’il a nommé la poésie-action (en action et selon une partition préalable). Créateur et interprète de sa propre production, il produit une oeuvre où texte-corps et voix sont un tout indissociable.





Article - Jean-Pierre Bobillot



L'un des créateurs de la Poésie sonore à partir de 1955, à Paris, avec François Dufrêne, Henri Chopin, Brion Gysin. User de sa voix et de son corps afin de projeter le texte dans l'espace à la rencontre de ses auditeurs/spectateurs : telle fut, en réponse à la décevante publication de sa première (et unique) plaquette de poésie imprimée, l'intuition doublée d'une intention au titre de laquelle il trancha net le lien qui depuis des siècles assujettissait le poème à la page, à l'écrit. Geste décisif, d'où procède une ouvre inclassable, protéiforme, inlassablement novatrice. S'y élabore une poésie « debout », prenant en compte sans états d'âme toute la langue et tout l'homme dans la langue : un humanisme, basé sur un réalisme linguistique qui ne s'interdit aucun registre, dénué de tout pathos, de toute nostalgie idéaliste ou métaphysique comme de tout dogmatisme, fût-il d'avant-garde. Renouer avec l'action, qui n'est pas la sour du rêve, reprendre pied dans une société dont on la proclamait définitivement exclue : une poésie soucieuse de relever pareil défi s'obligeait séance tenante à tout réinventer, des techniques de composition aux modes de divulgation et de publication, s'aventurant hors de toute poétique admise jusqu'à remettre en cause l'idée même de poème. Ce furent d'abord 16 Poèmes-partitions (1955-1961), destinés à la lecture à voix nue, par le poète lui-même, en présence d'auditoires restreints. S'y mettent progressivement en place les procédures formelles et textuelles de ce qu'on peut appeler, pour la distinguer de l'« orature » des poésies orales traditionnelles, une musiture : accélérations, étirements, parasitages de la diction ; corporalisation, érotisation de l'énoncé poétique ; autonomisation du phonétisme, des composantes modulatoires du texte ainsi musiqué, quelquefois atomisé ; exploration, en un mot, de toutes les ressources expressives ou commotives des micro-événements comme des macro-constituants de l'infra-linguistique ou de la parole en actes, en gerbes de gestes, effusifs ou ruptifs. Parallèlement, s'élaboraient les principaux thèmes récurrents de l'ouvre à venir, car même au plus fort de cette fureur expérimentaliste, une préoccupation déterminante le retient sur une voie qui avait été celle de Dufrêne et qui allait être, spécifiquement, celle de Chopin : les substrats organiques et pulsionnels de la phonation le concernent pour autant qu'ils participent d'une expressivité, d'une communicativité pleinement langagières, pleinement humaines, pour s'accomplir en effets de sens. Ainsi, de ces engrappements de syllabes, de mots scandés à contre-temps, traduisant autant de dérapages de la métrique cardiaque dans Poème-partition A (1958). Visée qui devait trouver son plein épanouissement grâce à l'appropriation du magnétophone, non seulement comme moyen d'archivage et de retransmisson, mais comme instrument d'investigation et de composition poétiques, riche en lui-même de potentialités d'abord insoupçonnées. Ce furent encore 9 Poèmes-partitions (1961-1965), puis 13 Biopsies (1966-1969) et 29 Passe-partout (1969-1980), destinés cette fois à la lecture/diffusion/action, qui s'impose de bonne heure, non seulement comme le dispositif le mieux adapté à la divulgation de ce type d'ouvres sans précédent, mais comme leur mode le plus spécifique d'achèvement et d'accomplissement. S'y mettent en place de plus en plus massivement les procédures formelles et textuelles de ce qu'il faut appeler, pour la distinguer de la musiture (qui y rétrograde au rang de composante), une auditure : intervention directe sur la bande magnétique ; intégration, à titre d'énoncés poétiques, d'objets sonores non verbaux : bruits du corps, bruits de foules, bruits de la ville, cris d'enfants, mais aussi : écho, réverbération, brouillages et parasitages divers ; exploration, en bref, de toutes les ressources expressives ou commotives de l'outillage électro-acoustique combinées à celles de la lecture live et de l'action, volontiers minimaliste, qui l'accompagne, d'où émane un style poétique sans exemple : polyphonique et composite, funambulesque et heurté, tournoyant et tendu, fondé sur l'entrelacs conflictuel ou complice des voix et des mots, des postures et des gestes, des phrases, des sons, des rumeurs, dans l'éphémère et suggestif feuilleté de leur simultanéité perçue. Le carrefour de la Chaussée d'Antin (1972) est le film sans images, sinon mentales, d'un arpentage argumenté de cet inépuisable microcosme parisien, dont la chaotique cohérence apparaît comme un raccourci jubilatoire et oppressant, savoureux et crépusculaire, de la planète livrée à l'euphorie spectaculaire et aux froids calculs de la société de marché, ce macrocosme moderne. Dans Poème-partition B2B3 (1962), des fragments de la période phonatoire, réenregistrés, venaient parasiter de leur haletante musication, enrobée d'écho, la lecture que donne le poète, feuillets en mains et avec tout le sérieux exigible, d'un aride exposé bancaire, bientôt interrompu : magistrale incarnation de l'écartèlement intime du sujet, entre le vertigineux appel du pulsionnel et de l'organique et la rassurante soumission aux jargons de l'inauthenticité. Dans Canal Street (35 « Lectures », 1976), la communication linguistique n'est qu'intimidation et faux-semblants : l'espace public est quadrillé par un dispositif techno-communicationnel qui baîllonne le désir, dont l'insistante communicativité se manifeste néanmoins, non sans humour, par les ratés de la parole et de l'échange réglé. Puisant largement aux formules et usages les plus communs de la langue, aux discours institués ou stéréotypés, ces ouvres manifestent un durable souci de l'homme ordinaire confronté dans son quotidien à un monde marqué par l'accumulation et le règne de la marchandise, la double menace totalitaire et nucléaire, la densification et l'instrumentalisation croissantes des foules urbaines, l'isolement consumériste de l'individu et la déshumanisation qui en résulte (Coléoptères and C°, 1965). Derviche / le Robert (26 « Lettres », 1978-1986) est la récapitulation baroque de cette esthétique en continuel devenir. Les dix premiers mots commençant par A, puis par B, etc., selon le dictionnaire éponyme, et dont l'auteur avoue ignorer le sens, voire l'existence, constituent l'irrattrapable trou de langue autour duquel s'orchestre un tourbillon verbal, sonore et gestuel, où se connectent et se court-circuitent en un même emportement le subjectif et l'intersubjectif, l'élémentaire et le communautaire : l'intime agitation infime, ineffable et moléculaire, de l'appareil psycho-somatique, et l'immense trépidation intense, planétaire, de l'implacable machinerie humaine. Chacune des 60 Respirations et Brèves rencontres (1988-1995) offre l'allure d'un texte de conversation où manqueraient les répliques de l'allocutaire : tel auteur disparu, dont le souffle prélevé et monté en boucle, mixé à d'autres sons, constitue la présence palpable dans le poème. Par fragments, s'y esquissent un auto-portrait de Bernard Heidsieck et une somme de ses réflexions quant à la poésie qui lui tient à cour, à corps et à voix.
(Jean-Pierre BOBILLOT)


Article - de Jacques Donguy


RESPIRATIONS ET BREVES RENCONTRES DE BERNARD HEIDSIECK, POESIES SONORES DANS L'HISTOIRE ET AUJOURD'HUI

"Dans cinquante ans le poète sera celui qui commandera à des machines phonétiques. La poésie sera une science ou ne sera plus." René Ghil, l'auteur du Traité du Verbe, au cours d'une conversation avec Arthur Pétronio en 1925.
Le livre Respirations et brèves rencontres de Bernard Heidsieck, un des représentants historiques de la poésie sonore (1), vient de paraître aux éditions Al Dante, après une centaine de lectures publiques en France et à l'étranger depuis 1989. Cette publication pose le problème du retour à l'oralité au XXe siècle (2) et de l'utilisation des technologies, en l'occurrence celle, datée, du magnétophone, disponible pour le grand public au milieu des années 50, et donc le problème plus général des oeuvres littéraires liées à ces technologies.
On peut considérer que la poésie sonore, apparue au milieu des années 60, fait maintenant partie de l'histoire littéraire, poésie sonore liée à l'utilisation de la bande magnétique. L'oralité, celle des troubadours, pratiquée avant l'apparition de l'imprimerie, se retrouve chez certains poètes "diseurs" du Sud de la France comme Serge Pey ou Jean-Luc Parant (3). Pour la poésie orale pratiquée par les dadaÏstes, nous avons le terme de "poésie phonétique" utilisé par le dadaÏste berlinois Raoul Hausmann (4) ou le terme de "lautgedichte" employé par Hugo Ball qu'Eugene Jolas traduit dans sa revue Transition n°25 en 1936 par "sound poems". Les Américains dans les années 60 ont un terme spécifique, celui de "reading poetry", pour la simple lecture devant un micro ou sans micro. Historiquement la poésie sonore est apparue en France avec François Dufrêne, Henri Chopin, Bernard Heidsieck et Brion Gysin dont les oeuvres se retrouvent sur les disques de la revue disque OU d'Henri Chopin entre 1964 et 1973, en tout 14 disques.
La poésie sonore a à voir avec la musique électronique, notamment la musique concrète (5), et la radiophonie. Selon Klaus Schàning, le directeur du Studio d'Art Acoustique de la WDR à Cologne, Dziga Vertov, le cinéaste russe, aurait travaillé après la révolution d'Octobre, tout en élaborant une Pravda cinématographique, à un projet de Pravda radiophonique, à propos duquel il parlait de "film-radio" et de "photographier les sons et les bruits". Et à la fin des années vingt, au Berliner Rundfunk, Alfred Braun a parlé de "films acoustiques". C'était en fait l'idée d'appliquer sciemment la technique cinématographique à la bande sonore", faisant "défiler comme dans un rêve des images rapides, éphémères, saccadées, en montage rapide et en fondu enchaîné". Sauf qu'à l'époque la bande magnétique n'existait pas, et que ces oeuvres radiophoniques, diffusées en direct, n'ont pas pu être conservées, à l'exception d'une oeuvre du cinéaste Walther Ruttmann, enregistré en 1930 sur disque de cire, composée d'enregistrements hétérogènes sur la vie de Berlin.
Autre expérience, Fylkingen en Suède. Selon Sten Hanson (6) "Fylkingen était une société pour la musique et les arts expérimentaux, et en 1965 il s'est créé quatre groupes de travail différents, le groupe pour la musique, le groupe pour la poésie, le groupe pour la danse et le groupe pour les arts visuels. Et Bengt Emil Johnson était le président du groupe pour les arts linguistiques et il était également producteur de radio".
Et c'est lui qui a pris contact à Paris avec Bernard Heidsieck et François Dufrêne, ce qui a été à l'origine du 1er festival international Fylkingen à Stockholm en 1968, pour lequel Bengt Emil Johnson écrit un texte théorique, "Fylkingen's Group for Linguistic Arts and Text-Sound Compositions".
Au départ de Respirations et brèves rencontres de Bernard Heidsieck, comme il l'explique dans la préface, il y a, au cours de l'élaboration de Derviche/Le Robert, une oeuvre sur les dix premiers mots de chacune des vingt-six lettres de l'alphabet dont le sens lui était inconnu, le désir d'utiliser une phrase d'Ezra Pound trouvée dans le numéro de l'Herne, "Prenez un dictionnaire et apprenez le sens des mots", phrase qu'il introduit dans la lettre T du Derviche.
Puis lui vient l'idée d'utiliser la voix même d'Ezra Pound à partir de ces disques de poètes ou d'écrivains lisant leur texte qu'il collectionne depuis la fin des années 50 au cours de ses voyages depuis qu'il s'intéresse à extraire le poème du livre, phrase courte dite par Pound en français et introduite elle aussi dans le Derviche. Et c'est cette collection de disques qu'il décide d'utiliser pour de "brèves rencontres", pas plus de 2/3 minutes ou de 2 pages, en sélectionnant non pas le texte mais la respiration et en se donnant comme règle de n'utiliser que des auteurs décédés et que des enregistrements disponibles dans le commerce, y compris chez des éditeurs spécialisés comme Caedmon. Rencontres "brèves" sur le modèle de la vidéaste Joan Loague qui a réalisé des portraits vidéo de ses amis musiciens, portraits qu'il avait vu à Varsovie.
Ces rencontres ont été initiées à la fin des années 80, elles sont au nombre de soixante et sont publiées dans l'ordre o๠elles ont été réalisées. Le cycle est clos, même si des écrivains morts récemment comme Ginsberg ou Burroughs pourraient légitimement s'y ajouter. La plupart des disques disponibles ont été utilisés, à l'exception de quelques auteurs, comme Léautaud. Il fallait aussi que les souffles, les respirations subsistent sur l'enregistrement. Avant la guerre de 40, les micros n'étaient pas assez sensibles et ne captaient pas la respiration. Le travail se fait en studio, la respiration est extraite et mise en boucle. D'autres éléments sonores interviennent, comme pour Gertrude Stein le brouhaha de voix d'une réception. Les rencontres se basent très souvent sur des anecdotes réelles, comme cette odeur de souffre dans la rencontre avec Brion Gysin, anecdote localisée au Beat Hotel alors qu'en réalité cela a eu lieu chez lui.
Anecdote réelle aussi avec Henri Miller qu'il avait rencontré à Orly en compagnie de Jean Dupuis et conduit en voiture à Montparnasse.
D'autres éléments réels interviennent, comme pour Valéry cette allusion à la lecture du Cimetière Marin par François Dufrêne accompagné par Duke Ellington. Le livre est accompagné de 3 CD, qui correspondent à la bande son enregistrée en studio, la lecture publique ajoutant la dimension de la lecture en direct devant un micro.
L'obsolescence accélérée des technologies, le magnétophone à bande analogique supplanté par la technologie numérique, DAT, DCC, mini-disc ou CD via un graveur de CD, pose le problème de la pérennité de l'oeuvre littéraire à support technologique autre que le papier, qui peut paradoxalement être résolu par une publication papier, comme c'est le cas pour ce livre de Bernard Heidsieck.
Peut-être faut-il envisager dans les bibliothèques un département nouveaux supports o๠seraient conservés en état de marche des appareils qui ont eu leur usage et un service technique qui permettrait par exemple d'actualiser par tranfert le support.
Une nouvelle génération de jeunes poètes commencent à utiliser ces nouveaux moyens du numérique pour un nouveau type de poésie sonore faisant appel aux possibilités du numérique : sampling ou mise en boucle, effets de traitement en direct de la voix, mises en mémoire de celle-ci et réinjections durant la performance. Parmi ces jeunes poètes, citons Thibaud Baldacci, Manuel Joseph, Anne-James Chaton, Christophe Hanna, Eric Sadin, Jean-René Etienne, Olivier Quintyn. La revue parlée Poésies électroniques au Centre Pompidou le 12 mars 1998 pouvait donner une idée de ces nouvelles possibilités ainsi que notre lecture au Mans (7) o๠le son était entièrement géré à l'ordinateur à partir de banques de sons fournie par nous-même et par Laurent Mercier et gérés en direct par ce dernier durant la performance.
Le nouveau défi qui s'annonce est celui de l'utilisation dans le texte des images, des icà´nes, ce qui serait un retour aux origines de l'écriture. Ou une écriture "verbi-voco-visuelle" pour reprendre l'expression de McLuhan, dont ce dernier ne pouvait que rêver (8).
Soit une "textique" généralisée, selon l'expression de Jean Ricardou, le théoricien du nouveau roman, même si ce dernier n'envisage pas l'oralité dans sa théorie. Ou vers une esthétique CD-ROM, mêlant en simultané et de manière dynamique, aléatoire ou "live", textes images et sons, en attendant l'esthétique DVD, c'est-à -dire la possibilité d'y inclure aussi des séquences d'images animées, sans oublier les possibilités de la 3D avec l'holopoetry, la poésie hologramme, et la VPoetry, la Poésie Virtuelle de Ladislao Pablo Gyàri ainsi que la Web Poetry, la Poésie Internet (9).
Le problème philosophique, même si l'on peut discuter de la pertinence de ce mot de philosophie historiquement trop connoté et lié à quelques catastrophes idéologiques au XXe siècle (10), est celui de l'impact des technologies analysé par McLuhan dans les années 60, mais aussi par Peter Sloterdijk (11) et par Virilio.
Notamment le problème de la mémoire, puisque l'ordinateur n'oublie rien, et celui du temps réel.
(Jacques Donguy - Université Paris I)

(1) Rappelons pour les dates qu'il a utilisé le magnétophone à partir de 1959, qu'à partir de 1961 il introduit les bruits de la rue ou du métro, qu'il a publié son premier disque B2B3 Exorcisme en 1962 avec le n°13 de la revue KWY de Lourdes Castro, que sa première lecture de "poésie action" a eu lieu en 1963.
(2) Voir l'article de Gérald Moralès dans la revue Sapriphage n°36 (1999), o๠il montre, citant Roger Chartier, comment on est passé au IXe-XIe siècle de la lecture et de la copie oralisées dans les scroptoria monastiques à la lecture en silence, avec apparition de la ponctuation.
(3) Voir aussi, pour l'oralité en Afrique et dans les littératures populaires en Europe, Paul Zumthor, Introduction à la poésie orale, Le Seuil, Paris 1983.
(4) Voir correspondance inédite avec Pierre Garnier, par exemple dans la lettre du 29 décembre 1963 : "Il va de soi, que Schwitters et moi nous étions de très bons récitants et que moi, j'avais toujours basé mes poèmes phonétiques (c'est nous qui soulignons) sur le souffle".
(5) Notamment à travers cette "Lettre ouverte aux musiciens aux musiciens aphones" d'Henri Chopin dans la
revue-disque OU n°33 de novembre 1967 o๠il polémique avec le musicien Pierre Henry quiutilise sans le dire la voix de Spacagna dans La Messe Electronique.
(6) Entretien avec le poète sonore suédois Sten Hanson à Bologne, le 6/04/1998.
(7) Revue sur CD Son@rt n°017, Bosons de jauge, Remix. A.D.L.M., 79 rue St Martin, 75004 Paris,120 F.
(8) Revue sur CD Son@rt n°009, The Medium is the Massage, Marshall McLuhan, o๠ce dernier perturbe ou parasite son discours, sa voix, par des fragments d'émissions de radio. Editions A.D.L.M., 120F.
(9) Consulter sur ce sujet le Web Doc(k)s série 3 21/24 (1999) de Philippe Castellin avec CD-Rom ouvert sur internet, FNAC, 300 F.
(10) Par exemple Debord, McLuhan, Foucaut, Guattari, Virilio sont-ils des philosophes? Et c'est pourtant à partir de leurs textes que l'on peut vraiment "penser" notre temps.
(11) Voir Peter Sloterdijk, L'heure du crime et le temps de l'oeuvre d'art, "La vexation par les machines" et plus particulièrement p.51, "la vexation par l'ordinateur", Calmann-Lévy, Paris, 2000.



Bibliographie (sélection)



- Sitôt dit, Paris, Seghers, 1955 [plaquette].
- D2 + D3Z, Ingatestone, Où, 1973 [avec disque 18 cm. souple + disque 18 cm. vinyl].
- Partition V, Paris, Le Soleil noir, 1973 [avec 6 disques 18 cm. souples].
- P puissance B, Vérone/Naples, Lotta Poetica / Studio Morra, 1984 [LP 33t. vinyl].
- Derviche / le Robert, Paris, Les éditeurs évidant, 1988 [livre].
- Vaduz, Vérone, Archivio F. Conz, 1999 [avec CD]
- Respirations et Brèves rencontres, Paris, Al Dante, 2000 [avec 3 CD].
- Canal Street, Paris, Al Dante, 2001 [avec 2 CD].
- Carrefour de la Chaussée d’Antin, Paris, Al Dante, 2001 [avec 2 CD]
- étude critique : Bobillot J.-P., Bernard Heidsieck Poésie Action, Paris, Jean-Michel Place, 1996 [avec CD anthologique].
- Dossier : Doc(k)s, Ajaccio, 1993, Série 3 n°4/5.
- Numéro spécial : Le Cahier du Refuge, Marseille, 1998, n°67.