CATALOGUE 2000-2001
Niels RADTKE
Nick
Vidéo danse - dv - couleur - 0:23:00 - Allemagne / Belgique - 2000


"Comment se libérer du mot pour arriver à la conscience du corps? Artiste pluridisciplinaire (vidéo, photo, danse, arts plastiques), Niels Radtke décide de faire un film. Il écrit une brève histoire d'amour dont la structure narrative s'impose sous la forme d¹un autoportrait. Nick, un dessin, un miroir, un espace, une chorégraphie. Puis il demande à Benoit Lachambre, remarquable danseur et performer canadien (qui a également travaillé avec Meg Stuart et Lynda Goudreau) de lui donner un mouvement, un corps, une trace. De cette rencontre est issu 'Nick', le film; des plages graphiques initient chaque séquence que Benoît Lachambre interprète à sa façon dans un langage silencieux, entre écriture et improvisation." Irène Filiberti, vidéo danse 2001.


Parcours


Niels Radtke, d'origine Allemande, est né en Belgique en 1972, il vit à Paris où il travaille comme plasticien et chorégraphe. C'est seulement depuis peu qu'il travaille uniquement dans le domaine de la danse. Son travail a toujours été imprégné par la notion de transformation et le mouvement non-linéaire. Niels Radtke a fait des études à l'Académie des Beaux Arts à Anvers en Belgique, où il découvre le marbre. Un an plus tard, à Anvers, il gagne le prix Rembrandt-Bugatti avec une sculpture en marbre. Cette découverte du marbre le transporte à Carrare en Italie, où il travaille le marbre et le son du marbre pendant un an. Il travaille dans une grotte dans la montagne en écoutant et en contemplant la relation entre le volume qu'il taille et le son que cela produit. Il entre en si étroite rélation avec la matière qu'il devient presque aussi lent que le marbre, plus lent que le mouvement du soleil, qui passe au- dessus de sa tête. De retour en Belgique il effectue des analyses de son sur des échantillons enregistrés. Les résultats de ces analyses le portent à réaliser que dans le son du marbre on retrouve la montagne d'où vient le marbre. Les analyses décibels/herz ressemblent à une chaîne montagneuse. Il réfléchit à un concept d'inversion du procédé; c'est-à-dire prendre une montagne en image, traçer l'horizon et générer un son à partir de ce tracé. Cette recherche le transporte au Népal: l'Himalaya. Il veut traduire l'Himalaya en son, il veut traduire les formes en sons. Arrivé à 6000 mètres d'altitude, où il atteint la transparence, la réalisation est claire: Le son d'un objet est l'objet même. De retour en Belgique il rencontre l'équipe du CyberTheâtre; théâtre multimédia et multidisciplinaire, où il devient le programmateur de spectacles et le directeur du programme artistique. Il y reste trois ans et réalise des festivals et des expériences de spectacles en téléprésence. Il maîtrise parfaitement les nouvelles technologies.
Plus tard il décide d'aller au Japon. Fortement influencé par les possibilités de l'image liquide (streaming video), il part avec sa compagne pour réaliser une vidéo à Tokyo. La vidéo est réalisée sur place et la contribution musicale vient de Seattle, du Japon, de Belgique et de Paris par internet. Le tout est monté dans une pièce vidéographique. Une partie de cette vidéo sera encodée pour l'internet et gagne un concours organisé par le City Museum of Graphic Arts à Tokyo; l'autre partie, diffusée en Beta SP est acceptée dans la collection permanente du distributeur d'art vidéo Montevideo/TBA à Amsterdam (1998). La sculpture, le mouvement, l'image en mouvement et le cinéma le mènent vers d'autres recherches et questions comme "quelle est la forme d'un film?", "Comment extraire un objet d'une expérience cinématographique corporelle", ou "Comment évolue cette forme dans le temps?"
Jason Wishnow, fondateur de New Venue à New York l'invite à participer à un projet de réalisation et de montage de film par internet. Une histoire est écrite: une histoire d'allure obsessionelle entre une fille et un garçon. La fille vit à Tokyo et le garçon vit à Bruxelles. Le tournage se ferait dans les deux pays et le montage se ferait à New York. L'espace en mouvement, le temps en volume. Le tout est pris en compte, le déplacement des acteurs, le mouvement émotionel de l'histoire. Le tout est mis à plat à une même dimension graphique, la forme prend espace et la forme de cette hisoire devient un dessin, une répresentation graphique de la narration. Le dessin resessemble à un visage, un autoportrait, et ce visage devient le visage d'un garcon et d'une fille: les personages du projet. Le film devient une réflexion sur le médium d'une durée de cinq minutes, réalisé en animation, textes et images. Ce film trouvera son chemin au festival de Babelsberg à Berlin (2000), au Mas de la Danse (2000), chez Françoise et Dominique Dupuy et au Festival International de Film à Rotterdam(2001).
Un visage veut dire un corps et les dessins sont appliqués sur des photos d'hommes et de femmes dans des magazines, puis deviennent maquillage sur le visage humain. La structure narrative du film est directement appliquée sur le corps de l'acteur. L'acte d'appliquer la représentation graphique du rôle comme maquillage devient le rôle de l'acteur. Puis l'acteur peut effacer le maquillage et se libérer du rôle. Mais la structure narrative, devenue objet autonome, peut aussi servir pour le mouvement de l'acteur, un schéma soit appliqué sur le corps, soit appliqué sur le sol, ou une combinaison des deux. La représentation graphique d'un scénario peut devenir une notation pour la danse. Plus de dessins sont produits et des essais avec des danseurs commencent. Une série de vidéos d'études avec Erna Omardottir (Cie Jan Fabre), Odile Seitz (Cie Odile Duboc), Astrid Endruweit ( Cie Michael Laub), Tom Plishke, Emmanuelle Huyn sont entammées pendant plusieures mois. Puis Niels Radtke rencontre Benoît Lachambre à Avignon et il est évident que les deux recherches s'entendent: la recherche du corps brut. Une discussion s'installe et un rendez-vous se fait: une vidéo est produite. Benoît Lachambre interprète 32 planches de dessins proposées par Niels Radtke. Le corps cinématographique est dénudé, une chorégraphie est née: 'Only Light Remains Solid - Seulement la Lumière Reste Solide'; une recherche pour le corps cinématographique, un film dansé et une danse filmé, un solo pour Benoît Lachambre. A partir d'ici Niels Radtke se concentre sur des chorégraphies, des concepts de mouvements et une recherche pour la relation physique entre cinéma et danse. Le corps est vu de l'intérieur, le cinéma doit être détruit, déconstruit si on veut retrouver le corps. La perception cinématographique doit être déconstruite si on veut comprendre le corps. La compréhension du cinéma, l'incarnation du cinéma et le rejet du cinema devient le motif principal pour la danse. Un chemin du monde extérieur, comme le soleil, la Terre la montagne, vers le monde de l'homme, de l'image, vers le monde de l'intérieur du corps et de nouveau vers l'extérieur. Toute cette couche épaisse est à détruire.