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Elina SALORANTA : Puhdas
Art vidéo | dv | couleur | 00:29:39 | écriture: Elina Saloranta
| image: Elina Saloranta, Klaus Eisenlohr, Daaimah Mubashshir, Daniele Wilmouth
| son: Experimental Sound Studio, Chicago | montage: Elina Saloranta | Finlande
/ Finlande, Etats-Unis | 2002
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(c) photo: Elina Saloranta
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"Pudhas" est basé sur des lettres écrites entre 1942 et
1990 et retrouvées dans la maison d'une famille finlandaise. Le film s'ouvre
sur la voix d'une femme dont le mari est parti à la guerre et se termine
par l'image d'une autre femme environ cinquante ans plus tard, alors que l'Europe
connaît de nouveaux bouleversements. Dans l'intervalle, on aura pu voir
des lettres du mari absent, des lettres d'une Française qui écrit
à propos des deux fils de la famille, ainsi que des petits mots secrets
échangés par un groupe d'écolières. Un unique visage
de femme représente plusieurs personnages. Elle regarde en arrière
sans résistance tandis que le narrateur la décrit en employant différentes
caractéristiques. Ou bien elle laisse son regard errer dans le vague comme
si elle était perdue dans ses pensées. A la fin, il apparaît
clairement que ce visage est celui de la réalisatrice elle-même,
et que ces lettres appartiennent à sa famille. L'uvre dévoile
le fait qu'un individu est le reflet des autres.

Anhand von Briefen einer finnischen Familie zeigt "Pudhas" die Entwicklung
moralischer Werte und Sitten der bürgerlich finnischen Intelligenzia in der
Nachkriegszeit. Ein einziges Frauengesicht stellt mehrere Charaktere dar, es ist
das der Regisseurin selbst, und die Briefe stammen von ihrer Familie. Das Werk
endeckt so das Individuum als eine Spiegelung der anderen.

"Puhdas" is based on letters written between 1942-90 and found in the
home of a Finnish family. It starts with the voice of a woman whose husband is
at war and ends with another woman nearly fifty years later, when Europe is in
transformation again. In between, there are letters from the absent husband, as
well as letters from a French woman who writes about the Finnish family's two
sons and secret notes sent by a group of schoolgirls. A single face represents
several of the characters. She stares back without resistance while the narrator
defines her with various charateristics. Or, she lets her eyes wander as if being
lost in her thoughts. By the end, it becomes clear that the face belongs to the
filmmaker herself and that the letters are from her family. The piece reveals
an individual as a reflection of others.

___ Note biographique

Elina Saloranta est une artiste finlandaise qui a travaillé à partir
de différents médias. Elle s'est récemment tournée
vers le cinéma et la vidéo, qu'elle a étudié grâce
à la bourse Fulbright à l'école de l'institut des Beaux-Arts
de Chicago à partir de 1999 jusqu'en mai 2002. Elle vit actuellement à
Helsinki, en Finlande. Avant son passage au cinéma et à la vidéo,
son travail prenait souvent la forme de photographies et de textes. "The
Nun's Story" ("Histoire d'une nonne"), un projet qui commence avec
une serviette de cuisine et s'achève en Afrique, a été publié
en avril dernier dans le magazine d'art contemporain français Art Press
(hors-série "Fictions d'artistes"). La vidéo "Pudhas"
sera projetée au Musée de la photographie finlandais à Helsinki
en janvier 2003.

Elina Saloranta ist eine finnische Künstlerin, die mit verschiedenerlei Medien
gearbeitet hat, unter anderen mit Fotografie und Text. Als Fulbright-Stipendiatin
studierte sie zwischen 1999 und 2002 Film und Video am Art Institute of Chicago.
Zur Zeit lebt sie in Helsinki. "The Nun's Story" wurde in der französischen
Zeitschrift für zeitgenössische Kunst Art Press (Sonderbeitrag "Fictions
d'artistes") veröffentlicht. Im Januar 2003 wurde das Video "Puhdas"
im Finnischen Museum für Fotografie in Helsinki vorgeführt.

Elina Saloranta is a Finnish artist who has worked with several media. Most recently,
she has turned to film and video, which she studied on a Fulbright-scholarship
at the School of the Art Institute of Chicago from 1999 until May 2002. Currently
she is living in Helsinki, Finland. Before film and video, her work often took
the form of photography and text. "The Nun's Story," a project that
started with a kitchen towel and ended in Africa, was published in the French
contemporary art magazine Artpress last April (hors série: Fictions d'artistes).
The video "Puhdas" will be shown in the Finnish Museum of Photography
in Helsinki in January 2003.
___ Expositions (sélection) / Selected exhibitions
2003
- Solo show will be in the Museum of Photography in Helsinki, Finland. It will
consist of an installation version of the video "Puhdas".
1998
- Solo exhibition "Muslim Trousers and the Nun" in the gallery of the
Helsinki City Art Museum and in the Victor Barsokevitsch Photography Center in
Kuopio, Finland.
- Group show of Finnish photography in Helsinki Art Hall.
- Group show in the Helsinki City Art Museum
1997
- Group show "Crossing Over" in the Corcoran Gallery of Art, Washington
D.C.
- Site-specific project in Geneva, Switzerland (posters and an installation in
the
city).
1996
- Group show in the Finnish Cultural Institute in Paris.
- Group show in Gallery Otto Plonk in Bergen, Norway.
1995
- Group show in Lahti and Rauma art museums in Finland.
- Three-person show in the gallery of the Finnish Artists' Association in Helsinki.
1993
- Solo exhibition in the gallery of the Academy of Fine Arts in Helsinki.
1992 and 1994
- Group show of young Finnish artists in Helsinki Art Hall.
___Bibliographie / Bibliography
- Douglas, Mary, 1966: Purity and Danger. An analysis of the concepts of pollution
and taboo. London: Routledge, 1966.
- Kosonen, Päivi, 2000: Elämät sanoissa. Eletty ja kerrottu epäjatkuvuus
Sarrauten.Durasin, Robbe-Grillet'n ja Perecin omaelämäkerrallisissa
teksteissä.
- Stendhal, 1890: The Life of Henri Brulard, 1890. The Merlin Press, 1958. Translation
by Jean Stewart and B.C.J.G. Knight
___ Autre texte

Pudhas
L'histoire racontée dans la vidéo d'Elina Saloranta "Pudhas"
("Pure") englobe trois générations de la famille de l'artiste.
Elle combine des images et des fragments de lettres authentiques, de telle sorte
que leur mise en rapport forme, par libre association d'idées, un dialogue.
Mon impression générale est que Saloranta examine le message des
lettres à l'aide de procédés cinématographiques, en
leur répondant par ses actes et ses gestes. Elle a réalisé
un montage à partir des lettres, afin de composer un récit en cinq
parties, lequel est ensuite représenté à l'écran -
pour ainsi dire "évoqué par petites touches" à
l'aide des images et des textes, des voix-off, des sous-titres et des effets sonores.
Au sein de la structure d'ensemble de l'uvre, ces "touches " représentent
la voix de l'artiste s'efforçant d'établir un contact avec le contenu
des lettres. La partie proprement textuelle de cette uvre en cinq parties
suit l'ordre chronologique. La voix de la narratrice au début du film est
celle d'Aune Saloranta, un professeur de gymnastique, qui en 1942 écrit
à son mari parti au front. Dans le second épisode, Pentti, un médecin,
écrit à sa femme. Dans la troisième partie, une Française
du nom de Mme Foucault fait le compte-rendu des progrès effectués
par les fils de la famille, Olli et Heikki, dans leur apprentissage du français
(1955/1961). Dans l'avant-dernière partie, nous entendons un groupe de
jeunes écolières critiquer avec méchanceté l'une de
leurs camarades de classe au début des années quatre-vingts. La
vidéo s'achève par des extraits de lettres écrites par la
mère de l'artiste environ dix ans plus tard. Dans ces lettres adressées
à son fils qui se trouve aux Etats-Unis, celle-ci fait part des dernières
nouvelles de la famille et commente les événements survenus en Europe
de l'Est en 1989. Dans cet épisode final, semblable à un épilogue,
nous apprenons qu'Elina est sur le point de quitter la maison et de commencer
ses études à l'Académie des Beaux-Arts. Comment ces cinq
épisodes parviennent-ils à former un tout - quel est l'élément
qui fait le lien entre ces lettres qui englobent environ cinquante années,
trois générations, cinq langues et trois pays? Une des images-clé
de la vidéo, qui apparaît au tout début, est celle d'une paire
de mains: une paume ouverte sur laquelle l'autre main épelle le mot "PUDHAS"
en lettres majuscules. Quelle que soit la force avec laquelle on frotte cette
paume, le mot refuse de s'effacer. Bien que les extraits de textes présents
dans la vidéo aient été écrits par différentes
personnes à différentes périodes de l'Histoire, ils répètent
tous le même problème fondamental, que résume l'image paradoxale
de la main pure souillée par le mot "pure": le thème unificateur
de l'uvre est la dichotomie tragique entre aspiration et déception,
perfectionnisme et imperfection, un thème qui apparaît sous différentes
formes au cours de l'histoire personnelle des protagonistes du film. Ce combat
intérieur est particulièrement visible dans les lettres les plus
anciennes, dont le style -qui paraît mélodramatique aux oreilles
du public contemporain- accentue le décalage entre les idéaux et
la réalité. Les auteurs de ces lettres expriment un désir
quasi-compulsif de laver leurs âmes de la corruption et de tenir la "saleté"
à distance. Aune désire physiquement, de tout son corps, la présence
de son mari, cependant elle sait qu'elle doit "faire davantage d'efforts
pour combattre sa faiblesse". Pentti, qui idéalise sa femme qui est
pour lui une sorte de nymphe, traverse une période de crise après
être rentré chez lui lors d'une permission. Il exprime dans ses lettres
son espoir de trouver "une lumière qui le guide" afin de l'aider
à "se surmonter soi-même ". Madame Foucault parle de l'énorme
déception que lui cause le jeune Heikki par comparaison avec son frère
aîné plus studieux et plus sage. Dans ces trois cas, un idéal
est terni, mais les auteurs de ces lettres croient que le "mal" ou la
faiblesse peuvent être éradiqués à force de volonté
et par une discipline stricte du corps et de l'esprit. Comme son talentueux frère
aîné, Heikki doit s'appliquer et être plus consciencieux. D'après
Mary Douglas, la "pollution" peut être définie comme ce
qui menace l'ordre établi, ce qui inversement implique que l'ordre social
requiert lui-même pour sa propre justification la pollution sous une forme
matérielle ou psychologique. Et si le discours envahissant sur la souillure
est un indice de la solidité de l'implantation de l'ordre établi,
alors le système de valeurs qu'expriment les auteurs de ces lettres est
bel et bien un système profondément enraciné. Les lettres
écrites par les écolières dans les années quatre-vingts
se passent de tout idéal élevé. Ces commères semblent
avoir oublié la culture puriste d'amélioration de soi qui a vu le
jour au sein de l'intelligentsia finlandaise à la fin des années
1800, à l'époque du réveil national de la Finlande : les
filles critiquent leur camarade de classe avec une méchanceté délibérée.
Elles ne sont ni vertueuses ni hypocrites. Elles ne vivent plus à une époque
dans laquelle l'esprit et l'âme doivent rester éthiquement purs,
cependant elles portent encore la marque de la culture du travail sur soi dans
laquelle elles ont été élevées. Cela transparaît
de manière évidente à travers leur sens de l'autodiscipline
et leur mentalité de battantes. Cela se manifeste par un désir d'exceller
à l'école et dans la pratique sportive, d'aller à l'université,
de remporter des succès, bref, d'être fortes et compétentes
dans un maximum de domaines. Dans la vidéo, la voix sévère
d'un entraîneur de gymnastique parlant allemand et russe est utilisée
comme une métaphore de leur éducation. A travers les lettres d'une
famille finlandaise, Pudhas illustre l'évolution des valeurs et des murs
de l'intelligentsia bourgeoise finlandaise durant la période de l'après-guerre.
En même temps, cette oeuvre sert également à en rappeler la
continuité. Le but primordial de Pentti et Aune - le bien de la nation,
pour lequel ils sacrifient leurs aspirations personnelles - est abandonné
par les générations suivantes, le système de l'abnégation
demeurant cependant en place. Cela est symbolisé par l'image d'une grille
géométrique qui réapparaît plusieurs fois durant le
film. Pourquoi le lien entre les images et le texte est-il si abstrait? Pourquoi
les images disloquent-elles l'intrigue? Les images de la vidéo brisent
la chronologie des textes au lieu de la suivre, sapant délibérément
la dimension narrative du film. La plupart des séquences, tournées
à l'origine en 16 mm, sont en noir et blanc. La vidéo s'ouvre par
une image d'un noir d'encre, et retourne régulièrement à
cette obscurité, la voix du narrateur étant la seule chose perceptible.
Le film se déroule comme une séquence d'images calmes se succédant
avec lenteur. Le spectateur a largement le temps d'assimiler chaque image, et
certaines réapparaissent plusieurs fois dans différents contextes.
Un seul visage représente plusieurs personnages. L'interaction entre les
textes et les images n'est pas immédiatement compréhensible pour
le spectateur, mais le principe de fonctionnement du film est clair et systématique.
La clé pour comprendre la logique interne du film est la scène dans
laquelle on voit une main copiant la lettre "r" à l'aide d'un
papier calque. Cette main appartient à Saloranta elle-même qui, à
Chicago, copie une vieille lettre envoyée de France par Madame Foucault.
Cette scène fait penser à l'écrivain français Alain
Robbe-Grillet, qui recopiait à la main ses anciens textes dans son appartement
new-yorkais de la Bleeker Street. Selon Robbe-Grillet, copier un texte ancien
produit une nouvelle version d'un ancien souvenir - la copie n'est pas identique,
mais en réalité complètement différente. Nous pourrions
dire que Saloranta, comme Robbe-Grillet, souhaite souligner le fait qu'elle interprète
le message d'un texte ancien à partir d'un moment particulier du présent.
Parce que le film reflète son investigation mentale des vieilles lettres
de familles, un moment indéterminé du présent est présent
de manière tangible dans le film, sous la forme d'un stylo en plastique,
d'un gymnase, d'une salle de bains. L'écran noir auquel le film retourne
encore et encore est comme une image tirée de l'intérieur de l'esprit
de l'artiste, profondément plongée dans l'examen des lettres. Les
éléments visuels du film soulignent le fait que Saloranta n'essaie
pas de replacer les lettres dans leur contexte historique. La même femme
fixe la caméra encore et encore, servant de surface sur laquelle les images
de différentes femmes imaginaires sont projetées: la domestique
au cur pur; la femme indépendante et masculine, Mrs Sevio, MA (née
Snellman); la serveuse à la mauvaise réputation; Aune; la femme
roumaine, Elina. La manière dont les narrateurs lisent les textes brise
également toute illusion de réalité. Les lettres écrites
par Pentti pendant la guerre sont lues par un jeune homme balbutiant, manifestement
embarrassé par leur contenu émotionnel. Les lettres de la Française
sont lues avec un fort accent finnois, à l'exception de la lettre "r"
qui est prononcée à l'anglaise. Tout comme les éléments
visuels du film, la lecture des textes, les traductions et les sous-titres - qui
jonglent avec trois langues différentes - construisent une interprétation
du passé à partir d'un moment particulier du présent. Si
nous prenons en compte le fait que la vidéo a été réalisée
à l'étranger (à Chicago), nous pouvons émettre l'hypothèse
que les nombreuses langues utilisées dans le film - qu'aucun spectateur
n'est capable d'assimiler en une seule fois - sont partie prenante de son message.
La combinaison des images, des voix et des sous-titres construit un sujet qui
examine au présent ces lettres du passé.
De la façon de représenter une recherche
Päivi Kosonen a étudié la discontinuité esthétique
dans les romans autobiographiques des écrivains français Duras,
Perec, Robbe-Grillet et Sarraute, à propos desquels elle a observé
ceci : "(...) L'art de l'Antiquité classique propose une énigme
à résoudre (...) tandis que l'énigme proposée par
les écrivains de l'époque moderne est faite pour rester une énigme".
Suggestif dans sa manière de proposer des significations multiples et ouvertes,
"Puhdas" est sans aucun doute une oeuvre qui pose une "énigme
moderne". Le déroulement logique de l'intrigue, tel qu'il se présente
dans les sous-titres, est interrompu par des images détonantes et des effusions
verbales sporadiques. Si bien que la seule chose qui demeure certaine est la recherche
elle-même. Des assertions logiques sont transformées en questions,
développant ainsi une profusion d'images mentales. Le texte et les images
sont entremêlés avec une telle complexité qu'à chaque
nouvelle vision du film, c'est un aspect différent qui est capté
spontanément par le regard et l'imagination. La dernière fois que
je l'ai vu, je me suis demandé si les allusions répétées
à la difficulté de prononciation de la lettre française "r"
faisait référence à la difficulté notoire, à
la fois phonétique et mentale, qu'il y a à prononcer le mot finnois
signifiant "amour": rakkaus. La discontinuité formelle de "Puhdas"
est riche de sens, exactement comme le sont les oeuvres autobiographiques des
écrivains de la modernité. La structure fragmentaire de la vidéo
suggère que la réalité est fondamentalement inaccessible;
il n'existe pas de langage qui puisse ressaisir parfaitement la richesse des événements
du passé. Un artiste qui cherche à accéder au passé
se trouve exactement dans la même position que Stendhal contemplant les
fragments de fresques en ruines au Campo Santo, à Pise: "Je suis incapable
de voir les choses telles qu'elles étaient réellement, j'ai seulement
mes souvenirs d'enfant. C'est exactement comme sur les fresques [du Campo Santo]
à Pise, sur lesquelles on peut clairement distinguer un bras, alors que
le morceau de fresque d'à côté, sur lequel était représentée
la tête, a disparu"(Vie d'Henri Brulard, 1890, p.170 de l'édition
anglaise). L'artiste a entre les mains des messages d'une époque passée,
mais tout ce qu'elle peut faire de ces lettres est d'en proposer différents
modes de lecture. Elle leur confère une présence tangible en faisant
d'elles des images cinématographiques, ouvrant ainsi la voie à une
profusion de significations nouvelles. La tâche ultime d'un artiste qui
veut donner forme au passé dans toute sa richesse et toute sa plénitude
est de représenter sa propre recherche. Les images d'espaces vides que
l'on voit dans la vidéo laissent une large place aux mouvements de l'esprit.
(Elina Eikka)


Pudhas
The story told in Elina Saloranta's video Puhdas (Pure) spans three generations
of the artist's family. It combines images and fragments of authentic letters
so that their relationship forms a free, associative dialogue. My general impression
is that Saloranta contemplates the message of the letters with filmic devices,
responding to them with her actions and gestures. The letters are edited into
a five-part narrative, which is then interpreted on screen - it is "touched"
by the images and texts, voiceovers, translated subtitles and audio effects. In
the overall structure of the work, these "touches" represent the voice
of the artist in her striving to establish a connection with the content of the
letters. The textual level of the five-part work unfolds in chronological sequence.
The voice of the narrator at the beginning of the video is that of Aune Saloranta,
a gym teacher, writing to her husband at the front in 1942. In the second episode,
Pentti, a physician, writes to his wife. In the third part, a Frenchwoman named
Madame Foucault reports on how their sons, Olli and Heikki, are progressing with
their French studies (1955/1961). In the second-last part, we hear a group of
young schoolgirls spitefully criticising one of their classmates in the early
1980s. The video ends with excerpts from letters written by the artist's mother
about ten years later. The text is addressed to her son in the United States,
reporting the latest family news and commenting on events in Eastern Europe in
1989. In this epilogue-like final episode, we learn that Elina is about to leave
home and start her studies at the Academy of Fine Arts. How do these five episodes
form a whole - what is the connecting element between these letters spanning nearly
fifty years, three generations, five languages and three countries? One of the
key images in the video, appearing at the very beginning, is that of a pair of
hands: an open palm upon which the other hand spells the word "PUHDAS"
in block letters. No matter how hard it is rubbed, the word refuses to be erased.
Although the text excerpts in the video are written by different people at different
times in history, they all reiterate the same basic problem, which is condensed
in the paradoxical image of a pure hand that is soiled by the word "pure":
the uniting theme of the work is the dramatic dichotomy between aspiration and
disappointment, perfectionism and imperfection, which recurs in various permutations
in the life stories of the characters in the video. This inner struggle is especially
prominent in the older letters, the language of which - melodramatic to the ears
of a contemporary audience - heightens the clash between ideals and reality. The
writers express a near-compulsive desire to cleanse their souls of corruption
and keep "filth" at arm's length. Aune longs for her absent husband
physically, with her whole body, yet she knows she must "strive harder to
fight her weakness". Pentti, who idealises his nymphean wife, goes through
a crisis when he returns home on leave. He writes of his hope to find "a
guiding light" to help him "rise above himself". Madame Foucault
writes what a huge disappointment young Heikki is compared with his diligent,
better-behaved older brother. In all three cases, an ideal is tainted, but the
writers believe that "evil" or weakness can be weeded out with willpower
and strict discipline of the mind and body. Like his gifted older brother, Heikki
must apply himself and be more conscientious. According to Mary Douglas, "pollution"
can be defined as something that threatens the prevailing system of order - which
conversely implies that the social order is itself dependent on the existence
of material or psychological pollution for its own validation. And, if pervasive
talk of defilement is a measure of how deeply the prevailing order is ingrained,
then the letter-writers' system of ideals is indeed a powerfully deep-rooted one.
The schoolgirls' letters written in the 1980s dispense with all high ideals. The
gossiping girls seem oblivious to the purist culture of self-betterment that emerged
among the Finnish intelligentsia in the late 1800s, the time of Finland's national
awakening: the girls cruelly put down their classmate with deliberate spite. The
girls are neither virtuous nor hypocritical. They no longer live in an era in
which the mind and soul must be kept ethically pure, yet they still bear the mark
of the self-cultivating culture in which they were raised. This is evidenced by
the girls' strict sense of self-discipline and their achievement-driven mentality.
It manifests itself in the desire to excel at school, in sports, to get into university,
to be successful - in short, to be strong and competent in as many ways as possible.
In the video, the stern voice of a gym coach speaking German and Russian serves
as a metaphor for their upbringing. Through the letters of a Finnish family, Puhdas
illustrates how the values and ethos of the Finnish bourgeois intelligentsia have
changed in the post-war era. At the same time, the work also serves as a reminder
of continuity. The overriding goal of Pentti and Aune - the good of the nation,
for which they forfeit their personal wishes and aspirations - is abandoned by
later generations, yet the apparatus of self-denial remains in place. This is
symbolised by the image of a geometrical grille that reappears many times throughout
the film. Why is the connection between the images and the text so abstract? Why
do the images dismantle the plot? The imagery of the video shatters rather than
supports the chronology of the texts, consciously undermining the film's narrative
element. Originally shot on 16 mm film, most of the footage is black and white.
The video opens with a pitch-black frame, and repeatedly returns to blackness,
with only the narrator's voice audible. The film unfolds as a sequence of quiet
images that unfold in leisurely succession. The viewer is given ample time to
absorb each image, and certain images are repeated in different contexts. One
face represents a number of different characters. The interplay between the texts
and images is not immediately accessible to the viewer, but the film's method
is clear and systematic. The key to understanding the film's inbuilt logic is
the scene in which we see a hand copying the letter 'r' through greaseproof paper.
The hand belongs to Saloranta herself in Chicago, copying an old letter mailed
from France by Madame Foucault. This scene brings to mind the French author Alain
Robbe-Grillet, who hand-copied his old texts in his apartment on New York's Bleecker
Street. According to Robbe-Grillet, copying an old text produces a new version
of an old memory - the copy is not identical, but in fact completely different.
We might say that Saloranta, like Robbe-Grillet, wishes to emphasise that she
is interpreting the message of an old text from a specific moment in the present.
Because the film reflects her mental processing of the old family letters, an
unspecified present-day moment is tangibly present in the film, in the form of
a plastic pen, gymnasium or shower room. The blackness to which the film returns
over and over again is like an image from inside the artist's mind, deeply immersed
in contemplating the letters. The film's visual elements emphasise that Saloranta
makes no attempt to place the letters in their proper historical context. The
same woman stares at the camera over and over again, serving as a surface upon
which images of various imaginary women are projected: the pure servant girl;
the masculine, independent Mrs Sevio, M.A. (née Snellman); the waitress
of ill repute; Aune; the Romanian woman, Elina. The manner in which the narrators
read out the texts also torpedoes any illusion of reality. Pentti's wartime letters
are read out by a stammering young man who is obviously embarrassed by their emotional
content. The French letters are read in a thick Finnish accent, except for the
letter 'r', which is pronounced the English way. Like the visual elements in the
film, also the reading of the texts, the translations and the subtitles - which
move between three languages - interpret the events of the past from a specific
moment in the present. Considering that the video was made abroad (in Chicago),
we may assume that the many languages in the film - which no viewer can possibly
absorb all at once - are an integral part of its message. The combined images,
voices and subtitles construct a subject exploring the old letters in the present
moment.
On the representation of a search
Päivi Kosonen has studied the aesthetic discontinuity of autobiographical
novels by the French writers Duras, Perec, Robbe-Grillet and Sarraute, on which
she has observed as follows: "[
] the art of Classical Antiquity posed
an enigma to be solved [
] whereas the enigma posed by writers of the modern
era is intended to remain just that: an enigma." Revealing as it does in
its many open-ended meanings, Puhdas is certainly a work that poses a "modern
enigma". The logically intact plot presented in the English subtitles is
disrupted by clashing images and sporadically effusive speech, so that the only
thing that remains certain is the search itself. Logical statements are transformed
into questions, cultivating a wealth of different mental images. The text and
images are interwoven with such complexity that every time one views the film,
a different aspect of it spontaneously captures one's eye and imagination. The
last time I viewed it, I was left wondering whether the repeated references to
the difficulty of pronouncing the French letter 'r' allude to the notorious phonetic
and mental difficulty of pronouncing the Finnish word for 'love': rakkaus. The
formal discontinuity of Puhdas is significant, just as it is in the autobiographical
works of late modernist writers. The fragmentary structure of the video suggests
that reality is fundamentally unattainable; there is no language that can perfectly
recapture the fullness of past events. An artist who seeks to gain access to the
past is in much the same position as Stendhal as he stood contemplating fragments
of the crumbling frescoes of Pisa's Campo Santo: "I cannot see things as
they really were, I only have my childish memories. [
]. It's still just
like the frescoes of the [Santo Campo] at Pisa, where you can clearly make out
an arm, but the piece of fresco beside it, which showed the head, has fallen off."
(The Life of Henri Brulard, 1890, p. 170). The artist clasps in her hands messages
from a past era, but all she can do with the letters is propose various ways in
which they might be read; she endows them with a tangible presence as filmic images,
and thus opens up a wealth of new meanings. The ultimate task of an artist who
wants to give shape to the past in its richness and fullness is to represent her
search. Images of empty spaces in the video leave ample space for the movements
of the mind.
(Elina Heikka, translation by Silja Kudel)
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