Richard BILLINGHAM
Fishtank

Documentaire de création - beta sp - couleur - 0:46:45 - réalisation, image: Richard Billingham - montage: Adam Curtis - production: Artangel, James Lingwood - Royaume Uni - 1998




Par cette étude introspective d'une fammille de classe moyenne vivant dans un petit appartement du West Midlands, Richard Billingham brosse le portrait de ses parents et de son jeune frère Jason. L'approche formelle rigoureuse souligne la remarquable distance émotionnelle dont il fait preuve. Maniant la caméra vidéo avec la précision d'un chirurgien, il fouille la texture d'une peau, la surface de certaines parties du corps, et la surface des murs qui les entourent. A partir de quelle distance un objet placé devant la caméra prend-il ou perd-il de son sens? A quelle moment des images cessent-elles d'être familières pour prendre une nouvelle signification? Billingham construit lentement sa réponse à ces questions. N'apparaissant jamais lui-même, il filme sa mère, son prère, son frère dans leur peu spectaculaire existence quotidienne. Par un jeu d'angle de vue et par une qualité d'image passant, sans maniérisme aucun, de la netteté au flou, il expose une vie sans vernis et sans relation avec l'extérieur. Les images ne sont pas froides, mais elles ne sont pas complaisantes pour autant. Mises à part les fréquentes querelles, peu de mots sont échangés. Les images qui remplissent l'écran de télévision du séjour colorent leurs vieilles photos de famille montrant des visages remplis d'espoir et d'attentes: tel un jeu vidéo sans fin qui requiert chance et savoir-faire. Le poisson dans l'océan semble mener une vie moins confinée que ceux prisonniers de leur maison.


In der Introspektiven Studie über das Leben einer Familie der untereren Mittelklasse, die in einer kleinen Wohnung in den West Midlands lebt, porträtiert Richard Billingham seine Eltern und den jüngeren Bruder Jason mit einer formalen Nähe, die bemerkenswerte emotionale Distanz verrät. Präzise wie die Hand eines Chirurgen fährt die Videokamera die Beschaffenheit ihrer Haut, ihre Körper une die Wände ab, zwischen denen sie leben. Wie nah muss man gehen, bevor amn beginnt oder aufhört, zu erkennen, was voe der Kamera ist? Wo nehmen bekannte Bilder eine neue Bedeuteung an? Billingham findet auf diese Fragen eigene Antworten, die erganz allmählich aufbaut. Selbst nie im Bild fängt er mit der Kamera die Bilder seiner Mutter, des Vaters und des Bruders in ihrer unspektakulären Alltagsexistenz ein. Aus offenbarenden und bewegenden Blickwinkeln zeigt er - wechselweise schäfer und wieder unschärfer werdend - ohne jede Manieriertheit ihr Leben ohne Beziehung zur Aussenwelt. Bis auf die häufingen Auseinendersetzungen zwischen den Eltern fallen wenig Worte. Die Bilder auf dem Bildschirm des Fernsehers im Wohnzimmer kommentieren die hoffnungs- und erwartungsvollen Gesichter der Familienfotos: Die endlosen Videospiele erfordern Kontrolle und Glück. Metaphorisch stehen die Fische im Ozean für ein weniger begrenztesLeben als das jener Menschen, die in ihrer Wohnung gefangen sind.


In this introspective study of lower-class family life in a small flat in the West Midlands, Richard Billingham portrays his parents and younger brother Jason with a formal claseness that reveals a remarkable emotional distance. With the precision of a surgeon, he lets his video camera search the texture of their skin, the surfaces of their body parts, and the walls between which they live together. How close does one have to go before one starts or stops recognizing what's in front of the camera? When do familiar images start revealing new meaning? Billingham lowly builds up his own answers to these questions. Never appearing in view himself, he catches his mother, father and brother in their unspectacular daily existence. From revealing and moving angles, focusing and focusing without any mannerisms, he shows their livesun polished and unrelated to the word outside. The images are not cold, yet they don't cover abything up. Apart from frequent quarrels between the two parents, few words are spoken. The family pictures or earlier days, with faces full of hope and expectation, stand in strong contrast to the present images of their life, for which the aquarium in their living room has become a silent metaphor.



Note


Issu d'une famille de sous-prolétaires anglais, le réalisateur a filmé sa mère, son père et son jeune frère, qui semblent avoir définitivement sombré dans le néant quotidien d'une misère aussi matérielle qu'existentielle. Un film d'une grande liberté esthétique, qui cherche à saisir les affects et les états intérieurs.
Richard Billingham regarde évoluer les membres de sa famille à l'intérieur de l'appartement minable dans lequel ils passent leurs journées. Il observe comment son père, alcoolique, et sa mère, obèse, tentent de fuir le vide d'une existence réduite à la satisfaction compulsive des besoins les plus primaires, en passant leur temps à se disputer, et comment son frère trompe son ennui en restant rivé à l'écran de ses jeux vidéo. Humains, trop humains.
Ce qui frappe le plus dans ce premier film, c'est que le regard impudique et cru du réalisateur semble procéder de l'affection même qu'il porte à ses proches. La façon à la fois brutale et aimante qu'il a de filmer sa famille, l'absence de peur et de dégoût avec laquelle il l'approche, comme l'attention égale qu'il porte à l'agressivité ou à la tendresse, font qu'il échappe à tout voyeurisme. Il nous donne à voir la déchéance, parfois la laideur, non comme des tares personnelles, mais comme des attributs humains en soi.


Born in an English under-proletarian background, the filmmaker filmed his mother, his father and his young brother who seem to have definitely drowned in the nothingness of a material and existential misery. The film is directed with a great aesthetic freedom in order to grab inner feelings.
Richard Billingham watches how his family evolves inside this pathetic apartment in which they stay all day long. He observes how his alcoholic father and his obese mother try to escape from the emptiness of a life based on very primitive things, quarrelling and how his brother tries not to get bored by playing computer games for hours.
They are probably too human.
The most surprising element in this movie is the raw and unashamed look of the director on his family. The brutal and loving way with which he films his family and also his aggressiveness and his tenderness avoid any kind of voyeurism. He let us see the ugliness and the decay as attributes of human characters.











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